Jacques Viesvil, l’homme qui souffle sur les braises.

    Jacques Viesvil, l’homme qui souffle sur les braises.

  • Jacques Viesvil, l’homme qui souffle sur les braises.

«  Quand tu reconnaîtras ce souffle, tu ne feras qu’un avec la vie. » J.V

S’il est un homme qui souffle sur les braises pour réveiller les consciences endormies, voire conditionnées, formatées aux exigences stériles d’un siècle lobotomisé aux normes d’une pensée unique, c’est bien le poète et visionnaire Jacques Viesvil.

Jacques Viesvil est un poète au sens premier et étymologique du terme.

Au sens où les grecs anciens l’entendaient, c’est-à-dire « faire, créer », le poète est ainsi assimilé au créateur, au premier architecte.

Notre poète est aussi un sage quelque peu nuancé de prophétie qui construit :

« Des cathédrales, toutes blanches dans le soleil pour élever ta conscience. »

Il est bien celui qui pressent, décrypte avant les autres les prédications du souffle universel.

En lisant ce remarquable ouvrage : « L’Homme qui souffle sur les braises » je ne peux situer Jacques Viesvil que sur un plan similaire à celui d’un Novalis, d’un Khalil Gibran, d’un Rabindranath Tagore, etc. Poètes aux voix à la portée universelle.

Pour être des plus poétiques et paré de merveilleuses images et métaphores, le Verbe de notre ami se veut aussi initiatique et symbolique

Il est le reflet d’une profonde expérience intérieure, forte et fragile à la fois, tout en demeurant aux sources de l’étonnement. Quête éternelle de l’unité et de l’harmonie, dans l’infiniment grand et l’infiniment petit.

« Mets la transparence à l’intérieur de tes intentions. »

Mais la question demeure en suspend, l’homme ne serait-il pas un exilé permanent ?

Nous cheminons entre la force et la vulnérabilité de l’amour.

Pour Jacques Viesvil chacun de nous, porte en lui tout l’amour du monde, le défit étant de savoir le partager et lui permettre de transcender.

L’acte d’écriture génère ici le principe de transmission.

Tout en prenant conscience et en demeurant dans la prudence des mots, Jacques Viesvil sait que pour combattre les haines ou fanatismes aveugles il faut faire en sorte de les ignorer et de croire encore en la sagesse de l’amour. Pas aussi simple cependant ! La bête humaine retrouve trop souvent ses instincts primaires et morbides.

Et pour reprendre les propos de notre poète, il souligne que :

« Nous sommes faits ainsi d’oppositions. De noir et de blanc. De plein et de vide. D’égoïsme et de générosité. Les colères, la jalousie, la brutalité font partie de l’ombre. La paix, la compassion, l’amour sont dans la lumière. »

Mais une chose est certaine, Jacques Viesvil à conscience que la poésie est peut-être encore l’ultime voie d’espérance offerte à l’homme. Utopie allez-vous rétorquer ! Alors n’oubliez pas que ce sont sur des utopies que l’on érige les plus beaux édifices de la vie.

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.

Ouvrage : « L’Homme qui souffle sur les braises. » collection spiritualité – éditions ABM.

Jacques-François Dussottier : « Ô Femme. » éditions les Poètes français 2012 (couverture quadri – 67 pages.)

Dussotier Jacques François

Jacques-François Dussottier : « Ô Femme. » éditions les Poètes français 2012 (couverture quadri – 67 pages.)

« Ô Femme » ! L’auteur Jacques-François Dussottier n’en est pas à son coup d’essai, déjà il nous a érigé des temples, des autels lumineux et précieux en hommage à la «  Femme » portant haut son verbe comme un sacrifice à la gloire de l’Amour, quête permanente autant qu’utopie de l’homme.

« POESIE !

Sous mes doigts, tu deviens femme,

La chair de mon texte… »

Car entre le rêve et le réel la barrière est bien fragile, parfois imperceptible et vulnérable.

Simple, incisif, incontournable, bref, concis, le titre «  Ô Femme » est des plus évocateurs, il nous révèle déjà l’essentiel et nous en restitue les intimes saveurs.

C’est avant tout un vent de liberté qui souffle entre les pages de ce recueil.

L’auteur y laisse courir sa plume au fil de l’esprit, au rythme du ressenti, aux pulsions du cœur et de sa sensibilité intuitive.

« J’écris pour les femmes à perte d’encre… »

Le poète ici se livre entièrement, pas de fausses pudeurs, les mots sont dits avec justesse, simplicité, les sentiments y sont évoqués, la femme cette éternelle première, défiée !

Oser se confier à la page blanche, lui susurrer les pensées nuancées de l’intime, c’est déjà dispenser de l’amour.

« Ma Muse, je n’irai pas cette nuit

Rêver dans les étoiles

Car je t’attends dans mon poème. »

Sans doute est-ce dans la solitude et la délivrance que l’homme transpose ses plus beaux poèmes d’amour. Mystérieuse métaphore, singulière parabole !

Il est parfois nécessaire de monter sur le pont de la mémoire et de repartir en pèlerinage visiter les stèles de ses amours, filles des îles lointaines.

Jacques-François Dussottier compose ses poèmes d’amour comme une gerbe florale aux mille couleurs imagées.

Si nous nous laissons aller à notre imaginaire, il se peut que nous puissions y subtiliser quelques effluves charnels.

«…/…ventre de braise fougueuse,

faille de fauve moiteur

ton odeur m’enlace en des arômes fous. »

Par la subjectivité de la beauté il fait de nous des mendiants de l’amour, de pèlerins assoiffés de tendresse.

Naturellement il joue avec de remarquables parades au féminin, il caresse l’intimité du souvenir que l’on voudrait conserver dans l’herbier de nos amours.

Le poète se risque au surpassement, il tente une transgression et transfiguration des lois de l’amour.

Oui, en effet l’amour peut devenir un fabuleux voyage, mais également une terrifiante expédition, oscillant de l’exaltation incontrôlée à la désespérance la plus déchirante.

« J’irai rejoindre une autre déchirure

Car j’ai rendez-vous avec le reste de ma vie. »

La Femme, celle que le poète imagine, celle qu’il idéalise mais qui jamais ne viendra ou ne saura combler les vides de nos nuits, demeure éternellement le symbole d’un mythe inaccessible.

Il y a dans ce culte de l’Amour composé patiemment mot après mot, une forme de sacralisation, un sentiment d’éternité et de sublime fragilité.

©Michel Bénard.

Nouveaux Délits, revue de poésie vive

Nouveaux Délits

Nouveaux Délits, revue de poésie vive, libre et sans frontière, née en 2003, bimestrielle jusqu’en 2008, puis trimestrielle. Actuellement il sort 3 numéros par an, janvier, avril et octobre. Entièrement conçue, réalisée et imprimée maison sur papier recyclé par Cathy Garcia, auteur et artiste, qui joue ici les femmes orchestre. Pour les traductions, les textes sont également publiés dans leur langue d’origine. Illustrations originales d’un artiste dans chaque numéro.

Blog : http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

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Revue de poésie tenue par une seule âme, celle de Cathy Garcia, depuis quatre ans. Mais néanmoins, revue d’amitié internationale qui essaime. Les auteurs publiés à date proviennent de tous les horizons. (…) On peut lire que cette petite revue «…n’a pas vocation de plaire, mais plutôt de titiller, bousculer le sommeil ambiant, y compris celui des poètes… qui de marchés en salons, en oublient parfois de sentir les remous qui s’emparent de la poésie. Poésie comme parole qui témoigne. Poésie qui dégouline sur les murs, une éponge trop pleine entre deux poings trop serrés. Poésie qui se fait son, souffle, cri. (…) Il n’y a pas plus subjectif qu’une revue menée par une seule personne mais c’est ce qui lui donne sans doute sa particularité. Tous les auteurs publiés, écrit «la patronne», ont pour premier point commun de m’avoir troublée, titillée, bousculée d’une façon ou d’une autre. Et parce qu’il faut beaucoup de particularités pour faire un monde fertile (moi ici j’applaudis), j’encourage vivement chacune et chacun à profiter du printemps pour se lancer dans le semis de revues et la diffusion sporadique de la parole-témoin par tous les moyens possibles. J. Desmarais, poète et chroniqueur, Montréal, émission Train de nuit, mars 2007

(…) une poésie jamais éthérée et ornementale mais en prise directe avec les forces vives et souterraines de la vie qui se veut accessible à l’Autre. Une fraternité à fleur de peau à chaque page. Il faut remonter aux années soixante, au tout début, pour retrouver ce souffle vital d’une poésie à hauteur d’homme et de femme.Christian Saint-Paul, écrivain, Toulouse, Radio Occitania, janvier 2009

« Si elle ne paye pas de mine, grossièrement emmitouflée dans sa couverture kraft et imprimée sur papier recyclé, la revue Nouveaux délits mérite cependant un arrêt prolongé. Cathy Garcia en est la « femme orchestre ». Passionnée de poésie elle fabrique elle-même la revue, avec des moyens limités. Ce numéro 35 se veut « essentiellement féminin », non pour suivre le thème du « Printemps des Poètes  2010 » : « couleurs femmes », mais pour corriger un certain « déséquilibre » constaté : En poésie comme à la sécurité sociale, les femmes sont secondaires… » Cathy Garcia reconnaît d’emblée la subjectivité de son choix. Qu’elle se rassure, il est excellent. (…) Il n’y a pas, sans doute, d’écriture typiquement féminine, mais des sujets plus volontiers abordés par les femmes. Comme celui des « hommes », évidemment. Ainsi, Cathy Garcia se démarque-t-elle de cette incroyable façon / d’englober la femme / dans l’Homme / pour dire finalement / le manque d’humanité / alors moi femme / je te dis / si toi homme / tu es celui / qui sème sur tes pas / peur violence misère / injustice désespoir / alors je ne veux pas porter ton nom…Cathy Garcia possède aussi un indéniable talent d’illustratrice. Ses collages et dessins viennent s’insérer librement dans les textes de cette livraison. On pourra les savourer davantage, dans leur version couleur, sur le site de la revue mentionné ci-avant. » Alain Helissen, RevueDiérèse, déc. 2009

« Si elle instruit avec fougue et dévouement les dossiers de ces Nouveaux Délits,Cathy Garcia n’entend pas que le « poète de grande bourrasque », tel qu’elle-même se présente, cède le pas à l’animatrice. Simplement, la revue prolonge l’œuvre, y participe. « J’aime les mots, ces alcools que l’on découvre parfois au fond d’un placard oublié.». En conséquence de quoi, sont donnés à lire des auteurs rares ou méconnus, souvent en marge du centralisme hexagonal (…) Au final, tendant volontiers la main à l’expression minoritaire ou à celle de minorités, la revue ouvre sur un champ original de création (…) » Claude Vercey, poète et chroniqueur, I.D n° 222 : Alcools découverts au fond d’un placard, novembre 2009, revue Décharge.

« (…) Cette revue ouvre large ses portes aux poètes de tous horizons : Ferruccio Brugnaro (Italie), Frédéric Ohlen (Nouvelle-Calédonie), Saint-John Kauss (Haïti et U.S.A.), Jean-Marc Lafrenière (Québec) Yusuf Kadel (Ile Maurice), Lina Zeron (Mexique) et tant d’autres encore. Parole est également donnée aux jeunes poètes qui trouvent là un tremplin pour se faire connaître : Marlène Tissot, Nathalie Riera, Beb Kabahn, Thomas Vinau, Fabrice Marzuolo, Frédérique Mirande, … Ces Nouveaux délits en appellent d’autres pour étonner, surprendre et provoquer. » Georges Cathalo- février 2011, revue Texture

Suzy Maltret, Au vent d’Yveline

 

  • Suzy Maltret, Au vent d’Yveline, illustrations réalisées par Roland Maltret. Editions Gerbert. 45 pages. 2011.

L’introduction à elle seule n’est-elle pas la plus belle symbolique de cet ouvrage géo-poétique « Au vent d’Yveline » en rendant hommage à Paul Fort, le prince des poètes, qui rêvait d’effectuer la plus belle ronde du monde en nous donnant la main.

« Ronde autour du monde n’a qu’un œil,

Pas plus loin je crois de Gambaiseuil…/… »

Cependant Suzy Maltret, n’a pas besoin en effet d’aller aussi loin pour entreprendre son beau voyage, sa joyeuse ronde, elle suggère une belle errance poétique en Yveline, au rythme de son cœur en quête de rêveries.

Suzy Maltret porte en elle l’amour du terroir, le sens des racines où se confond la mémoire.

Chaque poème est un bourgeon, une frondaison de sous bois, une fleur en éclosion, avec ce souci de peaufiner le verbe, de saupoudrer un peu de poussière d’histoire sur le pays du souvenir, sur les terres fertiles de l’enfance.

« Terres et racines en ce pays d’Yveline, …/… »

Parfois des tempêtes soufflent sur la vie, faudrait-il tout recommencer, tout recomposer, non il ne faut pas prendre le deuil, il faut maintenir l’espoir.

C’est une belle histoire de cœur avec le pays bien aimé, une reconnaissance simple et authentique.

« Voici donc ma mie le pays de nos amours, …/… »

« Qu’effleure à peins le souvenir du poète, …/… »

L’émotion se fait légère comme un vol de libellule, il y souffle des nostalgies, des effluves du temps lointain.

Suzy Maltret évoque des scènes de chasse, des songes bucoliques, ne manque de faire un clin d’œil aux artisans et ouvriers. Dans son verbe résonne l’écho de musique lointaine, de belles dames, de nobles demeures, de pavés rutilants et de coursiers.

Elle va cueillir d’anciennes légendes enracinées entre les ruines de vieux murs de pierres qui poussent avec les fougères.

Le langage est précieux, distingué, comme ces nobles fantômes qui apparaissent ici et là au rythme d’une viole de gambe, d’un téorbe ou d’une harpe vagabonde.

Suzy Maltret, adopte pour célébrer son terroir, son pays d’âme et de cœur, un autre langage, un autre rythme approprié à la mémoire des lieux.

« Mémoires de feuilles,

Mémoires des eaux…/… »

Au cours de l’un de ses discours l’homme de lettres Jehan Despert remercie Suzy Maltret d’être poète, car dit-il : « …/… tant qu’il y aura des poètes pour chanter la beauté du monde, ce monde restera grand, vivant et source inépuisable d’espérance nouvelles…/… »

Allez, elle vous invite, prenez une belle allée ombragée et laissez vous porter «  Au vent d’Yveline. »

« Accourez puisque l’on voit de l’aurore

 Des frondaisons monter le souvenir

D’un beau silence dans un long soupir…

Sur l’instant, la marche du sablier ! »

◊Michel Bénard

 

En partance, Guy Jean 

 

  • En partance, Guy Jean ; Trois Rivières : Editions d’art Le Sabord, 2010.

«… En partance, c’est la recherche au cours de voyages du souffle humain tissé entre l’heure et le lieu. C’est l’exploration de l’âme humaine dans ses amours, sa violence, ses espoirs et ses velléités… ». Ce passage extrait de la quatrième de couverture résume parfaitement les thèmes abordés dans le recueil ; à savoir, la fuite du temps, les guerres, l’amour, l’exclusion sociale, la mort, la problématique de l’écriture, le dogme religieux et bien d’autres encore… Mais s’il ne fait aucun doute que la poésie de Guy Jean est une poésie « de chair et de sang », il n’en demeure pas moins qu’elle tente aussi d’approcher le monde dans sa dimension merveilleuse et secrète.

Toutefois, si elle demeure profondément ancrée dans le quotidien, cette poésie n’a rien d’anecdotique. Car si le poète s’emploie à dénoncer les dérives d’un monde dont les valeurs(la vitesse et l’utilitaire) sont loin d’être en concordance avec nos aspirations profondes, il cherche aussi à nous communiquer sa fièvre d’exister. Ici, la poésie est conçue comme un acte libérateur, un acte de résistance voire un chant d’espoir ; ici, la poésie est une langue de liberté, d’égalité et de fraternité ; ici, la poésie éveille le réel, exorcise un présent aliénant et constitue un moyen de fondre l’espoir dans le désespoir ambiant.

A travers ce recueil, le poète questionne la vie et le temps tout en posant un regard sans concessions sur les enjeux d’un monde où tout reçoit une échelle de valeur en fonction de son utilité ; à travers ce recueil, le poète nous met en présence d’une poésie lucide qui intègre le vivant pour maintenir la vie en vie…

Je me résigne et adresse la parole au chien sauvage

les yeux brûlés de hurlements qui secoue de ses griffes

les griffes métalliques installées sur mon histoire

ses instincts portent ma rage, mes envies

je le garde enchaîné

pour qu’il déchire de ses crocs la nuit

pour que mes rêves s’égarent et se dessinent aux murs d’une caverne

les voix emprisonnées dans son nom

◊Pierre SCHROVEN

Claude Luezior, Flagrant délire

Flagrant délire

Claude Luezior

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  • Claude Luezior, Flagrant délire, Editions de l’Atlantique, Collection Phoibos, 2011, 70 pages.

Claude Luezior, nous revient avec ce dernier ouvrage sur des voies parallèles, de traverses, autant dire sur le chemin des écoliers du verbe et du Flagrant délire où l’auteur nous étonne, nous interroge, mais s’étonne et s’interroge également lui-même aux propres jeux de ses mots.

« Tu m’as dit d’écrire en plein cintre pour exorciser les arcatures de l’oubli. »

Claude Luezior, porte haut l’étendard des mots, il n’est d’ailleurs pas sans nous faire songer par certains aspects de son écriture au travers de ce recueil, aux jeux déconcertants et déroutants des oulipiens.

« Ecailler l’inconscient par successives incandescences. »

Le chemin du poète se veut chaotique, incertain, il est souvent considéré comme un marginal, un fantaisiste, quelque peu en marge de la société.

Mais le poète résiste ici au souffle et à la clameur populaire, il poursuit obstinément son rêve dans les châteaux et tourelles du ciel. Parfois le couperet tombe, jusqu’à décapiter ce rêve !

Claude Luezior se fait ludique, un tantinet moqueur et agrémente sa poésie de délicates senteurs de confitures, de caramels, de belles couleurs qui nous donne l’envie de plonger le doigt furtivement jusqu’au Flagrant délire.

Ce qui ne l’empêche pas de jouer avec la magie de la lumière, il se fait passeur de miroir, pêcheur de brume, il plie et déplie ses poèmes jusqu’à se donner lui-même le vertige.

Claude Luezior restitue à son verbe une connotation sacrée, une signification liturgique au-delà du dogme, car seul le cœur prend la parole et la transcende.

« …/…une eucharistie où sédimente la tendresse en singulière liturgie. »

Son temple en poésie se situe bien au dessus de la simple célébration ordinaire.

Claude Luezior dit ses grands-messes aux cris des hommes, il en fait son épiphanie !

Son acte poétique contient les senteurs panthéistes et la force des bâtisseurs de citadelles.

Sa plume sait se faire légère, pour ne devenir plus qu’un souffle ténu se déposant comme une buée diaphane toute auréolée d’un silence dialoguant avec les anges.

Il a conscience de la force et de la vulnérabilité de l’écriture qui n’est qu’un feu follet.

Le poète est toujours prêt à donner l’impossible, l’inaccessible, il corrige les asymétries de nos folies.

Il se fait funambule sur les points d’intersections des mondes, il maraude aujourd’hui ses paysages de lumière pour demain !

« Puis viendra le redoux. Pour chercheurs de lumière. »

Vision admirable, forte, mais singulière qui préserve ses mystères, qui enchâsse ses énigmes, par des formules clés et magiques.

Claude Luezior synthétise le texte, il élague, ne retient que l’essentiel, afin d’imprégner à son texte la force équilibrée et filiforme, d’une œuvre « giacometticienne ».

Certains de ses textes portent des ombres d’arches perdues, de fin de civilisation où quelques aphorismes troublants provoquent l’interrogation.

Au travers de ce Flagrant délire, nous croisons de belles parades imaginaires qui nous reviennent de loin par des chemins détournés et jouant à la marelle sur le mystère influent de l’image, sur l’énigme de la toile.

« …/…il a cloué sur sa toile une brassée de cris adossés au désespoir. »

Il ne vous reste plus qu’à embarquer sur la nef poétique, « improbable esquif » de Claude Luezior en laissant le paroxysme de son Flagrant délire vous emporter vers d’autres rives et à vous étonner !

◊Michel Bénard