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Le printemps des poètes à Virton le 11 mars 2017 en images

à tous et toutes pour cette très belle soirée!

Merci à Claude Miseur et à Jacques Cornerotte pour les photos

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Gérard Cléry, Roman de l’île, D’autres univers

Chronique de Francis Chenot

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Gérard Cléry, Roman de l’île, D’autres univers, avril 2014, 14,5 x 20,5 cm, 64 pages.

Quatre parties dans ce recueil au titre insolite, du moins en apparence, comme autant de chapitres d’un roman qui n’aurait d’autre mesure d’unité que le lieu mais serait d’abord poésie, et de haute volée.

Une île. En Bretagne où vit aujourd’hui Gérard Cléry ? Au large de l’Espagne comme pourraient le suggérer des bouts de phrases en castillan ? Ou cet exergue de Blas de Otero,

« Aqui ne se salva ni dios, lo asesinaron » : « Ici même dieu ne se sauve, on l’a assassiné ».

Mais qu’importe. Une île avec ses gens, ses

« pêcheurs n’aimant rien tant que le silence », les femmes, les enfants…

Une île où

« le paysage s’enroue nul sous l’impérieux balai de la pluie ».

Une île où

« l’angoisse de la mort pose des pierres sur l’horizon / édifie l’autre rivage » : « Ici l’espace déchiré perd l’espace se délite dans la page »

du poème. Dans cette île où

« margelle du refus // insonore village // sous l’aisselle des voiles / le vent se coagule » : « il avait plu dans la journée // sans doute était-ce le signal // mais qui s’en souvenait ».

Et pour en terminer, provisoirement sans doute,

« un jour quelqu’un se souviendra / qu’ils allumaient leur cigarette / aux étoiles ».

Jean-Vincent Verdonnet a rejoint le cercle

Jean-Vincent Verdonnet

a rejoint le cercle

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Après Rüdiger Fischer, le passeur de l’Édition en Forêt. Après Alain Germoz (le fils de Roger Avermaete), animateur d’un Archipel de tolérance et de francophonie à Anvers. Encore un poète ami qui s’en est allé : Jean-Vincent Verdonnet – pour reprendre la formulation délicate du faire-part annonçant son décès – « s’est éteint » le 16 septembre. Il repose à Bossey, en Haute-Savoie, où il était né le 19 avril 1923. Nous nous étions rencontrés à Rodez du temps convivial de Jean Digot et nous avions sympathisé. En taiseux, lui le Savoyard, moi l’Ardennais. Malgré les distances, nous avions gardé le contact. Par lettres et courriels.

Homme de parole et de fidélité, donc de convictions, Jean-Vincent Verdonnet avait combattu dans la Résistance. Comme poète, il a aussi été un résistant et il n’a cessé d’évoquer son pays natal et ses paysages de montagnes, de villages perdus et de lenteurs paysannes. On pourrait dire que sa poésie avait pris le pas du montagnard pour accéder à des sommets d’antique sagesse.

Homme de fidélité, disions-nous. La majeure partie de l’œuvre de Jean-Vincent est parue chez Rougerie. Mais aussi fidèle en amitié : il nous a offert, en 2011, une Furtive écoute, parue en Buisson ardent. Cela se terminait par ce beau quatrain prémonitoire :

« Écrire une dernière fois

en laissant au creux de la page

la semence noire des mots

pour une moisson de lumière »

©Francis Chenot

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