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Mystère de l’offrande–sur des peintures de Serval

« Mystère de l’offrande » Chronique de Miloud KEDDAR Sur des peintures de Serval La bouche cousue, seul le regard parle. Qui ose le silence et s’absente ? Celui que le destin habille de désert ? Celui que la société met à l’écart ? Le peintre qui se donne la tâche de révéler ce mystère porte en lui le silence. Le peintre dont la méthode est cette évocation a fait l’expérience du don de soi. Il n’a pas besoin de s’absenter ou d’être mis à l’écart : lui suffisent la réserve et l’attention. C’est ce que j’ai dit de la peinture de Serval dans un précédent travail : « Je suis l’autre dans ton regard » (titre). Et j’ajoute ici que le retour à Ithaque doit toujours s’accompagner de l’amour pour l’autre –comme l’autre en a besoin, je ne cesse de le répéter ! Au peintre, il faut alors un temple de l’accueil qui soit le temple de l’éveil ! Dans les peintures de Serval, les « ciels » sont sans nuages : la majuscule du silence ! Ce qui rehausse le sujet, le privilégie et n’en détourne pas. Et …

L’ordre du matin—Sur des peintures de Jacques Valette

Chronique de Miloud KEDDAR L’ordre du matin Sur des peintures de Jacques Valette Voici des « nu » qu’habille la couleur. Le corps est plein quand l’environnement est du presque vide, bigarré, hachuré. La couleur devient coquille qui protège mais aussi carapace qui isole. Et c’est ce qui isole qui intéresse Jacques Valette. Dans une de ses périodes, la période dite du « Déséquilibre », Valette a peint des femmes qui dansent une danse mal assurée, non maîtrisée, des avancées dans le monde, incertaines. Et si dans la période qui suivit, il nous fallait deviner sous l’abstrait le figuratif, avec cette série de nu, nous sommes en présence d’un « figuratif abstrait ». C’est comme si Valette accomplissait une remontée vers l’origine, et précisément l’origine de l’abstraction dans la peinture. J’ai dit : « accomplissait une remontée vers l’origine » et je voudrais qu’on m’entende dire : « s’accomplit en remontant à l’origine », la nudité, la relation alors simple au monde. Connaissance de soi et accomplissement ? Jacques Valette plaide pour une présence accrue au meilleur dans soi, lui qui sait le risque de la méconnaissance de …

Accueil de l’exil, Jean-Louis BERNARD, peintures d’Anne Moser, Editions des 2 Rives, Les Lieux Dits, 1er trim. 2015

Chronique de Claude Luezior Accueil de l’exil, Jean-Louis BERNARD, peintures d’Anne Moser, Editions des 2 Rives, Les Lieux Dits, 1er trim. 2015 Fulgurances : le verbe prend support sur les traces du pinceau. Ou l’inverse. Pour accueillir l’exilé dans son roulis de vagues, sa désespérance. Mais ne sommes-nous tous des exilés ? Dans ce cas, c’est l’exil, à savoir notre existence sur terre qui, quelque part, nous accueille. Des textes autographes en transparence, dans un temps premier : comme si les mots n’étaient encore fixés, comme si le manuscrit flottait au gré d’écumes incertaines : lambeaux encore humides, rescapés d’une camarde qui malaxe les litanies d’un désespoir à la dérive. À quai, ou plutôt sur l’une de ces plages pour rescapés de l’exode, la typographie s’assagit. Pas de pagination : le temps reste absent. Le poème suinte ses secrets, le marc de sa symbolique. Ressacs et brisures dans un long et peut-être vain alphabet du silence. Pour exprimer, dans l’attente d’une possible main tendue, ces voix / chair d’avant / le langage / affranchies / de la poussière / et …

Bernard Grasset, Les hommes tissent le chemin – Voyage 2 – 2000-2008 ; peintures de Jean Kerinvel ; éditions Soc & Foc, 2014, np.

Bernard Grasset, Les hommes tissent le chemin – Voyage 2 – 2000-2008 ; peintures de Jean Kerinvel ; éditions Soc & Foc, 2014, np. Un ouvrage bien construit, où les peintures de Jean Kerinvel apportent de la dimension et de la couleur à la poésie de Bernard Grasset. Le regard de Bernard « contemple les volutes du mystère » qui plane autour de chaque lieu qui l’interpelle, une fontaine, un jardin, un clocher, la Loire, les vignes…, tous des endroits où la mémoire s’incruste et ne décolle pas. Les hommes tissent le chemin, au détour des rues, au retour de l’océan ; ils « écoutent la lumière » qui les illumine et les éblouit tout à la fois. C’est à chaque fois l’éloignement (le train ; le bateau : « partir encore vers le large »), l’errance (« marcher encore, gravir ») mais aussi le retour sur soi, vers son pays ; mais il faut revenir par le « chemin dans les ruelles » tout tracé pour découvrir encore et encore d’autres lieux, d’autres liens. Si Bernard Grasset recherche la liberté, la lumière, l’évasion, il est aussi le poète du retour, …

Les lectures de Patrick Joquel

  Poésie      Titre : Les gens polis ne font pas la guerre à autrui Auteur Jacques Thomassaint Illustrations Pierre Rosin Éditeur : Soc et Foc ISBN : 978-2- 912360-91-5 Année de parution : 2014 Prix : €12 Un livre résolument antimilitariste. Anti guerre. Avec humour. Détermination. Des images riches de couleurs et de sens pour appuyer là où ça gratte. Les poètes qui s’engagent et c’est une des veines de la poésie que cette écriture de combat réveillent. C’est le thème du prochain Printemps des Poètes de mars 2015 et c’est réjouissant pour ce livre ! J’espère que le site du Printemps le mettra à l’honneur car il n’est pas facile de pratiquer cette poésie d’engagement à hauteur d’enfance !   *   Titre : Un temps pour tout Auteur: Lucile Lux  Éditeur : Soc et Foc  Année de parution : 2014  Prix : 9 € C’est tout simple. C’est génial. Simplement génial. Secondes, minutes, jours, semaines, mois, années… une vie. Celle de chacune et de chacun. En prise, en miroir, en écho. Sa vie. Ma vie. Nous sommes si différents et nous …