Traversées a reçu les recueils suivants

 

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • Au rythme d’un équilibre ou Ma force onirique, Monique THOMASSETTIE, poèmes et reproductions de tableaux, éditions M.E.O., 1050 Bruxelles, 2013, 102 p. dont 12 en couleurs, 17€.

  • « Le dénominateur commun

de sa réalité et de son rêve,

c’est sa vérité

évolutive »

Recueil de poèmes en quatre chapitres : Quelle obscure vision requiert ma voix claire ? ; Plus d’un tour dans son cube ; Quelle question vaudrait son pesant de réponse ? et La résurrection sera rythme.

Quatorze œuvres plastiques de l’auteur le jalonnent.

Symbolistes, l’écrit et le peint ou dessiné expriment la même quête.

Écrivain et peintre, Monique Thomassettie est l’auteur de plus de quarante ouvrages (poésie, contes et nouvelles, roman, théâtre), dans lesquels elle « vivifie mythes et symboles en les varian, en les mouvementant ». Certaines de ses œuvres ont été traduites en bosniaque, croate et anglais.

« Her poetry is unusual in several ways: in its imaginary, its pictorial qualities, as well as in its deep sense od the sacred. Humorous touches are present as well… » Renée Linkhorn and Judy Cochran, Belgian Woman Poets, An Anthology, Peter Lang, New York, 2000.

« Monique Thomassettie élabore une des œuvres les plus singulières de notre époque, aux confluents de la poésie, du conte, du récit intérieur et du théâtre, marqué par une spiritualité proche de la mystique, indépendante des dogmes, confrontant avec les sources religieuses une symbolique personnelle profondément vécue » Gilpro, CritiquesLibres.com

  • Conjurations de la mélancolie, Joseph BODSON, Parole, Le Non-Dit asbl, 2012.

  • Inutile, Mandin, poèmes, éditions Lanore, Françoic-Xavier Sorlot éditeur, 6, rue de Vaugirard, 75006 Paris, 2012.

  • Ce quatrième recueil de Mandin offre une perspective différente, bien qu’on reconnaisse cette écriture toujours aussi plastique – rare dans la poésie contemporaine. Si l’influence japonaise est présente, c’est sans doute parce que cette civilisation dans son essence porte beaucoup moins ce dessin de l’utile que la société occidentale, c’est surtout parce que le poète de « l’inutile » s’inscrit dans la recherche continue d’un sens qui s’élabore avec la rencontre anodine, l’importance de verbes récurrents – « savoir », « exister », « devenir » ou « dire » – , une ligne centrale où l’on retrouve l’humour, la dérision, la phrase lapidaire, l’interrogation de tout l’être et de ce qui l’environne, comme cette nature beaucoup plus présente que dans les recueils précédents. « Laisse l’inutile guider tes choix », écrit le poète ; ce qui pourrait s’apparenter à un paradoxe devient cependant une sorte de viatique, souvent soutenu par l’injonction, une façon de retrouver l’essentiel, la langue du visuel, du silence, du non-dit, non pas contre l’utile, mais parce que ce dernier risque de nous priver de cette incertitude qui fonde une approche singulière. Ainsi la parole et la forme visent à retrouver, sans hermétisme, « cette émotion appelée poésie si chère à Reverdy.

Claude Tuyeras, Professeur de lettres

  • Ne tue pas la mésange bleue, Nicole PIQUET-LEGALL, prix de poésie 2012 Yolaine & Stephen Blanchard, Les presses littéraires, collection Florilège, 2012.

  • Sculptant ses mots au scalpel de l’introversion, l’auteure a continué d’explorer « les strates de détresse dans les dédales du deuil et son déluge de maux… », sans craindre « l’immodération ».

Pour mieux exprimer « l’inacceptable disparition, l’accablante épreuve », elle décrit les lancinantes blessures du corps crucifié dans la désespérance, jusqu’à « l’aliénance ».

Cependant, le constat s’impose, irréversible : « la mort ne se partage pas ». « Toute crainte apaisée dans l’échappée des regrets, il faut guetter les prochains réveils, la sagesse d’une nouvelle ère… » qui libérera enfin l’envol créateur.

Alors, soyons à l’écoute de ce cri frémissant telle une supplique : « Ne tue pas la mésange bleue et chante encore la vie » !

Yolaine et Stephen Blanchard

  • Nœud noué par personne, Serge NUNEZ TOLIN, Rougerie, 60p. ; 2012 ; 11€.

  • La pierre s’ouvre, libère le replié, Monique THOMASSETTIE, mélange poésie/prose et reproduction de tableaux, éditions M.E.O., 7 janvier 2013, 162p. ; 18€.

  • « Si tu rates un véhicule,

tu en prendras un autre

Tu ne rates pas :

tu échoues

Tu échoues en un autre temps

Dans l’heure

où se poursuivra

ton chemin »

Les textes (poèmes et proses) et les œuvres plastiques (9) composant ce « mélange » témoignent d’une incessante méditation sur le dépassement de l’être.

Écrivain et peintre, Monique Thomassettie est l’auteur de plus de quarante ouvrages (poésie, contes et nouvelles, roman, théâtre), dans lesquels elle « vivifie mythes et symboles en les variant, en les mouvementant ». Certaines de ses œuvres ont été traduites en bosniaque, croate et anglais.

  • Sublimisme balkanique – Tome 1 – Poètes de Croatie, anthologie poétique traduite du croate par Tomislav DRETAR et Gérard ADAM ; choix de Tomislav DRETAR, éditions M.E.O., 7 janvier 2013, 200p. ; 16€.

  • « Dès que j’ai commencé à écrire de la poésie, je me suis interrogé sur sa nature. Les conceptions traditionnelles me laissant insatisfait, j’ai peu à peu développé ce que j’ai appelé « sublimisme ». Le sublimisme n’est pas un programme poétique. Il n’est pas une école d’écriture. Je le considère comme une philosophie de la poésie. Il est pour moi une rencontre, une action commune d’interprétation et de production des œuvres. Il me porte vers une conception de la création poétique où, pour le poème, le mot était au début, comme Dieu pour le monde… Ainsi les poètes créent-ils une nouvelle homériade où, contrairement à l’antique, le mot est au même moment porteur du rôle principal et du dieu qui l’actionne. L’être humain devient homme par l’action du mot qui va le promouvoir en être créatif. Et les poètes élus deviennent de nouveaux rhapsodes, qui propagent une nouvelle histoire de ce monde.

Marqué par mes propres expériences de guerre et de paix, je me suis senti particulièrement concerné par le fait de montrer comment les poètes slaves du Sud ont réagi sur la récente période de guerre. Les poètes qui répondent à ma définition du sublimisme balkanique, s’ils ont subi la guerre et son choc post-traumatique, ne sont pas tombés dans un état de haine ou de vengeance. Au contraire, ils sont parvenus à sublimer dans la poésie et par la poésie ce qui a traumatisé leur chair ou leur imaginaire, créant un être esthétique, le Beau, complètement ouvert au monde.

Dans ce premier opus, je présente une sélection de dix poètes de Croatie, bien conscient des limites et de la subjectivité de ce choix. Il sera suivi de deux autres, consacrés à des poètes de Bosnie-Herzégovine et de Serbie. En cette année où la Croatie rejoint l’Union européenne, ouvrant la voie aux autres nations slaves du Sud, j’ai la faiblesse d’espérer que ce modeste ouvrage contribuera à jeter des ponts entre ces nations et la francophonie. »

Tomislav Dretar

Dans ce choix dont l’anthologiste assume ainsi la subjectivité figurent de grands noms de la poésie croate contemporaine, mais aussi des poètes moins connus qu’il apprécie tout autant.

  • La traversée du silence, Eric CHASSEFIERE, éditions de l’Atlantique, collection Phoïbos, 2012, 69p. ; 18€.

  • Eric CHASSEFIERE, né en 1956, habite Paris et exerce le métier de chercheur en physique au CNRS. Il a publié ses premiers textes dans la revue liégeoise M25 au milieu des années 80.

« J’écoute le pinceau racler la toile

creuser de veines nouvelles le sang noirci

la pluie tapisse le gravier de la terrasse

le squelette de la plante entre dans le mur

un corbeau passe

boit au verger des sons

le ciel tremble comme la vitre

d’une fenêtre qu’on ferme

**

Écouté la ville battre des pas martelant la chaussée

dans le silence vaporeux du début d’après-midi

tendu jusqu’à craquer la lumière sur ma peau

tissé des lointains fils de voix mon silence

que je déroulerai sur la table des mots »

Eric Chassefière,

extraits de La traversée du silence

Les revues suivantes :

  • Le Bibliothécaire, 4ème trimestre 2012, 116 pages A5

Bulletin trimestriel qui recense et commente les dernières

parutions

Association des Bibliothèques Belges d’Expression Française

rue de Bruxelles, 87 à B-1470 GENAPPE

dagneau.michel@skynet.be

(Michel DAGNEAU)

  • Bleu d’encren° 28, 54p. A5, hiver 2012

Revue littéraire en Haute-Meuse

43, rue d’Anseremme a B-5500 Dinant

(Claude DONNAY)

  • La braise et l’étincellen° 103, 15 janvier 2013,

24 p.A4

Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (arts – lettres – poésie – échos) –

7/2 rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 COURBEVOIE –

yvesfred.boisset@papus.info; http://yves-fred.over-blog.com

(Annie et Yves-Fred BOISSET)

  • Le coin de tablen°52, novembre 2012, 144 pages A5

L’oreille heureuse ; Poèmes : Jacques Bertin – Michel Calonne – Bertrand Degott – Guy Goffette – Pascal Kaeser – Pierre Lexert – Jacques Réda ; Jean Hautepierre : La prosodie de Maurice Rollinat ; Mathilde Martineau : Autour de Schéhérazade…

16, rue Monsieur le Prince à F-75006 Paris

http://www.lamaisondepoesie.fr

lamaisondepoesie@gmail.com

(Jacques CHARPENTREAU)

  • Comme en poésien° 52, décembre 2012, 76 pages A5

Revue trimestrielle de poésie

Carte blanche à Bonetto

2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR

j.lesieur@orange.fr

(Jean-Pierre LESIEUR)

  • Eclats de rêves n°52, 2ème semestre 2012, 20p.A4

Revue littéraire trimestrielle

Le temps de rêver, 14, rue de la Glacière à F-81600 Gaillac

(Martine OULES)

  • L’écritoire de Bousserezn°79,

décembre 2012, format A4

L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant

écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

91, rue de Bousserez à B-6769 SOMMETHONNE

A table !

(Irène JACQUES)

  • Expression / Les Adexn°50, janvier 2013, 12 pages A4

30, rue René Delorme à F-60800 ROUVILLE

(Jean-Pierre HANNIET)

info@lesadex.com

  • Le Glettonn°441, décembre 2012, 20 p. 16X24

Mensuel de la Gaume et d’autres collines

28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois

secretariat.gletton@gmail.com

(Michel DEMOULIN)

  • Les hommes sans épaulesn° 34, 2ème semestre 2012

Cahiers littéraires – 282p.

Les porteurs de feu

Vera Feyder, par Paul Farellier ; Francis Glauque, par Christophe Dauphin

Les WAH

Michel Merlen, Catherine Mafaraud-Leray, Marthe Emon-Peyrat, Nicole Hardouin

Dossier

Divers états du lointain, par Paul Farellier…

Incises poétiques

  1. Embirikos, Y. Ritsos, O. Elytis, N. Valaoritis…

Librairie-Galerie Racine, 23, rue Racine à F-75006 PARIS

lgr@wanadoo.fr

(Christophe DAUPHIN)

  • Inédit nouveaun° 260, janvier-février 2013, 32p.A4

Mensuel littéraire des Editions du Groupe de réflexion et d’information littéraire (GRIL) ne publiant que de l’inédit

Nous sommes au siècle XXI… des marionnettes

avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 LA HULPE

0032 (0) 2 652 11 90

(Paul VAN MELLE)

  • Lecture et tradition(nouvelle série) n°19 et 20,

Novembre et décembre 2012, 32p. ; A5.

BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

www.lecture-et-tradition.info ; sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

  • Lectures françaisesn° 667 et 668, novembre et décembre 2012, 64 p.A5 – Revue mensuelle de la politique française

BP 1 à F-CHIRE-EN-MONTREUIL

sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

  • Libellen°240, décembre 2012,

8 p.A5/n° – Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

pradesmi@wanadoo.fr

(Michel PRADES)

  • Microbe n°74 et 75, novembre-décembre 2012 et janvier-février 2013, 24 pages A6

La revue bonzaï qui n’aime pas trop les haïkus

+ A la lettre, Murièle MODELY, mi(ni)crobe 38, 28 p. A6

Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES

ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

  • Moebius n°134, septembre 2012, 150 p.

Ecritures / Littérature

2200, rue Marie-Anne Est, Monréal (Québec), H2H1N1, Canada

triptyque@editiontriptyque.com

www.revuemoebius.qc.ca

  • Nunc n°27, juin 2012, 160 p.

Revue singulière

Editions de Corlevour, rue Alphonse Hottat, 26 à B-1050 Bruxelles

Coordination : Franck Damour et Réginald Gaillard

reginaldgaillard@aol.com

Liminaire : Nunc :10 ans ; L’invention des adjectifs

Oikouménè : Franco Marcoaldi ; Sylvain Guéna ; Gwen Garnier-Duguy ; Nicolas Idier ; Christophe Langlois ; Joël-Claude Meffre

Axis Mundi : dossier G.M. Hopkins ; René Gallet ; Adrian Grafe ; Ron Hansen ; Michael Edwards ; Michèle Draper ; Jean-Baptiste Sèbe ; Emily T. Merriman ; Claude Tuduri ; Jean-Marie Lecomte ; Jérôme de Griamont ; avec des poèmes traduits par René Gallet, Jean Mambrino, Jacques Darras

Cahier critique

Dessins et sculptures de Paul de Pignol

  • Pages insulairesn°28, décembre 2012, 24p. A4

Bimestriel perméable aux idées

3, impasse du Poirier à F-39700 ROCHEFORT-SUR-NENON

pagesinsulaires@orange.fr

(Jean-Michel BONGIRAUD)

  • Plumes et pinceaux – Arts et poésien° 120,

décembre 2012,

44 p. A5

Rue du Temple 39 à B-7331 BAUDOUR

franz.nelly@skynet.be

(Nelly HOSTELAERT)

  • Poésie sur Seine n°80, novembre 2012, 132p. A5

Revue trimestrielle d’actualité poétique

Florilège pour les vingt ans.

13, Place Charles de Gaulle à F-92210 SAINT-CLOUD

http://www.poesie-sur-seine.com

(Pascal DUPUY)

  • Portiquen° 89, janvier à mars 2013, 56 p.A5

Revue de création poétique, littéraire et artistique

Mairie à F-84110 Puyméras

http://portique.jimdo.com

http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

  • Reflets Wallonie-Bruxellesn° 34, 4ème trimestre 2012, 75p.18X25

Organe officiel de l’Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie

Espace Wallonie, 25, rue Marché-aux-Herbes à B-1000 BRUXELLES

joseph.bodson@skynet.be

(Joseph BODSON)

  • Revue indépendanten° 336, janvier à mars 2013,

54p. 15X24

Résidence B, 24, rue Saint-Fargeau à F-75020 PARIS

sje_ri@yahoo.fr

(Jeannine-Julienne BRAQUIER)

  • Rose des tempsn°11, revue de l’association Parole & Poésie, Automne 2012, 32 pages, 5€.

7, villa Frédéric-Mistral à F-75015 PARIS

parole.et.poesie@gmail.com – (Patrick PICORNOT)

Henri Thomas ; Robert Sabatier ; Yvette Llères-Bonnaric ; Claude Prouvost ; Thierry Sajat ; Jean Dif ; Jean-François Blavin ; Nicolas Saeys ; Aumane Placide ; Patrick Picornot ; Yvan Jade ; Louis Savary ; Jean-Michel Klopp ; Roland Lagoutte ; Korinna ; Olivier Millot ; Ginette Lindenberg ; Francine Bonnemain

Jan Fabre, Gisants (Hommage à E.C Crosby et K.Z Lorenz), texte de Marie Darrieussecq, Editions Templon, 2013.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

  • Jan Fabre, Gisants (Hommage à E.C Crosby et K.Z Lorenz), texte de Marie Darrieussecq, Editions Templon, 2013.

Avec sa dernière exposition, Fabre crée des corps anatomiques voire scéniques en une vision mélancolique mais tout autant ironique. Ses « gisants » symbolisent l’expérience que l’artiste fait des choses et de la vie et de la mort dans un travail qui engage à la réinterprétation de l’héritage culturel tout en cherchant à contrarier son propos.

Fabre lave, débarbouillette les vanités en offrant plasticité vivante qui procure un plaisir d’émotions inédites et puissantes. Des courts circuits créés par l’artiste surgit un “ pluriel monstrueux ” (Novarina) à la fois violent, lucide et joyeux par effet d’altérations. Une telle approche refuse l’assujettissement aux images de communauté pour offrir une expérience inédite. Si on fait l’effort de les accepter on comprend combien elles appartiennent à l’ordre du savoir iconoclaste et du plaisir. Le cycle de la vie et de la mort est proposé sous forme de résurrection et de métamorphoses. Des énergies invisibles animent la fixité de la tombe.

Identique aux autres projets de l’artiste celui-ci peut être défini par ce que Beckett écrivait dans un de ses rares poèmes :

« Déchets de vie

déchets de vue

C’est ici qu’on te

Recycle ».

Dans un  travail qui fait jouer le crépuscule et l’aurore surgissent des moutonnements sourds, violents et drôles. Frôlant toujours le bord d’une débâcle, l’œuvre crée une reconstruction afin que se perforent les poches d’ombres et de silence. Emerge de ce travail aussi somptueux que farceur la plus haute des « musiques » : celle où il y a de la vie à proximité du silence sans fond.

Sous sa blancheur immaculée la vanité ne renie pas la présence vitale. Feuillages et oiseaux burinent et perturbent. Si bien que le corps ou ses organes sortent de sa blancheur nocturne par ce brouillage stratégique. Une euphorie change l’ordre de sidération de la fabulation admise. Si bien que chaque pièce devient un énigmatique objet de jouissance. On en tire un plaisir et un vertige par cette réinterprétation qui contrarie les réductions formalistes du genre.

©Jean-Paul GAVARD-PERRET

Marc DUGARDIN, «Quelqu’un a déjà creusé le puits»

  • Marc DUGARDIN, «Quelqu’un a déjà creusé le puits», Rougerie, 2012; pages, 11 €

Avec le poète belge Marc Dugardin, on campe toujours dans l’hésitation, dans le peut-être. Quand bien même le titre de son dernier recueil («Quelqu’un a déjà creusé le puits») sonne-t-il comme un constat plutôt définitif, le livre ne s’en ouvre pas moins sur des fragments d’un prélude inachevé – autant souligner que tout le travail reste à construire et que le relais est passé au lecteur.

A vrai dire, on a ici une sorte de confession, d’état des lieux qui remonte loin dans le temps, jusqu’au cri primal. Il s’agit de voir pour de bon et de scruter «le provisoire, dans l’inattendu de chaque mot à naître». A l’évidence, dans ce travail, les blessures de l’enfance jouent un rôle de premier plan et déterminent les visions successives mises en place dans un constat souvent terrible:

«vivre

[c’est] un miracle qui a du sang

sur les mains».

Que la surprise ou l’interrogation soit de chaque pas importe peu tant le poète avance précisément afin d’être dérouté, afin de déchiffrer cette «légende pour dire l’inachèvement que nous sommes». Chez Marc Dugardin, tout fonctionne un peu à rebours de la phrase d’Hamlet, puisqu’il convient, semble-t-il, d’être et de ne pas être dans le même temps. Ainsi, cette «prière / de quelqu’un qui ne prie pas» qui renvoie à la très belle «Vierge au dieu manquant» dont il nous avait gratifiés dans un précédent ouvrage.

Thème récurrent de la poésie de Marc Dugardin, la musique s’attarde avec prégnance, celle des compositeurs (Bach, Berg, Beethoven, Maurice Ravel…), mais aussi celle du monde, qu’elle sourde du remuement marin ou d’un coquillage collé à l’oreille. Plus largement, ces échos sont aussi ceux des poètes convoqués avec abondance: Patrice de la Tour du Pin, Erri de Lucca, Henry Bauchau et encore Rimbaud, ce funambule des clochers. De chaque lecture naît ainsi un écho susceptible d’accompagner – d’appuyer – le texte dans sa recherche, la sienne propre et celle de celui qui l’écrit.

A l’occasion le recueil ne recule pas devant des images plus prosaïques et mêle même ce qui pourrait s’apparenter à une sorte de journal ou plutôt à des notes jetées dans un carnet, au hasard d’un arrêt dans une gare ou d’un voyage en train. Autant de situations d’attente ou de progressions occupées à s’accomplir pour «donner sa chance à ce qui vient».

La dizaine de textes qui clôture le recueil propose un très beau résumé de la démarche antagoniste qui sous-tend l’ensemble dans ses questionnements, ses doutes, ses violences et ses apaisements.

©Paul MATHIEU

Andreï MAKINE, Une femme aimée

Andreï MAKINE, Une femme aimée

 

  • Andreï MAKINE, Une femme aimée, Seuil, 363 pages, 2013.

« Le vrai mal de ma vie, c’est que mon cœur ne peut vivre un seul instant sans aimer ».

Russe d’origine, puisqu’il est né en Sibérie en 1957, Andreï Makine demande l’asile politique en France et s’installe à Paris à l’âge de 30 ans. Le français devient sa langue d’écriture.

Rien qu’avec son premier roman, Le Testament français, Andreï Makine a obtenu le Prix Goncourt, le Prix Médicis et le Prix Goncourt des Lycéens. C’est dire qu’on attendait l’auteur au tournant.

Une femme aimée est son treizième roman.

Oleg Erdmann, un jeune cinéaste russe, vit misérablement à Leningrad sous l’ère communiste. Il travaille aux abattoirs de Leningrad, où « il gagne son minimum vital et du temps pour écrire » ses scénarios. La vie tumultueuse de l’impératrice Catherine II de Russie ne cesse de le fasciner ; aussi, il souhaite lui consacrer un film. Au-delà de la simple biographie, il veut retracer la vie de cette grande tsarine. « Toutes les réalités historiques seront respectées, même les crinolines ». Mais il veut présenter une autre facette de son héroïne, frivole, libertaire, cruelle… « Une personne vous intéresse, vous creusez dans son passé… Et tout à coup, vous comprenez que sa vérité n’est pas à l’intérieur, mais à l’écart de sa vie… » … « Il faudrait filmer ce que Catherine n’était pas ».

« Je me demande en quoi ton scénario sera si différent de ces bouquins que tu as lus sur Catherine », lui dit Lessia, sa femme aimée à lui. « Une tsarine a une armée d’amants, le plus gros morceau de la planète lui appartient et elle meurt dans l’indifférence » : il y a de quoi se poser des questions.

Makine passe du XVIIIème siècle (les Lumières : nous côtoyons ainsi Voltaire, Diderot, Cagliostro, Casanova, Louis XV, Madame de Pompadour… !) au XXème siècle (cadenassé par ses révolutions, ses guerres, ses idéologies), où la destinée de la grande Catherine a quand même plus d’importance que celle d’Oleg, qui tente le tout pour le tout pour survivre. Et puis, il y a l’espoir du renouveau, d’une nouvelle Russie, avec ses forces et ses faiblesses : fallait-il ceci pour arriver à cela ?

L’Histoire avec un grand H reste toujours l’histoire, avec ses tourments, ses colosses aux pieds d’argile, un jour portés aux nues, le lendemain écartelés par la meute, ses peuples qui souffrent toujours, quels que soient les gouvernants…

Makine décrit rouge sang comment la violence, la cruauté, les bassesses cadencent la Russie depuis et avant Catherine, au nom de la liberté si difficile à obtenir. L’amour seul, mais Catherine a-t-elle vraiment été aimée par ses innombrables amants, ou tout cela n’était-il qu’une farce, où l’impératrice, prisonnière de son empire, cherchait à s’évader ?

La violence : le tsar « Pierre III (mari de Catherine) est renversé, mais tué par les fidèles de Catherine » ; un amant de l’impératrice veut cesser ses infidélités, et on le retrouve lui dépecé, sa femme violée et démembrée…

Catherine, Oleg, deux russes que deux siècles séparent, mais qui aiment chacun la Russie à leur manière !

Makine nous décrit son pays d’origine et l’amour qu’il lui porte avec ferveur, avec passion… Chacune de ses pages nous invite à la réflexion, nous amène à découvrir la richesse de cette Russie telle que peu la connaissent en réalité… L’écriture de cet auteur qui pense en russe mais écrit en français est limpide, et chacun de ses mots porte… Aucun n’est superflu !

©Patrice BRENO