Service de presse n°44

 

Traversées a reçu :

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Les recueils suivants :

 

* A l’envers des cimes

Michel Ferrer

Clapas, Franche Lippée, 2016; 8 pages

* Allers… et retour – Idas… y vuelta

Jacques Canut

Cálamo, 2016; 15 pages

* Alphabet – De A à M

Philippe Jaffeux

Passage d’encres/Trace(s), 2014

* Anamnèse

Claude Bardinet

Librairie-Galerie Racine, 2014; 55 pages

Depuis l’aède, en passant par le barde, le troubadour, le trouvère, le félivre, la poésie véhicule autant d’antécédents que de sensibilités nouvelles. L’anamnèse est le récit des antécédents. L’intrication poétique témoigne de la relation du poète aux poètes et à l’univers poétique. La sérendipidité est le talent naturel de ceux qui ont la chance de faire par hasard des découvertes inattendues, en particulier en sciences, et de savoir les rendre intéressantes ou valables. L’homme est sous condition de nature, mais il a vocation à faire des découvertes inattendues, et pas seulement dans les sciences. L’existentialisme n’est pas un humnaisme, car l’homme n’existe pas librement, mais évolue dans un flux de nature, sans liberté de destin. Il peut seulement bâtir l’imaginaire des risques, mais ne peut contraindre la nature à se plier à toutes ses volontés.

* Antichambre

Christian Castillo

recueil de poésie aux éditions Indescriptible

8, rue Anselme payen à Paris 15

* L’Antigone manquée

Catherine Baptiste

Gravures de Jérôme Bouchard

Bleu d’encre, 2016; 71 pages

« J’ose moi aussi

ces rivières soudaines

épaisses de résine,

longuement nourries au coeur du fruit,

hurlées en pointe de rose.

Et quand cette fleur de mots

s’empourpre

dans la surrection des hivers,

l’insurrection est un olivier jaseur,

Une femme

Une fleur éclatée

sous terre d’oliviers »

* Bonne nouvelle… la vie est belle! – Petit papillon, prends ton envol…

Anne Bousman

Chloé des Lys, 2015; 27 pages

C’est l’histoire d’un petit papillon qui est confronté à ses complexes, à ses difficultés à s’assumer.

Il va retrouver le goût de la vie grâce à sa maman…

* Carnet de Corée

Eric Chassefière

Encres Vives, 2014; 16 pages A4

* Le cauchemar de Marianne

Jean Gualbert

Chloé des Lys, 2015; 39 pages

* Ce regard qui nous vient du monde

Eric Chassefière

Rafael de Surtis, 2015; 69 pages

* Le chemin de Casaluz – En terre de Camargue

Jeanne Champel Grenier

CCCM, 2014; 162 pages

Quand il faut tout quitter pour enfin se trouver… « Le chemin de Casaluz », c’est l’itinéraire émouvant d’un peintre qui ne trouve sa route qu’à la lumière de l’amour.

Un roman sur le mystère de l’acte créatif mais aussi un grand hommage à la Camargue sauvage.

* Chemin de fer

Michel Joiret

M.E.O., 2016; 148 pages, roman

Un circuit sur la moquette: rails, motrice, quatre wagons, la gare, le sifflet… Une enfance comme un voyage perpétuellement fantasmé. Jusqu’à ce que la famille se dédouble, deux chambres en alternance, plus de place pour le circuit et presque plus d’enfance…

La retraite venue, Valentin Duvalois restaure son rêve: un appartement proche de la gare du Midi, les songeries sur un quai d’où il ne partira jamais, le précieux album des coupons mauves d’autrefois… Les départs et les arrivées des autres accélèrent le passage des jours. Roulements des boggies, sourire de la jeune Africaine qui officie au snack, trilles du canari Aristote – un présent de son ami Karim, l’épicier de la rue. Puis cette grève des cheminots, pétards le jour, silence la nuit… Et ce wagon éclairé sur une voie latérale. Immobile, improbable.

* Le chien de Zola

Laurent Grison

Editions Henry, La main aux poètes, 2016; 91 pages

* Choses dites choses tues

Nathalie D. Druant

Chloé des Lys, 2013; 60 pages

* Déclives

Michel Santune

Poèmes chez France-Libris, 2016, 55 pages

* En marche laisser jaillir les mots des maux en marge!

Extraits de critiques & autres entretiens à propos de l’écriture de Rome Deguergue – 2003-2013

Schena editore, 2013; 200 pages

Dans cette anthologie critique autour de l’écriture de Rome Deguergue, il n’est pas tant question de faire du nouveau, mais bien d’être à l’écoute de ce qu’il y a de plus originel et empathique, dans le but de faire du texte un lieu de liberté, où le rapport au langage stabilisé par l’acte même de se former, de se déformer et de se conformer à certaines règles, confère de l’énergie mentale, seule capable de rendre supportables le mal, la souffrance, la culpabilité, l’inquiétude du sentiment amoureux, et même l’honnêteté et la beauté, bref de scruter, au coeur de l’état humain trop humain, ces empreintes inscrites dans le corps et l’esprit, desquelles découlent nos credos.

Ne serait-on effectivement que ce dont on se souvient? Ecrire c’est aussi tenter de donner une éclaircie à notre être intranquille, mieux respirer et savourer le monde. Rome Deguergue mérite toute notre attention, et celle des éditeurs. Le lecteur suivra. Par sa parole nouvelle, cet écrivain nous donne le plaisir et le voyage, et nous fait rêver, en ce début confus du troisième millénaire.

Giovanni Dotoli

* Entre les griffes du rire

Vasile Ghica

Traduit du roumain par Constantin Frosin

Le Brontosaure, Littérature roumaine, 2014; 145 pages

Tout d’abord un contemporain, Vasile Ghica, auteur d’aphorismes dignes d’un La Bruyère ou d’un La Rochefoucaud roumains, aussi

satiriques et aussi vrais que ceux-la. Le plus souvent simples lignes, où la fantaisie verbale de Frosin se donne libre cours, totalement légitime cette fois jusqu’en ses dérives langagières.

Paul Van Melle

* Etonnante nature… révélant la nôtre!

Raymond Calmettes

Clapas, Franche Lippée, 2014; 8 pages

* Je suis poète

Louis Savary

Les Presses Littéraires, 2015; 100 pages

* Nouvelles du couple

sous la direction de Samuel Dock, textes d’Alain Vircondelet, Valérie Bonnier, Jérôme-Arnaud Wagner, Hafid Aggoune, Frank Bertrand, Stephanie Le Bail, Rebecca Wengrow, Marc Villemain, Erwin Zirmi…

France-Empire, 2014; 142 pages

Le couple, voilà un sujet qui inspire l’humanité depuis l’Antiquité; une histoire qui semble immuable. Un être en rencontre un autre. Pour une raison occulte, inaccessible et mystérieuse, ils se lient entre eux. Processus éternel de deux êtres qui parviennent à n’en former plus qu’un: le couple transparaît comme un être vivant qui naît, grandit et meurt. Mais aime-t-on encore lorsque tout s’arrête? Que reste-t-il de ces amours? Une infinité de personnalités, de rencontres, de hasards, de choix s’expriment au fil des nouvelles réunies dans ce livre. Samuel Dock, jeune auteur et psychologue, est parti à la rencontre d’écrivains d’horizons très divers avec une unique demande: donnez-moi des nouvelles du couple. Narcissique, complice, tendre, émouvant, voire érotique, parfois destructeur, des auteurs sans concession racontent avec brio le couple dans tous ses états. Dans notre société hypermoderne, prônant l’avoir au détriment de l’être, la définition de l’entité couple a-t-elle encore un sens? A l’heure de l’individualisme et de l’hédonisme de masse, que reste-t-il de ce qu nous connaissons du couple? L’amour peut-il encore durer?

* Pages sans défense

Pierre Schmacher

Chloé des Lys, 2015; 58 pages

* Petites crispations juvéniles

François Harray

Traverse, 2015, 100 pages

Gabriel est un tamponné de la vie, du sexe, de l’amour. Un mal parti en apnée dès sa naissance malgré son sang bleu. Voici six nouvelles qui se déclinent en autant de périodes de sa vie. L’adolescence, la post adolescence, les prémices de la vie d’adulte, la découverte du vrai amour, la création d’une famille et la découverte de la paternité. Il ne s’agit pas d’y voir une quelconque adaptation à la norme sociale hétérosexuelle. Encore moins aux convenances. Gabriel est en permanence dans le rouge rugissant des tours minutes de la vie. Le crash peut survenir à tout instant. Six étapes dans un monde bancal.

* Poèmes poitrinaires – Récitatif

Nicolas Jaën

Clapas, Franche Lippée, 2016; 8 pages

* Profonde la lampe d’autrefois

Eric Chassefière

Encres Vives n°437, 2014; 16 pages A4

* Ricochets

Jacques Canut

Carnets confidentiels, 2016; 11 pages

* Le sort est en jeu

Jeanpyer Poëls

La Porte, 2014; np

* Sous l’eau des mûriers

Eric Chassefière

La Porte, 2015; 24 pages

* Tags

Pierre Covarel

Clapàs, collection Franche Lippée, 2015; 8 pages

* Le temps d’exister avant le froid

Nikos Leterrier

poèmes et chansons illustrés par l’auteur

Chloé des Lys, 2015; 71 pages

* Un train pour Odessa

Jeanne Champel-Grenier

France Libris, 2015; 80 pages

* Want to Wake Alive – Selected Poems

Keith Barnes

K.B. – Aussi petit que mon prochain

Jacqueline Starer

Editions d’écarts, 2014; 300 pages

Né dans l’East End de Londres le 12 novembre 1934, Keith Barnes, enfant, peint aux côtés de son grand-père et compose dès l’adolescence. A treize ans, il entre sur concours à la Royal Academy of Music. Ses oeuvres sont jouées. En 1962, il rompt avec tout ce qui a précédé. C’est en 1963, après un long séjour à Chypre, qu’a lieu sa rencontre décisive avec Jacqueline Starer. Ils vivront à Paris, aux Etats-Unis, en Israël puis de nouveau à Paris où Keith Barnes meurt le 10 septembre 1969 d’une leucémie aiguë.

Avec K.B., Jacqueline nus introduit au coeur de l’oeuvre de Keith Narnes comme seule pouvait le fair ecelle qui consacre encore tant d’énergie à conserver, traduire et faire – entendre – la voix d’un homme dont la création prend en défaut toute classification réductrice. C’est pourquoi nous avons placé son édition bilingue à l’articulation de l’ouvrage en trois volets présenté ici, tandis que Les poèmes choisis sont – livrés – sans filet, sans retenue de sens.

Want to Wake Alive est une Ouverture à part entière, celle d’une Vie qui veut se réveiller Vivante. La texture, la trame sonore, les constellations harmoniques et polyphonies flottantes donnent à sa langue à claire-voie un impact sensoriel qui fait entrer en résonance nos mémoires et nos imaginaires musicaux, graphiques et picturaux. Si elles n’ont pas été éprouvées d’abord, le sens ne peut que les oblitérer, tant nous avons désappris à entendre et à recueillir ce qui nous désoriente à force de tendre à nous recentrer.

Keith Barnes habite l’incarnation d’une évidence: la vérité de l’oeuvre s’élabore comme une respiration de l’entre-deux où le son se conjugue à la lumière pour faire surgir d’une faille, d’une déchirure, d’une conscience insoupçonnée, le profil pur du réel qu’elle a sculpté.

Avec Aussi petit que mon prochain, l’interprétation française de Jacqueline Starer défie la traduction et renvoie au coeur textuel qu’elle partage.

MBH


Les revues suivantes :

* Comme en poésie n°67, septembre 2016, 80 pages

Beaucoup de poètes pêle-mêle certains connus de Traversées, des illustrations en couleurs de Flam; des infos; la cité critique que nous avons abandonné dans la revue papier en privilégiant les auteurs; c’est bien aussi ainsi mais ne pas oublier qu’il est important de parler des livres au plus vite de leur parution! Une uniformité de police de caractère aiderait à la lisibilité…

Revue trimestrielle de poésie

2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR j.lesieur@orange.fr http://perso.orange.fr/jean-pierre.lesieur

(Jean-Pierre LESIEUR)

* Concerto pour marées et silence n°9 – 2016

Revue de poésie

164, rue des Pyrénées à F-75020 Paris colette.klein14@orange.fr

(Colette KLEIN)

* Le Gletton n°483, juin 2016; 20 pages A5

mensuel de la Gaume et d’autres collines

28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois ; micheldemoulin@yahoo.fr

(Michel DEMOULIN)

* Il Convivio Anno XVII numero 2, Aprile-Giugno 2016; 100 pages A4

Trimestrale di Poesia Arte e Cultura dell’Accademia Internazionale « Il Convivio », Via Pietramarina, Verzella 66 à I-95012 Castiglione di Sicilia (CT) – Italia http://www.museovallealcantara.it angelo.manitta@tin.it

(Angelo MANITTA)

* L’intranquille – Revue de littérature; n°10, mai 2016

Atelier de l’agneau éditeur, 1, Moulin de la Couronne à F-33220 Saint-Quention-de-Caplong

* Libelle n°279, juin 2016, n°280, juillet août 2016,

6 pages A5 – Mensuel de poésie

14, rue du Retrait à F-75020 PARIS pradesmi@wanadoo.fr http://www.libelle-mp.fr

(Michel PRADES)

* Microbe n°95, mai-juin 2016, np –

La revue qui déchauve les coiffes

Launoy, 4 à B-6230 Pont-à-Celles ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

* Poésie sur Seine,

n°92, août 2016,

revue d’actualité poétique ; 116 pages ;

13, Place Charles de Gaulle à F-92210 Saint-Cloud.

(Le cri ; Claud Luezior ; Georges-Emmanuel Clancier ; Hédi Bouraoui ; Claude Held ; Béatrice Llibert ; Jeanine Salesse…)

13, Place Charles de Gaulle à F-92210 Saint-Cloud. http://www.poesie-sur-seine.com

(Pascal DUPUY)

* Rose des temps n°24, janvier à avril 2016

Revue de l’association Parole & Poésie ; prix de la presse poétique 2012 de la Société des Poètes Français

12, rue Théophraste-Renaudot à F-75015 Paris parole.et.poesie@gmail.com

(Patrick PICORNOT)

* Septentrion n°2/2016; 100 pages

Arts, Lettres et Culture de Flandre et des Pays-Bas,

revue trimestrielle éditée par l’institution culturelle flamando-néerlandaise « Ons erfdeel vzw » …

beaucoup d’articles et chroniques très fouillés

Murissonstraat 260 à F-8930 Rekkem.

+32 (0) 56 41 12 01 http://www.onserfdeel.be http://www.onserfdeel.nl http://septentrionblog.onserfdeel.be

(Luc DEVOLDERE)

* Soleils & cendre – Revue d’écriture, n°115, avril 2015 (Qui es-tu frère rêve? de Pierre Colin… suivi de l’écume et la lumière, par les Solicendristes); n°116, septembre 2015 (mise en abyme … éloge de la récursivité de la langue); n°118, juin 2016 (Sextine)

1bis, impasse Anatole France à F-84500 Bollène solicend@orange.fr http://www.soleils-et-cendre.org/

(Isabelle DUCASTAING)



 

Jean-Pierre Roque – RÉDEMPTION – L’enfance adamantine – (Ed. L’Harmattan).

Chronique de Xavier Bordes

9782343091563r

Jean-Pierre Roque – RÉDEMPTION – L’enfance adamantine – (Ed. L’Harmattan). Couverture : « La mariée de Louviers », du peintre Jean Trousselle.


Jean-Pierre ROQUE est un écrivain, et poète, singulier. Un croyant à la foi passablement mystique, difficile à cerner. Il s’ensuit que ses écrits ont de multiples caractéristiques : à la fois ils adoptent le ton de la prophétie, de l’adage de la Sophia, le ton du symbolisme mais aussi de la référence à un réel manifeste côtoyant un réel occulte. L’éventail de ses intérêts et de son questionnement est largement ouvert. De Joe Bousquet à Elytis, en passant par mille autres références culturelles, sa curiosité laboure les œuvres de poètes. Ce dont témoigne le présent livre, sorte de concentré de mémoire poétique où les sentiments naturels et simples liés à l’enfance voisinent avec les visions liées à l’avenir et les considérations éthiques. Dans l’acception la plus humaniste que « l’éthikos » peut afficher.

Chaque poème en regard est accompagné de plusieurs brefs commentaires, en prose poétique ou méditative, à portée souvent éthique, ou introspective, faisant de brefs bilans du contenu plus ou moins implicite du poème auquel ils répondent, ou scolies prolongeant tel thème, ou initiant telle réflexion cosmique…

Ce recueil condensé se compose ainsi de tons et de voix variés, allant des souvenirs réalistes (les plus prosaïques parfois), à des autoconsignes que se donne l’auteur, à des recommandations de lecture, tout cela ordonné, entretissé au long de quatre sections ramassées, où l’allusion va toujours à l’essentiel, dans une perspective spirituelle. Mais cette perspective n’oublie jamais la matière, l’ici-bas, le corps, la chair, les êtres vivants, les choses. Elle vise essentiellement à les saisir comme objets de questionnement et de sens, non pas mesquins mais pleins d’altitude métaphysique. Un livre de poète-philosophe au quotidien qui, si élevées que soient ses songeries, ne laisse jamais d’être avant tout humain parmi les humains, et de travailler à comprendre mieux sa place dans l’univers.

(Je note en passant que Jean Trousselle, un peintre fameux et bien trop méconnu encore, a assumé l’image de couverture, splendidement picturale et poétique, du livre, dont on regrette seulement la petite taille inévitable…)

Le livre Rédemption de Jean-Pierre Roque est décidément un livre d’une teneur spécifique, intrigante et surprenante, et son originalité rencontrera sans doute un public qui aime accéder facilement aux pensées les plus exigeantes, pour peu qu’elles soient exprimées avec force, clarté et simplicité.

©Xavier Bordes



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Jacques BRÉMOND – Lettres perdues (courriers accidentés) – (Rougier V. ed. 2016 – coll. « Plis Urgents 41 » complément de la collection de la revue « ficelle ».)

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Jacques BRÉMOND – Lettres perdues (courriers accidentés) – (Rougier V. ed. 2016 – coll. « Plis Urgents 41 » complément de la collection de la revue « ficelle ».)


L’ Atelier ROUGIER de Soligny-la-Trappe, avec ses « ficelles », nous a habitués à des livres minuscules, et comme « tout ce qui est petit est joli », ces livres sont des merveilles, de goût, de qualités matérielles, de choix dans les talents des auteurs. Il est vrai que je ne commente ni ne signale pas systématiquement les livres que je reçois, n’ayant que dix doigts et une seule paire d’yeux pour les lire. J’ai eu un coup de coeur pour les « Lettres perdues » retrouvées et commentées, fort poétiquement, par Jacques Brémond, éditeur à part (dans le domaine du livre de poésie en particulier). Cette fois, c’est l’auteur qui prend l’écriture. Et cette saisie a un charme équivalent à celui qu’on éprouve lorsque, dans la rue, dans le métro ou le bus, on remarque une personne qui, parmi d’autres inconnus, provoque – qui sait pourquoi ? – une curiosité inhabituelle de notre part. Alors on se met à spéculer sur son activité professionnelle, à rêver sur le cadre de son existence, à lui supposer à cause de tel ou tel indice infime, mouchoir essuyant furtivement une larme, papier brusquement replié et enfourné dans une poche ou dans un sac à main,, parfum étrange et indéfinissable, à lui supposer, disais-je, des péripéties sentimentales, tout un film fondé sur peu de choses, grâce auquel on comble le vide qui nous tient généralement à distance de l’inconnu/e, dont on sait bien qu’on ne va pas s’enhardir jusqu’à l’interroger… Jacques Brémond nous présente simplement, avec disons leur fac-similé (réduit bien sûr), des courriers, cartes postales, missives, échangés par des personnes dont il sait peu de choses, mais dont il reconstitue par l’imagination à quel lien, correspondance de guerre (de 1870!) par exemple, entre elles leur contenu fait écho. En les prenant pour prétextes, il réveille avec un talent simple et parfois vaguement nostalgique, quelques traits des ambiances historiques du siècle passé (1901), la traversée en paquebot à l’occasion de l’évocation des sacs postaux récupérés d’un navire échoué sur la côté camarguaise, etc… bref : une quarantaine de pages auxquelles on revient volontiers, à cause de l’évocation, en bribes illustrées savamment ménagées, de mondes à la fois si proche de nous, et que rend si mystérieusement, mélancoliquement inaccessibles le gouffre du temps. Je range ce volume tout petit par la taille et illimité par les rêves qu’il m’a procurés, dans le coin des ouvrages précieux de ma bibliothèque.

                                                                          Xavier Bordes – Paris, 10/09/2016 

Hommage à Nissrine SEFFAR, peintre qui laisse littéralement les sols traverser sa toile …

 

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Laissez parler tous ceux que le silence effraie,
(Allons, ne dites rien de ce qui impressionne !)
Venez à nous Nissrine avec votre œuvre bonne,
Et montrez-nous ces sols que le monde effaçait.

Et ces toiles de lin que vous partez étendre
Sur ces lieux de douleur et sur ces trottoirs fous
(Où le pire des hommes leur donna rendez-vous)
Dépliez-les pour nous sur ces cimaises tendres.

Si l’on vous comprend bien, ces dégâts , ces prodiges
(Que vous copiez avant qu’ait séché le malheur)
Ces empreintes sauvées de faits dévastateurs,
Sont comme un tocsin plat qui sonne et vous oblige.

C’est place Tien-An-Men qu’on vous rêve penchée
Passant votre rouleau sur le relief à perte
De deux mètres carrés des dalles recouvertes
(Pour boire leur relief et pour devoir trinquer)

Alors que vos amis surveillent la police
(Et s’embrassent un peu pour faire diversion)
Et pendant qu’on les happe et les mène en prison,
Vous roulez votre toile aux mille marques lisses.

Vous rejoindrez bientôt le plus proche atelier
Pour rehausser de mousse et de pâte acrylique
Ces traces de la Bête immonde et magnifique
(Que rassemble sous lui le tapis qui priait)

Un sol est la patrie la plus superficielle et basse,
Mais aussi la partie plus physique et fidèle,
Des crimes qu’on colmate en un jeu de marelle,
(Et du  plâtre et du lait jetés dans la crevasse)

Reproduire la fièvre équivaut à prendre acte,
(Rien n’est plus militant, malgré les apparences,
Que copier le proscrit par simple transparence)
Et le meilleur et vous avez passé ce pacte.

Car décalcomanie, c’est prière railleuse
(C’est l’histoire d’un sol laissée aux géologues,
Mais un sol de l’histoire pris aux idéologues !!),
Et votre geste est beau, révérence rageuse.

Car après tout le sol n’était qu’un corps faillible
(Un photographe aveugle que votre toile étreint)
S’il fut dans le passé le support des destins,
L’artiste retouchable attend vos doigts terribles.

Et nous, nous attendons votre étonnant courage
Et d’artiste et d’Arabe et de femme et d’amie
Sans hypocrite ardeur ni subtile anarchie,
(Tant vos efforts ont fait l’admirable ménage !)

Votre art est sans intrigues, œillades  ni querelles
(Aucun facile appel n’en salit la vitrine)
Votre toile est un sol qui pour nous se démine,
C’est un haut de planète et c’est un bas de ciel.

Même un « corps mort » jeté dans le débarcadère
(Bouée de peau larguée dans nos naufrages gris)
Est, Nissrine, assuré d’une seconde vie
Si vous êtes sa Muse et sa maroquinière.

Et nous vous admirons de restaurer l’honneur,
De réparer le tort et d’éponger le mal,
D’aller jusqu’à vous faire agent collatéral
Du contact infernal (en solidaire ardeur)

L’absence d’horizon est sans désespérance,
(Vous le décalqueriez s’il venait jusqu’à vous !),
Et l’incréé peut-être est ce que nous avoue
Votre tendre ferveur exilée dans la France.

Il n’y aura jamais, c’est vrai, de Mer Promise,
Mais la manne inviolée mourant dans les tiroirs,
Les miettes de famine, le plancton de miroir,
Se rassemblent enfin dans votre œuvre insoumise.

©Marc Wetzel


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