Les Poésicales 2022 – Le Service du Livre Luxembourgeois 

Article repris du site
Service du Livre Luxembourgeois

Promotion des auteurs et des maisons d’édition de la province de Luxembourg

© SERVICE DU LIVRE LUXEMBOURGEOIS

Portées par la Province de Luxembourg, « Les Poésicales » ont pour ambition de mettre en relation des musiciens de la plateforme www.lampli.be et des poètes de la province de Luxembourg. Parmi ses objectifs, Les Poésicales cherchent ainsi d’autres manières de faire connaître un auteur, un musicien, un texte ou une œuvre pour toucher un large public et favoriser des rencontres inspirantes. 

Cette année, Les Poésicales posent leurs valises dans un haut-lieu artistico-poétique de la province de Luxembourg : Virton. La finalité du projet sera la mise en chansons de textes poétiques, présentée lors d’un concert public à la salle « Le Franklin » (Virton), le dimanche 27 novembre à 15h00.  

Les partenaires rassemblés autour de la Province de Luxembourg lors de cette 3e édition sont la Ville de Virton et sa Commission Culture, Musique Acoustique asbl, le Collectif Balaclava et la revue littéraire et maison d’édition « Traversées ». 

  • Vous avez déjà écrit de la poésie dans la revue littéraire Traversées et vous avez une actualité poétique à proposer ? 
  • Vous êtes un poète de la province de Luxembourg et vous avez publié un recueil ces 3 dernières années ? 
  • Vous aimeriez soumettre un de vos textes à un compositeur, sélectionné par le jury artistique, pour entendre votre production transformée en chanson ? 
  • Vous êtes disponible le 27 novembre 2022 pour découvrir le résultat, à Virton ?  

Alors, cet appel est pour vous : 

Appel aux poètes

Icône PDF Appel aux poètes

Toutes les candidatures devront être rentrées pour le 31 août 2022. 

A vos plumes ! 

PROVINCE DE LUXEMBOURG

Service du Livre Luxembourgeois

Chaussée de l’Ourthe, n° 74
B-6900 MARCHE-EN-FAMENNE

Du lundi au jeudi : 8h00-12h30 / 13h00-16h00

+32 (0)84/31.34.78

sll@province.luxembourg.be

Lecture de mai 2022 de Patrick Joquel

Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Poésie

Titre :Tant que chantent les merles

Auteur : Colette Andriot

Illustrations : Valérie Linder 

Éditeur : L’Atelier des Noyers 

Année de parution : 2 022

14€

Colette Andriot nous invite à passer un moment dans son jardin. Un jardin de ville. On s’y promène au milieu des fleurs, des arbres, des herbes folles. On y rencontre des oiseaux, des escargots, des lombrics. Du silence aussi. Des couleurs, des parfums.

Un voyage minuscule et quotidien : la vie tout simplement. La vie d’une planète, à hauteur de jardin. Un jardin de ville. Le tout petit rejoint l’immense. Rejoint aussi l’actualité : tout n’est pas aussi paisible que ce jardin en ce monde et l’autrice en est consciente. Consciente aussi des luttes pour vivre à hauteur de végétaux, d’animaux.

Rien n’est aussi simple qu’on croit le voir ; même le poème. Même ce livre. Y entrer, c’est entrer dans l’univers.

Les illustrations de Valérie Linder sont joyeuses et colorées. Elles incitent à la contemplation ; comme si on y était dans ce jardin.

Un beau livre à mettre dans toutes les mains et sans modération.

Un jour on quitte

son jardin devenu trop petit

pour aller visiter le monde

cependant

on l’emporte pour

toujours 

dans ses bagages.

https://www.atelierdesnoyers.fr/


Titre : La maison, le jardin et le rêve

Auteur : Paul Bergèse

Illustrations : Solange Guégeais

Éditeur : Voix Tissées

Année de parution : 2 022

15€

Le quinzième album carré de Voix Tissées, collection AAA. Une merveille de douceur et de couleurs. Les pages nous permettent d’entrer dans un jardin. De s’y promener. D’y rêver. 

Bien sûr il y a la maison. Une de ses maisons à parfum de nostalgie d’enfance. La maison du bonheur innocent. Et le jardin. Immense. Mystérieux. Toujours pareil et jamais identique. Les jeux. Les oiseaux. Les fleurs. Les insectes. Les cachettes. Le fil des jours heureux. Des jours colorés. 

Des poèmes pour embaumer l’esprit du lecteur. 

On est bien dans ce livre et les illustrations donnent une part colorée aux rêves de lectures. 

Une réussite. 

À mettre dans les écoles dès la maternelle et bien au-delà bien sûr.


Titre : L’âcreté du kaki

Auteur : Gorguine Valougeorgis 

illustrations : SIXN 

Éditeur : Mars-A 

Année de parution : 2 022

15€

première partie de ce livre : L’âcreté du kaki

Il y a la vie de tous les jours. Les mots de tous les jours. Les rues de tous les jours, comme celle qui mène à l’école. Les arbres de tous les jours, comme le kaki de la rue qui mène à l’école. Les fruits de saison, comme le kaki que l’on cueille et offre à sa petite sœur. Le kaki qu’on aspire et dont le jus dégouline au menton.

Rien n’est plus beau que les secondes… 

qui font du kaki rond un jus 

coulant son son menton que sèche son rire 

La vie de tous les jours.

Et puis il y a la terreur. 

Le ciel a

tous les cerfs-volants

avalés

plus un rêve ne vole dehors

il y a l’enfer maintenant

Le désir de partir pour survivre. Le départ. 

Une frontière comme une ligne

une corde à sauter

L’exil. La vie d’un migrant comme on dit. La vie de tous les jours d’un migrant. Une vie à traverser les mers. Les pays. Les gens. Ceux qui te voient. Ceux qui ne te voient pas. Ceux qui te sourient et ceux qui ne te sourient pas. 

La vie de tous les jours d’un jeune migrant vendeur à la sauvette de cigarettes place de la Chapelle à Paris 

… cet œil adolescent

qui vient à peine d’éclore

mais qui

n’a déjà plus rien dedans

même plus une larme

où se baigner… 

…il passe sa vie 

à passer

d’un pays à l’autre

d’un trottoir à l’autre

d’un quartier à l’autre

d’un papier à l’autre

d’un rejet à l’autre

d’un boulot à l’autre

d’une pelle à l’autre

d’un balai à l’autre

sans qu’on le voie

voilà des mots pour accompagner le cheminement d’un adolescent migrant ou d’un migrant adolescent, on ne sait plus trop dans quel sens mettre les mots. Le cheminement d’un être humain. Des mots partagés lors de rencontres entre l’auteur et le jeune homme. Des mots à partager à notre tour. Des mots pour apprendre à voir aussi. 

Deuxième partie : Reflet rouge

l’auteur, issue lui-même et comme tant d’entre nous, d’un voyage, d’un exil, d’une migration : parents, grands-parents… s’interroge à son tour sur sa présence ici. Comme beaucoup d’entre nous. À partir de combien de générations est-on d’ici ? Avec quel service rendu à cet ici qui pourrait être ailleurs ?

Qu’est-ce qu’on a perdu (sans le savoir vraiment puisque cette perte vient d’avant soi) ?

Gorguine Valougeorgis semble nous dire à travers ses textes que le langage avec ses langues multiples est une clef pour dire son identité. Une car il en existe plusieurs, comme celle qui permet de s’ouvrir à l’autre, de l’accueillir et de cheminer avec lui. Et tant d’autres à découvrir…

les encres et aquarelles de SIXN vibrent en silence avec les poèmes. On reste à les contempler en entendant résonner les mots du poème.

Un livre dense à offrir, à partager et à donner à lire dès le collège.

marsa@free.fr


Titre : Une traversée de soi

Auteur : Chantal Couliou 

Éditeur : Les Éditions Sauvages

Année de parution : 2 022

Une recueil de poèmes confinés. Périodes que nous avons tous traversés, chacun à notre manière. Pour Chantal Couliou, ce fut avec les mots (stylo, crayon ou clavier, peu importe). Elle n’est pas la seule poète à avoir exploré ainsi cette traversée. D’autres livres sont écrits et ont déjà été ou seront publiés autour de ces moments.

Des poèmes écrits derrière la fenêtre, alors qu’il fait si bleu dehors… Et le bleu en Bretagne… 

des poèmes qui s’interrogent sur la fuite des jours. Sur la fragilité de la vie, de sa vie. Des poèmes qui cherchent l’espérance.

Inventer

une nouvelle cartographie

de la terre

pour se frotter au monde.

Pourquoi 

ce besoin de bouger,

ce besoin d’échapper au quotidien,

ce besoin d’explorer l’inconnu, ce besoin de lever l’ancre ?

Cet appel de l’inattendu,

de nouvelles destinations.

Insatiable désir.

Toujours en quête

d’un ailleurs-

indéfinissable.

On repasse 

toujours aux mêmes endroits

dans les mêmes traces-

en boucle.

Relié à l’autre,

aux autres

par des fils invisibles

dans l’espace,

dans le temps.

Ce recueil a obtenu le prix Paul-Quéré 2021-2022

https://editionssauvages.monsite-orange.fr/index.html


Titre : Prends ces mots pour tenir

Auteur : Julien Bucci 

Éditeur : La Boucherie littéraire 

Année de parution : 2 022

9€

Un petit livre de poèmes pour accompagner les derniers mois d’une mère. Comment se tenir face à ce bientôt l’absence, ce bientôt vide ? Face à la douleur de l’autre ? Cette douleur physique qui prend le dessus sur tout le reste ? Cette tristesse infinie ?

La maman, dit Julien Bucci, se récite des poèmes. Des poèmes appris par coeur, pour atténuer sa douleur.

les mots mantras

s’approchent de ton chevet

ils viennent en nombre

te rassurer

ces mots 

tu les tenais

les retenais par cœur

au fond ces mots c’était

déjà

de quoi tenir

On est tous confronté plus ou moins tôt, plus ou moins souvent à ce rendez-vous avec la mort. Le vide. L’absence. Avec cette interrogation sur la vie ? Les poèmes suivent ces points d’interrogation. 

Les mots qu’on partage, aussi simples soient-ils, permettent de garder le lien entre celui qui reste et cette qui s’en va. Le langage et la pensée façonnent notre humanité. Quand disparaît toute parole, la vie disparaît aussi.

La solitude cependant n’est jamais totale, même au fin fond de la douleur

tu n’es pas seule 

au fond 

tu es reliée

à ton cœur qui palpite

aux artères qui irriguent ton corps

reliée

tu l’es 

à ton histoire

à celles et ceux qui étaient là

avant toi et pour toi

tu es reliée aussi à celles et ceux 

qui vont te suivre et seront là

pour dérouler ce fil

sans fin

tu es reliée

à tous les mots que tu as prononcés

à toutes les caresses que tu as reçues et

toutes celles qu tu as offertes

à un père et une mère

qui t’ont invité à venir

au monde

tu es reliée

à tes émotions

à ton corps

qui frissonne

à ce corps qui te parle

tu es reliée

à ces mots mêmes

qui me relient 

en ce moment 

à toi

tout est relié

ici et maintenant

tu es reliée

comme une part du monde

une part du tout dans le tout

tu es là

toi reliée

à tout

http://ekladata.com/-ndrEpdHvC9YZeDWBEvxTH7DbHU.jpg



Revue

Titre : Gustave 2

Auteur : revue

Éditeur : LE CENTRE DE CRÉATIONS POUR L’ENFANCE DE TINQUEUX
www.danslalune.org

Année de parution : mai 2022

Un second numéro que l’on peut lire sur écran ou que l’on peut imprimer. Huit pages, 5 poèmes, 5 poètes et une règle de jeu d’écriture proposée par Bernard Friot.

Les cinq poètes : Chiara Carminati, Mélanie Leblanc, Sandra Lillo, Charles Pennequin,Thierry Renard.

Des poèmes à partager en classe, avec les amis, en bcd ou cdi, médiathèque. Lire ou écouter un poème par jour au minimum est bon pour la santé mentale, le moral et la vie, une petite revue supplémentaire permet ainsi d’augmenter même discrètement la présence du poème au quotidien. À chacun de la donner à d’autres comme une chaîne d’amitié.

l’abonnement est gratuit sur le site www.gustavejunior.com

*


Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Titre : Collectif POÉTISTHME

https://poetisthme.cargo.site/

Année de parution : 2 022

Un numéro spécial consacré aux violences des guerres. Des poèmes, des images. L’art comme témoin, comme solidarité, comme partage, comme désir d’humanité. Pour aller un peu plus loin, un peu plus haut.

Un numéro spécial à donner à lire, à partager. 

Ce sont ces petits signes d’humanité qui portent et accompagnent l’humanité vers un horizon un peu plus humain.

***

Aujourd’hui c’est mon jour de service…
Aujourd’hui c’est mon jour de service,
je veille sur notre champs
dont la terre réchauffée sourit au printemps,
au-dessus de moi des avions volent comme des oiseaux de fer,
je les observe
pour voir si c’est l’ennemi et si des visiteurs importuns avec leurs parachutes
n’arrivent pas,
mon chien est avec moi,
j’appelle ma femme
pour demander comment elles vont, elle et notre fille,
elle me répond qu’elles sont dans un abri anti-aérien,
qu’elles attendent que l’alerte soit finie
et je pense que pour qu’il n’y ait pas de guerres,
il faut fabriquer non pas les balles,
mais les produits paisibles de la culture,
la poésie de l’évolution du bonheur général
est ma position principale,
c’est pourquoi je défends la construction de l’État
sur la base du bien poétique !

35
Сьогодні моя доба чергування,
охороняю наше поле,
яке зігрітою ріллею посміхається весні,
наді мною залізними птахами пролітають літаки,
придивляюся чи не летить ворожий,
та чи не приземляються непрохані гості з парашутами,
зі-мною друг пес,
телефоную дружині,
питаю як вона там з дочкою,
відповідає що сидять в бомбосховищі,
чекають на відбій повітряної тривоги,
а взагалі, для того аби не було війн,
більше за кулі треба виготовляти
мирні продукти культури,
і поезія еволюції всещастя
є моя головна позиція,
тому захищаю конструкцію держави
в основному – добропоетичну!

©mykola istyn
poèmes traduits de l’Ukrainien par ella yevtouchenko 

mykola istyn a envoyé ses poèmes-témoignages depuis le front de l’Ouest Ukrainien. 

Collectif POÉTISTHME: https://poetisthme.cargo.site/


©Patrick Joquel:www.patrick-joquel.com

Lectures de Mars 2022 de Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com


poésie

Titre : La relève

Auteur : Jean-Christophe Ribeyre

avec des œuvres de Marie Alloy

Éditeur : L’ail des ours

Année de parution : 2022

Je voudrais habiter 

l’imprévu,

ce temps choisi 

de la lenteur,

ce temps de sève

qui ne se gagne pas,

ne se perd pas, celui, simplement,

qui met au monde.

Je voudrais descendre 

du train où vont les choses,

Un arrêt. Une pause. On en rêve tous une fois ou l’autre. Prendre un livre en main et le parcourir offre une de ces pauses. Tranquille avec le regard errant de la page à le fenêtre ; songer, réfléchir, écouter puis laisser le rien nous porter de sa présence. Comme un retour à l’essentiel.

Ce livre invite le lecteur à respirer. Souffler. À en tourner lentement les pages. À entrer dans son rythme lent et suivre ses désirs. Beaucoup de pages commencent ainsi par

Je voudrais

comme si au-delà de ce désir on se donnait une feuille de route, un novueau projet de vie ou simplement une invitation à vivre plus haut son quotidien. À vivre plus profond. Plus en conscience de l’éphémère, de ce monde flottant qu’on aperçoit entre les lignes du poème.

Comment ? Déjà en descendant de ce train où vont les choses. Prendre sa journée en main, la conduire ; mais aussi avec les mots. Avec le langage. Mettre des mots sur les jours. Tenter d’être juste entre les mots, sa vie et soi. Avec la conscience que toujours demeure un écart entre le poème et la réalité quotidienne.

Tout revient et se perd

comme les visages,

les mots,

qu’ils se tournent vers nous,

nous habillent

de croyance,

de doute,

tout se tait

et s’en retourne au fossé

dans l’indifférencié,

le redondant.

Oser, tenter l’accord

Je voudrais répondre en ami

au bruissement des saules ce soir,

aux rayons timides

au vent venu tourner 

les pages d’hortensias,

remercier ce qui

m’illumine

et me fait peur,

ce qui chantent et me lapide,

consentir

aux transparences,

aux foisonnements,

à la mort même

trouvant cette page, 

à ce qui fut

comme pour l’éternité 

ma vie d’une journée.

Une des voies de la poésie touche à ce que j’appelle lorsque je parle poésie aux enseignants au savoir-être : un savoir être au monde. Une voie qui s’approche du Tao, une voie que l’on trouve particulièrement dans les poèmes chinois ou japonais du passé, mais pas seulement du passé : du présent aussi et pas seulement chez les auteurs asiatiques, mais aussi en Europe. Ce livre de Jean-Christophe Ribeyre à mes yeux marche sur cette voie. 

Sans donner aucune leçon, sans apporter aucune réponse, il nous dit simplement

je voudrais être là,

simplement,

sans jeter d’images.

Sans avoir à frapper

aux portes du langage.

Simplement m’éprendre.

Ne foisser,

à aucun prix,

la robe des choses tues.

À lire dès la fin du college et jusqu’à plus soif.


Titre : J’attends la venue du grand froid

Auteur : Fitaki Linpé

Images : Pauline Collange

Éditeur : Via Domitia

Année de parution : 2 021

15 €

Un recueil de haïkus à lire au coin du feu si on a une cheminée ou sinon en imaginant la cheminée. Ces heures que l’on passe à regarder les flammes, les braises tandis que dehors tempête l’hiver ou simplement le froid bleu ou gris… Des heures de contemplation. De silence. Des heures avec ce compagnon discrètement présent pendant que l’on vaque à sa lecture, sa cuisine ou son ménage ou à l’écriture.

Le feu. Ce face à face vieux d’environ au moins 400 000 ans (Terra Amata et son feu maîtrisé), on n’est pas à un jour près, ce face à face donc entre l’homme et le feu… contempler un feu c’est se renouer à toutes ces veilles… répéter des gestes plus que millénaires… C’est être humain aussi, et simplement.

Sous le bois qui brûle

les braises palpitent

j’attends la venue du grand froid

devant le feuilles

mon invité boit du vin chaud

moi ses silences

petit matin froid

le feu et moi

plein d’entrain

soir et matin

à la paresse

le feu m’encourage


Titre : Dans le bonheur d’aller

Auteur : Jean-Hugues Malineau/Françoise Naudin-Malineau

Éditeur : Pippa

Année de parution : 2 020

16€

Haïkus 1989 à 2018, en sous titre. Un recueil de haïkus, mais pas n’importe quels haïkus, non : ceux que le couple envoyait à ses amis en guise de carte de nouvel an. De petits cahiers imprimés et façonnés à la main. J’ai la joie d’en avoir reçu quelques uns, et de les garder précieusement.

Un parcours de vie. De vie partagée. Chaque haïku comme un jalon de cette histoire, comme un cairn sur le chemin.

Poésie la vie entière écrivait Cadou. Les Malineau en sont complices et acteurs. Je vous invite à découvrir ces pages, à vous y arrêter un moment, là où vous vous sentez en écho, à respirer les parfums du haïku. Chacun y trouvera sa joie, la paix et du songe car telles sont les voies du haïku. Quelques syllabes et l’infini à portée de paupières.

En voici trois qui me résonnent bien en profondeur.

Le silence est 

peut-être 

le parfum des pierres

Rives silencieuses 

une libellule bleue 

incline un roseau

Un temps infime

entre la dernière hirondelle

et la première chauve-souris

https://www.pippa.fr/Dans-le-bonheur-d-aller?var_recherche=dans%20le%20bonheur%20d%27aller


Titre : Éphéméride, feuilles détachées

Auteur : Anthologie

Éditeur : Pourquoi viens-tu si tard

Année de parution : 2022

Une anthologie fort sympathique sur le thème du Printemps des Poètes 2022, accompagnée de photo de Marilyne Bertoncini, des feuilles d’automne, encore à l’arbre ou sur le sol. Comme les pages qu’on effeuille sur un éphéméride. Une ambiance douceur, une ambiance couleur. Un brin de nostalgie : le temps qui passe, les souvenirs en suspension et leur chute aérienne, évanescente suivie de ce petit bruit au contact du sol. J’ai été, je suis, je… 

Des poèmes divers, comme dans toute anthologie, chacun y fera son marché. Personnellement j’ai mis dans mon panier les poèmes de Antje-Stehn, Marilyne Bertoncini (comment résister à un poème sur le kaki quand il est présent dans un de mes albums et dans chacun de mes automnes?), Brigitte Broc et son « passagère du poème,

je vais,

jusqu’au bout de la page,

jusqu’au bout de la nuit. »

ou bien Ghislaine Lejard avec ce haïku

« Calames dans le jardin

sur la page du ciel

une calligraphie de silence »,

et tant d’autres à découvrir…

Une autre particularité de cette anthologie, c’est son ouverture au monde : des poètes de plusieurs pays sont présents avec leur poème en langue originelle et traduit (parfois en passant par l’anglais). Une heureuse initiative à saluer.

****

Fièrement se dressent

les pissenlits

sur les ronds-points

dans le vacarme des zones

de transit frénétique

Je les rencontre tapis

au niveau du regard des chiens

Des grappes de rayons filtrent

à travers les douces tiges de papier

vélin

tout flotte comme le feuillage

dans le jeu clair-obscur

d’une forêt magique

subtile et si légère

presque transparente

de sphères de graines rayonnantes

riches d’infinis possibles

il suffit d’un souffle de vent

pour une vie nouvelle

dans les fissures du quotidiennement

C’est mon Komorebi

drogue du bonheur made in Japn

on la trouve à n’importe quel coin de rue

n’importe quand.

Komorebi : ce mot japonais désigne la lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres.

Antje-Stehn

****

Les kakis

L’automne est un brasier tourmenté

il enflamme les feuilles de l’arbre qui se tord

sous le poids de ses fruits

braises promises à tes lèvres

La laque rouge du feuillage ensanglante le ru

et le fruit dans ta main a le poids un peu mou

d’un sein vermeil et doux sous la soie de sa peau

qui se fendille un peu comme pour un baiser

C’est un soleil couchant que tu portes à ta bouche

en dégustant l’instant

maintenant

à jamais.

Marilyne Bertoncini

***

http://www.association-lac.com/



roman

Titre : A(ni)mal

Auteur : Cécile Alix

Éditeur : Slalom

Année de parution : 2 022

14,95€

Un récit poignant. Un livre qu’on ne lâche pas. Pas plus que le Je qui raconte son histoire ne lâche son chemin. Droit vers l’Europe. Il faut partir. Sa mère pousse au départ, l’organise. Le père a été tué par les soldats du gouvernement, les deux aînés sont déjà partis mais n’ont pas survécu à la traversée : ils ne savaient pas nager. La mère se sait en danger : elle persiste à vouloir enseigner…

le voyage. La route. Se battre pour garder sa place. Sa vie. La mer. Le canot. Les vagues. Les morts autour. Le combat de chaque instant pour survivre. L’Europe enfin, l’Italie. La fuite toujours. Rester libre. Le voyage en Europe. La survie. Des rencontres humaines, des accueils temporaires. Une nouvelle vie enfin.

En cette fin d’hiver où nos politiques s’interrogent sur la différence entre un migrant ou un réfugié, ce livre prend une dimension plus profonde.

À lire maintenant et dès le collège.

https://www.lisez.com/livre-grand-format/animal-voyage-migrant-aventure-destin-a-partir-de-13-ans/9782375543313

*


Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Samedi 2 et dimanche 3 avril salon du livre de Flers (61)

dimanche 1er mai : printemps de Durcet (61)

vendredi 13 au dimanche 15 mai : salon du livre de Luçon

samedi 21 mai : salon du livre de Peymeinade (06)

vendredi 3 au dimanche 4 juin : salon du livre de Grimaud (83)

vendredi 7 au dimanche 9 octobre : salon du livre de Mouans-Sartoux

Les lectures de février 2022 de Patrick Joquel


Poésie

Titre : Perspective flottante / marias Poitevin

Auteur : Luce Guilbaud 

Éditeur : Rougier V. éditions

Année de parution : 2 021

16€

Le lecteur entre avec Luce Guilbaud dans ce paysage indécis où l’on ne sait plus exactement où commence la mer, où finissent les eaux, où se terre le sol. 

« … un paysage mouvant traversé d’oiseaux. »

Paysage de reflets, de mirages, de regrets, de retraits, de tentatives… paysage à bercer dans le regard, à laisser ruisseler sanglots et rires jusqu’à leur coulée. Paysage solitaire. 

Paysage d’oiseaux. Multiples espèces. Régal pour les yeux, pour le chercheur, pour le contemplatif. 

Paysage d’enfance où le miracle est à chaque pas, à chaque regard : tout est si changeant sur le marais. Sa lumière, ses reflets, ses oiseaux…

Paysage silencieux. À peine troué par les oiseaux, quelques insectes et le vent parfois. 

Souvenirs, présents et la certitude d’un demain identique. Un demain que la prochaine marée modifie déjà, parmi les ombres floues d’hier.

« Ici l’eau ne va pas simplement

elle a ses peurs ses retraits ses écarts

ses regrets ses tentatives tentations

et ses pertes dans le multiple

l’eau se crée entre ses propres bras

et se berce en mirages inversés

elle transporte ses soifs et ses débordements

son langage nous impose de plus lustrales leçons

sous le ciel et ses coulées de bleu

s’y noient infiniment nos sanglots retenus. »

http://www.rougier-atelier.com/?product=pu59-perspective-flottante-marais-poitevin-luce-guilbaud


Roman

Titre : L’arbre monde

Auteur : Richard Powers

Éditeur : Le Cherche Midi

Année de parution : 2 018

Je termine la lecture de ce livre et découvre dans un article du Monde qu’on estime à plusieurs milliers le nombre d’espèces d’arbres inconnues. Des arbres rares et donc fragiles. À préserver d’urgence car dans ce monde en pleine mutation climatique ils sont peut-être un avenir, peut-être aussi une pharmacopée du futur.

Ce roman donc tourne les feuilles des arbres. Via plusieurs personnages et autant d’histoires personnelles différentes. Tous se retrouvent autour des arbres, que ce soit ceux de leur jardin, ceux de leur recherches scientifiques, ceux qu’ils voient de la fenêtre ou encore ceux qu’ils essaient de sauver des bûcherons. Combats dont on a entendu parler dans nos journaux… découvertes récentes de la communication entre les arbres et cette idée qu’au-delà de chaque individu, la forêt est une entité vivante. 

Entre fiction et réalité ces pages donnent au lecteur une conscience plus vive de son environnement, de sa méconnaissance et l’invite en retour à plus de curiosité, plus de respect.

Un livre étonnant. Un livre de conscience. Un livre qui propose à son lecteur de vivre un peu plus haut que d’habitude.

https://www.lisez.com/livre-de-poche/larbre-monde/9782264074430


Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

 

  • Tout le mois de février exposition « Temps joueur/espace éphémère » à la Mairie de la Roquette/Siagne avec Laurent Del Fabbro.
  •  3  et 11 mars : Collège la Chênaie et Médiathèque la Strada de Mouans-Sartoux, rencontres avec une 6e.
  • 18 et 19 mars : rencontres plurielles de la Suze/Sarthe. rencontres avec deux classes et salon du livre poésie
    .
  •  Breil/Roya (06) rencontres le jeudi 24 mars de 14h à 15h pour la classe de 5ème du collège et de 15h à 16h pour la classe de CM2 de l’école.
  • 2 et 3 avril : salon du livre de Flers (61).  
  •  du 12 au 15 mai : animations et salon du livre de Luçon
  •  du 3 au 5 juin, salon du livre de Grimaud et rencontres avec des classes 
http://www.facebook.com/patrick.joquel

 et sur Radio Grand ciel.fr, émission la route inconnue de Christophe Jubien.

La poèmothèque d’Ethe 

La poèmothèque d’Ethe s’agrandit de jour en jour, grâce à des services de presse que je reçois depuis plus d’un quart de siècle ainsi qu’à des dons de particuliers et de bibliothèques ou autres organismes, ce dont je les remercie vivement. 

2050 recueils et revues littéraires répertoriés. Près de 4000 en rayons…

N’hésitez pas à parler de ce projet autour de vous et à nous communiquer des adresses de personnes susceptibles d’être intéressées et/ou d’organismes qui pourraient ajouter ces ressources sur leur site !

Le poèmothèque d’Ethe, sise au sein de la bibliothèque de l’ancienne mairie, rue du Dr Hustin, 67A, est accessible sur rendez-vous ainsi que tous les mercredis de 16 à 20 heures. Les ouvrages peuvent soit être consultés sur place, soit être emportés, gratuitement. Pour les lecteurs de la Province de Luxembourg, ils peuvent être envoyés gratuitement via le prêt inter-bibliothèques. Pour tout autre envoi, une participation aux frais de port sera demandée.

Tous les avis, remarques ou suggestions sont les bienvenus.

Patrice Breno

Revue Traversées

Directeur de publication
43, Faubourg d’Arival
6760 VIRTON (Belgique)
https://traversees.wordpress.com/a-propos/
0032 497 44 25 60

0032 63 57 68 64


Poèmothèque d’Ethe (Virton), Belgique = conservatoire de recueils de poésie et de revues littéraires, 

2050 recueils recensés à ce jour sur plus de 4000 en rayons…

Catalogue sur demande à biblioethe@gmail.com