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Philippe Besson, Dîner à Montréal, roman, Julliard, (191 pages -19€), Avril 2019

Chronique de Nadine Doyen Philippe Besson, Dîner à Montréal, roman, Julliard, (191 pages -19€), Avril 2019 Les écrivains qui optent pour une fin ouverte à leur roman sont souvent sollicités pour en connaître la suite. Rares sont ceux qui y répondent. Philippe Besson, lui, a choisi de nous dévoiler ce qui s’est passé après cette rencontre inopinée avec Paul, son ex-amant, 18 ans plus tard, à Montréal. Dans le chapitre d’ouverture, Philippe Besson rappelle les faits relatifs à son précédent roman : « Un certain Paul Darrigrand », donc pas de fossé à craindre pour le lecteur novice qui se plongera dans le tome final de la trilogie. Résumons les circonstances et ses liens avec Paul. En 1989, (il a vingt ans) : un coup de foudre entre deux adolescents étudiants. Une liaison clandestine puisque Paul était marié. Séparation. Plus de contact. En 2007, retrouvailles lors d’une signature en librairie à Montréal ! Trouble et audace de Philippe Besson de proposer de façon impromptue de « souper » ensemble alors que ses hôtes avaient prévu des « agapes officielles ». Antoine, le nouveau compagnon …

Un personnage de roman, Philippe Besson, Julliard ; Août 2017 (247 pages – 18€)

Chronique de Nadine Doyen Un personnage de roman, Philippe Besson, Julliard ; Août 2017 (247 pages – 18€) Philippe Besson fait un pas de côté avec cet ouvrage relatant les coulisses d’une campagne présidentielle. Le tableau de la couverture n’est pas un Hopper, mais un Monet : Rue Saint-Denis, fête du 30 juin 1878 : une foule en liesse, tout un symbole. Pourquoi le romancier s’est-il intéressé à Emmanuel Macron ? Il s’avère qu’ils se connaissent déjà depuis quelques années, se fréquentent. Il voit en lui une carrure de président tout en ayant des doutes pour le final. Mais aussi un personnage romanesque cherchant d’ailleurs un référent littéraire. Il va décrypter la figure de ce « météore », « une anomalie hypermnésique » qui emprunta le nom « En Marche » à Saint Exupéry. En ouverture, Philippe Besson revient sur la genèse de ce roman, projet accepté par l’intéressé. Un gage de confiance puisqu’ « aucune relecture » n’est exigée. Le récit débute le 30 août 2016, date marquante pour Emmanuel M. puisque jour où il démissionne.On assiste à une vraie mise en scène théâtrale : un bateau …

Philippe Besson « Arrête avec tes mensonges », roman, Julliard ; (194 pages – 18€)

Chronique de Nadine Doyen Philippe Besson « Arrête avec tes mensonges », roman,  Julliard ; (194 pages – 18€) Philippe Besson lève le masque et s’essaye à l’autofiction, en prenant pour titre, une injonction de sa mère. Alors cette fois, quelle vérité le romancier  nous livre-t-il ? Dans le prologue l’auteur nous informe des circonstances qui ont généré ce roman. Dans une phrase sans point, ponctuée seulement par des virgules, marquant sa sidération, sa commotion. Qui peut bien être cette silhouette qui le met en transe,le perturbe, qui l’écrase ? Qui le fait bondir à sa poursuite, qui se retourne ? L’auteur tisse très rapidement une complicité avec son lecteur : « Que je vous dise », « Vous imaginez » ! » vous savez ». Toutefois, en champion des mensonges, il lui arrive de nous mentir ! Il sait se souvenir de ses disparus, perpétuer leurs mémoires, pour preuve, ce roman dédié à Thomas Andrieu. Ici, il revisite son enfance, « coton », ressuscitant la figure paternelle. Un père qui ordonne, un fils qui obéit, passe du vous au tu. Tableau des écoles d’antan avec le poêle, les cartes aux murs. …

Philippe Jaenada, La petite femelle ; Julliard (714 pages – 22 €)

Chronique de Nadine Doyen Philippe Jaenada, La petite femelle ; Julliard (714 pages – 22 €) Après Sulak, biographie romancée d’un braqueur plein de panache, Philippe Jaenada affiche une fascination pour les faits divers et ces êtres qui ont défrayé la presse, les médias, au point d’en faire à nouveau son personnage central. Un titre qui impose un éclairage. Qui est Pauline Dubuisson (11/10/27 – 22/09/1963), figure marquante qui a inspiré d’autres écrivains précédemment ? N’a-t-elle pas aussi impressionné l’adolescent Patrick Modiano quand il la croisa ? Dans le prologue, l’auteur justifie sa gigantesque entreprise : rétablir la vérité, puisque ce qu’il a lu, entendu est « plus faux que faux », a été déformé. Coup double, en réhabilitant quelque peu sa figure centrale, intelligente, cultivée, et belle, qualifiée par Alphonse Boudard de « surdouée sauvage ». L’auteur retrace l’enfance de Pauline, son éducation aux côtés de son pygmalion de père. Vient sa métamorphose en une bombe « sexuelle ». La traversée de la guerre a engendré sa vocation de soigner, puis de devenir médecin. Étude reprise en 1941,bac en poche, dans un contexte peu …

Fouad Laroui Les noces fabuleuses du Polonais nouvelles Julliard ( 17,50€ – 174 pages)

Chronique de Nadine Doyen Fouad Laroui  Les noces fabuleuses du Polonais  nouvelles  Julliard ( 17,50€ – 174 pages) Fouad Laroui, Prix Goncourt de la nouvelle en 2012, renoue avec le genre.   Il nous embarque dans son pays natal, au Maroc, décor familier pour l’auteur , dépaysant pour le lecteur. Il campe ses protagonistes dans un restaurant  de Marrakech (Délices de l’Orient), au Café de l’Univers et au lycée de Casablanca. La nouvelle éponyme, la plus longue, se déroule à Khouribga, « construit par les Français » et au Café de la Poste . Elle nous est contée par un ingénieur, qui crée le suspense en laissant entendre qu’il a peut-être eu tort de ne pas intervenir.  On assiste à un mariage traditionnel, « un zouaj » entre un Polonais dentiste et Daouia « la plus belle fleur », « la perle » de la ville. Expérience proposée par Moussa, « le démiurge », « pour rire » d’autant que Matchek, le Polonais,  tenait à s’intégrer aux autochtones, à apprendre « la langue du cru ». S’ensuivent les conditions financières avec  « les adouls », la conversion  à la religion musulmane avant la cérémonie …