L’Astragalizonte & autres poèmes de Xavier Bordes

Patrice Breno est heureux de vous annoncer la parution aux éditions Traversées de

L’Astragalizonte & autres poèmes,
Xavier Bordes

XB L'Astragalizonte

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Vous pouvez aussi adresser votre demande par mail à la Revue Traversées, Patrice Breno: Traversees@hotmail.com

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« Ressac »/ Claude Donnay ; Bruxelles : Editions M.E.O., 2016

Chronique de Pierre Schroven

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« Ressac »/ Claude Donnay ; Bruxelles : Editions M.E.O., 2016


Dans « Ressac », Claude Donnay évoque le réel à l’état brut avec son cortège de petits miracles quotidiens et de détresse. Mais s’il prend un malin plaisir à stigmatiser la cruelle absurdité précaire de l’existence, il ne manque pas également de faire l’éloge, au détour de chaque page, de tout ce qui ne reste en vie que par fièvre. C’est ainsi que s’il reconnaît la difficulté d’être dans un monde au sein duquel notre destinée nous échappe, il ne nous dit pas moins en substance, et c’est le paradoxe du recueil, qu’il n’y a de vraie joie que dans notre présence au monde, dans la saisie de tout ce qui est encore vivant, puissant, persévérant même au cœur du malheur. Porté par la houle d’une écriture aussi généreuse qu’inventive, « Ressac » est un recueil à travers lequel Claude Donnay nous invite à saisir non pas tant l’impossible que ce qui est là, à portée de main et de cœur.

Le soleil est au cœur de l’ombre. Toute une vie en filigrane qu’il nous appartient de mettre en lumière.

Ton ombre danse sur le mur que le soleil dévore, présente dans le mouvement d’un corps invisible.

Tapie dans l’absence, tu incarnes une espérance au-delà des certitudes. Et l’ombre qui abreuve le mur, c’est ton corps qu’habite un soleil nourri de tous les cris de ton âme.

©Pierre Schroven

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Décapage # 54 ; Flammarion, Hiver Printemps 2016

Chronique de Nadine Doyen

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Décapage # 54 ; Flammarion, Hiver Printemps 2016


Plongez dans l’univers de Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012 pour Le sermon sur la chute de Rome, en attendant son roman de septembre 2016.

Voyageur infatigable, il évoque les circonstances qui l’ont conduit dans de multiples villes, pays (Alger, Abu Dhabi, Paris, Ajaccio…). Il relate la genèse de ses romans, sa rencontre avec son éditrice, Marie-Catherine Vacher, à qui il redit sa confiance, si heureux qu’elle ne soit pas « interventionniste ». Il rend compte de l’atelier d’écriture qu’il a mené au lycée français d’Alger. Et nous parle de ses lectures et influences : Olivier Rohe, Ernst Jünger, romans russes (Boulgakov, Chalamov).

Les fidèles de La Pause de Jean-Baptiste Gendarme retrouveront Jean Giono, l’écrivain de Manosque, le chantre de la nature.

Décapage a voulu savoir à quoi les écrivains consacrent leur temps quand ils n’écrivent pas. Dominique Noguez fut le plus succinct. L’écrivain malicieux choisit pour « jour où il n’a rien foutu » celui « où il devait rendre un texte » pour Décapage.

Serge Joncour décline une variation de la page blanche, qui attend d’être comblée, d’y voir « courir mille voix ». Elle est son « alliée permissive », son « refuge », même

« une piscine » comme l’illustre Emilie Alenda.

Pour l’auteur, « un roman, c’est une vie qu’on peaufine, une vie que pour le moins on essaie de réussir ». C’est « le seul domaine tentant », « un décor ajouté au réel ».

Serge Joncour nous offre, le 17 août 2016, son douzième roman Repose-toi sur moi prouvant qu’il en a noirci des pages blanches, en réponse à leur défi.

François Bégaudeau consent à du baby-sitting bien singulier pour rendre service à sa voisine. Iegor Gran repasse, trouvant une similitude dans « le polissage d’un texte et le défroissage d’un vêtement » ! Héléna Marienské a conjuré une panne littéraire en rejoignant la confrérie des scrabbleurs jusqu’à ce qu’elle retrouve la niaque et déloge la championne en titre grâce aux « Zeugmas », figure de style devenue si célèbre au Masque et la Plume (1). Arthur Dreyfus se disperse, préfère répondre à la cascade d’e.mails, et se voit contraint de procrastiner, la bibliothèque fermant.

Vous découvrirez Arthur Pauly qui se rêvait occuper le fauteuil vacant numéro 2, à L’Académie française.

On croise Alice Zeniter, une habituée des Prix, dont le prix Renaudot des lycéens pour Juste avant l’oubli couronné en juin 2016 du Prix de Trouville. Ici, elle déclare sa flamme à Sherlock Holmes, « ce détective privé imaginaire » de Conan Doyle.

Pierre Chazal fut soumis à une salve de questions, lors d’une « rencontre express ».

Julien Blanc-Gras revient sur « une sacrée descente », celle de ses amis … avec qui il

fréquente les bars de Ménilmontant. Moment évoqué par son « compère de beuverie » Philippe Jaenada dans le no 50.

En dernière partie, des nouvelles, « Des phrases en gueule de jour » de Thomas Vinau, des tweets, des petites annonces.

Notez la page ludique 44, qui offre des autocollants à découper, avec le mode d’emploi. Une condition : se munir de La petite femelle, dernier roman de Philippe Jaenada pour faire office de presse. On aimerait voir d’autres auteurs.

Un numéro éclectique, enrichissant, comme à son habitude, à grappiller par petite dose, comme un fortifiant.

©Nadine Doyen

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Seul le bleu reste de Samaël Steiner, estampes de Judith Bordas, éditions le Citron Gare, juin 2016. 87 pages, 10 euros.

Chronique de Cathy Garcia

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Seul le bleu reste de Samaël Steiner, estampes de Judith Bordas, éditions le Citron Gare, juin 2016. 87 pages, 10 euros.


Une traversée, voici ce qu’évoque ce recueil de Samaël Steiner. Ombre et lumière tissées par une langue dense et sensuelle. Traverser et être traversé et Seul le bleu reste. Des villes, des lieux, traversés par des corps, des corps qui marchent, des corps qui glissent,

« Nous allons ensemble,

la rue n’est plus bordée de portes

mais de larges entailles, par lesquelles

on peut se glisser

et apparaître ailleurs et autrement »

des corps qui se touchent, des corps et des êtres que seul un voile de peau sépare, des corps qui se désirent, des êtes qui s’aiment, des corps ouverts souvent comme des fruits ou des poissons, des corps qui tombent, des corps comme des morceaux de pays traversés de guerre. « les corps sont là/la tête traversée » comme celle du danseur de la place Maïdan :

« Il danse,

il a un trou rouge à l’arrière de la tête. »

Ces corps « dont ne reste plus que cet amas de nerfs, noués

et cette peau qui sans ton être n’est même

pas le début d’un tambour »

car voilà, le corps ne se suffit pas, il doit être habité, comme est habité ce recueil, habité d’âme et d’un cœur qui bat pas seulement pour lui-même, mais aussi et surtout pour l’autre.

« Ton bras est ouvert tout le long de la rue,

les passants longent tes veines pour rejoindre le fleuve. »

Et la parole elle-même est traversée, transpercée, poésie vêtue de jour et de nuit, de vie et de mort, qui puise à même les peaux et les os, en elle toute frontière, limites, se dissolvent et le cœur de ce recueil tissé de routes et de passerelles, c’est bien ça, un chemin allant de l’unicité à l’union, l’universel « simplement un homme pour traverser la nuit » et qui dit union, dit aussi perte et séparation, le corps de l’autre et la maladie et la mort dans le corps de l’autre, et toujours l’amour, l’amour qui éblouit et bouleverse le lecteur, tout particulièrement dans les derniers poèmes du recueil.

« Je t’aime avec tendresse,

je t’aime à retourner une ville »

Et seul le bleu reste, magnifique, sombre et lumineux à la fois, comme le sont les estampes de Judith Bordas qui l’accompagnent.

©Cathy Garcia

3902827515Samaël Steiner est auteur à la fois pour le théâtre, la poésie et des enregistrements radiophoniques et éclairagiste (formé à l’ENSATT de Lyon pour le théâtre également, la danse et le cirque) deux pratiques qui se nourrissent l’une l’autre. Sa rencontre avec l’auteur, acteur et metteur en scène André Benedetto à qui est dédié ce recueil, fut décisive, autant pour le théâtre que pour la poésie. Ses précédents recueils ont été publiés dans de nombreuses revues, en France et à l’étranger. Vie imaginaire de Maria Moline de Fuente Vaqueros, récit poétique, est paru aux éditions de l’Aigrette en mars dernier. Seul le bleu reste est son deuxième livre.

Judith Bordas est plasticienne ainsi qu’auteure pour le théâtre et la radio. Auteure d’images imprimées (linogravures, eaux-fortes, monotypes), auteure de partitions pour corps et voix sur une scène ou à la radio, son travail de plasticienne est multiple.

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