Tous les articles taggés : Mars 2018

Jean-Christophe Rufin, Le suspendu de Conakry,  Flammarion, Mars 2018, ( 310 pages – 19,50 €)

Chronique de Colette Mesguisch   Jean-Christophe Rufin, Le suspendu de Conakry,  Flammarion, Mars 2018, ( 310 pages – 19,50 €) «  La gymnastique mentale à laquelle il se livrait d’habitude, il allait pouvoir l’utiliser à bon escient dans cette enquête parallèle. » Rien ne prédisposait Aurel, consul de Conakry, à occuper ce poste prestigieux. Un mariage – qui dura peu de temps – avec la fille d’un diplomate, le propulsa au Quai d’Orsay. Depuis, il trompe son ennui dans des destinations lointaines, en jouant du piano… Le consul général est absent et cet être effacé va révéler des qualités insoupçonnées dans une affaire épineuse. Un homme est suspendu au mât de son voilier amarré dans une marina. C’est un gros industriel qui a vendu son entreprise et tout l’argent se trouvait dans un coffre dévalisé! La compagne du pendu Madame Fatima a disparu. Aurel multiplie les contacts avec les proches de l’industriel. Sur le voilier, il découvre un indice capital et ses flâneries le long des quais lui révèlent des individus suspects. Ce roman ne serait-il qu’une …

Tatiana de Rosnay, Sentinelle de la pluie, EHO, Mars 2018, roman  traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff

Chronique de Nadine Doyen Tatiana de Rosnay, Sentinelle de la pluie, EHO, Mars 2018, roman  traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff (165 pages – 22 €) Admirons tout d’abord la couverture glacée, colorée, en phase avec le sujet, ainsi que la photo de Tatiana de Rosnay adossée à un arbre, à la fin du livre, apportant une touche de « glamour » ! La carte de Paris indiquant les zones inondables donne le ton. Quant aux citations poétiques accompagnées d’un dessin de feuille d’arbre, qui ponctuent chacun des chapitres, elles offrent au lecteur une pause lénifiante. Tatiana de Rosnay nous plonge dans le mystère en insérant une série de textes en italique. On s’interroge dès la première page. Qui est ce personnage? Qui décline une  merveilleuse ode poétique aux arbres, son refuge, « son royaume » ? Qui a  besoin de se soulager en consignant « cette histoire » ? Puis qui convoque des souvenirs heureux avec sa baby-sitter, Suzanne ? Mais qui évoque un traumatisme subi, quand il avait quatre ans, difficile à mettre en mots ? D’un texte à l’autre, l’auteure aiguise notre curiosité …

L’homme sensible, Éric Paradisi ; Éditions Anne Carrière, Mars 2018,(176 pages 17€)

Chronique de Nadine Doyen L’homme sensible, Éric Paradisi ; Éditions Anne Carrière, Mars 2018,(176 pages 17€) Eric Paradisi nous saisit dès la scène d’ouverture avec ce gros plan sur un très jeune garçon tentant de réveiller sa mère avec beaucoup de délicatesse. On guette comme lui un signe de vie. Si l’enfant n’a pas conscience de la réalité,  le lecteur a compris le sens de l’inertie qu’il constate. Et c’est là que la phrase de Romain Gary résonne : « Avec l’amour maternel , la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. » Comment va se construire Vincent, dépouillé de sa mère avec qui il semblait entretenir une relation très fusionnelle ? L’affection de son papa peut-elle combler ce manque ? Pour le père aussi, la morsure de l’absence est douloureuse. L’auteur n’a-t-il pas déclaré dans un roman précédent que « Les gens qu’on aime reposent en nous. Ils s’éveillent n’importe où et ne s’endorment jamais » ? Le père, Léonard, ayant pris de la distance avec Dieu, est sidéré par son jeune orphelin qui affiche sa détermination à être baptisé, …