La résidence d’auteurs du Pont d’Oye

La Résidence d’Auteurs du Pont d’Oye lance son appel à candidature !

La sixième édition aura lieu du 6 au 24 août 2012. Écrire dans un Château, voici la proposition faite à des auteurs francophones qui souhaitent vivre une aventure humaine et littéraire. Chaque année au mois d’août, le Château du Pont d’Oye se transforme en un écrin idéal pour toutes les plumes (poètes, romanciers, dramaturges, essayistes,…).

Vous trouverez ci-joint l’appel à candidature :  [pdf]
Le dossier est également téléchargeable sur notre site : http://www.chateaudupontdoye.be

Date limite des candidatures : 22 avril 2012

Merci beaucoup de relayer notre appel.
Si vous souhaitez faire un reportage sur la vie littéraire au Pont d’Oye, nous pouvons organiser une visite du Château, des interviews avec d’anciens résidents, etc…

Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Bien à vous,

Isa Terrier
Secrétariat de la Résidence
+32 (0)470 54 19 79 ou +33 (0)6 07 88 67 62
crpo@chateaudupontdoye.be

Traversées N° 64

L’édito de Patrice Breno

Traduire, transcrire, interpréter, c’est faire des choix, restituer dans une autre langue ce que l’auteur a voulu dire, s’il a voulu faire passer ou non un message, s’il a trop ou trop peu tranché dans le vif en étant sûr que le lecteur appréciera cette autre approche, cette autre version de l’œuvre première.

Traduire, c’est aussi savoir déterminer si le sens de tel ou tel mot est bien restitué dans la langue destinataire, c’est adopter et faire adopter une nouvelle création, une certaine forme de plagiat, mais sous le couvert de l’auteur, c’est chercher à conserver les trouvailles de l’auteur, ses constructions de phrases, ses connexions, ses dialogues, ses descriptions, ses réseaux de sens, de mots, d’associations de mots, de jeux de mots, c’est passer d’une langue à l’autre en donnant un nouveau rythme tout en respectant le versant d’humour, de suspense, d’amour, de passion, de lenteur, de morbide… que le créateur a voulu aborder.

Traduire, c’est surtout pour l’interprète veiller à ne pas (trop) mentir et à oublier
toute part de subjectivité… ou du moins à l’atténuer.

Xavier BORDES, Constantin FROSIN, Claude MOUCHARD et Démosthènes
DAVVETAS nous apportent leur lumière et leur façon de voir sur l’art de traduire. Des textes grecs de Lia KARAVIA, Maria PISIOTI-IOANNOU, Odysseas ELYTIS, des textes catalans de Antoni CLAPÉS, Joseph Maria SALA-VALLDAURA, Anna MONTERO, Cèllia SANCHEZ-MÚSTICH, Lluís CALVO, Ernest FARRÉS, des textes japonais de Shizue OGAWA , des textes allemands de Else LASKERSCHÜLER, voici un véritable bouillon de culture que nous vous proposons aujourd’hui.

S’ensuivent des textes d’auteurs francophones : Jacques DEMAUDE, Claude
MISEUR, Georges JACQUEMIN, Chem ASSAYAG, Corinne HOEX, Patrick
NAVAÏ, Sylvie DURBEC, Yves NAMUR, Salah BOUDEBBOUZE, Karim
CORNALI et Hafsa IVAN. Excusez du peu !

In fine, les chroniques et recensions que chacune et chacun a le plaisir de retrouver…

Bonne lecture et bonne année 2012 pleine de lectures et de créations !

Armel Job

Loin des mosquées, Armel JOB, roman, Robert Laffont, parution le 13 février 2012, 274p. Les aficionados d’Armel Job retrouveront dans Loin des mosquées cette envie de lire ses romans d’une seule traite tant ils nous parlent.
« La réussite des romans de Job tient aussi… à l’invention d’intrigues subtiles, dont le déroulement, entre épisodes captivants et rebondissements inattendus, tient constamment le lecteur en haleine »*.
René, Evren, Derya et Yasemin, quatre personnages-narrateurs en quête d’identité sont ballottés malgré eux dans le tourment des événements qu’ils subissent, narrateurs et acteurs de cette histoire incroyable, insoutenable par moments, drôle à d’autres, mais qui nous ramène à la dure réalité.
La femme musulmane est souvent esclave de traditions surannées, qui portent atteinte à sa liberté et à sa dignité.
Turc, Evren est « godiche » : il a « les mains en savon », ce qui ne l’empêche pas de faire de brillantes études à Cologne. Il faut savoir que chez les Turcs entre autres, les mariages arrangés au sein d’une même famille sont monnaie courante. A peine Evren aperçoit-il sa cousine Derya dans son plus simple appareil qu’il s’éprend d’elle et la demande en mariage ; cette dernière refuse tout net. Pour la famille du jeune homme, l’affront est sérieux et il faut vite trouver une échappatoire avant d’être la risée de tous. Sa maman se rend donc en Turquie ; elle revient avec l’accord de l’entourage de Yasemin, une autre cousine : celle-ci sera l’épouse d’Evren.
Que va-t-il se passer quand on apprend que Derya, poussée par les siens – une lettre compromettante entre Evren et Derya va servir de déclencheur – doit revenir sur sa décision ? quand Evren et Yasemin, fiancés, la famille du futur mari refuse la volte-face des parents de Derya ? Et René, le croque-mort, que vient-il faire dans cette galère qui a l’allure d’un thriller, tant le suspense est haletant et tant il nous faut retenir notre souffle jusqu’au dernier mot.
La réalité dépasse parfois la fiction, quand on sait que les thèmes abordés dans Loin des mosquées (les mariages arrangés, l’honneur à tout prix, l’avilissement de la femme-esclave, l’intégrisme radical…) sont bien malheureusement d’actualité.
Pour mémoire, récemment en Belgique, un frère – probablement commandité par les siens – a assassiné sa propre sœur parce qu’elle n’avait tout simplement pas respecté la tradition.
N’hésitez pas à lire ou à relire tout Armel Job ! Jamais vous ne serez déçus !

*Michel BAAR, in revue Traversées n°45, dans le dossier consacré à Armel Job.

Patrice BRENO, Virton, le 8 février 2012

En pleine rue

Elle s’écroule    deux hommes la retiennent mais elle fond jusque sur le sol

l’un appuie de sa main sur le petit trou par lequel s’enfuit la vie

et rentre la peur et rentre l’horreur

l’autre la recouvre de quelques mots

tout son corps est mou

elle vient de tourner la tête

elle regarde ce bout de ciel sans demander pourquoi elle a si mal

ses yeux s’agrippent de toute leur force

on dirait de tout petits moineaux sans ailes

les hommes ne supplient plus  ne crient plus    ne croient plus au secours

c’est alors que la mort se met à couler par la bouche par les yeux par le cœur

et au travers de tous les vêtements et sur la terre et sur ce petit bout de ciel qui attend qui regarde impuissant

la main ne tient plus il ne reste plus aucune larme plus aucun pleur plus aucun geste

elle meurt.

En Iran, au printemps 2011, une jeune-femme est abattue dans la rue. Les forces armées du pouvoir tirent sur une foule pacifiste d’étudiants. Elle est touchée en pleine poitrine, on vise pour tuer.

cc, voir son site […]