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Trois livres pour un avant-printemps

Une chronique de Georges Cathalo Trois livres pour un avant-printemps François de Cornière : « Ça tient à quoi ? » Avec François de Cornière, la fidélité en amitié n’est pas un vain mot. Cela va de l’incisive préface de Jacques Morin au dessin de couverture de Jean-Noël Blanc et passe encore par de nombreuses évocations de « poètamis » qu’ils soient vivants (J.P.Georges, R.Tixier, L.Dubost,…) ou morts (G.Haldas, J.Rivet, J.Rousselot). De la longue souffrance qu’il a vécue pendant plus de dix ans avec la longue maladie puis la disparition de son épouse Sophie, d’autres que lui se seraient repliés dans une déploration stérile. Lui, en guise de résilience, sait convoquer les mots qu’il a toujours su utiliser pour évoquer pudiquement des moments vécus, oubliés, puis resurgis au présent. Il y a comme ça des images qui « remontent / comme une arrière-mémoire ».  Le poète ne s’égare jamais « dans cette étrange fabrique de souvenirs / qui s’appelle l’écriture ». Il en connaît les pièges et les dangers surtout « quand on cherche à écrire en peu de mots / quelque chose de sa vie ». …

François de Cornière : « Nageur du petit matin »

  François de Cornière : Nageur du petit matin (Le Castor Astral éd., 2015), 170 pages, 13 euros – 52 rue des Grilles – 93500 Pantin ou castor.editeur@wanadoo.fr Ce livre, tous les amateurs de poésie l’attendaient avec impatience. Malgré « Ces moments-là », choix de poèmes paru en 2010 chez le même éditeur, aucune trace de la poésie de François de Cornière au sein des revues ou des anthologies. Ce long silence qui durait depuis plus de dix ans, tout le monde en connaissait la cause. Pour inviter chacun à lire ce recueil, on aurait pu s’en tenir à reproduire la 4° de couverture écrite par l’auteur lui-même. Cette quinzaine de lignes est d’une troublante sincérité et d’une rare puissance évocatrice. Il a fallu, on le devine, une sacrée force de caractère pour dépasser les douloureuses épreuves pour « ne pas sombrer. Et tenir le cap ». En effet, pendant de longues années, l’auteur a accompagné sa femme (« mais elle aussi m’accompagnait » écrit-il) dans sa lutte contre un impitoyable cancer. Toutes les étapes de cette descente aux enfers sont abordées avec …

Lambert Schlechter – Le fracas des nuages – Le Murmure du monde 3 – Collection « Curiosa& cætera » – Le castor Astral

Une chronique de Nadine Doyen Lambert Schlechter – Le fracas des nuages – Le Murmure du monde 3 – Collection « Curiosa& cætera » – Le castor Astral (296 pages – 15€) Lambert Schlechter nous livre un recueil constitué d’une multitude de fragments, short cuts, parfois autobiographiques, (de longueur très inégale), d’extraits de carnets (des « pensoirs »), entrecoupés de quelques poèmes (splendides neuvains ou quatrains), d’apostilles. Le tout complété, précédé d’un trèfle, complété par des notes et rarement daté, en devient intemporel, l’auteur précisant que les dates, il les réserve aux fleurs !! Cet ouvrage fait suite à La trame des jours, Le murmure du monde 2. Parmi les thèmes brassés, Lambert Schlechter décline l’éloge du livre et de la lecture. Il confesse sa boulimie au point de ne pas lire « Un livre, mais cinquante à la fois » ! Pas étonnant que les références littéraires égrenées soient légion, laissant deviner ses affinités éclectiques, comme avec Christian Bobin. Il convoque Goethe, Nietzche, Montaigne, Chessex, Quignard, Grossman, Tranströmer, Thoreau. Il semble adhérer à l’assertion de Borges : « Si on lisait dix pages d’un …

Alain Bertrand, Jardin botanique, roman ; Escales des lettres, Le castor astral (144 pages – 13€)

Alain Bertrand, Jardin botanique, roman ; Escales des lettres, Le castor astral (144 pages – 13€) Les lieux ne sont-ils pas notre mémoire ? C’est ce qu’Alain Bertrand va nous relater en convoquant ses souvenirs marquants, pas toujours heureux, dans cet opus articulé autour de trois lieux : Bruxelles-Wallonie-Flandre, « plate comme une feuille de papier ». En chapitre d’ouverture, Bruxelles évoque un amour défunt. Pourtant tout s’annonçait bien avec Chantal, mêmes études, gendre idéal, mais « l’amour à la Bruxelloise » lui restera une inconnue. C’est son ami Michel qui peut se targuer de connaître les blandices de Chantal ainsi que sa « cambrure de reins si magistralement africaine ». Le tableau des copains fait penser à une scène du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny. Le narrateur brosse les portraits de Julien (souffre douleur) que le narrateur abandonna pour Daniel, son héros, qu’il aimait « comme un frère, une idole » et avec qui il fera quelques mauvais coups. Quelques enseignants font les frais de la plume caustique de l’auteur dont Schmiede, « une brute stupide », violent, « feignant » ou Mathilde, « d’une mélancolie de braise sur …