Les lectures d’octobre 2024 de Patrick Joquel

album

Titre : La grève du Père Noël
Auteur : Susie Morgenstern
illustrations : Theresa Bronn
Éditeur : efa
Année de parution : 2024

Un album tout coloré, joyeux et léger ; malicieux aussi. On connaît la joyeuse malice de Susie qu’accompagne ici la malice joyeuse de Theresa. Un album à offrir à Noël. Pour accompagner un Père Noël fatigué à la découverte de Nice. Il cherche une idée de cadeau. Un cadeau pas comme les autres. Un cadeau qui rend heureux. Quel est ce cadeau magique ? Je ne le dirai pas ici mais je vous invite à le découvrir. Soyez curieux !

https://www.lefestivaldulivre.fr/evenements/lecture-dessinee-la-greve-du-pere-noel-avec-susie-morgenstern-et-teresa-bron/

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Titre : André cultive l’avenir
Auteur : Julie Rieg
illustratrice : Dominique Devun
Éditeur : De fil en mémoire
Année de parution : 2 024

Une biographie à hauteur d’enfance de André Aschiéri, maire de Mouans-Sartoux pendant des années, député aussi. Un homme qui a développé la ville avec une vision humaniste de la cité autant que de ses habitants. Il a mis à l’honneur pour tous, la vie associative, le sport, la culture avec un regard acéré sur l’écologie. Le vivre ensemble et en accord avec la planète.

Un livre pour découvrir un homme qui s’est engagé en politique tout entier et sans jamais rien lâcher.

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poésie

Titre : Est-ce que tu rêves encore
Auteur : Christine De Camy
Éditeur : la Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 024

On aime bien dire d’une poète c’est une rêveuse ; pareil pour un poète. Égalité dans les stéréotypes de la poésie. Cependant, la poésie c’est toujours autre chose. Si elle sait rêver, comme certaines fictions littéraires, elle sait aussi jouer, aimer, explorer, interroger et bien d’autres sentiers aussi… Ce recueil explore et interroge le rêve. Ce truc bizarre qui joue dans notre cerveau pendant que le corps dort à poings plus ou moins fermés, comme un bébé ou bien comme une bûche disent les anglais. Ce truc quasiment insaisissable même pour ceux qui essaient d’y être attentifs, d’en sauver quelques bribes au réveil, dans un carnet de nuit. Ce truc dont on dit certains matins :

– J’ai fait un chouette rêve, cette nuit…

– J’ai cauchemardé cette nuit…

– Je n’ai pas rêvé…

Cette dernière phrase est un mensonge : on a oublié.

Ce truc qu’on se souhaite mutuellement au coucher :

– Dors bien ! Beaux rêves !

Mille et une questions autour du rêve dans ce livre. Certaines résonneront avec le lecteur, d’autres non. Aucune explication, juste des échos. Des interrogations qu’on espère partagées. Pour se rassurer peut-être…

mille et un

– Es-ce que tu …

Un livre qui se lit à plusieurs voix, comme une foule interrogative, une foule en recherche. Un livre à partager dès le lycée.

https://www.livre-provencealpescotedazur.fr/ressources/catalogue-des-parutions/est-ce-que-tu-reves-encore-729303066795

au matin ils s’effritent souvent

entre tes doigts comme ils s’émiettent

est-ce que les tiens à l’aube s’effilochent aussi

est-ce qu’ils te bribes de rêves

la sonnerie tranche net

est-ce qu’elle t’alarme ça bat dedans

est-ce qu’elle t‘écarquille

la nuit vole en éclats

rêve congestionné suspendu rêve cisaillé

et tu sautes à pieds joints

et plus question de

d’autres fois dimanche peut-être

ton sommeil s’étire et baille

restent quelques flocons sur tes mains dés écailles

est-ce que balai haussement d’épaules

un rêve n’est qu’un rêve

et poubelle pu

est-ce que dans ta paume tu les cueilles

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Roman

Titre : La planète des dormants
Auteur : Gaël Aymon
Éditeur : Nathan
Année de parution : 2018

Un vaisseau spatial en perdition atterrit sur une planète dont les relevés disent qu’elle est habitable et déserte. Habitable oui, déserte non. Les astronautes découvrent un peuplement humain. Mystère sur son origine. Ils entrent en contact. Les opinions divergent dans les deux groupes : les pour, les contre… En dire plus serait divulgacher l’intrigue et ses rebondissements. Ce serait dommage. Un livre SF mais qui résonne bien avec des questionnements actuels : pollution, colonisation, rencontre et différence… Je l’ai dévoré en une après-midi d’automne sous alerte orange…

À lire dès le collège.

https://site.nathan.fr/livres/la-planete-des-sept-dormants-roman-sf-dystopie-9782092580110.html?srsltid=AfmBOoq7B8qcpQcZJoFi6Yg-nt-_AVq3YxzqC4lJrrm3v1rW4z6uW-yU

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Titre : Rufus le fantôme
Auteur : Chrysostome Gourio
Éditions Sarbacane
Année de parution : 2017

Raconte-moi une histoire de fantôme. Pas une histoire à faire peur. Non, une histoire du quotidien. La vie du fantôme Rufus : l’école, les copains, le désir d’avenir, le projet d’un métier. C’est là justement que ça coince un peu : le désir de métier de Rufus ne correspond pas à l’attente de ses parents, fantômes eux aussi. Il se débrouille pour apprendre ce métier en cachette auprès d’un professionnel (fantôme aussi). Comme tout métier, il est frappé de ré organisation pour gagner en productivité. Révolte en sourdine des professionnels et finalement Rufus va innover. Créer une grande première dans la société des fantômes.

C’est vivant, drôle et tient bien en main. À lire des 8 ans.

https://editions-sarbacane.com/romans/rufus-le-fantome

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© Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

Lecture et adaptation de « TERRE ADOLESCENTE » de Jeanne CHAMPEL GRENIER – Poésie libre

(« …) Là pourtant, au milieu des broussailles, il avait planté des légumes espacés que bordaient des lis blancs, des verveines et le comestible pavot ; avec ces richesses, il s’égalait dans son âme…aux rois ; et quand, tard dans la nuit, il rentrait au logis, il chargeait la table de mets qu’il n’avait point achetés. Il était le premier à cueillir la rose au printemps et les fruits en automne ; et, quand le triste hiver fendait encore les pierres de gel, et enchaînait de sa glace les cours d’eau, lui commençait déjà à tondre la chevelure de la souple hyacinthe, raillant l’été trop lent et les zéphirs en retard. Aussi était-il le premier à voir abonder ses abeilles fécondes et leurs essaims nombreux ; les tilleuls et lauriers-tins étaient pour lui extrêmement féconds ; et autant l’arbre fertile, sous sa nouvelle parure de fleurs, s’était couvert de fruits, autant il cueillait de fruits mûrs à l’automne.(… »)

                                                                                                                Bucoliques de Virgile, IV


       Jeanne, dans ce nouveau recueil illustré en couverture par une belle reprise inspirée des amants de Chagall, vos adolescents sont bien jeunes, à moins qu’ils ne papillonnent encore…Ils ont gardé le printemps dans leurs mains « balsamiques » et « leur duvet tout neuf ». Elle boit le thé fumant, en silence, avec « un grand fou entreprenant, plein de chardons dans les cheveux »( p 9). Elle jardine mais lui « reste autour » faisant crisser le cuir de ses bottes.

      Si le creux des mains semble ponctuer le texte poétique de douceur et de tendresse, c’est bien la Terre qui en est à son adolescence ( p 10). Pourtant, une main dans une poche retrouve « des petits mots perdus », ceux de la mater familia qui a veillé tard sur les danses et les polkas( p12). « La Terre se couche tard », les ados retrouvent la raison à l’aube, pieds nus après  « des effluves sacrées, quelque noce de Cana » agrémentée d’orangeade et de miellats ; mais ils sont de grands papillons ou de fines tourterelles ! …Et les mains fragiles « emplissent les sacs de lin fin ( dont on cousait les draps) de plantes choisies et d’aromates, et lui, malgré le froid, est à l’affût du cerf « dans sa hutte de branches  »(p 22) ; faisant tous deux corps avec la Nature. 

       L’occupation de l’une est aussi le grand souci de l’un ; et même si « chaque pas brise un miroir » ( P.14)  « chacun entend l’ici et l’ailleurs » ( P.19)

Parfois ils s’en retournent au bord d’une rive où l’herbe sèche leur a rendu leurs doigts ; la Nature et le froid mis à part, je cite Jeanne CHAMPEL GRENIER : « Ils ne sont plus que deux, Elle et Lui, bien serrés, pieds nus, et n’ont (  »n’avaient », dans le texte) d’autre faim que la liberté » ( P. 21)

  Réunis au chaud, Maria Carmen laissant ses obligations, fait une pause au son du flamenco : moments d’harmonie où les reflets des corps s’impriment derrière le rideau, puis il l’écoutera dormir « ..Car son cœur est là «  dans l’ancolie de ses yeux clos où le rêve a la teinte du laurier rose et du mimosa bleu » ( P. 24) : Fruits vertigineux de l’amour !

« À l’embarcadère, Elle retient ses cheveux, de sa main blanche… » L’hiver semble leur être favorable ; peut-être grâce au feu qui exige des mains tout un abracadabra ! Elle se fait alors babouchka et lui moujik, et c’est ce que renvoie « la forêt de glace où chaque pas brise un miroir »

    L’imbécile que je suis vient de comprendre : l’amour est une rivière, où l’homme se tient en amont, et sa compagne en aval ( ou inversement) mais leurs membres brassent les mêmes eaux : Une rivière « est un nid de hasard…qui fait bien les choses »( P 27) aussi sont-ils à l’épreuve du ‘‘fond de l’air » . Et voilà que de  »papillons’,‘ nos ados se font  »passereaux réfugiés dans les pins connus d’eux seuls ».

     C’est un nouveau battement d’ailes, pas si différent de nos bras agités. Ce peu de sommeil fonce d’un éclat violet son regard matinal de femme et le chèvrefeuille s’est emparé des cheveux de l’homme.
La guitare posée, à l’heure bleue, l’instant se partage dans un vase improvisé avec les albizzias, l’émotion des jacinthes, la force de la mélisse et de la menthe : Coeur sensible !…
Derrière le rideau monte l’écho de sa voix « à peine bleue » ; et blanc comme neige résonne son « Salut ! » ; Poètes, ils sont aussi, à portée de voix, de haut en bas de la rivière ; c’est donc là qu’Elle trouve le temps de remplir des cahiers d’écolier ( qui sont mille), tandis que doucement la musique – et cela m’importe beaucoup – transcrit « une vie entière(…) sur des portées multiples »

Bruit de l’eau, silence du gel… bruits du feu et de l’homme... « On pourrait rester là des jours entiers tendrement adossés au silence » ( P 54) et même se relever en pleine nuit pour hier ou demain « respirer  la peau des mandarines, cette douce écorce qui ouvre la passion, et « se revoir tête nue sous la neige, des flocons au bord des lèvres »

Secret de femme-rivière, de femme-neige : 

« Rester sage pour être aimée ! Des jours entiers ! »

Les lectures de Patrick Joquel

Roman

Titre : Les disparus de Blackmore

Auteur : Henri Lævenbruck

Éditeur : X éditions

Année de parution : 2 023

Voici un roman délicieusement british. Enfin pas tout à fait. Il se déroule dans les îles anglo-normandes, dans une île Blackmore près de Guernesey. Une mini-société mi-anglaise / mi-française. Avec en arrière plan des siècles d’histoire insulaire. Des gens disparaissent sans laisser de trace. Bizarre, n’est-il pas ? Un vieux monsieur aveugle convoque une jeune française dont il a bien connu la maman pour enquêter sur la disparition de sa nièce. Lorraine Chapelle est la première femme diplomée de l’Institut de criminologie, s’il vous plait. Elle débarque donc sur l’île et commence à enquêter… Le curé de l’île de son côté a invité son grand ami Edwed Pierce à venir également enquêter. Edward est détective spécialisé dans l’occulte : un détective de l’étrange.

Ce couple improbable va chercher une explication à toutes ces disparitions ; ce ne sera pas simple tant les iliens se taisent.

Une histoire comme on les aime : déroutante et prenante. À lire dès le collège.

Blackmore-island.com


Titre :Oxcean

Auteur : Nicolas Michel

Éditeur : talents hauts

Année de parution : 2023

Pépite fiction ados 2023. Cela m’a attiré autant que la tentacule de pieuvre en couverture. Je me suis plongé un matin d’été dans cet oxcéan et en suis sorti le soir.

Univers science-fiction, fin 21e siècle. Une première enfant nait avec une écaille de poisson sur la nuque. Tests divers y compris génétique. Rien à signaler sauf cette mystérieuse écaille. D’autres enfants vont bientôt porter également une écaille sur la nuque. Des élus ? Une nouvelle variation de l’espèce humaine ? Un retour progressif à l’océan primordial ? Une nouvelle page de l’aventure humaine et de la Terre ? Face à la destruction des milieux terrestres, l’océan serait-il notre avenir ? Une entreprise de sauvegarde planétaire fondée par un écologiste radical vient surfer sur ces porteurs d’écailles…À travers le roman, on en suit quelques uns et ils nous entrainent dans une réflexion autant sur le pouvoir politique que sur l’écologie.

Captivant. Déroutant. Surprenant. Un peu lointain. Et pourtant tellement possible aujourd’hui. Tellement proche.

À découvrir dès le collège.


album

Titre : Laly à l’envers

Auteur : Katia Jakuba-Rebex

Éditeur : Les mots dans une valise

Année de parution : 2 024

Laly est une petite fille pas tout à fait comme les autres. Elle inverse les syllabes quand elle parle. Maman devietn man-ma, Laly, Lyla etc.

Quand elle entre à l’école, avec angoisse, elle découvre d’autres enfants et d’autres problèmes : dyslexies, zozotement, timidité. Elle se sent moins seule. D’autant plus que son enseignante s’occupe d’elle et finit par la réconcilier avec les syllabes.

Un livre à mettre dans toutes les classes, histoire de se souvenir que nous sommes tous différents et que nous méritons tous aide et respect. Un bel hommage aussi aux professeurs !


Titre : Burlububu

textes et illustrations : Elisabeth Cornet

Éditeur : Encres de Siagne

Année de parution : 2022

Un petit album carré et coloré. Un texte dans la lignée de la chasse à l’ours. Il fera le bonheur des classes de maternelle et de cp ! Les illustrations minimalistes offrent aux enfants un regard différent sur l’image.

Un petit livre pour le plaisir de jouer avec les mots et les traits. Un petit livre qui saura également générer des ateliers de création autant avec les mots qu’avec les crayons.



www.patrick-joquel.com

Les lectures d’avril 2024 de Patrick Joquel

Lectures d’avril 2024

poésie


Titre : L’amour des idées
Auteur : Bruno Mabille
Éditeur : Toi éditions
Année de parution : 2024

Voilà un livre qui peut se passer de tout commentaire. Il n’en a pas besoin. Il suffit de l’ouvrir et on est emporté, ou du moins il m’a emporté, dans sa surprise, sa logique et ses poèmes. Chaque poème commence par : j’aime l’idée

et donc en voici deux :

1

j’aime l’idée
que la vie
suive le cours
d’une dérive naturelle
allant de possible en possible
et créant elle-même
son avenir.

16

j’aime l’idée
que la vie
ne cesse d’offrir
des occasions
qu’il faut capter au vol
saisir dans l’instant
et qu’il ne faut pas gâcher
parce qu’une occasion ratée
ne se retrouve pas
et que l’on ne vit qu’une fois.

www.arpenterlesmots.com


Titre : N’oublie pas
Auteur : Estelle Fenzy
Éditeur : L’Ail des ours
Année de parution : 2024

L’écriture interroge. Questionne le monde. La vie. Le temps. Ici, elle suit mot à mot la vieillesse. Le quatrième âge. Ces journées où le corps demeure. Vacille. Tient bon même s’il ne tient plus debout. Ces journées où l’esprit s’éloigne. On ne sait où. Ces journées où l’esprit ne reconnaît plus ni ce qui l’entoure, ni ceux qui l’entourent. Cette absence. Ça déchire les plus jeunes. Les enfants, même grands. On y est tous ou presque tous confronté un jour. On a peur aussi que ça nous arrive…C’est dans ce temps-là que s’inscrit ce livre. Un livre intime. Intimiste. Et bien secret. Je mettrai bien ce livre entre les mains de tous les soignants, de tous les aidants. Juste pour les accompagner de son chuchotement. 

Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Lectures de Patrick Joquel


Titre : Ce que nous sommes lorsque nul ne nous voit

Auteur : Adeline Baldacchino

œuvres de Michel Remaud

Éditeur : Ail des ours

Année de parution : 2 024

22e ouvrage de la collection grand ours est sous-titré Carnets normands. Un livre ancré dans un territoire comme on dit maintenant. Une Normandie des rivages. Avec des goélands dont le rire ne laisse personne indifférent ; ni leur vol. Des étoiles de mer : fascination de leur pouvoir de régénération… Fascination aussi devant l’enfant joueur. Remplir la mer de galets ou bien s’envoler à bord d’un cerf-volant… nous avons tous joué ainsi sur la plage ou sur le rivage à mouille moi les pieds si tu peux. Rien ne nous empêche d’y jouer encore à l’âge adulte, seul ou bien avec son enfant. Dans un des ces moments de grâce où nous sommes là, juste présent au maintenant de l’endroit. Juste soi. Face à l’océan. Avec ce sentiment profond de l’éphémère aventure de son corps, de son soi. Cette étreinte et son sourire 

…l’escapade (aussi insensée soit-elle)

aura été plus belle

qu’il n’était possible de l’imaginer.

Dans cette aventure, on joue à être parent ; mère ici. Écrire serait comme une lettre à son enfant ; une lettre à lire quand il sera grand… Les mots survivent un peu à la voix ; permettent le lien à travers le mystère de la vie. Écrire contre la perte. Écrire pour accompagner encore un peu. Pour croire encore à demain.

il n’y a pas de poésie

il n’y a que des preuves par le poème

des augures offerts

le pressentiment de la grâce

la joie que rien n’oblige.