Titre : Ce que nous sommes lorsque nul ne nous voit
Auteur : Adeline Baldacchino
œuvres de Michel Remaud
Éditeur : Ail des ours
Année de parution : 2 024
22e ouvrage de la collection grand ours est sous-titré Carnets normands. Un livre ancré dans un territoire comme on dit maintenant. Une Normandie des rivages. Avec des goélands dont le rire ne laisse personne indifférent ; ni leur vol. Des étoiles de mer : fascination de leur pouvoir de régénération… Fascination aussi devant l’enfant joueur. Remplir la mer de galets ou bien s’envoler à bord d’un cerf-volant… nous avons tous joué ainsi sur la plage ou sur le rivage à mouille moi les pieds si tu peux. Rien ne nous empêche d’y jouer encore à l’âge adulte, seul ou bien avec son enfant. Dans un des ces moments de grâce où nous sommes là, juste présent au maintenant de l’endroit. Juste soi. Face à l’océan. Avec ce sentiment profond de l’éphémère aventure de son corps, de son soi. Cette étreinte et son sourire
…l’escapade (aussi insensée soit-elle)
aura été plus belle
qu’il n’était possible de l’imaginer.
Dans cette aventure, on joue à être parent ; mère ici. Écrire serait comme une lettre à son enfant ; une lettre à lire quand il sera grand… Les mots survivent un peu à la voix ; permettent le lien à travers le mystère de la vie. Écrire contre la perte. Écrire pour accompagner encore un peu. Pour croire encore à demain.
octobre et ses lectures. Des poèmes et des albums croisés au salon du livre de Mouans-Sartoux ou arrivés dans ma boite aux lettres.
Moments à partager. Cependant si vous n’en voulez plus, dites-le moi simplement.
Bel automne
Patrick
¨PS : on peut découvrir la couverture de mon dernier livre de poèmes : La rime a des bisons que le gazon ne connait pas, illustré par Yves Barré, sur mon site.
Titre : Nice the place to be Auteur : anthologie du collectif Photon Éditeur : Pourquoi viens-tu si tard Année de parution : 2 023
Des photos des photographes du collectif Photon. Des photos prises à Nice. Et confiées au hasard à des poètes Niçois ou non. Cela donne un regard particulier sur la ville. Un regard hors sentiers battus. Une autre vision de la ville, d’autres visions de la ville. Les poèmes qui accompagnent ces photos contribuent également à ce décalage.
L’Art est, entr’autre, ce qui ouvre de nouvelles perspectives à la réalité. Ce livre en est la preuve efficace.
Il permet d’appréhender la vitalité de cette belle et grande ville, sa variété et ses richesses.
Un livre à offrir à tous ceux qui aiment Nice et à ceux qui un jour ou l’autre y sont venus ou y passeront.
Titre : Aire d’accueil des gens du voyage Auteur : Balval Ekel Éditeur : Tarmac Année de parution : 2 023
Comment habiter le monde ? Comment habiter sa vie ? Deux questions que se posent beaucoup de gens. Les poètes en font partie, bien sûr. Avec dans leur questionnemnet la place du poème dans ce monde ou comment le poème le rend habitable etc.
Balval Ekel ouvre une autre dimension à ce questionnement en s’interrogeant sur la dualité sédentaire/nomade. Qu’est-ce qui fait que l’un parcourt le monde quand l’autre le construit ? Il n’est pas question d’opposer ni de prendre partie mais simplement de vivre.
Le livre comporte cinq parties.
– Habiter le vent, le ciel, l’eau, les sables mouvants… On y habite le ciel mais aussi un rond-point ; une cité ou une résidence d’été… Chacun choisit ou subit son habitation. Il reste une échappée possible : celle des sentiers de traverse.
En marchant
Contrairement à ce dont ils voudraient nous convaincre
les sentiers bien souvent ne mènent nulle part
en tous cas pas là où nous conduisent les routes
aussi sont-ils empruntés par les bêtes, les bergers et les poètes
appréciés des rêveurs, des nomades et des enfants
Certains en font une piste d’envoi
et laissent une trace sans rien déranger
d’autres s’y réconcilient avec
des tempêtes de ciel bleu
le froissement des feuilles
la douceur de la boue
les bourdonnements
Tous savent combien le détour tient de la métamorphose
et que pas un de ces chemins ne revient véritablement à
à son point de départ
– habiter dans sa tête et dans celle des autres
On y parcourt une galerie de portraits. Difficile de donner à voir une vie et ses désirs ou peines dans les quelques vers d’un poème. Le contraire d’une photo ou d’un tableau. Les personnes croquées ici deviennent des personnages tant sont lisibles leurs particularités.
– habiter l’art et la littérature
Des poèmes hommages à quelques artistes. Des poèmes sur des thèmes divers comme la danse, la poésie et autres formes d’art y compris le spectacle. Divers lieux de culture, diverses personnes. On reste, comme dans la partie précédente à hauteur d’humain. Profondeur, empathie et délicatesse.
– habiter des refuges provisoires
Le provisoire de l’autre et l’absence qui suit. La perte. Le souvenir. Le provisoire d’un lieu, d’un paysage et d’un moment heureux. Les provisoires d’un hôpital, lieu de passage toujours subi. Des moments et des lieux à habiter si on veut ne pas perdre pied avec le monde.
– habiter une maison
Choisir la sédentarisation. S’attacher à une maison. Bâtir un jardin. Chaque jour construire un petit monde à partager. Où grandir. Comprendre que malgré tous les soins donnés, on reste de passage. Nomade sans autre domicile fixe qu’une planète et quelques bribes de ses territoires.
Un livre à donner à lire dès le lycée et bien au-delà. Et en particulier à tous ceux et toutes celles qui s’interrogent sur la présence.
Titre : à l’intérieur de moi Auteur : Anne Bonin Images : Valérie Linder Éditeur : L’Ail des ours Année de parution : 2 023
De courts poèmes avec un « je » pour narrateur. Un jeu de facettes multiples. Une exploration d’humeurs, de désirs, de sensations, d’émotions. Toutes à hauteur d’enfance. Autrement dit à hauteur d’humain. Tout en douceur aussi. Comme une caresse. Un baume.
On est tout cela pas à la fois, pas en même temps ; mais ce tout fait qu’on est un. Unique. Mouvant et toujours soi.
Comme souvent, un livre de poèmes n’est jamais aussi simple qu’il en a l’air.
Les images de Valérie Linder, des oiseaux. Chacun avec sa couleur. Ils accompagnent dans leur attitude les poèmes. Avec légèreté. Grâce et un brin d’humour au bec.
Un livre qu’une classe peut mettre en voix et en scène. Chaque enfant prend en charge un poème et la classe crée la dynamique du spectacle.
À lire dès la maternelle et bien au-delà.
Titre : Juste vivre Auteur : Luc Marsal Encres : Nour Cadour Éditeur : Donner à Voir Année de parution : 2 023
Vivre. Tant de questions ? De points de vue ? De surprises… Le poète ici, dans ce petit recueil à déplier, nous partage ses volontés, ses désirs. Avec une série de stophes de cinq vers qui toutes commencent par Je veux.
Un programme simple et efficace auquel nombre d’entre nous souscriront. Auquel chacun ajoutera ses Je veux personnels. Nous sommes tous différents et nos aspirations divergent autant qu’elles se ressemblent.
Les encres qui accompagnent ces poèmes sont discrètes, légères et bien vivantes. Cette vivacité donne un air sobre et joyeux à cet ouvrage.
À lire à tout âge car il n’y a pas d’âge précis pour juste vivre.
Titre : Un refuge autre que l’exil Auteur : Theombogu Éditeur : Éditions du Cygne Année de parution : 2 023
Des proses courtes. Une page en général. Denses. Des textes comme autant de traits de projecteur sur une situation de vie d’une personne.
Des personnes venues de loin, ici. Des personnes sans papiers. Des que les gens d’ici ne voient pas vraiment mais dont ils parlent abondamment. Entre eux. Dans la presse, quelle qu’elle soit. Migrant ? Exilé ? Aucun mot ne convient vraiment. Humain serait le terme. Des gens comme ceux d’ici ; mais loin de chez eux. Plus aucun chez eux. Ils sont partis pour sauver leur vie. De la misère, de la mort de… Ils sont là. C’est leur vie. Ils la construisent. Avec ou sans aides ; ou un peu des deux…
C’est pour chacun, ceux de là-bas venus ici comme pour ceux d’ici restés ici, l’histoire d’une vie. Des vies qui ont du mal à se partager. À se rencontrer.
L’écriture, et donc lecture ou écoute, offrent des ponts pour relier ces territoires. Pour vivre à hauteur d’homme. Et ensemble.
Un livre à donner à lire dès le lycée et au-delà. À lire et à relire, lentement pour en savourer les profondeurs.
albums
Titre : Ou bien Auteur : Antoine Geniaut images : Juliette Iturralde Éditeur : L’Initiale Année de parution : 2 022
Un petit saut dans l’absurde ça vous dit ? Si oui, Ou bien est pour vous. Courez l’acheter de ce pas, en voiture, en trottinette ou en ce que vous voulez, avec ou sans gorille dans le dos.
C’est un livre sans fin. Que le lecteur peut poursuivre aussi longtemps qu’il le souhaite. Aussi loin qu’il en a le désir.
Les images l’accompagnent en beaux à plats de couleur. On se sent bien à sourire dans ce petit carré de l’Initiale.
À offrir dès la petite section de maternelle et jusqu’à plus soif.
Titre : À moitié endormie Auteur : Antoine Géniaut images : David Clèves Éditeur : l’Initiale Année de parution : 2 023
La règle du jeu est toute simple : prendre une expression de la langue française. Par exemple et pourquoi pas : être à moitié endormi.
La regarder. L’écouter. Entendre toutes les idées qu’elle porte avec elle, les passer en revue. Suivre ces logiques de l’absurde le plus loin possible. Jouer avec tous les sens, toutes les directions de l’expression. Bref : s’amuser avec la langue. Rien n’est plus sérieux que le jeu. Et quand il arpente les sentiers de l’imaginaire, sourire garanti.
Un livre réconfortant car différent. Réconfortant car pas vraiment sérieux, quoique… si on prend le temps de se laisser prendre au jeu…
Un livre à offrir dès la grande section de maternelle et bien au-delà. Un livre qui sera un point de départ inépuisable à mille et un autres jeux.
Titre : Le septième roi Auteur : Danièle Fossette illustrations : Bénédicte Nemo Éditeur : Cipango Année de parution : 2 016
Un magnifique album grand format autour du mot LIBERTE. Un texte fort ; simple et dense. Un texte qui vibre avec le monde d’aujourd’hui. Avec ces idées qui attaquent la Liberté ici et là : via l’ignorance, via la cupidité, via la soif de pouvoir etc. Je ne vais pas tout dévoiler ici. Découvrez le livre.
Des images qui résonnent avec le texte. L’accompagnent fermement.
Le mot espoir vient en fin de livre. Comme un horizon vers lequel on va et qu’on atteindra un jour. Bientôt.
Superbe album à partir des grandes classes du primaire et bien au-delà.
Titre : Le Samouraï et les 3 brigands Auteur : Pascal Fauliot illustrations : Marc Ingrand Éditeur : Cipango Année de parution : 2 017
Un livre aux tons chauds. Texte minimaliste mais efficace et riche. Images chaleureuses en pleine page. Un beau livre à tous les étages.
Un Samouraï, un ronin pour être exact. Une auberge. Trois brigands. Trois mouches et un bol de soupe. J’oubliais les deux sabres et les deux baguettes.
Un extrait :
Aussi paisible
qu’un bouddha,
il demeurait tranquille,
semblable au miroir de l’étang
que ne trouble
le moindre souffle de vent.
Il = le Samouraï, vous l’aviez compris.
À offrir dès le cp à tous les enfants qu’on aime et pourquoi pas aux autres. Le livre fera également les délices des plus grands avec sa dimension de Savoir Être.
Titre : Selfies pour la planète Auteur : Bénédicte Nemo Éditeur : Cipango Année de parution : 2 021
21 portraits à l’acrylique ou l’aquarelle. Enfants, adultes. Filles, garçons. D’origines différentes. Bref des humains. Sur chaque portrait, on trouve quelques animaux : certains sont en bonne santé, d’autres en voie de disparition. Sur chaque page on a également une information : renard, famille des canidés ; daim, famille des cervidés ;Ticiana, famille des hominidés. C’est dit : nous sommes tous des vivants posés ici ou là dans l’arborescence de l’histoire de la vie animale. On lit également un texte écrit par l’hominidé peint par Bénédicte. Il parle des animaux qui l’accompagnent.
Par exemple : « Ils(le renard, le daim et le lapin) me racontent des histoires de forêts millénaires qui existaient bien avant les premiers hommes sur terre, toutes les espèces d’arbres et d’animaux, unis dans le même élan, obstinés à vivre et à survivre… ».
Le texte se termine par un CLIC. Celui de l’appareil photo qui prend le selfie.
Un album engagé pour la planète et le respect de la vie, de toutes les vies.
À mettre dans toutes les bcd des écoles dès la maternelle comme au primaire. Les CDI des collèges ou des lycées l’accueilleront également pour sa diversité.
Titre : Le renard et la hyène, conte de Najd Auteur : Saäd Bouri illustration : Émilie Camatte Éditeur : éditions du Jasmin Année de parution : 2 019
Ce conte nous vient d’Arabie Saoudite. Un long voyage jusqu’ici. Une ambiance chaude, dans les couleurs d’Emilie. De vastes espaces autour des protagonistes : la hyène, ses enfants, le renard et quelques autres animaux. Le renard voudrait bien croquer un ou plusieurs petits de la hyène et il emploie toute sa ruse pour le tenter. Bien sûr, il a besoin d’aide et va donc voir d’autres animaux. Ceux-là sont prêts à l’aider contre un cadeau. Le renard s’y emploie… mais malgré tous ses efforts, le renard n’en attrapa aucun (petits de la hyène).
Un conte en écho avec le montrer patte blanche… une histoire qui emporte le lecteur. Accessible dès la maternelle et bien au-delà. Les contes comme les poèmes n’ont pas d’âge.
Titre : J’avais rendez-vous avec le chant des cailloux Auteur : Yves Artufel Éditeur : Gros Textes Année de parution : 2022
Ce petit livre orange commence par des proses datant du confinement. À deux pas de chez moi, ça s’appelle. Cette époque où l’auteur errait autour de chez lui, dans la montagne de Châteauroux les Alpes (05). Dans la solitude. Avec ses souvenirs. Ceux qui vadrouillent dans la tête, comme ces chansons qui viennent surprendre le promeneur en revenant fredonner la voix du solitaire. Et ceux qui sortent des ombres du chemin : les émotions passées, les rencontres disparues…
des proses qui interrogent le temps qui passe. La mémoire. Ce qui reste. Ce qui est perdu. Et sa propre présence dans tout ça. Qu’est-ce que ça vaut ? Il paraît que je suis vivant. Que je vieillis. Et toutes ces sortes de choses qu’on partage tous…
deuxième partie : cailloux sur le chemin des aphorismes, de courts textes, poèmes peut-être ; comme autant de cailloux de Petit Poucet pour jalonner un itinéraire. La suite des jours. Les sauts de pensées. Les fragments d’émotions. Et toutes les interrogations que l’on porte en poche sous les yeux.
Tout ceci est terriblement banal. Simplement humain. La vie de tous les jours comme on en redemande tant elle est intense. Question de regard. De présence. D’enracinement à la Terre.
Un livre à mettre dans les mains de tout lecteur de 15 ans et plus dès lors qu’il a le désir de vivre à hauteur d’humanité.
On y dénichera un quasi auto-portrait de l’auteur :
On se compose un visage, une écharpe rouge autour du cou, un chapeau de pluie sur nos désirs…
Titre : Fenêtres Auteur : Daniel Birnbaum Éditeur : Gros Textes Année de parution : 2020
On écrit souvent derrière une fenêtre et pendant que l’on écrit le paysage vit sa vie de paysage. On le contemple. On le regarde sans le voir. Il est tellement habituel qu’on ne sait plus rien de lui. On l’oublie. Alors qu’à chaque instant il chante. Il palpite. Lumière. Ombre. Couleurs. Mouvements etc.
Ce petit livre ouvre la fenêtre. Ou plutôt il ouvre nos yeux à notre fenêtre. Comme un ami qui nous dirait « hé ! Regarde un peu ! La vie ! ».
Des poèmes courts. Des fenêtres différentes. Des moments de vie, de curiosité, de réception différents.
Un petit livre à mettre dès le primaire pour éduquer les enfants et au-delà au tout proche, aux magies et aux dons du quotidien. L’ exotisme à portée de carreau.
On pourrait imaginer un atelier d’écriture au long cours sur la fenêtre de la classe et ce qu’elle révèle du monde jour après jour et par extension, explorer aussi d’autres fenêtres. Un projet pour une année ou pour quelques semaines. À lier avec la photographie ou les arts plastiques…
Titre : L’héritage des rois passeurs Auteur : Manon Fargetton Éditeur : Bragelonne Année de parution : 2015
Un roman fantasy, plutôt pour grands ados et adultes toutes catégories. On passe d’un monde à l’autre. Lequel est le réel ? Lequel est le fantastique ? Difficile à dire dans la mesure où entre les deux c’est comme une surface de miroir. Certains ont le pouvoir héréditaire de le traverser.
Dévoiler l’intrigue et l’aventure d’Enora, ce serait dommage ici. Alors je parlerai simplement des deux héroïnes principales : Enora, famille décimée en un instant et réfugiée presque par hasard en Ombre, de l’autre côté de Rive son pays ; elle va de découverte en découverte… Ravenn, princesse rebelle et soucis de succession. Des jeunes femmes bien décidées à exister.
Je ne me suis pas ennuyé un seul instant à tourner ces pages, jusqu’au bout de la nuit. Rares sont les livres à me retarder l’heure du sommeil !
Auteur : Anthologie établie par Thierry Renard et Bruno Doucey
Éditeur : Bruno Doucey
Année de parution : 2 023
Un petit atlas car les poètes présentés ici viennent de plusieurs pays. Ils sont un peu plus d’une centaine. Des écritures variées donc autour de ce mot qui trace des lignes entre les humains, et sur le sol de leur planète. Richesses des points de vue. Témoignages et solidarités. Un livre dense !
Un livre à lire et à relire, lentement, et à méditer. Un livre pour accompagner ceux qui cherchent un monde plus riche en humanité.
Une anthologie qui au-delà du Printemps des Poètes 2023 jalonnera longtemps la poésie du 21e siècle.
On est parti. On est en marche. Grâce à l’usage d’untu l’autrice nous embarque. Elle nous suit telle une ombre ; la solitude du marcheur ne craint pas l’ombre.
…
Toi, séduit par l’âpre beauté du paysage, tu t’attardes.
Tu te laisses dévisager par les arbres.
La patience de la roche ;
La danse lente du chemin.
…
Les mots viennent à leur rythme et pas après pas deviennent texte, puis plus tard livre. La méditation du marcheur… Combien de poètes l’ont suivie ? Combien de marcheurs ont rencontré la poésie en chemin ?
L’écriture et la marche, complices de longue date… La marche et la réflexion ; l’écoute et l’attention à l’instant aussi. On tourne ainsi les pages de ce livre comme des lacets pour atteindre ces espaces plus hauts que soi-même et se mettre au monde. Traverser des espaces que le temps a traversés, laissant quelques traces que l’on écoute ou contemple en passant. On s’interroge sur le futile des jours. Sur ces jours bâtis sur l’absence. Absence des ancêtres, des trop tôt partis, multiples absences qui nous tiennent les mains au fond des poches.
On marche sur un sentier. On sait qu’il a mille ans autant qu’un jour. On sait qu’au fond l’horizon se fermera un jour. On avance, on pense, on s’accorde et puis, paisible, on rentre.
Roman
Titre : Sidéral
Auteur : Antoine Blocier
Éditeur : Horsain
Année de parution : 2 021
Voici un roman de Science Fiction qui interpelle. On est dans un futur relativement proche. Pas bien loin de la Terre : dans une station spatiale internationale. L’héritière de l’ISS. On y retrouve des ingrédients dont on est déjà abreuvé aujourd’hui : l’intelligence artificielle, la recherche scientifique, les mille pauvretés des peuples, l’espoir d’un monde meilleur, le pouvoir politique, le pouvoir économique.
Autrement dit on est en équilibre entre la fiction et la réalité. C’est subtil et puissant. Bref, tout en tenant le lecteur en haleine, ça interroe et interpelle.
Patrick Joquel, Page control, éditions de la Pointe Sarène.
Cairns 32 : Frontières, hiver 2023
Prochains voyages/livres :
Peymeinade, 13 et 14 mars. Rencontres avec les classes cycle deux des trois écoles de la ville pour préparer le 3e festival Mots et Papiers. Atelier d’écriture : un poème/classe sur le thème l’école ici/ailleurs, l’école de nos rêves, l’école pour tous. Le jour du festival, avec un artiste, illustration du poème à la craie sur le goudron de la cour de l’école Mirabeau. Le 13 mai de 17h à 22h
15 mars, atelier d’écriture à la médiathèque de Signes (83). haïku.
Jeudi des mots chez Pauline à Nice école de Coaraze 06 le matin Anthologie Frontières éditions Pourquoi viens-tu si tard/ cairns 32 Frontières le soir chez Pauline, Nice le Port 16 mars 20 avril 15 juin
Printemps des poètes : Frontières 21 mars : Breil/Roya 06 22 mars, printemps des poètes à Cannes, avec Cannes Jeunesse.
23 au 25 mars, ateliers d’écriture à la Médiathèque d’Antibes (06) ; en lien avec une expo Prévert. Intervention également durant la journée professionnelle : pratiques d’écriture : pistes pour lancer de l’écriture.
30 mars école Fénelon, Grasse ; suite du projet ce2 en voyage ;
1er mai : chemin de Durcet (61) : inauguration des nouvelles balises/poèmes et signatures.
INSPE de Nice (06) : formation 2de deux groupes d’étudiants à la poésie
Mercredi 21 septembre découverte de l’édition poésie contemporaine (jeunesse) présence du poème dans la classe, éléments de regards…
mercredi 7 décembre
ateliers d’écriture
– retour sur les premières semaines de classes
– lecture suivie d’un livre de poèmes
– ateliers d’écriture
mercredi 10 mai 2023 : haïkus et lecture suivie
Peymeinade, 06, troisième festival du livre en plein air, le samedi 13 mai 2023. Cette année l’événement se fera en semi-nocturne de 17h à 22h.
14 mai 9e fête du livre de Gonfaron (83)
Du 2 au 4 juin : festival du livre de Grimaud (83).
Éditeur : L’Ail des ours, collection Graines d’ours 1
Année de parution : 2 022
Un livre de poèmes se joue sur le temps long. Sur des années. Bien souvent les éditeurs de poésie ne disposent pas de ce temps long, pour diverses raisons (santé, économie…). Au fil des années, un livre de poèmes devient plus ou moins « collector », rare et une bibliothèque de poésie recèle ainsi des trésors de poèmes bien sûr, mais aussi d’objets rares, d’histoires humaines partagées. Ce livre d’Albane Gellé, elle l’explique elle-même, a une histoire qui commence en 2001 au Dé Bleu, puis s’est poursuivie en 2014 chez Cadex. Les deux tirages sont épuisés depuis longtemps ( j’ai un exemplaire du Dé Bleu : En toutes circonstances). Le livre renait aujourd’hui dans la collection Graines d’ours des éditions L’Ail des ours.
Pas tout à fait le même, pas tout à fait un autre, il aura sa place dès la maternelle et au-delà bien sûr. Les images de Valérie Linder portent la légèreté des rêves et s’accordent ainsi aux poèmes. Des poèmes courts, des poèmes pour regarder le monde d’un autre œil, celui d’un imaginaire rêveur et tranquille. Une jolie pépite que cette nouvelle édition.
Le temps du livre échappe à l’actualité, au rythme des infos qui jalonnent nos jours. Il aura mis dix ans à me rejoindre, au hasard d’une rencontre avec l’auteur lors d’une dédicace à Cogolin. Jean-Michel Delambre a écrit ce livre dans le Nord. Près de ce qu’on a appelé « la jungle de Calais ».
Une traversée de France. Comme un écho aux traversées de ceux qu’on appelle « migrants » ou « sans papiers »…
Ce petit livre de poèmes est une rencontre avec quelques uns de ces hommes partis de chez eux pour une lointaine Angleterre.
Un témoignage. Un bouleversement.
On ne peut pas rester insensible à ces détresses, à ces volontés. Les mots aussi les accompagnent autant que les repas gratuits des associations, les tentes et couvertures offertes ou les soins des Médecins sans Frontières.
Un petit livre qu’on lit sans le lâcher ; puis qu’on relit. Le temps de mettre des corps, des regards, des espoirs sur ces silhouettes, ombres évoquées.
Comment la poésie s’empare des actualités ? Comment créer des passerelles entre le réel, l’humain et les mots ?
Jean D’Amérique propose dans ce livre une piste de réponse. Une piste car chaque poète arpente la sienne et aucune ne se ressemble sinon par le sujet.
Des poèmes oui, chacun peut se rendre indépendant ; mais aussi un « comme un récit ». Une suite de texte qu’on peut lire d’une traite, qui offre une possibilité de mise en voix autant qu’en scène (ce qui a été réalisé en Avignon en 2021).
Des poèmes sur la liberté, le désir d’aller, d’ouvrir portes, fenêtres et cœurs. Des poèmes sur l’exil, la migration. Des poèmes sur la douleur de vivre en chemin, en terre inconnue autant que sur la joie d’être vivant sur le chemin.
Un livre dense, fort et plein d’espoir. D’optimisme. Aller de l’avant, prendre le risque, oser la liberté. Des mots qui accompagnent toutes celles et tous ceux qui hésitent à se mettre debout, ou bien qui ont déjà commencé à marcher.
anthologie établie par Ella Yevtouchenko et Bruno Doucey
Éditions Bruno Doucey
Année de parution : 2 022
Un livre né dans l’urgence. Les premières pages témoignent de la gestation et de la préparation de cet ouvrage. À quoi bon des poètes ? Une tentative de réponse parmi tant d’autres. En un peu moins de 300 pages. Une tentative de donner la parole à ceux qu’on n’entend pas, à ceux dont la voix est couverte par le fracas de la guerre. La langue en partage, au-delà des langages, la langue des humains pour tenter de vivre plus haut que possible.
C’est la génération Maïdan qui ouvre cette anthologie, une génération née dans les années 80/90. Puis au fil des pages, les poètes vieillissent…
Ella Yevtouchenko, une jeune femme devenue passeuse de tous ces textes ; elle les a traduits en français, Bruno Doucey a veillé à leur adaptation (j’en sais quelque chose pour adapter les textes de BD et de mangas Ukrainien des éditions Studios Minimus en français).
colliers de jours identiques
matins d’espoir soirs de fatigue
jours gris comme perles d epluie
fil après fil
le temps de la guerre tresse sa corde
entre une ville et une autre ville
entre hier et demain
entre pouvoir et devoir
notre amour
vaillant
funambule au-dessus de l’abîme
Olena Herasymiouk
Avec deux extraits de sa Chanson de prison, poème épique mis en scène en 2016 à Kyiv.
j’ouvre les fenêtres et j’entends le feu
j’ouvre les yeux et je vois le feu
je sors sur la place et je vois le feu
les garrots tourniquets fondent
las wagons transportent du feu
ce n’est pas de la musique qui tinte des cafés, mais du feu
je rencontre des gens mais ne vois que le feu
….
*
Grygoriy Sementchouk dirige depuis 2015 le festival international Mois des lectures et des auteurs à Lviv.
… je rêve parfois de cette journée d’août
et du silence
le silence
le silence déprimant de la guerre
qui dure réellement
et pas seulement en rêve
*
Bohdan-Oleh Horobtchouk
les poèmes se répondent, comme des échos d’humanité.
… le silence est le chant des torturés à mort
qu’il est impossible d’entendre
le monde tourne comme un disque rayé
avec des sillons circulaires comblés de corps
et des trous d’obus sur lesquels trébuche l’aiguille de l’attention
les restes calcinés de la poésie
attendent qu’on les enterre
la corneille
mère noircie
s’incline sous le cri
3 avril 2022
…
*
Iryna Tsylik
Que perdons-nous alors ? Nous, libres, joyeux et amers.
Nous tenons un bouquet de souvenirs et une touffe de bonheur.
…
mais ici nous détenons pour l’heure
des aubes rouges dans les champs de mines et de coquelicots,
des petits-déjeuners paresseux, du vin, de la rosée, de l’eau.
Des visages bronzés et tannés. La route et sa poussière.
Printemps, été, automne, hiver… et puis la guerre.
*
et ce poème d’Oleh Kotsarev qui me renvoie à un autre d’Henri Michaux
Henri Michaux d’abord :
J’étais autrefois bien nerveux.
Me voici sur une nouvelle voie :
Je mets une pomme sur ma table.
Puis je me mets dans cette pomme.
Quelle tranquillité !
Et celui d’ Oleh Kotsarev
Conversation pendant le ménage
à quoi penses-tu ?
Certainement pas à la pomme sous le canapé
je suis poète tout de même
oui tu es poète
et c’est pourquoi tu dois penser
à la pomme sous le canapé
*
Halyna Drouk
Vieillir à cause de l’actualité,
avoir les cheveux gris de fumée noire,
à travers le trou béant
d’un immeuble qui fume encore
voir le lointain soleil de l’Europe se coucher
…
supporte-nous comme de mauvaises actualités
supporte-nous comme des médicaments incommodants
supporte-nous comme un accouchement prématuré
ce qui naîtra sera à toi
que ce soit suave
que ce soit amer
*
ludmyla Khersonsky
guerre. Jour 102
bonjour, bienvenue à la maison.
Pardon, on n’a pas fait le ménage.
Hier un missile est tombé dans la cuisine
après avoir détruit plusieurs étages.
Pour cuisiner c’est très inconfortable,
ici il y avait un poêle, là une table,
pas grande, couverte d’une nappe brodée,
ne vous déchaussez pas, il y a partout des éclats,
allez dans le couloir qui se trouve entre deux murs,
asseyez-vous sur le sol, je vais y poser une couverture,
servez-vous, mangez des sucreries, prenez-en plus,
faites comme chez vous.
Juin 2022
*
impossible de citer tous les poètes de cette anthologie, une seule urgence : entrer dans une librairie et se le procurer. Des textes d’absence. Des textes du quotidien : abris anti-aériens, cimetières, soldats… des textes qui résonnent avec les images que l’on reçoit en France ou ailleurs. Leur force est dans les mots, dans la voix. Les poètes complètent l’information. Ils l’accompagnent de leurs voix, de leurs mots, de leurs émotions. Il ne s’agit pas de débattre entre le journaliste, le combattant, le civil, le poète mais simplement de rester unis dans la détresse, unis dans l’espoir d’un jour la paix.
à découvrir sur mon site page d’accueil avec le dernier cairns, et les trois bandes dessinées Ukrainiennes que j’ai adaptées en Français.: https://www.patrick-joquel.com/
jeudi 17 et vendredi 18 novembre : à l’école Fénelon de Grasse (06) trois classes Ce2, thème Voyage. Suite et suivi du projet. Autour des livres : Que sais-tu des rêves du lézard, Qu’est-ce qu’un regard, Éphémères d’un bouquetin, Bomoth O’Baldourke.
1 et 2 décembre : Collège Monnet, Magny-en-Vexin (95). Rencontres avec cinq classes de 3e autour du haïku.
3 et 4 décembre : Salon du livre de Montreuil. Signatures au Calicot, au Jasmin et à l’Initiale.
mercredi 7 décembre : INSPE de Nice (06) : formation 2de deux groupes d’étudiants à la poésie
– découverte de l’édition poésie contemporaine (jeunesse)présence du poème dans la classe, éléments de regards… Mercredi 21 septembre
– ateliers d’écriture
– retour sur les premières semaines de classes
– lecture suivie d’un livre de poèmes
– ateliers d’écriture
le 9 décembre Cannes jeunesse ; Printemps des Poètes 23. Formation des animateurs14 /16h à Giaume. Puis rencontre avec les enfants des quatre maisons en janvier :
16/01/2023 : intervention Patrick EEL Riou 17h00-18h00
17/01/2023 : intervention Patrick EEL GIAUME 17H-18H
18/01/2023 : intervention Patrick EEL Picaud 9h30-11h00
20/01/2023 : intervention Patrick EEL RANGUIN 17h-18h
janvier/février 2023 : cap G (Grasse haut pays)(06) : Cette année, nous travaillerons avec 3 classes de primaire (Thorenc, Briançonnet et Escragnolles). Ainsi, chaque classe aura sur l’année 2 rencontres « atelier d’écriture avec un auteur ».
Les ateliers seront programmés sur les mois de janvier et de février (date à définir) et déclinés autour du thème « Le monde en mouvement d’hier, d’aujourd’hui et de demain » qui fait notamment référence au pastoralisme (berger, pâturage, transhumance…)
9 et 10 janvier : Escragnolles/Thorenc/Briançonnet (06)
6 et 7 février : Escragnolles/Thorenc/Briançonnet (06)
Printemps des poètes : Frontières
22 mars, printemps des poètes à Cannes, avec Cannes Jeunesse.
23 au 25 mars, ateliers d’écriture à la Médiathèque d’Antibes (06) ; en lien avec une expo Prévert.