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Paul Mathieu, D’abord un peu de jour, Éditions Estuaires, 2019, Luxembourg.

Un quotidien partagé Lecture de Paul Mathieu à la lumière de François Julien  par Michèle Garant Le récent recueil de Paul Mathieu (D’abord un peu de jour, Éditions Estuaires, 2019, Luxembourg), met en mots l’expérience d’un temps suspendu, à l’occasion d’un voyage et d’un retard ferroviaire. Heureux retard que celui qui est vécu par le poète, ouvrant notre regard de vie ordinaire à un inouï de l’existence ! Une lecture de l’essai philosophique de François Jullien (L’inouï, Grasset, 2019) nous conduira à mettre en résonance quelques phrases du poète et du philosophe. c’est étrange cette volée de mouettes  qui soudain se pose sur le fleuve sur le gris du fleuve comme si (…)  Un écart est opéré, un décalage, un déplacement à partir de la perception d’un vol de mouettes et du fleuve qui coule. Singularité d’éléments qui sortent de leur ordinaire, où une journée vient reprendre des forces, où un poème coule. C’est ce type d’écart sans doute qui rend possible l’écriture et la justifie. un moment avant le départ le temps s’arrête juste assez …

Un nouveau recueil signé Nico Helminger ——–Une chronique de Paul Mathieu

Nico HELMINGER, «Abrasch», Luxembourg, Phi, 2013; 96 pages, 15 € Dans «Abrasch», Nico Helminger rassemble plusieurs séries de textes d’une belle unité: une sorte d’exploration géologique de la parole poétique. Que le poète luxembourgeois Nico Helminger utilise les trois langues nationales dans la confection de son nouveau recueil correspond peut-être à l’une des problématiques abordées par des textes qui, précisément, mettent en évidence la résistance des mots, leur beauté pour ainsi dire incompréhensible. Une sorte d’incertitude alors? C’est peut-être une des pistes que suggère le titre, «Abrasch» qui pourrait se traduire par «sans rapidité». Dans un large rassemblement d’inédits et de petites publications antérieures, les poèmes offrent en outre une belle unité de forme puisqu’ils avancent sans cesse dans des laisses plus ou moins longues qui progressent par paliers de deux vers. Il y a dans ces compositions, une sorte d’exercice d’archéologie, de mise en avant des strates pour ainsi dire géologiques dans lesquelles prend place la parole poétique: «ënnert dem buedem / hu mer gevullt a gewunnt / an an de karbid gekuckt. / …