Les heureux

Avatar de Xavier BordesXavier Bordes

 

Les heureux

.

 

Que feraient de poèmes les peuples heureux !

Pour eux l’aube ne traîne pas de linceul sur le

le cadavre cyanosé des montagnes La cloche obstinée

n’est pas pesante comme un glas lorsque au soir

la procession des arbres s’achemine au long des routes

pour suivre la nuit en ses fins voiles de veuve

lorsqu’elle va sous une voûte aux mille cierges

assister en pleurant à l’enterrement solennel du soleil

.

Les heureux ! Ils n’ont pas besoin d’apprivoiser leur vie

Autour d’eux les sentiers ne sont jamais barrés de ronces

Quelle orientation qu’ils choisissent le nord s’y rallie

Le vent pour eux est alizé – toujours dans le bon sens

Il ne rebrousse pas mais glisse en caresses d’argent

sur les arbres fourchus dont les feuilles – ces Danaés –

tendent les mains vers les cieux d’où pleuvent

mille pétales de lumière tout au…

Voir l’article original 83 mots de plus

Traversées a reçu

10/09/2013

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

◊ Baudelaire entre Aube et Crépuscule,  Alice Machado,

Lanore (François-Xavier Sorlot, éditeur, 6, rue de Vaugirard

à F-75006 Paris), collection Littératures, 222 pages ; 15€ ;

2009; contact@editionslanore.com;

http://www.fernand-lanore.com.

oPar son œuvre novatrice et provocante, voulant

transcender le mal, Charles Baudelaire semble incarner

à lui seul la modernité littéraire, dans le constant désir

d’ouvrir des voies nouvelles.

◊ Le blason de l’éditeur,  Paul Serval, Azimuts asbl, Cité

Nicolas Dprez, 61 à B-4040 Herstal ; 120 pages ; 11€ ;

2013.

o André Gide a donné pour sous-titre à son roman « Les

caves du Vatican » : sotie de la vie moderne.

Au Moyen  Âge, la sotie était une farce. Le présent

ouvrage est une sotie de la vie littéraire et médiatique.

L’auteur a le brillant et le pointu d’un couteau. Il fait

mal au bon endroit. On n’ose dire qu’on en voudrait

plus, tant on sent que, chez lui, la qualité de prose va

avec la rareté.

Paul Serval est le pseudonyme d’un auteur confirmé,

membre de l’Association des Ecrivains belges, et fin

observateur de la comédie humaine

◊ Boréale, Valérie Canat de Chizy, poèmes, Encres Vives (2,

allée des Allobroges à F-31770 Colomiers), collection Encres

Blanches, 16 pages A4 ; 6,10€ ; 2013.

◊ L’éveilleur de mots, Stephen Blanchard, poèmes, France

libris, 48 pages.

oStephen Blanchard est né à Thiès (Sénégal) le 2

décembre 1952. il est le président-fondateur depuis

1974 de l’association « les poètes de l’amitié – poètes

sans frontières » (marque déposée) qui publie la revue

de création littéraire et artistique Florilège sous l’égide

d’un comité de lecture dirigé par Jean-Michel Lévenard.

Fondateur des Rencontres poétiques de Bourgogne en

1990, du Prix de l’Edition de la Ville de Dijon en 2001, il

crée entre autres « l’Union Nationale pour l’Information

des Auteurs et Concouristes » en 1991, puis en 1994,

l’association « de la poésie contemporaine française ».

membre du syndicat des journalistes et écrivains à

Paris, il collabore en tant que délégué départemental

de la Côte d’Or à la revue « Indépendante » fondée par

Georges Sand en 1841…

◊ Faibluss, Jeanpyer Poëls, poèmes, La Porte, 2013.

◊ La Femme abandonnée,  Honoré de Balzac, nouvelle,

éditions de l’Herne (22, rue Mazarine à F-75006 Paris ;

lherne@lherne.comhttp://www.lherne.com; lherne.blogspot.com,

89 pages, format 13,5 X 21 cm, 7€, 2013.

o La Femme abandonnée  est une nouvelle d’Honoré de

Balzac, parue en 1832 dans la Revue de Paris, publiée

en volume en 1833 dans le tome II des  Scènes de la

vie de province  des  Etudes de mœurs  aux éditions

de Madame Béchet. Rééditée en 1842 aux éditions

Furne avec une dédicace à la duchesse d’Abrantès.

Elle figure alors dans  Scènes de la vie privée. La

vicomtesse de Beauséant, abandonnée par le marquis

d’Ajuda Pinto après une aventure malheureuse, s’est

réfugiée dans son château en Basse-Normandie. Elle

y vit en solitaire, recluse. Ce personnage fait partie de

la  Comédie humaine : Madame de Beauséant y est la

référence parisienne, tenant un salon très réputé. Elle

est également parente de Rastignace, qu’elle initie aux

subtilités de la vie mondaine dans la capitale.

oMadame la vicomtesse de Beuséant était blonde,

blanche comme une blonde, et avait les yeux bruns. Elle

présentait noblement son front, un front d’ange déchu

qui s’enorgueillit de sa faute et ne veut point de pardon.

Ses cheveux, abondants et tressés en hauteur audessus de deux bandeaux qui décrivaient sur ce front

de larges courbes, ajoutaient encore à la majesté de sa

tête. L’imagination retrouvait, dans les spirales de cette

chevelure dorée, la couronne ducale de Bourgogne ; et,

dans les yeux brillants de cette grande dame, tout le

courage de sa maison ; le courage d’une femme forte

seulement pour repousser le mépris ou l’audace, mais

pleine de tendresse pour les sentiments doux.

o Honoré de Balzac (1977-1850) : a été tour à tour

dramaturge, journaliste et écrivain. Considéré comme

l’une des figures majeures du monde des lettres

françaises, il est le créateur du roman réaliste moderne

et a conçu dès 1833 le grand cycle de la  Comédie

humaine. Il laissera à sa mort l’une des plus grandes

œuvres de la littérature mondiale. « Il entre le même

jour dans la gloire et dans le tombeau », dira Victor

Hugo dans l’éloge funèbre qu’il prononça au cimetière

Père-Lachaise.

◊ Lettre à nu,  Sylviane Werner, poèmes, avec 6 encres

originales de Pierre Midena, Les Solicendristes (www.soleilset-cendre.org),

◊ La paix du ménage,  Honoré de Balzac, roman, éditions

de l’Herne, 80 pages, format 13,5 X 21 cm, 2013, 7€.

o Le bal est donné chez le comte de Gondreville avec un

étalage de luxe au milieu duquel une inconnue en robe

bleue, discrète et timide, tranche avec l’arrogance et

la frénésie du paraître qui règne dans ce lieu. Intrigués

par cette jolie personne, le comte de Montcornet et

le baron de la Roche-Hugon se livrent à un jeu de

pari : lequel des deux réussira à la séduire, elle qui est

précisément la femme du comte de Soulanges. Des

intrigues amoureuses se nouent par ailleurs, se défont

ici, se renouent là. La paix du ménage est initialement

paru en 1830 chez Mame et Delaunay-Vallée, dans

Scènes de la vie privée. Ce roman court, dense, vif et

incisif, est construit comme une pièce de théâtre sur

l’unité de temps : une heure, l’unité de lieu : un bal.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire,

il ne s’agit en rien d’un roman bourgeois, mais d’une

peinture étincelante de la vie mondaine sous l’Empire.

o « Montcornet était là comme le roi de la fête, il trouvait

jeu, la danse, la coquetterie, les intérêts, les malices

dans ce tableau mouvant une vue complète du monde,

et il en riait en recueillant les sourires intéressés de cent

femmes brillantes et parées ; un colonel de la garde

impériale, poste qui comportait le grade de général

de brigade, était certes un des plus beaux partis de

l’armée. Il était minuit environ. Les conversations, le

et les projets, tout arrivait à ce degré de chaleur qui

arrache à un jeune homme cette exclamation : le beau

bal ! »

◊ Poussières,  Laurent Bayssière, poèmes, Interventions à

haute voix, 2013, 51 pages.

o Ouvrir sa vie au monde.

Laisser sa chaleur diffuse pénétrer en soi, et aller vers

elle, démuni, en toute humilité.

Traversées. Brûlures. Des mots crépitent. Au foyer du

poème :

poussières. Éphémères.

Quelles traces d’humanité aux tables de la bonté ?

◊ Quadrille magico-poétique,  Serge Torri, préface et 4

photographies de Michel Carqué, postface de Paul Sanda,

éditions Rafael de Surtis, F-81170 Cordes sur ciel, 2013, 102

pages.

◊ Les routes de l’Inde,  Mircea Eliade, roman, traduit du

roumain par Alain Paruit, éditions de l’Herne, 2013, 208

pages, 16€.

o Les routes de l’Inde  est un roman d’aventures au

quotidien. Les aventures de l’esprit et de la chair

survenues de 1928 à 1931, à Calcutta, à un jeune

Roumain venu y étudier le sanskrit et la philosophie

indienne. S’il ne néglige pas son travail, il ne dédaigne

pas non plus les plaisirs. Il raconte ses amours et celles

de ses amis, expose des pensées contradictoires avec

une sincérité qui exclut la pudeur. Des notes de journal

telles qu’elles se présentaient alors sous sa plume.

Fruit d’un contact avec l’Inde (1928-1931) et de ses

séjours dans les monastères himalayens, Les routes de

l’Inde est un précieux témoignage sur cet extraordinaire

berceau de la civilisation et de la spiritualité orientales.

Peu d’écrivains européens ont connu comme Eliade

la pensée et la poésie indiennes. Ce livre retrace son

initiation à la civilisation indienne dans son sens le

plus profond. L’évocation de la femme indienne et ses

entretiens avec Tagore transmettent ses sensations les

plus personnelles.

o Si je pouvais trouver un sens à mon existence présente

j’attends qu’elle se révèle à moi désormais), ce serait

(car ma véritable existence, dont je connais le sens,

vraisemblablement celui-ci : consumer furieusement

mon passé, les parties de mon passé que je sens encore

étrangères, détachées, toxiques, dans mon âme. Je

dois affûter mon attention, la rendre assez robuste pour

qu’elle puisse se nourrir et se délecter de vulgarité.

Je dois dégourdir mon intelligence, trop accoutumée

aux symboles, aux emblèmes. Ne plus mépriser le

quotidien, le concret, l’insignifiant. Je ne sais pas très

bien ce que je veux dire, mais je sens que j’ai raison,

totalement raison. Et cela me suffit.

oMircea Eliade (1907-1986) : historien des religions,

mythologue, philosophe et romancier roumain,

considéré comme l’un des fondateurs de l’histoire

moderne des religions. Au centre de l’expérience

religieuse de l’homme, Eliade situe la notion

du « Sacré ». Sa formation d’historien et de philosophe

l’a amené à étudier les mythes, les rêves, les visions,

le mysticisme et l’extase. Auteur prolifique, il cherche à

trouver une synthèse dans les thèmes qu’ila borde.

oJ’assiste aux sacrifices funéraires faits pour le

détachement et la paix de l’âme de la mère de D… Il

s’est rasé – pas seulement la figure, mais aussi le crâne

– pour la première fois depuis le décès, survenu il y a

quatorze jours. A présent, il ressemble encore plus à

une grenouille. Il est vêtu d’un dhotĩ ordinaire, comme

un paysan. Il m’a obligé à en mettre un aussi, mais

en soie. Je marche pieds nus dans la maison, ce qui

m’aide à rêver, à imaginer que je suis qui je voudrais et

comme je voudrais. Je me réfugie par moments dans la

bibliothèque, où je peux rester seul et d’où je le regarde

dehors à travers les fenêtres grillagées, avec le désir

fou de ne plus jamais m’évader. Ce qui me ravit tout

particulièrement, ce sont les jeunes filles et les femmes

que je commence à voir de plus près et à connaître.

◊ Talisman, Valérie Canat de Chizy, poésie, L’Harmattan, 5-

7, rue de l’Ecole-Polytechnique à F-75005 Paris, 60 pages ;

2013 ; 12€.

o Indiens d’Amérique du Sud ou d’Amérique du Nord,

Dogons, Roms… autant d’évocations de peuples dont

la richesse demeure dans la préservation de leur

identité profonde. De ces hommes, la poète puise

une vibration, lance une passerelle en un dialogue

imaginaire, comme celui qui s’établit avec les morts,

dans la tradition chamanique. Être ici, parfois dans le

froid d’un manque de chaleur, et pouvoir se relier à

d’autres présences, plus lointaines, en marge de notre

monde occidentalisé, n’est-ce pas la capacité, par un

état de vacuité intérieure, à être à l’écoute des signaux

dont notre corps et notre esprit sont les rédempteurs ?

La poésie participe de cette forme d’attention aux

messages de l’invisible. Le poème est ici épuré,

presque « nu », dans le souci d’être au plus près de

la juste perception, de la juste présence. Comme

ces Indiens dont la peau luit au soleil, vibrant aux

manifestations de la nature.

Valérie Canat de Chizy est née en 1974. Elle est

bibliothécaire à Lyon. Depuis 2006, elle a publié une

dizaine de recueils de poèmes et un récit.

◊Trois élégies,  Jacques Demaude, avec dix-huit

compositions de Jeanne-Marie Zele, Orbes, 42/10, avenue

Georges Henri, 1200 Bruxelles.

◊ Voyages encrés suivi de Les chemins contrariés, Patrick

Navaï, poésie et encres, Carnets-Livres, 2011.  http://

carnets-livres.over-blog.net ; carnetslivres@gmail.com

o Dans Les Chemins contrariés, j’ai fait appel à l’acrylique

ainsi qu’à quelques gouttes d’huile. J’ai pu ainsi faire

surgir les formes du désarroi, désarroi qui a porté une

ombre à ma vie de migrant.

Dans  Voyages encrés, c’est l’encre qui coule, ou

plutôt les encres. Le fond est à base d’aquarelle ou de

gouache. Muni d’un petit gris, j’ai fixé de nombreux

navires.

Les revues suivantes :

o L’aède n°34, printemps 2013, 12 pages A5

Bulletin à périodicité variable

Union des Poètes francophones

Centre social et culturel, Mairie à F-84110 Puyméras

http://upfpoesie.blogspace.fr

http://pagesperso-orange.fr/upfr

(Chris BERNARD)

o Les Amis de l’Ardenne n°38, décembre 2012, 100 pages.

Carte blanche aux plumes de l’Ardenne et de la Champagne

10, rue André Dhôtel

à F-08130 ST-LAMBERT-ET-MONT-DE-JEUX

montdejeux@gmail.com

http://www.lesamisdelardenne.com

(Frédéric CHEF)

o Bleu d’encre n°29, 58 pages A5, été 2013

Revue littéraire en Haute-Meuse

43, rue d’Anseremme a B-5500 Dinant

Rencontre avec Anne Mounic

(Claude DONNAY)

o Le carnet et les instants n°177,

du 1er

Dossier : Benoît Jacques

Portrait : Yves Namur

Mes éditeurs et moi : Jean-Luc Outers

Hommage : Dominique Rolin

Lettres belges de langue française, bimestriel

Bd Léopold II, 44 à B-1080 BRUXELLES

carnet.instants@cfwb.be

(Laurent MOOSEN)

o Comme en poésie n°54, juin 2013, 84 pages A5

Revue trimestrielle de poésie

La poésie dans tous ses états

2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR

j.lesieur@orange.fr

http://perso.orange.fr/jean-pierre.lesieur

(Jean-Pierre LESIEUR)

o Coup de soleil n°87/88, mars 2013, np A5, 7€

Poésie et art

Spécial Jean-Vincent Verdonnet : dossier de Gérard Paris

Maison de la poésie, 12, avenue de Trésum à F-74000

ANNECY

(Michel DUNAND)

o L’écritoire de Bousserez n°81, juin 2013, np A4

L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant

écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

Les réserves naturelles

91, rue de Bousserez à B-6769 SOMMETHONNE

irene.jacques@live.be

juin au 30 septembre 2013, 92p. 23 X 21

(Irène JACQUES)

o Fermentations, … dans le mouvement du monde ! n°2,

avril 2013, 24 p.A4

3, impasse du Poirier à F-39700 Rochefort-sur-Nenon

pagesinsulaires@orange.fr

(Jean-Michel BONGIRAUD)

o Lecture et tradition n°25, mai 2013, 32p.A5

Bulletin littéraire contrerévolutionnaire

Doctrines philosophiques et systèmes politiques

Hommage à Louis Jugnet (1913-1973)

• 26, juin 2013, 32p. A5

Philippe de Villiers : le roman de Charrette…

• n°27-28, juillet-août 2013, 32p. A5

Entretien avec Joëlle d’Abbadie

BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

http://www.lecture-et-tradition.info

sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

o Lectures françaises n°673, mai 2013, 64 pages A5

Revue mensuelle de la politique française

Dans quels tourbillons sommes-nous tombés ! …

• n°674, juin 2013

• n°675, juillet-août 2013

Les dessous politiques de la Manif pour tous, par Pascal

Gannat

La crémation : quelques aspects et rappel de la position de

l’Eglise, par Luc Perrel

BP 1 à F-CHIRE-EN-MONTREUIL

sadpf.chire@gmail.com

http://www.lectures-francaises.info

(Jean AUGUY)

o Libelle n°244, avril 2013, 6 pages A5 – Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

pradesmi@wanadoo.fr

http://www.myspace.com/michelprades

(Michel PRADES)

o Microbe n°77, mai-juin 2013, 24 pages A6

La revue si petite et si légère qu’elle pourrait un jour

décoller…

Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES

ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

o Plumes et pinceaux n°122, juin 2013, 44 pages A5

Arts et poésie

Rue du Temple 39 à B-7331 BAUDOUR

franz.nelly@skynet.be

(Nelly HOSTELAERT)

o Poésie sur Seine n°83, juillet 2013, 114p. A5

Revue trimestrielle d’actualité poétique

Prix de la Presse poétique 2000 décerné par la Société des

Poètes Français

« Le ciel »

Jean-Louis Bernard

Jean Joubert

Jacques Simonomis

13, Place Charles de Gaulle à F-92210 SAINT-CLOUD

http://www.poesie-sur-seine.com

(Pascal DUPUY)

o Portique n°90, avril à juin 2013, 56 pages A5

Revue de création poétique, littéraire et artistique

Mairie à F-84110 Puyméras

http://portique.jimdo.com

http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

o Revue indépendante n°338, juillet à septembre 2013,

54 pages 15X24

Résidence B, 24, rue Saint-Fargeau à F-75020 PARIS

sje_ri@yahoo.fr

(Jeannine-Julienne BRAQUIER)

Traversées fête ses 20 ans et vous invite au premier salon de la poésie de Virton

Ce diaporama nécessite JavaScript.

https://traversees.wordpress.com/2013/08/20/traversees-fete-ses-20-ans-les-25-et-les-26-octobre-premier-salon-de-la-poesie-de-virton/

Affiche Traversées Octobre 2013

Invitation Traversée octobre 2013

Vassilis Alexakis – Le sandwich – Stock (188 pages -18,50€).

    Vassilis Alexakis - Le sandwich - Stock (188 pages -18,50€).

  • Vassilis AlexakisLe sandwich – Stock (188 pages -18,50€).

Ce premier roman qui vient d’être réédité, Vassilis Alexakis y faisait allusion dans L’enfant grec, avouant qu’il ne se souvenait plus du rôle de Gaspard. Une façon habile d’aiguiser notre curiosité. Qui est ce moine Gaspard qui a retenu le narrateur prisonnier dans un puits ? Pourquoi ? La conversation perçue intrigue. Qui le sauva ?

Qui a kidnappé sa femme Françoise ? Parviendra-t-il à la retrouver ?

L’avertissement, en ouverture, du livre nous assène une réalité sordide, le destin tout tracé de la femme du protagoniste. Si Claire Fourier qui affirme dans un titre de roman : « Je veux tuer mon mari » ne passe pas à l’acte, il n’en est donc pas de même pour le protagoniste de ce roman.

Armez-vous de patience, lecteurs, car on peut y être déboussolé. Les réponses aux multiples interrogations, l’auteur nous les distille progressivement. D’ailleurs il apostrophe souvent son lecteur, le met dans la confidence, s’évertue à lui démontrer la finitude des hommes, étayant ses propos d’exemples, parfois puisés dans des contes.

Le narrateur, une fois son identité déclinée, revisite sa rencontre avec Françoise, revisite sa vie de jeune marié, parsemée de péripéties et livre des bribes plus privées. Il explore leur couple, ses hauts et bas : « On s’y bagarre, on y rit, on y pleure, on s’aime quoi ! ». Il en arrive à perdre ses convictions sur le mariage. Il compare « l’amour à un bateau », donc avec des tempêtes à traverser. Il aborde des thèmes liés : l’infidélité, la jalousie, la violence dans le couple et ses conséquences (séparation, vengeance, crime). Françoise, cette femme « chérie » devient dans sa bouche « la salope » et le narrateur nous prend à témoin de ce délitement des sentiments jusqu’au désamour et la tragédie inéluctable.

Vassilis Alexakis, campant son récit à Paris, pense à ses lecteurs non parisiens, et brosse un portrait subliminal du quartier latin, des lieux mythiques ou qui lui sont familiers. Il nous convie à arpenter avec lui les rues parisiennes.

Si vous voulez gagner l’estime de l’auteur, retenez autre chose que la superficie de la place de la Concorde qui est pour lui « sans grande valeur » car « on peut aussi bien » la « trouver ailleurs ».

On devine en germe son attirance pour les livres et l’écriture.

D’ailleurs le narrateur ne congédie-t-il pas Pipiou et toute sa bande (le dindon, l’écureuil gourmand, le poulain, la poule…, une vraie arche de Noé) pour commettre « ce bouquin » ? Vassilis Alexakis reconnaît avoir plus de tendresse pour ses héros d’enfance de L’enfant grec que pour ceux de son premier roman qu’il aurait eu tendance à tourner en dérision.

Le sandwich mêle en effet dialogues, digressions, extraits de contes, situations foutraques, absurdes. Le récit est construit comme un roman policier, l’intrigue y est relatée à rebours, de quoi y perdre son latin ! (ou son grec). Vassilis Alexakis justifie ce mélange des genres afin de « s’affranchir de ses lectures » de jeunesse et de se libérer de son overdose émotionnelle, pour pouvoir écrire.

L’auteur sait tenir en haleine son lecteur, le prend même à témoin. Il fait monter la tension crescendo : « On ne peut pas dire que je ne l’ai pas prévenue » ou « Un accident est vite arrivé ». Il distille les indices prémonitoires jusqu’à l’ultime : « Le jour du drame vient de se lever ». Le narrateur, sous l’effet de la drogue et de l’alcool, devient un monstre. Ce qui soulève la question de la responsabilité de « l’époux sadique », plus sauvage qu’un loup. On songe à cet article 122.1 stipulant que « n’est pas responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes ». On est loin des injonctions : « Sois bon », « Fais le bien » citées dans certaines pages. Il souligne également l’influence du passé dans l’acte criminel. La fêlure ne viendrait-elle pas d’une famille désunie, d’une enfance malheureuse ?

Quant à l’épilogue, âmes sensibles s’abstenir, car Vassilis Alexakis ne nous épargne aucun détail. Il relate dans une plume gore, sanguinolente les mutilations, dépeçant ce corps qui l’avait trahi. Cet acharnement interminable, innommable n’est pas plus glauque, ni plus insoutenable que certains faits divers et vient confirmer que les histoires d’amour finissent mal en général. Le contraste avec la sérénité affichée au café où le criminel « se repaît » d’un sandwich est saisissant.

Les fidèles lecteurs de l’auteur pourront constater l’évolution de son écriture en 40 ans. La Grèce n’y est pas omniprésente comme dans les derniers romans, à la veine autobiographique. Mais l’écriture reste fondée sur l’humour et le dialogue.

Vassilis Alexakis a réalisé son rêve d’enfance : « devenir menteur » et conteur pour le bonheur de ses aficionados.

©Chronique de Nadine DOYEN

• Maria Maïlat, Constantin Brancusi, vu par Eva Largo. Traduit en espagnol par Natalie La Valle. (Paris, Les Editions Transignum, 2013).75 p. ISBN 978-2-915862-18-8.

index
•    Maria Maïlat, Constantin Brancusi, vu par Eva Largo. Traduit en espagnol par Natalie La Valle. (Paris, Les Editions Transignum, 2013).75 p. ISBN 978-2-915862-18-8.
Tout biographe effectue une fouille parmi des témoins — mots, lettres, œuvres artistiques, démarches officielles, lettres, journaux, autobiographies, habitation, femmes aimées, amis, famille, animaux domestiques, et objets de tous les jours. Le but est de présenter le sujet dans un fondu pseudo-véridique en gommant les ficelles de la narration. Au lecteur de démêler les choses. Maria, elle, coupe court à ces falbalas. Tous les témoins et intermédiaires, y compris elle-même, son illustratrice Eva Largo, sa traductrice Natalie La Valle, et le lecteur, se retrouvent au même niveau, guidés par le même but : d’évoquer et de comprendre la démarche artistique de Constantin Brancusi (1876 – 1957), déclaré non-artiste par les Etats-Unis, la France, et la Roumanie, grand voyageur soumis à l’inquisition des douaniers et divers fonctionnaires. Ce prisonnier de la passion créatrice fut un homme de l’errance auquel aucun repère identitaire conventionnel ne s’applique. De sa vie, Maria ne retient que l’essentiel par lequel elle guide le lecteur vers sa création en rappelant que le sublime en art touche à la folie.
La magnifique prose poétique de Maria interpelle directement les témoins de la vie de Constantin Brancusi, et son livre est bâti comme une œuvre plurielle que l’on pourrait mettre en scène. Au texte français de Maria se joignent les tableaux créés par Eva Largo d’après des photographies de Man Ray et les œuvres de Brancusi et l’excellente traduction de Natalie La Valle. Une telle multiplication d’intervenants établit un subtil jeu de miroir et souligne les innombrables facettes de la recherche d’absolu à laquelle Constantin Brancusi dédia toute sa vie, interrogeant la “forme fermée” de la pierre, scrutant son langage, et souffrant dans sa chair autant que la pierre qu’il mettait à mal.
Devant l’atelier, je fis installer une meule de meunier. C’était mon autel. Je n’allais plus à l’église. J’étais le pénitent qui voulait croire que la rédemption des hommes dépendait de son travail.
Les pluies faisaient tomber une goutte sur une minuscule surface de la meule. Les trombes d’avril comme le crachin d’octobre creusaient méticuleusement ce même lieu géométrique de la taille d’un œil. Je rêvais d’installer mes sculptures dehors pour que la force des eaux, du vent et de la lumière puisse parachever le travail d’un esclave. (P. 55)
Montrer l’infini dans la pierre. Dépouiller la sculpture de la main humaine, montrer non le concret, mais le vol de l’oiseau, l’œuvre millénaire de l’érosion par l’eau. Maria nous met en face de l’éternité. Elle nous montre l’ascèse d’un artiste qui confessa “l’épuisement de mon corps réduit aux mains qui frappent et qui frottent.” (P. 61) et qui toute sa vie travailla à s’effacer devant son art.

©Chronique d’Alice-Catherine Carls