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Hommage à Loïc COLLET, chroniqueur, prêtre et poète

      Hommage à Loïc COLLET, chroniqueur, prêtre et poète Par Marc Wetzel « Je viens encore devant toi avec mes brindilles d’écriture Je ne suis que le locataire de la maison des mots Tant que le bail n’est pas révolu, tu m’entendras »  (p. 14) C’est sur cette strophe que je tombe en ouvrant le recueil de 2014 (« Le coeur raccommodé« ) de Loïc Collet, reçu hier matin. Je connais l’homme (nous nous sommes rencontrés une fois, il y a quelques années, lors d’un hommage au poète Vincent la Soudière, organisé par Sylvia Massias), et nous nous écrivons souvent; mais je découvre là, pour lui-même, le poète : « C’est bien de dire la lumière, d’ouvrir la fenêtre vers l’intérieur et le dehors, d’enjamber la rambarde et de plonger dans le sourire des heures »  (p. 5) Cette strophe de la première page donne le ton, sobre et net, de tout ce recueil : au matin, qui est quoi qu’il en soit retour de la lumière, la saluer. Ouvrir ses fenêtres comme elles sont (se rabattant vers nous) pour justement nous …

Pour célébrer un peu Sophie Renée BERNARD- par Marc Wetzel

Pour célébrer un peu Sophie Renée BERNARD Par Marc Wetzel   Poétesse du Nord-Ouest de la France, enseignante de philosophie, que je ne connaissais pas, et qui m’envoie, par courriel, trois recueils parus : « Pélerinages de la chèvre » (Poèmes 2002-2015 – Christophe Chomant éditeur), « Ce qui nous recommence » (Poèmes 2014-2016, même éditeur)- et « Traduites de la nuit » (Editions des Vanneaux). Le – beau et représentatif – texte qui suit (que je commente librement par après) est tiré du deuxième d’entre eux (pages 26-28) :                 Plus tard les détresses, plus tard les déchirements Quels Ceux des boyaux malades et les amis fatigués cassés contre la cuvette seuls au cœur du drame Quel On aura négligé la vérité tant d’arts et tant de droits, tant de paresses justifiées On ne se regarde pas Plus tard les désespoirs et la mer est une baignoire et l’on dodeline au gré des blancs couloirs Plages de Dubaï Plages d’Hammamet et l’on s’aime face contre le miroir Plus tard, plus tard l’effroi d’être soi, bordés à même le linge Plus tard la …

Hava PINHAS-COHEN – Rapprocher les lointains (choix de poèmes 1989-2018) – traduction (de l’hébreu) par Michel Eckhard Elial, couverture d’Etienne Schwarcz, Éditions du Levant, 2020, 64 p. 25€

Une chronique de Marc Wetzel  Hava PINHAS-COHEN – Rapprocher les lointains (choix de poèmes 1989-2018) – traduction (de l’hébreu) par Michel Eckhard Elial, couverture d’Etienne Schwarcz, Éditions du Levant, 2020, 64 p. 25€ « Je n’irai pas sur tes pas, mon amour, dans la fosse je ne te suivrai pas, car le champ me fait signe d’entrer. Je ne descendrai pas, mon amour, vers la fosse car il faut rompre le pain du shabbat et bénir le vin, ramasser les miettes de la table et les disperser. Je ne te suivrai pas je ne descendrai pas, mon amour, vers la fosse les anges sont venus recueillir ton âme j’ai pris ta main embrassé ta bouche fermé la porte devant eux. Mais ils m’ont laissé derrière eux lever les yeux et voir l’ombre des ailes te cacher et le jour décliner. Je ne descendrai pas, mon amour, dans la fosse car la peur des ténèbres est plus terrible que celle de la pièce où la lumière s’est éteinte. Je ne saurai exaucer ton voeu tous mes actes …

Parcourir le silence – Photographies de Nathan R. GRISON/ Textes de Laurent GRISON – Éditions Unicité (2eme trimestre 2020), 50 pages, 13€

Chronique de Marc Wetzel Parcourir le silence – Photographies de Nathan R. GRISON/ Textes de Laurent GRISON – Éditions Unicité (2eme trimestre 2020), 50 pages, 13€       « Six kilos et demi, six kilos et demi de rêve » (p. 27)     Le père Laurent (écrivain) et le fils Nathan (photographe) Grison proposent ici leur sixième livre commun. Le jeune Nathan, homme de relations internationales, essayiste et géopoliticien en acte, se déplace sans arrêt dans le monde (ici, l’Europe de l’Est, et des bouts d’Asie) et photographie – à chaque sortie de congrès, chancellerie ou Q.G. – ce que la rue du réel montre, y joignant toujours et seulement trois mots. Laurent, universitaire, critique d’art, polygraphe et poète, réceptionne une photo du fils, puis formule et expédie un court commentaire, intégrant les trois termes de la consigne, pour susciter l’envoi d’une suivante (douze de ces aller-retours sont ici retenus).    Les photographies de Nathan Grison sont des images exemplairement prosaïques et d’une puissante unité. Trois thèmes de son attention créatrice se livrent nettement : désaffection ( objective : désuétude, ou …

Vincent BIOULÈS – Les douze mois de l’année.

Une chronique de Marc Wetzel Vincent BIOULÈS – Les douze mois de l’année – Galerie La Forest Divonne & Editions Méridianes – collection Catalogues – préface de Michel Hilaire et avant-propos de Vincent Bioulès – avril 2020, 10 € (exposition parisienne initialement prévue du 19 mars au 9 mai 2020, logiquement reportée, et actuellement en cours Galerie La Forest Divonne jusqu’au 4 juillet 2020)    La série des mois a beaucoup servi à illustrer l’ordre annuel des travaux des hommes, ou celui de leurs fêtes et distractions, ou même le cycle d’esprit des prophètes et des apôtres. Mais ici seuls les éléments naturels travaillent, seuls les plans, les pans et les teintes du monde jouent de leur présence successive, et seule la vie du monde pense. Treize stations (car il y a deux représentations du mois de mars, natif de l’auteur, qui seules d’ailleurs remuent et bouillonnent) dans lesquelles une unique nature donnée (un bord d’étang salé donnant sur l’horizon littoral et le ciel languedociens, avec une improbable cabane de garde-pêche sur la langue d’une avancée …