Tous les articles taggés : Buchet. Chastel

La mise à nu, Jean-Philippe Blondel, Buchet Chastel (15€ – 252 pages) ; Janvier 2018

Chronique de Nadine Doyen La mise à nu, Jean-Philippe Blondel, Buchet Chastel (15€ – 252 pages) ; Janvier 2018 Le narrateur, professeur de 58 ans, nous invite au vernissage d’une exposition à laquelle il s’étonne d’avoir été convié. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel artiste ! Ce jeune peintre, déjà célèbre internationalement, est un ancien élève avec qui il va pouvoir échanger brièvement avant son discours. Se souviennent-ils l’un de l’autre ? Quels souvenirs garde-t-on de « ses ouailles »? Surtout que lui, « un des dinosaures de l’établissement », il en a vu défiler des lycéens ! Celui-ci lui aurait-il laissé une empreinte particulière ? L’originalité de Jean-Philippe Blondel réside dans les titres de ses chapitres. Si dans Juke Box, c’étaient des titres de chansons, cette fois, la thématique de l’art oblige, ce sont cinq couleurs qui orientent le récit et en donnent la tonalité : d’Anthracite à bleu horizon, en passant part l’Incarnat. On suit le rapprochement d’Alexandre Laudin et Louis Claret. D’abord un appel téléphonique. Puis une invitation à lui rendre visite dans son loft pour voir ses peintures. Dans …

Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel – Buchet-Chastel

RENTRÉE 2015 Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel – Buchet-Chastel ( 272 pages – 15€) Un titre et une couverture modianesques, avec ce ciel plombé sur les toits de Paris. Nombreux sont les écrivains qui reçoivent des lettres de leurs lecteurs, cultivent même ces échanges à l’instar d’Amélie Nothomb. Mais la lettre, signée Patrick Lestaing, que Victor, double de l’auteur, trouve à son retour de vacances n’est pas anodine Le choc qu’elle provoque sur le narrateur, à la vue du nom de l’expéditeur, au point d’en interrompre la lecture nous interpelle. Un nom qui glace le destinataire, un nom qui résiste au temps. Lettre dictée par l’émotion, lettre liée à un drame. Jean-Philippe Blondel a l’art de capter notre attention, de créer le suspense. Comment a-t-il connu cet homme ? Voici Victor revisitant ses années d’étudiant à Paris dont 1984 l’année de ses dix-neuf ans, marquée par une image indélébile : « deux filets rouges entre ses chaussures blanches ». Avec la distance, le narrateur fustige ces écoles préparatoires où l’émulation « tourne à la compétition » et transforme les …

LA DAME À LA CAMIONNETTE – Alan Bennett – Buchet .Chastel

LA DAME À LA CAMIONNETTE – Alan Bennett – Buchet .Chastel ( 115 pages – 9€) Alan Bennett nous relate les tribulations de La dame à la camionnette à qui il a offert refuge, une oasis de paix. Le récit, construit à partir de notes du journal de l’auteur, court de 1969 à 1990, sur fond des années Thatcher confrontées à une crise. Le récit s’ouvre sur une situation ubuesque. Qui va accepter de voir stationnée devant chez lui cette camionnette? Mais qui est Miss Shepherd, cette dame excentrique? Toutefois, elle génère un élan spontané de solidarité, d’altruisme, mais d’aucuns avaient parfois « envie de l’étrangler ». Mais comment a-t-elle échoué chez le narrateur, qui deviendra son protecteur providentiel pendant plus de quinze ans? L’auteur brosse un portrait haut en couleurs, pittoresque de cette semi clocharde,au « comportement vindicatif et querelleur », qui trouve à redire quant à l’exiguïté du sanctuaire mis à disposition. Il la compare à Monet, quand elle repeint sa Reliant Robin. Il la suit dans ses activités quotidiennes ( lettres à des sommités, dont à …

Jean-Philippe Blondel – 06H41 – roman – Buchet. Chastel (232 pages- 15€).

  Jean-Philippe Blondel – 06H41 – roman – Buchet. Chastel (232 pages- 15€). « Il n’y a pas de hasards, mais des aimantations », affirme Martin Melkonian. C’est ce qu’auraient pu penser les deux protagonistes du roman de Jean-Philippe Blondel, en prenant le train de 06H41! Pourquoi ? Parce ces deux là se sont aimés, vingt-sept ans auparavant, une liaison passagère. Le mot: « catastrophe » préfigure cette rencontre improbable qui va donc les aiguiller vers le comptoir des souvenirs. Pourtant, dans un train, « rien ne peut vraiment vous arriver ». L’auteur entrecroise les voix de Cécile et Philippe. Ceux-ci se livrent à une introspection, mais donnent aussi un portrait de l’autre, sans concession, ne se privant pas de phrases assassines. Par flashbacks, ils déroulent l’écheveau de leurs moments partagés, de leurs années au lycée. Chacun d’eux se remémore leur liaison éphémère, tente de remplir les alvéoles du passé. Ayant le recul de la maturité, ils sont plus lucides pour commenter leurs folies de jeunesse, leurs erreurs, et mieux comprendre leurs ainés, les mères. En creux se tisse le portrait de …