Tous les articles taggés : juin 2018

Frédéric Chef, Poèmeries, préface de Bertrand Degott, Éditions Traversées-Poésie, 96 pages, Juin 2018, 15€

Une chronique de Lieven Callant   Frédéric Chef, Poèmeries, préface de Bertrand Degott, Éditions Traversées-Poésie, 96 pages, Juin 2018, 15€   Le titre donne le ton à ce nouveau recueil des éditions Traversées: on joue et on se joue des codes traditionnels de la poésie avec une certaine science légère et amusée qui permet malgré tout à son auteur et aux lecteurs d’apprécier avec lucidité des messages complexes et vrais, critiques surtout vis-à-vis d’eux-mêmes. Ces jeux réintroduisent ce qui manque parfois ailleurs, la fantaisie, l’audace, l’humour. En se ré-appropriant d’une des formes clés de la poésie: le sonnet, Frédéric Chef me rappelle qu’on peut innover sans céder à la facilité voire à la grossièreté, sans rester prisonnier des codes multiples qui portent la poésie ou la sculpte parfois avec trop de rigueur. Les règles, les formes ne se figent pas mais servent de tremplin à l’écriture. Vanités, hommageries et voyageries  partagent les sonnets selon leurs caractéristiques comme on partagerait des pâtisseries selon leurs goûts et leurs textures mais aussi leurs valeurs nutritives et l’effet que …

Rodrigue Lavallé, Décomposition du verbe être, Éditions Tarmac, 101 pages, juin 2018, 14€

Une chronique de Lieven Callant Rodrigue Lavallé, Décomposition du verbe être, Éditions Tarmac, 101 pages, juin 2018, 14€ Très bel objet que ce livre. Mise en page soignée sur un papier comprenant de fines rayures qui lui donnent un toucher agréable. La typographie est sobre et d’une parfaite lisibilité. Sur la couverture on peut admirer une énigmatique illustration de Dominique Catin. Les lectures peuvent débuter dans de très bonnes conditions. Si je dis « les lectures » ce n’est pas seulement parce que ce recueil de poésies comporte plusieurs volets(5) et une préface de Laurine Rousselet mais parce que par essence la poésie a de multiples entrées. Décomposition du verbe être pourrait être le titre d’une toile abstraite, un polyptyque à la manière de Pierre Soulages qui ne serait sans nous rappeler la grande connotation mystique des peintures à plusieurs volets reliés entre eux.  Au moyen-âge et à la renaissance, ils servaient de retables dans les églises.  Ce recueil n’est pas dépourvu de magie puisqu’il réinvente en bien des endroits, le rythme de la lecture, il est …

Thierry Radière, Nouvelles septentrionales, Les Revenents, Jacques Flament, Alternative éditoriale, juin 2018, 79 p, 10€

Chronique de Lieven Callant   Thierry Radière, Nouvelles septentrionales, Les Revenents, Jacques Flament, Alternative éditoriale, juin 2018, 79 p, 10€ Ce recueil de nouvelles septentrionales en comporte quatre comme les principaux points cardinaux mais ce qui intéresse vraiment l’auteur au-delà d’une géographie des lieux, c’est la géographie des habitants. Plus que de raconter une histoire et à travers elle, celle d’un village, d’une région, Thierry Radière dresse des portraits. Le point commun de ces quatre nouvelles est sans doute cette tentative de raconter des personnages, des hommes et des femmes dont on ne découvre finalement qu’une partie de leurs mystères même si on est l’auteur qui les a inventés de toutes pièces ou pas. D’ailleurs pour écrire et inventer ne met-on pas une part de réalité? Ecrire n’est-ce pas apprendre à la diluer dans le songe ou à l’inverse extirper l’imaginaire d’une réalité qui se fabrique au fur et à mesure qu’on ré-invoque le souvenir? Bien sûr, on s’interroge sur soi-même, sur le regard qu’on porte sur les autres, l’autre qui était notre grand-mère, notre …