Tous les articles taggés : Amir Or

Amir OR, Entre ici et là, poèmes traduits de l’hébreu par Michel Eckhard Elial, dessins de Sylvie Deparis, PO&PSY éditions érès, 2019, pochette non-paginée, 12€

Une chronique de Marc Wetzel   Amir OR – Entre ici et là – poèmes traduits de l’hébreu par Michel Eckhard Elial, dessins de Sylvie Deparis, PO&PSY éditions érès, 2019, pochette non-paginée, 12€    Amir Or est un homme très intelligent, polyglotte et cultivé, mais ce qui importe n’est pas qu’il ait lu Héraclite, Pindare ou Plotin, mais que ceux qui ne les ont pas lus puissent tout de même comprendre quelque chose à son oeuvre, et ceux qui les ont lus puissent pourtant apprendre de sa poésie quelque chose  de neuf, inattendu et essentiel. Et la double réponse est oui. Érudit primé, citoyen inspiré, pédagogue surdoué (= fondateur de la Helicon Poetry School arabo-juive), c’est d’abord et surtout un grand bonhomme et un auteur constamment décisif.      Le titre de ce recueil (traduit par l’excellent Michel Eckhard Elial) vient du très court poème :  « Aéroport :entre ici et làrien à moi »    sorte de Haïkaï cinétique (qui restitue dynamiquement l’entre-influence des composants d’une situation), comme on le voit aussi quelques pages plus haut :  « Un panneau stopsur le chemin du retourun …

Amir OR – Dédale – MaelstrÖm reEvolution – Bruxelles, 2016 (traduit de l’hébreu et de l’anglais par Isabelle Dotan)

Chronique de Marc Wetzel Amir OR – Dédale – MaelstrÖm reEvolution – Bruxelles, 2016 (traduit de l’hébreu et de l’anglais par Isabelle Dotan) « Nous sommes là, assis sur les rives du monde questionnant l’âme. Et quand notre regard sombre dans la grande mer, sans yeux, nous pleurons, et nous nous souvenons soudain de qui nous étions » (p. 135) Je viens de voir et entendre (au Festival estival des Voix vives de Sète) le poète israélien (né en 1956) Amir Or – dont j’ignorais l’oeuvre -, et, très frappé par l’intensité de son propos et l’intégrité de son ardeur, je lis son dernier livre traduit chez nous, pour comprendre comment une poésie peut à ce point intriguer et faire réfléchir. C’est que l’homme a, je crois, la profondeur d’un philosophe tout en veillant (et parvenant !) à se passer de concepts. Il le dit : la poésie partage avec la philosophie sa visée culturelle de sagesse (elle aussi est une parole qui dégrise, qui révèle ce qui importunait tant sans pourtant importer, et sait …