Pierre Autin-Grenier, Chroniques des faits, illustrations de Georges Rubel, Éditions Les Carnets du Dessert de Lune–par Jean-Pierre Longre

 

    Pierre Autin-Grenier, Chroniques des faits, illustrations de Georges Rubel, Éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2014

  • Pierre Autin-Grenier, Chroniques des faits, illustrations de Georges Rubel, Éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2014

Des faits réels ? Des chroniques historiques ? Le titre pourrait nous le faire croire, que dément l’image de couverture, ainsi que toutes celles – débordantes, colorées, vivaces, mortifères, sanglantes, printanières – qui, dépassant largement la simple illustration, ponctuent les textes.

Et ceux-ci nous mènent loin au-delà de l’horizon et de nous-mêmes, nous encourageant à la patience, à la révolte et à l’espoir de revoir « la grande carriole rouge de l’avenir », nous incitant à bannir le mensonge et à lancer comme un grand cri « un fantastique appel à la vie », à chasser la mort pour ensemble aller « voir la mer », accompagnés d’« un chien rêveur »…

L’écriture de Pierre Autin-Grenier, réalisme et onirisme mêlés, réclame la relecture – et cette réédition est en l’occurrence une belle occasion de se replonger dans des poèmes en prose à propos desquels « on n’est sûr de rien », mais que l’on déploie sans se lasser d’entendre leurs harmoniques ni de se mettre au pas de leurs cadences, tout en écoutant les appels à se ressaisir. Le lecteur, ainsi « délivré du néant » et pensant peut-être à Rimbaud, devient alors apte à marcher, « seul en son vertige, vers d’incroyables Éthiopies ».

©Jean-Pierre Longre

www.dessertdelune.be

Démolition de Jean-Christophe Belleveaux, illustrations d’ Yves Budin – Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, 2013.

Démolition de Jean-Christophe Belleveaux, illustrations de’Yves Budin - Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, 2013. 78 pages, 11 euros.

  • Démolition de Jean-Christophe Belleveaux, illustrations d’Yves Budin – Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, 2013. 78 pages, 11 euros.

Démolition de Jean-Christophe Belleveaux se lit une fois puis se relit, en espérant cette fois en ressortir moins essoufflé. Démolition aurait pu aussi bien s’intituler débordements et suffocation, car il s’agit principalement ici d’évacuer un trop-plein, comme annoncé dans la première phrase du recueil, en italique, comme l’auteur se citant lui-même :

Le monde est trop plein, ma poitrine en déborde

Pas de majuscule, on y entre de plein pied ou comme un de ces pavés dans la mare et les retours à la ligne n’ont rien de convenu, mais donnent le ton saccadé qui nous place d’emblée dans la tête de l’auteur, comme à bord d’un véhicule à embarquement immédiat. Nous voilà secoués, soubresautés, subissant des embardées avec toutefois quelques moments où le trajet semble s‘apaiser mais pas pour longtemps. Le chemin n’a rien d’une autoroute, mais bien plutôt un de ces chemins de terre, pleins de trous et de bosses, qui mènent on ne sait où, l’idée même d’une destination étant hors de propos.

faire bonne figure, s’accommoder

d’infinitifs qui ont le style

d’une serpillière

je suis fatigué

comme tout le monde

tout le monde trop-plein

de trop de choses

Et la plume de l’auteur contredit sa fatigue en étant ici pareille à un moteur qui s’emballe et qui chercherait à se faire taire lui-même. Des sentiments de vanité et désenchantement prennent le lecteur à la gorge et lui donnent envie à lui aussi, de recracher le trop-plein, la dégueulasserie qui frôle souvent le dégoût de soi.

je ne vais pas continuer à écrire

« les vaches se tiennent debout sous la pluie »

par exemple

je ne vais pas non plus

sortir sous la pluie

ni me taire ni mourir tout de suite

Il y a au départ de l’écriture une plaie, impossible à refermer. Les mots en guise de cautérisation, autant verser de l’eau dans un trou de sable.

Je lèche ma plaie

J’écris avec ma langue

Celui qui écrit ne peut que continuer à écrire, dans une vertigineuse mise en abîme, une toile dont on finit par voir la trame à force de l’user, écrire même pour dire rien.

mais plus pur que le rien

pourquoi en voudrais-je

de cette baudruche

pureté brûle, viole,

met des fils de fer barbelés

Pour interroger le silence. Deux mots déjà, deux mots de trop. À devenir fou. Les mots sont à la fois le fond où l’auteur se noie et le radeau qui le sauve.

seulement voilà

ça s’effrite dedans, ça craque

et l’écriture jette ses oiseaux noirs

sur la page étale

(…)

je ne peux plus compter

sur le mauvais ficelage

de ce radeau

Les mots, filet balancé au néant, pour y pêcher quoi ?

Donnez-moi de l’amour

à cause de mes phrases

beaucoup d’amour anonyme

non prononcé

(…)

j’aligne les mots les signes

les hameçons

Qui ne pêchent rien

j’aligne

(…)

c’est un tango absurde avec le manque

une posture à foutre en l’air

à coups de revolver

Et puis il y a tous ces voyages, ces échappées dont les images restent gravées, des mots encore et cette atroce certitude qu’ils ne réparent rien, que les mots ne résolvent rien, ne ressuscitent rien.

je me suis bagarré avec tout ça, j’ai fait du doute un habit à peu près supportable

la grande fatigue, elle, me jette au bord de l’impudeur : tout déballer, faire le tri ou alors foutre le feu tout de suite à l’entière baraque

Démolition, c’est le poète qui se débat avec sa solitude.

sommes-nous

l’ange et moi

symétrique aussi

sommes-nous

l’ange de l’autre

(…)

puis–je étrangler

au nœud coulant de mon blabla

ma solitude

Car celui qui se construit de mots en vient à douter de sa propre consistance.

et puis ça se fissure

on ne sait pas bien

on n’a plus

qu’une vapeur d’âme

un crachin

(…)

RIEN

Se débrouille pour me dissoudre

Reste à rire de soi, que ce soi de maux soit de mots, soit ! Le pied de nez de celui qui ne saurait vivre sans eux, même s’il est tenté de les démolir, comme un taulard voudrait casser les briques des murs qui l’enserrent.

et pas de pioche encore

pour les briques du mur

mais ça viendra

ça va casser futur proche

ça s’éboulera langue et sourire

boomerang.

Et le lecteur en reprendra bien encore une fois.

A noter aussi, les superbes illustrations d’Yves Budin.

©Cathy Garcia

 Jean-Christophe BelleveauxJean-Christophe Belleveaux naît par hasard en 1958 à Nevers-en-France. Se prolonge par faiblesse, notamment dans la vaine animation d’une revue de poésie, « Comme ça et autrement » durant sept années, dans de vagues études de Lettres et de langue thaï, en résidence d’écriture et lectures publiques, dans de tenaces errances à travers les fuseaux horaires et le labyrinthe existentiel. Mourra par rencontre, comme tout un chacun.

L’âme de Kôtarô contemplait la mer de Medoruma Shun, nouvelles traduites du japonais par Myriam Dartois-Ako, Véronique Perrin et Corinne Quentin – Ed Zulma, janvier 2014. 285 pages, 21 €.

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  • L’âme de Kôtarô contemplait la mer de Medoruma Shun, nouvelles traduites du japonais par Myriam Dartois-Ako, Véronique Perrin et Corinne Quentin – Ed Zulma, janvier 2014. 285 pages, 21 €.

Six nouvelles qui nous embarquent pour un Japon un peu particulier, le Japon de l’enfance de l’auteur, l’île d’Okinawa qui est restée sous administration américaine pendant vingt-sept ans. Nous sommes ici dans l’ambiance d’une période qui précède et suit la rétrocession en 1972. « J’étais alors en quatrième année de primaire. L’inquiétude ambiante chez les adultes du fait qu’Okinawa serait restitué au Japon l’année suivante se propageait jusqu’à nous, les enfants. (…) après la rétrocession au Japon est-ce qu’il neigerait à Okinawa ? Est-ce que les cerisiers se mettraient à fleurir en avril ? » Dans ce contexte incertain de crise identitaire, se confrontent et se confondent une Histoire en marche avec les croyances et traditions ancestrales très vivaces, d’une société insulaire encore rurale, surtout dans le nord. C’est dans ce terreau que prennent racines les nouvelles de ce très beau recueil. Le monde des ancêtres et des esprits de la nature est encore très présent au quotidien, nous ne sommes pas encore dans la trépidation folle de la modernité. L’écriture de Medoruma Shun est douce, délicate, poétique, enveloppante et même envoûtante comme dans Mabuigumi – L’âme relogée, la nouvelle qui a inspiré le titre du recueil « L’âme de Kôtarô était assise à la même place dans la même attitude. Le soleil s’était radouci et la couleur de la mer était enveloppée d’une lumière pâle, une lune blanche flottait auprès des gros nuages mafflus qui grimpaient à l’horizon. » et dans celle, peut-être la plus belle et la plus poignante de toutes, intitulée Avec les ombres : « Moi j’aimais bien me tenir dans la clairière du sanctuaire, les yeux fermés j’écoutais le chant des oiseaux, les insectes et le bruissement des feuilles, je respirais l’odeur de la forêt, un mélange de feuilles mortes, de terre, d’eau, de fleurs et d’écorce d’arbre, je sentais que les divinités de la forêt sacrée me regardaient. Je restais debout et j’avais l’impression de devenir un arbre ou une plante, mon corps bourgeonnait ici et là, des fleurs s’épanouissaient au bout de mes doigts, je devenais légère comme un voile de mariée, prêt à s’envoler, c’était comme si mon corps se déployait pour se mêler à la forêt. Je pouvais passer des heures là-bas sans m’en lasser. » Cette nouvelle relate pourtant une histoire triste et même violente. Dans leur ensemble, ces nouvelles évoquent dans une langue sensible, subtile et pleine de fraîcheur, les choses de la vie, du quotidien, des souvenirs d’enfance mais aussi les premiers émois contrariés d’adolescents, « C’était un fil incroyablement long et fin. Parallèle à la surface de l’eau, il émettait une lueur fragile et pure qui apparaissait et disparaissait tour à tour au gré du vent. Nous étions fascinés par cette lumière. L’épaule de S. a bougé. Il a passé son bras dans mon dos, m’a enserré le torse par le côté et m’a enlacé. – Ne bouge pas ! a-t-il murmuré, sa joue plaquée derrière mon oreille. », peut-on lire dans Rouges palmiers et puis la violence conjugale et le suicide dans La mer intérieure, la soumission et la rébellion face aux hiérarchies sociales et les rapports familiaux, notamment dans Coq de combat, mais aussi le déclin et la disparition des cérémonies rituelles. Elles parlent d’amitié, d’amour, de vieillesse, de solitude, de différences et d’esprits errants entre les mondes, un peu comme les gens eux-mêmes qui évoluent entre passé et présent. Vraiment un remarquable et original voyage dans l’âme profonde du Japon.

©Cathy Garcia

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« L’été est long à Okinawa, écrit Medoruma Shun. Il y a une trentaine d’années, les enfants jouaient tout le temps dehors. Sans les poissons combattants qui ondulaient de leur longue queue bleue dans une eau claire jaillissant au milieu des rochers, ni les expériences de mon enfance entièrement plongée dans la nature, les forêts et les montagnes d’Okinawa, je pense que je n’aurais pas pu écrire ces histoires. » Medoruma Shun est né le 6 octobre 1960. Il est, avec Eiki Matayoshi, un des plus importants écrivains contemporains originaires d’Okinawa. Ses nouvelles ont été couronnées par les très prestigieux prix Akutagawa et Kawabata.

Service de presse n°31

 

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • Conditions premières d’un travail non servile, Simone Weil, éditions L’Herne.

    • Le livre :

S’il est un travail vivant – mode d’activité essentiellement humain – c’est d’abord le travail manuel, méprisé par les Anciens, véritable levier qui met le monde en mouvement et pivot spirituel de la communauté réconciliée. Il faudra libérer le travail, pour que naisse une société d’hommes libres, pour qu’autour de la production se cristallise la fraternité. Il appartient aux travailleurs de se réapproprier l’appareil productif, pour que s’élargisse « peu à peu le domaine du travail lucide ».

  • L’auteure :

(1909-1943) : née à Paris dans une famille juive non pratiquante, Simone Weil rejoint le Front républicain espagnol et connaît sa première révélation mystique à l’abbaye de Solesmes, après avoir participé aux grèves de 1936 en France.

Lucide sur ce qui se passe en Europe, elle se réfugie à Marseille avec sa famille le 13 juin 1940, lorsque Paris est déclarée « ville ouverte ». C’est à cette époque qu’elle commence la rédaction de ses Cahiers. En 1942, forcée de se réfugier avec sa famille aux États-Unis, Simone Weil refuse de quitter ses compatriotes et revient aider les Forces françaises libres en Angleterre. Malgré sa santé de plus en plus défaillante, elle tente de rejoindre les réseaux de résistance sur le territoire français. L’entourage du général de Gaulle refuse, considérant qu’elle risquait d’être rapidement capturée par la police française — étant juive et déportée. Atteinte de tuberculose, elle s’éteint le 24 août 1943 au sanatorium anglais d’Ashford, à l’âge de 34 ans.

  • Conversation avec Trotski, Simone Weil, éditions L’Herne.

    • Le livre :

Fin 1933, durant quelques jours, Simone Weil hébergera chez ses parents Léon Trotski (avec femme, enfant et gardes du corps): longues et véhémentes discussions sur la révolution, sur le rôle du Parti communiste allemand dans le déclenchement de celle-ci…

Trotski : « Si vous pensez ainsi, pourquoi nous recevez-vous ? Êtes-vous l’Armée du Salut ? » ; commentaire de Nathalie Sédov, l’épouse de Trotski : « Cette enfant qui tient tête à Trotski ! ». Ils finiront la soirée dans un cinéma de quartier où était projeté le film Okraïna du cinéaste soviétique Boris Barnet

  • Le jour aux ignorants, poèmes de Véronique Wautier et dessins de Godelieve Vandamme, éditions Eranthis.

    • Vu par pierre Tréfois :

Confier le jour aux ignorants – que, peu ou prou, nous sommes tous – c’est ouvrir, à leur intention, un livre où les dessins de Godelieve Vandamme et les poèmes de Véronique Wautier, allés de concert, offrent couleurs, signes et mots échangeant leurs épures et rebus ; c’est leur proposer un regard novice sur le réel en gésine, c’est le convier à un partage où nul ne perd ni ne se perd.

Alors les ignorants, en sursaut d’alphabétisation rêveuse, savourent cette offrande essentielle et comme fruitée, et se lovent dans ses fragiles contrepoints.

  • Là où sont les oiseaux, Véronique Wautier, éditions Le Coudrier ; préface de Jean-Michel Aubevert ; illustrations de Pierre Mainguet.

    • Véronique Wautier a plus d’un recueil dans sa manche…

Elle attrape les mots au vol comme tombés du bec d’un oiseau, se rallier à leur chant. Elle est au livre des jardins le retour du printemps au chevet d’un enfant. Elle déroule le paysage pour mieux nous le faire habiter, nous ouvre les yeux au creuset du cœur. Un chant s’élève aux lèvres de ses lignes. Elle place l’écriture au cœur de la nature, en chemin de la vie à vivre, entre quotidien et vérité poétique des jours. D’un banc au soleil, elle tire la convalescence des froidures, un remède aux ténèbres. Ecrire et vivre marchent pour elle d’un même pas d’espérance au logis des astres.

Un pied après l’autre, elle ravive les foyers de lumière où les paumes se réchauffent dans la sagesse d’une jeunesse affective.

  • Extrait de la préface de Jean-Michel Aubevert

« A bien des égards, l’univers du poète relève du merveilleux, voire du fantastique, non du surnaturel. Le poète soulève le paysage en marchant. Il l’embrasse d’un regard, s’affranchit des distances, englobe jusqu’aux astres, plus particulièrement la lune, la ronde, à l’éclairage quelque peu fantomatique. A mesure, il arpente ses propres visions, toise le cri où il est tenté de s’abîmer. Il soulève la poussière jusqu’aux cendres sur son chemin.

  • Mes intimismes – Mélange ouvert à deux battants, Monique Thomassettie, éditions M.E.O.

    • Dans ce genre très particulier qu’est le « mélange », pensées, souvenirs, fragments, dialoguent avec des œuvres plastiques de l’auteur et des œuvres d’enfance, voire de prime enfance de sa fille.
      « Mes fenêtres sont souvent intimistes », dit-elle en guise de sous-titre à son œuvre. des fenêtres qu’elle ouvre pour nous.

  • Oratorio#β, Anthologie de poésie, avant-propos de Nasser-Edine Boucheqif, préface de Jean-Michel Djian, éditions Polyglotte – Ciccat.

    • « Oui, il y a dans ce texte puissant et invertébré un écho de nous-mêmes, quelque chose qui nous dit que la haine de la mort, la nôtre comme celle des autres, vaut d’être célébrée à l’aune de nos défaites. Dans ce théâtre de la cruauté auquel nous invitait Artaud, il y a, ci-après, de quoi s’interroger sur la matière de l’impossible. Ce réel impossible. Cet abstrait impossible. Cette vie impossible. Laissez-vous enflammer par ce chœur qui cherche derrière la frénésie d’un quotidien orgueilleux et ennuyeux le mystère palpable de notre existence.

Jean-Michel Djian (extrait de la préface)

  • Poètes Français et Marocains, Anthologie (1) ; choix, introduction et traduction par Nasser-Edine Boucheqif ; éditions Polyglotte-C.i.c.c.a.t.

    • « … S’il y a une fierté à initier cette aventure collective qui ne fait que commencer, ce serait de voir des poètes Marocains et Français réunis dans cette Anthologie au-delà des écoles, de l’âge ou de la renommée. Ce serait de voir la poésie revivre et circuler encore à travers toutes ces voix réunies, qui nous rappellent que la poésie peut beaucoup et de belles choses… » Nasser-Edine Boucheqif

Les revues suivantes :

  • Les Cahiers de la rue Ventura n°23, février 2014 ; cl.cailleau@orange.fr ; http://clcailleau.unblog.fr

    • Dossier : Bernard M.J. Grasset

      • Textes de Geneviève Roch, Bernard Grasset, Françoise Nicol, Jean-Claude Coiffard, Eliane Biedermann, Jean-Pierre Boulic, Pierre Kobel, Gérard Paris, Colette Nys-Mazure, Gérard Bocholier, Eva Gentes, Eric Simon, Jean-Louis Vieillard-Baron, Jean-Paul Resweber

    • Vers et proses, chroniques et notes de lecture

  • Florilège n°155, juin 2014

    • Peintures de Colette Denizot

    • Poèmes, nouvelles, reportages, revues en revue, notes de lecture

    • Lauréats du concours d’écriture « Dis-moi dix mots »

  • Plumes et pinceaux n°126, juin 2014

  • Reflets Wallonie Bruxelles n°40, avril à juin 2014

    • La fédération Wallonie-Bruxelles vient de décerner

      • le prix de poésie à Emmanuelle Ménard, auteure publiée dans la revue Traversées

      • le prix de la nouvelle à Noëlle Lans

    • Notes de lecture

    • Beaux-arts : Marie Cornelis

Les auteurs de Traversées ont aussi été publiés :

  • Alain Dantinne :

    • La promesse d’Almache, roman, Weyrich

Après vingt ans de vie bruxelloise trépidante, Dydie et Pierre choisissent de quitter la capitale pour s’installer dans l’ancienne hostellerie d’Almache qu’ils viennent d’acquérir. Cette bâtisse ardennaise, témoin de leur quotidien isolé, sera aussi le lieu de fêtes et de parties de bridge qu’ils partagent avec leurs amis. Mais le bonheur est éphémère. Au décès de son mari, Dydie s’effondre, elle a perdu son complice. Elle se retrouve seule, perdue dans son imposante maison. La vie continue néanmoins, ponctuée d’excès et de folies que lui permet la fortune de Pierre. Elle soigne sa mélancolie dans le champagne et se console dans l’affection que lui porte son neveu Arthur, son confident, à qui elle décide de léguer l’ancienne auberge…

  • Corinne Hoex :

    • Décollations, L’âge d’homme

Eugénia n’a pas de tête et cela lui convient très bien.

Au moins, elle n’a pas la tête des autres, elle n’a pas l’air de famille.

Eugénia est libre et sa tête, la tête qu’elle n’a pas, roule sa bosse où elle veut.

Avec ce nouveau livre, impertinent à souhait, Corinne Hoex nous entraîne dans un monde de fantasmes, un univers insolite et extravagant.

Le triomphe de la fantaisie.

  • Armel Job :

    • Dans la gueule de la bête, roman, Robert Laffont

      Qu’est-ce qu’elle peut bien y comprendre, Annette, à ces rendez-vous du mercredi après-midi, à l’abri des regards indiscrets, chaperonnée par des bonnes soeurs au regard doux et préoccupé ? Peut-être que si elle ne s’appelait pas en réalité Hanna, peut-être que si elle n’était pas juive, la fillette pourrait voir ses parents autrement qu’en catimini…
      Le peuple de Liège a beau renâcler devant la rigueur des lois antijuives, les rues de la ville, hérissées de chausse-trapes, n’en demeurent pas moins dangereuses. Un homme, en particulier, informateur zélé de l’occupant allemand hantant les bas-fonds de la cité, exilerait volontiers les parents d’Hanna vers des cieux moins cléments. Mais la trahison ne vient pas toujours du camp que l’on croit.

      Comment réagissent des gens ordinaires confrontés à une situation extraordinaire ? Quelle est la frontière entre le bien et le mal, entre un héros et un salaud ? Inspiré de faits réels, Dans la gueule de la bête saisit toutes les nuances de l’âme humaine, tour à tour sombre et généreuse, et invite chaque lecteur à se demander : « Et moi, qu’aurais-je fait pendant la guerre ? »

       
  • Werner Lambersy :

    • Opsimath, poésie, Atelier Rougier

Qui apprend sur le tard, à la fin de sa vie »…

Werner Lambersy nous livre là des tercets où les mots liés aux circonstances de son chemin de vie atteignent l’inégalable évidence de nos quotidiens.

  • Emmanuelle Ménard :

    • Impressions new-yorkaises, poésie, Le Coudrier

Flux arrêté sur images qu’aussitôt d’autres chassent, les flashs se bousculent, rendant compte de la surstimulation que provoque la mégapole. Poème fleuve pour ville monde, New-York inscrit ses contrastes dans l’oxymore, ange démon, paradis enfer, qui nous laisse sur sa fascination. Emmanuelle MENARD avait rêvé New-York avant même d’y séjourner. Mots d’amour et de guerre où le froid métal côtoie l’âme ardente de la ville, ce recueil est avant tout le fruit d’un coup de foudre. Il évoque aussi la rencontre fatale avec l’être aimé qui se superpose à la ville : ici la poétesse est l’amoureuse qui déambule à la fois dans le dédale des rues et dans le dédale de son cœur.

  • Deux jours comme l’hiver, roman, L’Harmattan

La rupture entre Claire et François le conduit à se plonger dans son passé et à se livrer à de multiples réflexions sur la vie, l’amour, le temps, la liberté, etc. Dans cette souffrance, François est progressivement amené à la folie. Une folie bénéfique qui lui ouvrira de nouvelles portes tout en lui renvoyant une image plus riche de lui-même et qu’il n’avait pas soupçonnée.

  • Colette Nys-Mazure :

    • Colette Nys-Mazure, accordée au vivant, monographie de Mathieu Gimenez, Luce Wilquin

Écrire la biographie de Colette Nys-Mazure est une gageure. Sa vie transparaît dans tous ses écrits. Chaque essai, chaque poème, chaque recueil de nouvelles est nourri de ses expériences. Sans entrer dans le jeu de l’autofiction, elle se livre et se laisse lire à travers ses phrases qu’elle travaille avec amour et exigence. Cette biographie, Colette Nys-Mazure l’écrit et la vit au jour le jour, ajoutant chaque année de nouveaux textes et de nouvelles expériences à une œuvre d’une richesse féconde. La figure de Pénélope s’impose ici tant la volonté de tisser des liens et de susciter des échos est présente chez l’auteure de Célébration du quotidien. Tout est lié, le vivant s’imbrique dans le vivant. Cette monographie recherche ce regard en tentant de mettre au jour le rythme intime de l’œuvre et des mots qu’il nous appartient de faire résonner.

  • Christine Van Acker :

    • Ici, Le Dilettante

Ici, l’«Ici» majuscule de Christine Van Acker, n’est pas le «là» de tout le monde, un lieu-dit parmi d’autres, c’est son lopin d’élection. Un village à l’écart où elle réside dans l’ancien «café de la jeunesse». En rupture de ville, elle a choisi la campagne pour passer de l’urbanisme à l’urbanité, de la grisaille planifiée à la bienveillance spontanée, du dernier cri aux gens du cru. Ce qu’elle nous dit là d’Ici est un herbier d’impressions émues, une collecte de sentiments vifs et saillies brèves éprouvés par un couple de citadins immergés dans une ruralité accueillante. Un couple, néanmoins toujours entre deux mondes, pris entre les visites de ceux de «là-bas», la ville au loin, et la découverte de ceux d’Ici, devenus la fratrie quotidienne. «Chez ces gens-là», on ne triche pas trop, on «se balade peu», on rend service, on boit dru et on pisse raide, on vit selon. Il y a Albert qui chôme comme il respire, la horde des «barakis» repliée dans son repaire barbare, les voisins, les arbres, le ciel, le cimetière et les sentiers. Il y a même «la descente de la mort qui tue». Mais lhôte majeur, c’est le temps et cette quatrième aiguille, figée, de l’horloge: lennui. Car, quon le veuille ou non, l’ennui est à la campagne ce que le stress est à la ville, et Christine Van Acker, au fil de ces feuillets regroupés d’une néorurale, se livre à une patiente analyse de la perception du temps: «grosse bouchée qui ne veut pas passer», cette «pelote que même le chat ne remarque plus», le temps collé à la tempe pour la «roulette russe d’une journée à vivre, ou non». Alors bienvenue «Ici» où«nul ne pourrait dire qui, du vivant ou du mort, est le voisin de l’autre».

  • Antoine Wauters :

    • Nos mères, roman, Verdier

    • Dans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre vient d’emporter le père. Mère et fils voudraient se blottir l’un contre l’autre, s’aimer et se le dire, mais tandis que l’une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l’autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots.
      Soudain la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d’Europe où une autre mère l’attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l’être de lumière qu’elle pourra choyer et qui l’aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes.
      Ce texte, cruel et tendre à la fois, est avant tout le formidable cri d’un enfant qui, à l’étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie. C’est ce dur apprentissage, fait d’intuition et de solitude, qui lui ouvrira plus tard des perspectives insoupçonnées.

 – Juin 2014

Le 2ème Salon de la Poésie de Virton–Appel à participation

Le 2° Salon de la Poésie de Virton

« Les éditeurs vus par leurs auteurs »

dans les caves de l’hôtel de ville.

samedi 11 octobre 2014

Hotel de ville de Virton  Rue Charles Magnette 17 6760 Virton, Belgique

Hotel de ville de Virton
Rue Charles Magnette 17
6760 Virton, Belgique

Vous connaissez maintenant Patrice Breno et sa revue trimestrielle « Traversées ». Ce sera la deuxième année qu’il organise ce rendez-vous dont le Luxembourg avait bien besoin. Chloe des Lys et ACTU-tv y seront bien sûr.

premier salon de la poésie le 26/10/2013

 

 

Chers éditeurs,



C’est en qualité de responsable de la revue littéraire trimestrielle « Traversées » que j’ai le plaisir de prendre contact avec vous.

 

Le samedi 11 octobre se déroulera dans les très belles caves de l’hôtel de ville de Virton (Belgique) le deuxième Salon de la poésie « Les éditeurs vus par leurs auteurs », auquel éditeurs et auteurs sont les bienvenus. Comme les places sont limitées, si vous êtes intéressé, une (ou plusieurs) table(s) de 1,80 m X 0,80 m pourra être mise à votre disposition. Ce salon est bien entendu ouvert à tous !

 

En voici le programme :

 

de 14h à 18h : Salon de la poésie

Stands : tenus par les éditeurs et auteurs

Tribune : lectures / tables rondes / conférences…

 

Séance de dédicaces

 

Je ne doute pas que vous percevez toute l’audace de ce projet et c’est donc avec confiance que je me tourne vers vous. 

Pourriez-vous dès lors par retour de courriel ou par téléphone au 0032(0)497442560 ( au plus tard pour le 20 août 2014) me confirmer votre participation ou me prévenir au plus vite si vous aviez un empêchement quelconque ?

 

Dans l’espoir que ce Salon de la poésie trouvera de l’intérêt à vos yeux, recevez, chers éditeurs, mes salutations distinguées.

Patrice BRENO

Revue Traversées

Prix de la Presse Poétique 2012

Directeur de publication

43, Faubourg d’Arival

6760 VIRTON (Belgique)

https://traversees.wordpress.com/a-propos/

0032 497 44 25 60