Tous les articles taggés : essai

Les villes de papier (une vie d’Emily Dickinson) de Dominique Fortier, Grasset, septembre 2020 (prix Renaudot)

Chronique de Paule Duquesnoy Les villes de papier (une vie d’Emily Dickinson) de Dominique Fortier, Grasset, septembre 2020 (prix Renaudot) Emily, je la retrouve au jardin, assise sur un rayon de soleil ou une goutte de rosée, dans le parfum de la violette, ou du jasmin, sous la tête penchée des chastes hellébores, dans le sourire d’une mésange ou d’un merle, le chant du premier oiseau à l’aube. Les plantes et les oiseaux me parlent d’elle. Aussi, notre amie la fleur, que butine l’abeille, miel et dard. Le jardin n’est-il pas un univers ? Le chien Carlo, qui dort au pied de son lit – car dans toute histoire il y a toujours un chien, ou un animal de compagnie, plutôt un chien – honore l’herbe., Maisons de fleurs et de papiers où volettent les mots, subtils papillons, légers flocons. Fleurs de papier. Cet essai de Dominique Fortier est servi par une écriture gracieuse, alerte, allègre, et le goût de la nature commun à l’auteur, attachée à l’arbre qu’elle voit de son bureau, férue de botanique …

Bruno Geneste, La Route selon Jack Kerouac, Les montagnes Noires, Essai,

Chronique d’Alain Fleitour Bruno Geneste, La Route selon Jack Kerouac, Les montagnes Noires, Essai, ISBN 9791097073299, 7 septembre 2018. Dans le lointain de ses rêves, Bruno Geneste retrouve Jack Kerouac sur une plaque de béton chauffée à blanc ; la route ce matin là était encore plus suffocante que des paroles de braises. Peut-on rejoindre un disparu sinon par flashs aussi intenses que passagers d’un premier lointain, jusqu’au 25 ème lointain (chaque chapitre est appelé lointain ) ? Bruno Geneste dans son recueil,  » La Route selon Jack Kerouac », tente de faire revivre en plein vent d’ouest, les bruits,  l’odeur et la vie bourdonnante de la Ford Mustang. Cette tire là, son seul trésor, vit des danses endiablées, où chaque virée la propulse vers l’Ouest, mais inéluctablement la Mustang reviendra retrouver les décors de son écurie à Big Sur, son point d’attache. Difficile de décrire ce livre calcinant, sur la Route de Jack Kerouac, où l’on monte très haut dans les aigus et dans l’extase, mais au fil des kilomètres l’on descend très bas, les verres à marée …

Tzvetan Todorov, La conquête de L’Amérique, la question de l’autre, essai, éditions du Seuil, 1982, 340 pages.

Tzvetan Todorov, La conquête de L’Amérique, la question de l’autre, essai, éditions du Seuil, 1982, 340 pages. « Sans entrer dans le détail, et pour donner seulement une idée globale (même si on ne se sent pas tout à fait en droit d’arrondir les chiffres lorsqu’il s’agit de vies humaines), on retiendra donc qu’en 1500 la population du globe doit être de l’ordre de 400 millions, dont 80 habitent les Amériques. Au milieu du seizième siècle, de ces 80 millions il en reste 10. Ou en se limitant au Mexique : à la veille de la conquête, sa population est d’environ 25 millions ; en 1600 elle est de 1 million. » C’est au travers de ce qu’on peut considérer comme le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité que Tzvetan Todorov, chercheur au CNRS nous interpelle sur la question de l’autre. En analysant les divers récits de la conquête laissés par les conquérants, Colon, Cortès, Las Casas, Bernal Diaz, Vasco de Quiroga, de Diego de Landa et d’autres, en confrontant ces récits aux interprétations historiques diverses, l’auteur ne …

TRAVERSÉES n°65 – PRINTEMPS 2012

Editorial Traversées / Printemps 2012 Pourquoi écrire ? « J’écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais. » Isaac ASIMOV Il faut des écrivains pour qu’il y ait des lecteurs, mais aussi des lecteurs pour qu’il y ait des livres édités… Chacun de nous pense avoir des tas de choses à dire, des événements vécus ou rêvés qu’il pense être le seul à posséder. Soit il les garde pour lui, soit il tente par l’écriture de se confier : encore faut-il que ce qu’il écrit ait une réelle valeur littéraire ! Tout ne sera pas publié, même si l’intention, la volonté de dépasser le cadre intime est là ! L’écrivain retenu, qui a posé son texte et remis son opus à son éditeur, n’a plus qu’à attendre – en croisant les doigts – le retour du lecteur, qui lui, ne se leurre pas et peut se révéler sévère. Une frustration : il pose des questions, établit un constat à travers son roman, son essai… et …