Kaléidoscope du présent

Avatar de Le Carnet et les InstantsLe Carnet et les Instants

Mélanie GODIN

Le livre s’ouvre avec l’intention d’écrire des mots d’amour. Mais le chaos du monde actuel n’a pas favorisé l’exploration de ce terreau-là. Loin des sentiments amoureux, la langue du poète a creusé un autre chemin, profilé par l’émergence presque immédiate du titre dans sa tête : Fou, dans ma hâte.

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Marie-Arsule sur la route

Avatar de Le Carnet et les InstantsLe Carnet et les Instants

René BEGON

Née dans la touffeur d’une colonie en déliquescence, affublée d’un prénom bizarre, Marie-Arsule est la fille d’une passionnée de Giono et d’un père à peu près insignifiant. Venue au monde un 30 mars et déclarée à un service de l’état civil des plus approximatifs, la petite se retrouve, dans la distraction générale, inscrite un 30 février. Ainsi débute le roman Impasse du 30 février que Luc Delfosse publie aux éditions ONLIT.

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Dirk Braeckman, Works on Paper, Xeno Gallery, Anvers, du 11 mars au 10 avril 2015.

Chronique de Jean-Paul Gavard-Perret

Dirk Braeckman 1/1 - L007 a - 2015 - 1/1 2015 60 x 90 cm gelatin silver print mounted on aluminium unique

Dirk Braeckman
1/1 – L007 a – 2015 – 1/1
2015
60 x 90 cm
gelatin silver print mounted on aluminium
unique

Dirk Braeckman, Works on Paper, Xeno  Gallery, Anvers, du 11 mars au 10 avril 2015.

«Carré noir sur fond noir» : tel pourrait être le symbole de la photographie chez Dirk Braeckman. Le réel s’y trouve transfiguré en énigme : il gagne en pulsion, en mystère, en érotisme. Le chromatisme des différents « degrés » de noir prend des aspects picturaux Ils font plus que jamais de la photo un art de création et non un art de reproduction. L’impression de lumière (noire) que cherche à créer le photographe belge est un moyen d’affaiblir les indices de réalité phénoménale, les illusions réalistes dans un « seuil d’émergence minoré ».

En montrant moins, il montre plus car il force à regarder avec une attention accrue. L’éloignement du réel provoqué par affaiblissement lumineux fait le jeu d’une autre proximité. Elle fait le jeu de l’éloignement du leurre. Il y a donc toujours et pour reprendre un terme de la préhistoire du cinéma ce qu’on peut appel un effet de « dissolving views ».

L’objectif d’un tel choix paraît donc évident : voir ce n’est plus percevoir mais d’une certaine façon « perdre voir ». Le spectateur devient un témoin qui peut être atteint par une sorte de « déceptivité » puisqu’un tel choix viole les lois de la représentation. Pour autant – et à l’inverse – il est saisi d’une forme d’envoûtement. Surgit par le noir une forme d’immanence mais une immanence terrestre. Ce n’est pas une compensation du réel mais une adjonction à ce qu’il offre.

©Jean-Paul Gavard-Perret