Lectures de Juin de Patrick Joquel

voici les lectures de juin, poésie et roman. Des idées pour l’été à l’ombre des cigales… Merci et bel été!

Lectures de juin 2026 de Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

des infos personnelles avec ma lettre de juillet : https://www.patrick-joquel.com/wp-content/uploads/2020/12/Lettre-info-de-juillet-2026.pdf

Poésie

Un poème « vieillesse ». Une nouvelle voie, voix, pour la poésie. Il y avait la poésie jeunesse, la poésie adulte et chacune avec toutes leurs variantes, voici des poèmes consacrés aux personnes âgées. Aux vieilles dames en particulier.

Des portraits d’anciennes. Avec leurs rides, leurs souvenirs, leurs vies… leur présent d’Ehpad… De silence. De solitude.

Dans notre société, on a tendance à les cacher ces vieilles. Il est bon de les voir ici à l’honneur. Rendues à leur dignité de femme. Tout simplement. Ça rassure et ça donne à voir. Ça interroge sur son propre regard sur la vieillesse. Sur ce moment qu’on rejoindra un de ces jours.

Un livre à donner à lire dès la fin du primaire et jusqu’au bout de la vie tant il est humain.

Banc public

Une vieille assise sur un banc
prend la poussière
Elle était là hier
Elle sera là demain

Elle attend les bousculades des enfants
les foulées du joggeur
le camion de poubelles
la sortie du travail
la voiture jaune du facteur

Elle attend
Elle attend assise sur le banc
Elle attendait hier
Elle attendra demain
un regard
un sourire
un éclat de lumière
pour se raccrocher à la vie

Dans une semaine un mois
peut-être plus
ou quelques jours seulement
le banc sera vide

Le promeneur solitaire
l’éboueur ou le facteur
l’écolier ou le joggeur
se demandera ce qui cloche
ce jour-là dans le décor

Il humera l’air
observera les nuages
jaugera la force du vent
sans saisir l’absence
ce celle qui n’est plus

https://www.nosaccointances.fr/4_granit_02_gaucher_les.vieilles.html

*

Délicieusement absurde et totalement mathématiquement rigoureux, j’aime cet humour. Cette poésie souriante et libre. Joyeuse et pourtant si sérieuse. Se moquer ainsi et avec brio à la fois des mathématiques et de la poésie, j’aime.

À mettre en toutes les mains, dès 10 ans et en particulier dans celles qui ont tendance à se prendre au sérieux.

Trois exemples pour la route

Si j’ai, dans ma garde-robe,
2 bonnets,
2 casquettes,
1 chapeau, et,
enfin,
1 bob,
à votre avis, combien ai-je de têtes ?

Calcul ?
Combien tu pèses ?
Depuis quand tu mesures ?
Combien tu dors bien ?
Quand tu sais ?
Comment tu habites ?
Sais-tu compter jusqu’à toi ?
Jusqu’à qui réussis-tu à compter ?

J’aime faire 2 avec toi
L’expression c’est plutôt :
faire un avec l’autre
mais si l’on devenait réellement,
concrètement 1
je ne sentirais pas ta peau comme je la sens
émouvoir, émerveiller,
éprouver mon sensible
dans une envolée de plaisir et de bonté,
de beauté

j’aime faire 2 avec toi
toucher ton toi avec mon moi
comme tu touches mon moi avec ton toi
et certes les confondre tant ils sont serrés,
enlacés
j’aime compter avec toi
0 ,1, 2, 3
comme tu comptes pour moi

*

Certains instants se passent de mots. Ce sont les moments où l’on est submergé d’émotions. Ces moments indicibles. L’indicible est une des voies qu’emprunte souvent la poésie. Cette petite graine d’ours vient tourner autour de cet indicible. Elle se propose de mettre sous enveloppe une collection de ces instants-là. Ces fragiles secondes où l’on se sent autre. Ailleurs. Humain. La liste de ces instants collectionnés n’est pas exhaustive. Chacun la complétera selon sa vie et son humeur. La poésie est facteur de savoir-être. Ici, l’objectif est atteint. Le lecteur est invité à la compléter.

Les images sont limpides et calmes. Un petit ail où je respire. Profondément.

*

Qui n’a jamais été confronté à « J’ai pas d’idée ». L’angoisse de la page blanche. Ce vertige devant l’inconnu « Quelle est la réponse attendue ? ». ?

Voilà une série de courts poèmes qui tournent autour de la question. De la peur de créer. De la crainte de se lâcher. C’est un des enjeux de la poésie en classe, en atelier d’écriture et au quotidien pour le poète : oser !

Oser dire. Oser mettre des mots. Oser sortir du convenu. De l’attendu. Du stéréotype. Du silence.

Un livre à lire et à donner à lire dès le primaire pour tous les enfants que leurs médiateurs livres confrontent à la poésie. Et sans aucune limite d’âge.

Pour les idées, revenez demain,
revenez en arrière
ou revenez dans mille ans.
Ou faites un pas de côté,
comme ça, oui
comme ça
exactement : oh !
Ne bougez plus –
la vie va sortir !

Les aquarelles de Valérie Linder donnent à l’ensemble clarté, douceur et paix. On est rassuré. Tout peut arriver !

*

Roman

Trois amis. Depuis l’enfance. C’est la rentrée scolaire. En 4e. On entre dans le récit dans une atmosphère lourde. Plombée. Ça ne fonctionne plus comme avant. On ne sait pas quel est le problème mais il est réel. Dona, Rafaëlle et Léonard s’évitent. N’osent pas se parler. Le narrateur suit le calendrier, comme un journal. Il est extérieur. Il voudrait bien communiquer, aider mais quelque chose l’empêche de sortir de son rôle d’observateur.

Les professeurs voient bien que quelque chose ne tourne pas rond. Ils restent à l’orée du problème. Impuissants. Les parents y mettront aussi leur grain de sel.

Jusqu’au dénouement on est tenu en haleine. Un roman plein de pudeur, de tristesse aussi. D’impuissance et de remords.

Ça se lit d’une traite et on sort un peu plus humain.

Un roman pour le collège et bien au-delà tant les questions abordées sont universelles.

*

Une biographie romancée. La vie de Katherine Johnson. XXe siècle. Aux USA. On suit Katherine de sa petite enfance dans les années dans les années 20, jusqu’aux années 60/70. Une vie. De femme. Noire. Ce qui pourrait bien ressembler à un double handicap et dans les USA de ce siècle-là, c’en était un, devient une formidable leçon de vie et d’humilité. Comment ? Grâce à des parents à l’écoute. On dirait bienveillants, aujourd’hui. Une fratrie aimante. Des enseignants disponibles à leurs élèves. Au désir incroyable de Katherine de vivre sans se laisser brider par quoi que ce soit : ni les lois, ni les préjugés de l’époque, ne sauront la museler. Elle avance. Un point c’est tout.

Grace à un don aussi. Le don rare des mathématiques. Dès l’enfance elle compte, elle cherche, elle résout. Au point de sauter des classes. Au point d’intégrer la NASA et de permettre, grâce à ses calculs, l’alunissage d’Apollo 11.

en toute modestie. En toute humilité. Une belle leçon de vie. Elle aime ce qu’elle fait et le fait à fond. Simplement.

« Tu n’es pas meilleure que les autres et les autres ne sont pas meilleurs que toi » lui disait son père. Cette phrase est devenue sa devise.

https://www.albin-michel.fr/combien-de-pas-jusqua-la-lune-9782226443427

*

Titre :La parole précaire
Auteur : Jean-Marie Corbusier
Éditeur : Le Taillis Pré
Année de parution : 2026
Isbn : 978-2-87450-255-2
prix : 18

Le mot m’échappe
quand je veux dire
quelque chose

Tout ce livre tourne autour de ces trois vers. La difficulté de dire. La recherche du mot. Le langage tente de « dire » le monde et cependant le monde lui résiste. Le mot n’est jamais tout à fait exact. Tout à fait juste. Le poète demeure insatisfait. Dans le « c’est presque ça, tu vois ». Tout l’enjeu de la poésie est dans ce presque. Ce geste d’approcher sans caresser vraiment.

La parole est précaire, oui. Si on pense à Rimbaud : « J’ai vu ce que l’homme a cru voir ». Cette résistance de la langue et du monde. Ce compagnonage et cette solitude. Cet entre-deux du poème.

De courts poèmes pour tenter d’approcher. Beaucoup de silence aussi. Un chuchotement. Un livre comme un compagnon taciturne des veillées au près du feu. Dans la pénombre.

Barbara AUZOU, « C’est la seule occupation que je lui connusse », Éditions unicité, Collection Le metteur en signe, ICN- Orthez, Illustration de la couverture: Nicolas Auzou.

Barbara AUZOU, « C’est la seule occupation que je lui connusse », Éditions unicité, Collection Le metteur en signe, ICN- Orthez, Illustration de le couverture: Nicolas Auzou.


« Grand-mère tricotait des bas, c’est la seule occupation que je lui connusse’’ (André Gide)

        Voilà bien une phrase qui nous place dans cette transition : les gens du peuple sans instruction aucune, les femmes surtout, occupées aux travaux d’aiguille ; et le geste courant du bas peuple féminin illettré, rapporté au subjonctif, ce diable de temps de conjugaison qui fut un signe de valeur des textes assujettis aux règles sévères de ‘’la culture’’ littéraire et que toute une génération d’enseignants va s’ingénier à faire perdurer…jusqu’à sa disparition !

       Il en sera de même pour moultes règles qui ornaient le carquois de tout étudiant de français, et qui, heureusement se sont vues sinon remplacées, du moins bien rattrapées par l’originalité de pensée et d’expression des auteurs en herbe. Afin de montrer ma totale adhésion au propos que va développer Barbara Auzou, je citerais Boris Vian :

‘’Le poète écrit sous le coup de l’inspiration. Mais il y a des gens à qui les coups ne font rien. »

           Certains regrettent-ils encore l’ancien temps pour ne pas dire l’Ancien régime qui faisait barrage au peuple ? Barbara Auzou, elle, s’amuse de ces fluctuations de l’enseignement du français qui finissent par mettre en évidence ce qui est essentiel dans la culture : l’exemple d’humanité donné par l’adulte, le sens du partage, la richesse diversifiée des découvertes littéraires, la fraternité. Par chance, des progrès constants voient le jour concernant l’éducation grâce à une meilleure approche de la psychologie de l’enfant. Conclusion : l’enfance est une période primordiale, fragile est sacrée où les acquis ne perdurent positivement que s’ils sont diffusés avec bienveillance et respect. L’échec par rejet des apprentissages conduit à la marginalisation et à la violence. Et l’auteur de citer Hugo :

‘’où vont ces enfants dont pas un seul ne rit accroupis sous les dents d’une machine sombre’’ (Victor Hugo : Melancholia)

          Mais voilà que les conditions de l’Education Nationale sont soumises à une baisse constante de moyens : trop d’élèves par classe, milieu social qui s’appauvrit, prolifération des portables, et le faciès d’ogre de l’I A qui se profile, sans compter le nucléaire menaçant et le réchauffement climatique…Le tout annonçant la fin de l’écrit ; l’auteur nourrie des œuvres de nos écrivains et poètes français et qui a lutté durant toute sa carrière contre l’affadissement des buts et des résultats scolaires s’en attriste :

Le collège est perçu comme le maillon faible du système
éducatif…
et je suis là avec mes étoiles suspendues 
comme des candélabres
à leur donner à lire – vœu pieu-
à réfléchir
à leur jurer que personne ne peut rêver à leur place…
car, si’’ la terre est bleue comme une orange’’
certains élèves affirment depuis peu qu’elle est plate

            Barbara Auzou nous fait, sans pitié ( et combien elle a raison) le portrait argumenté d’une éducation nationale  qui n’est pas à la hauteur des idéaux républicains, loin s’en faut, et bien loin des siens aussi ; mais elle nous donne aussi, tout au long de sa nécessaire et implacable analyse, ici et là, des plages de salut par ses mots à elle dont la poésie ne noircit pas car elle continue à soutenir la fraîcheur de l’arbre de l’enfance et lui permet de déclarer à feu son aïeule qui tricote toujours dans sa mémoire :

‘’Je voulais enseigner
C’était délice
J’écrirai
Et je cultiverai mon jardin aux oiseaux
C’est avec la centaurée des mots
Que je finirai mon tricot
Il vaudra bien le tien grand-mère
Tu pourras être fière de moi.’’

(et , elle ajoutera, comme un clin d’œil de lettrée à sa grand-mère, étrangère aux règles de conjugaisons )

Au fond
N’était-ce pas le seul bien que tu me souhaitasses

         Après lecture de ce nouveau recueil, comme pour tous les précédents, le lecteur se joindra à moi sans conteste lorsque j’affirme au sujet de Barbara Auzou que sa POESIE originale et personnelle est traversée de création, d’intelligence et de vérité, et, de plus, reconnaissable dès les premières lignes, illustrant la passion de toute une vie, ce qui me permet d’affirmer :

‘’C’est la seule occupation que je lui connusse’’

Bernard Colas, L’odeur du monde après la pluie, éditions Unicité, 2026. 

Bernard Colas, L’odeur du monde après la pluie, éditions Unicité, 2026. 


L’odeur du monde après la pluie est le troisième recueil de Bernard Colas. Se déploie ici un monde qui est peut-être la métaphore d’une renaissance après l’ondée et qui décline une méditation intime sur l’ambivalence d’être. 

Le poète a partie liée avec des choses impalpables ou qui semblent prêtes à se dissoudre, la neige, la pluie, l’encre, les larmes, un « parfum de pluie », « la chair liquide » :

« L’homme joueur au sourire funambule respire 

Il est respiration 

Il est léger parce qu’il le veut 

Il fusionne 

La roche les yeux dans les yeux 

Son corps réuni se fait gaz » 

Celui qui parle n’a pas de nom. La guerre intemporelle qu’il évoque non plus. Il a des incertitudes sur son identité : « il n’y a aucune preuve de ma disparition ». L’auteur se parle à lui-même comme il nous parle. L’énonciation décline des locuteurs interchangeables, je, nous, on, il. Signe d’un destin qui se partage et d’une extrême attention aux autres. L’exergue avec la citation de Paul Celan – « Nous ne voyons pas de différence entre un poème et une poignée de main »- conforte cette impression. 

Dans l’univers mental de Bernard Colas, il est souvent question d’enfant, de rêves et aussi d’étranges « hommes flottants » :

« Quand tu dessines un poème ton regard me parvient
À deux nous finirons mieux l’enfance

Pas celle qui s’excuse

Même flottants
Nous deviendrons reconnaissables » 

Ce recueil qui se compose de 55 poèmes emmène ainsi le lecteur vers l’inconnu, vers d’énigmatiques points d’ancrage. La mort y est présente avec sa « nappe en linceul », « avec son regard de myope ». L’écriture charrie des bribes de vie et d’émotions qui dessinent les contours tremblés d’un pays d’avant la mémoire et d’un ailleurs insituable, marqué d’une troublante étrangeté. L’autre citation en exergue emprunté à Montaigne  » : « Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes au-delà » nourrit une atmosphère de songe et de périlleuse incertitude :

« Il est dimanche
L’heure des chemins trop faits et des regards petits
Voyages immobiles
Quand on regarde sans les yeux l’enfant vengeur
Des petits bouts de rien dans la bouche
Les mots dangereux qui peuvent salir la langue
Ils voudraient que plus rien ne traîne
Ils cherchent un passage pour échapper au massacre
Est-on venu trop tôt pour haïr ?
Dans nos ventres mous le coeur est descendu »

Au centre du recueil se livre une énigmatique confidence qui donne le ton  : 

« ma vie fut un mannequin de paille

aux gants blancs »

Les 19 peintures de la plasticienne Mélanie Casano s’insèrent parfaitement entre les poèmes formes mouvantes, de fondus enchaînés et laissent apparaître un paysage fluide en phase avec les images mentales du poète. 

Xavier Bordes, Sur le sentier des Cinq Montagnes, poésie, NRF, Gallimard, 132 pages, 18€.

Xavier Bordes, Sur le sentier des Cinq Montagnes, poésie, NRF, Gallimard, 132 pages, 18€.


Jean Maison dans la merveilleuse recension de Sur le sentier des Cinq Montagnes publiée ici-même dit de sa lecture qu’elle demeure « comme un oiseau volant » et c’est mon sentiment aussi à moins que ce ne soit un banc en plein ciel car si on suit la marche du poète tout le long, on se pose aussi , on apprend à voir au-delà de la chose regardée, à entendre au-delà de la chose écoutée. Si Xavier Bordes dans son avant-propos prend soin de prévenir le lecteur qu’il n’y a point là de « cohérence » ni de « leçon enseignée » on en sort malgré-tout transformé, un sourire énigmatique sur les lèvres.

Point de leçons certes mais des fulgurances qui interrogent aussi bien l’être que l’acte d’écrire :

« Tu écris comme on tire à l’arc.

La flèche sait la cible mieux que toi

Pourquoi t’en préoccuper ? »

Point de leçons mais des sagesses que l’on reçoit humblement en même temps que le poète.

Ainsi celle du potier qui nous apprend sans malice que la terre «  choisit ses mains » bien plus que le contraire. (p18)

Point de leçons mais la grandeur de la simplicité et sa beauté tremblante, petit tacle à l’homme cérébral  qui voudrait tout comprendre de « la réalité-telle-qu’elle-est » alors qu’il n’y a « que le silence au jardin de pierres, une mer avec ses courants, ses roches de nuages et une lumière minuscule à l’éclat très précis. » (p27)

Point de leçons mais des présences et des rencontres. Le rêve de la femme aimée en train de peindre « un oiseau inconnu sur un grand pan de soie » (p69) est un moment empreint d’une grande beauté et d’une troublante magie. Celle de l’enfant au bord du lac (ma préférée) m’a véritablement désarmée. Alors que le poète ne voit pas dans le dessin de l’enfant le chien que celui-ci prétend figurer, ce dernier réplique :

« Quand on dessine un arbre, un chien, un oiseau

ce n’est pas la forme qui compte »

« Ce qui compte c’est que ça ressemble à mon idée » (p110)

Sur le sentier des Cinq Montagnes m’a d’abord semblé très différent des recueils précédents de Xavier Bordes. Il l’est par la forme, itinérante et faite d’instants fugaces et épurés mais pourtant ( et je pense ici à La Pierre Amour qui a été ma première rencontre avec ce poète) il est un seul et long poème d’amour, d’humilité et d’intention « qui rend à notre pensée la substance unifiée du monde. » (p111)

Alors moi aussi je me suis adossée contre le tronc d’un pin pour « écouter chanter l’air immense » et j’ai su que l’incertitude était un don.

Merci aussi au poète de m’avoir dédicacé ce merveilleux recueil que je relirai pour respirer et pour grandir en perdant doucement mes certitudes.