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William Cliff – Le Temps, suivi de Notre-Dame – poésie (Le Table Ronde, éditeur.)

Chronique de Xavier Bordes William Cliff – Le Temps, suivi de Notre-Dame – poésie (Le Table Ronde, éditeur.) La poésie de William Cliff est d’une configuration particulière : d’une part elle joue avec la versification classique, plus ou moins rythmée et rimée, jeu subtil et souvent assorti d’humour. Sa seconde caractéristique est que cette poésie renoue avec l’ancienne tradition narrative, que les poèmes monnaient en une succession de stations, un itinéraire, ici celui du temps d’une vie décliné au JE. Car William Cliff n’hésite pas à assumer la première personne. Il raconte un passé toujours présent grâce au langage, dont il empoigne fermement la restructuration mémorielle, avec une note de fine distanciation, comme s’il n’était pas dupe de soi tout en se réenchantant de consigner ces moments de son existence avec un côté pittoresque, vigoureux, voire picaresque parfois, qui témoigne d’une grande attention aux gens qu’il a pu rencontrer, et qui ont participé à ses aventures, en particulier amoureuses d’amours homosexuelles. Pour Cliff le corps humain est important. Plus généralement, il faut donc aimer, non sans …

Maud Franklin (Aurélie Denis) : le besoin d’absolu de chaque matin

  Maud Franklin (aka Aurélie Denis) , « Le Taxi » dessins de Nathalie Trovato, , Editions Esperluète, 120 pages, 16,50 €, Noville sur Méhaigne, Belgique   Aurélie Denis (Aka Maud Franklin) insufflent à son œuvre une qualité que les gens ne décrivent pas, mais – pour peu qu’ils soient sensibles – ressentent et exigent : l’œuvre travaille pour la vie dans l’envie de réaliser et d’aller vers un but imperceptible mais pressenti. Aurélie poursuit son escalade Elle sait qu’il n’existe pas de vie sans problème, pas d’art sans domaine à interroger, pas d’image sans corps. Tout masque le dévoile.   En conséquence Aurélie Denis relie le monde visible et l’ineffable à travers ses corps dans le chaos de sensations et de sentiments. Toute une machinerie intuitive, intellectuelle, musculaire se met en place : l’artiste imagine à travers ses « figurations » son intériorité. La porte en est ouverte à tous les choix avec l’oubli de soi, le regret et la jubilation, la colère parfois d’avoir raté le coche (du moins à ce qu’elle croit).   Jusqu’à l’humble effacement de sa …