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Service de presse n°35

Traversées a reçu : Les recueils suivants : Androgyne, Rome Deguergue & Michel Bénard, Les poètes français, 16, rue Monsieur le Prince à F-75006 Paris ; 2013, 65 pages. Vu par Jacques Viesviel : « Il est elle. Elle est lui. L’un et l’autre dans leur altérité. Deux à n’en plus faire qu’un pour couronner le sacrifice de l’unité retrouvée. Deux dans le même profil de l’œuvre le même battement de cœur inorganique le même spasme d’en haut. Le ciel tout proche sous l’écorce. » De la matière en quelques fragments, Henri Rodier, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2012, 8 pages. Le dessin d’une oreille, Rorik Dupuis, Atelier de l’agneau, 1, Moulin de la Couronne à F-33220 St-Quentin de Caplong ; http://www.at-agneau.fr  ; 2013, 75 pages. Le mot de l’éditeur : Entrant dans ce livre, le lecteur se trouve comme au cinéma : les angles de vue varient, autour de l’enfance, la condition sociale ou amoureuse, l’affirmation de soi, l’attente par l’errance, l’oubli ou la communication, à travers le portrait d’un interlocuteur dont on fait – non sans une certaine dérision – l’étude …

Philippe Jaffeux, « COURANTS BLANCS », Atelier de l’agneau, 2014.

Philippe Jaffeux, « COURANTS BLANCS », Atelier de l’agneau, 2014. Ce n’est certainement pas un hasard si ce troisième ouvrage de Philippe JAFFEUX s’intitule « Courants blancs ». On pense dès le premier instant à « l’écriture blanche » de Roland Barthes, à l’origine d’un monde où la lettre serait virginale et souveraine. Mais aussi, à l’éternelle mouvance d’une ligne d’écriture qui vient s’échouer sur la page blanche et reprendre aussitôt ses secrets. L’auteur nous apparaît comme cet « il » ou « île » qui en forme de cercle détient la vérité et son contraire. L’animal, le ciel, l’humanité, Dieu, l’alphabet, le chiffre se croisent et s’entrelacent dans une perpétuelle psalmodie qui n’est pas sans faire écho aux magies ancestrales, aux rituels chamaniques, à la pythie. La parole est prophétique, sibylline. Les mots se confrontent et la pensée quasi automatique semble être une lutte à chaque ligne entre le bien et le mal dont on n’entrevoit aucuns vainqueurs. L’auteur nous emporte dans un souffle-écriture où le corps est une roue qui tourne en elle-même comme une matrice à pensée… « Ses yeux écoutaient une image …

Toute la sensualité du monde

  Gaël Petquin, « Rouge pulpé », lithographie de Renée Spirlet, Atelier de l’Agneau, Saint Quentin de Caplong, 14 €.   Le texte fulgurant de Gaël Pietquin permet la découverte d’un véritable poète. Le pathétique cède à l’enchantement et dénonce tout pathos. Un tel livre saborde toute compacité, il flotte avec force mais aussi langueur. Il fissure toute suffisance pour laisser libre cours à la sensualité astucieusement aporique. Tel un nouveau Pasolini (celui de la solarité) le poète se fait démiurge  du vide en feu mais sans laisser filer  l’émotion au contraire. Tout est chauffé à noir, à blanc dans un texte d’accourcissements, pavé d’aire en erre. L’écriture crée des présences autant sporadiques qu’en répétitions : « Cent fois l’espadon ! sur le tapis d’amour est mesuré Cent fois » La densité sensorielle devient lumineuse et respirable comme l’éther de l’anesthésie de jadis. L’insecte possède le vol lourd de l’entre-deux temps en une apesanteur diaphane. Tout s’élide mais fait poids. Joute à joute surgissent les corps. Faux aphorismes, apories vraies abondent dans ce qui se prend d’abord pour un non-sens mais …

Philippe Jaffeux, Courants Blancs, Atelier de l’agneau, 2014.

Philippe Jaffeux, Courants Blancs, Atelier de l’agneau, 2014. Entre les lettres, l’espace blanc, un vide dans lequel les signes alphabétiques s’électrisent, s’inversent, flottent ou se noient mais parfois aussi proposent des mots. Entre les mots, le même vide conducteur induit la phrase. Entre les phrases, les mots, les syllabes, les lettres, l’espace blanc, l’espace du silence, du souffle naît celui d’une parole. Les lettres se suivent s’attachent à un mot, le mot à un sens, la phrase à un message. Le message lui flotte parmi les signifiances. Le livre de Philippe Jaffeux propose soixante-dix pages comportant chacune 26 phrases. 26 incantations magiques, 26 formules, 26 tentatives de noircir l’espace ou d’en révéler la blancheur immaculée, 26 affirmations enjouées, amusantes, absurdes, sévères, injustes ou livrées au hasart, à la lecture. 26 lettres anonymes adressées aux anonymes lecteurs, aux jongleurs de mots. Pour nous dérouter. Pour nous envahir, pour nous séduire ou peut-être plus simplement nous laisser supposer que nous sommes tous des synonymes de nos propres personnages, de l’animal blotti en nous, de l’enfant ébloui. La …