Lectures d’octobre 2015 de Patrick Joquel

 

En poésie

Titre : Les yeux de Louise9782915387100_1_75

Auteur Paul Bergèse

Gravures de Titi Bergèse

Editions lis et parle

Année de parution : 2015

Une petite Louise, arrière-petite-fille de l’auteur… ça laisse rêveur. Ce songe silencieux veille autour du couffin et grandit avec l’enfant. Un long poème méditatif s’enroule ainsi autour de la petite merveille… Un feu d’artifice de tendresse, de douceur et de cœur. Cette émotion qu’on appelle poésie, ce musement, ce temps suspendu où le regard embrasse quelques brins d’éternité. Un livre paisible et heureux. C’est simple. Tout simple. Et fort. Très fort. Les gravures colorées jonglent avec cette joie, ces sourires et cette complicité que noue Louise.

L’ensemble est une réussite à déguster auprès de chaque berceau


Titre : Vent de leur nomguilbaud2site

Auteur Luce Guilbaud

Editeur : Editions Henry

Année de parution : 2015

Un retour à l’enfance. On dit souvent que la poésie traite de la perte. Ici, ce serait la perte du père, la perte de la mère. Sur chaque double page, à gauche un poème commence par « mon père », page de droite par « ma mère ». Ici, Luce Guilbaud visite ses souvenirs, met des mots sur ces impressions d’enfant ; des mots d’adulte. Se dessine alors en creux le portrait de ses géniteurs, et dans leur ombre celui de Luce enfant. Cet enfant qui deviendra celle que nous connaissons et apprécions.

Un livre qui dévoile donc. Et notre amitié vient vibrer avec ses confidences.


 

Titre : Paris, New-York, Clevelanddesmee1site

Auteur Maria Desmée

Editeur : Editions Henry

Année de parution : 2015

Un voyage. Commencé à deux. Un retour en solo. Des poèmes plein de pudeur, de silence et de cet impalpable appelé poésie. Celui qui s’est absenté vibre sous les mots tandis que celle qui écrit apprivoise son absence.

Un livre fort. Dense. Un témoignage autant qu’un partage. Nous nous y associons tous.

Respect.



 

En roman

Titre : Trilogie de Lewis : *L’île des chasseurs d’oiseaux * L’homme de Lewis*Le braconnier du lac perdu*La-trilogie-ecossaise-Peter-May-Policier

Auteur Peter May

Editeur :Rouergue

Année de parution : 2010/2011

On part pour les îles du Nord West de l’Ecosse. Terres étroites, brumeuses, balayées de vent, de pluie… Des petites communautés humaines, avec tout leur poids de traditions, de non-dits, de respects…

Un homme Fin, natif de l’île et qui y revient pour tenter de survivre après la mort brutale de son enfant. Cet ancien inspecteur de police se retrouve confronté à son passé, à des drames qu’il va tenter et réussir à résoudre.

Des récits haletants, d’une profonde humanité, surprenants ! Dans un décor que j’aime. Des allers-retours entre passé, nostalgie, souvenirs et présent, comment construire un nouveau présent au cœur de sa matrice enfantine…

Une trilogie à lire toute affaire cessante : je l’ai trouvée simplement excellente.


 

Titre : Nour et le peuple des loupsmichel-piquemal-et-emmanuel-roudier-nour-et-le-peuple-des-loups

Auteur Michel Piquemal

Editeur :Rue du monde

Année de parution : 2015

Nous sommes en préhistoire. Un moment de rencontre entre deux peuples différents. Un de ces moments de métissage dont l’histoire est si friande et qu’aujourd’hui semble oublier.

Un texte fort et qui résonne fortement avec notre actualité.

Aller vers l’autre, le rencontrer. S’enrichir des différences… Toujours le même programme, le seul qui permette d’aller de l’avant.

Une histoire prenante ! Un moment de philosophie humaine.


 

Titre : TraficafricqueoCkffSilWvW2OiOQkhpemcyfOmY-2

Auteur: Dirick

Editeur : Ratatosk

Année de parution : 2013

Dirick délaisse la BD pour la prose. Un récit de voyage. Paris Bamako en Peugeot 404. C’est drôle, émouvant, parfois hallucinant. La rencontre avec l’Afrique transforme l’homme blanc, on n’en guérit jamais de l’Afrique.

Un livre pour ceux qui y sont allés, un livre pour ceux qui en rêvent. Un bon moment de lecture souriante et grave. Cette gravité enfantine qui rend tout jeu sérieux, vital.


 

Titre : Les dodosd_tmvA4xZbFIOZ7IbnYhMXxFY24

Auteur Dirick

Editeur :Ratatosk diffusion

Année de parution : 2013

Un univers que Dirick connait bien : la BD. On y trouvera même un grand clin d’œil à Pif ! Deux artisans de la BD se croisent, rêvent de leur révolution, mijotent de petits festivals en petites commandes. Opération survie. Survie au quotidien. Survie du rêve qui sous-tend leurs destins. Un livre où l’on retrouve le sourire malicieux de l’auteur. Et sa fantaisie : R2D2 passe, on enterre un instrument de musique… Et sa lucidité sur le monde et la vie : petites misères quotidiennes, suicides…

Rien n’est jamais aussi simple qu’on voudrait bien le croire. Cependant, on sort de ce conte moderne avec le sourire et l’envie de poursuivre l’aventure.

©Patrick Joquel

Lectures de juin 2015 de Patrick Joquel

 

 

Lectures de juin 2015

de

Patrick Joquel

 

www.patrick-joquel.com

poésie 

Titre : Avec mes deux mains

Auteur Simon Martin

Images d’Estelle Aquelon

Editeur : Cheyne 2 015

Année de parution : 2 015

Prix : €15

Un très bel ensemble de poèmes sur le thème de la main. On explore l’univers de nos deux mains, leurs possibilités, leurs élans, leurs éclats. Des poèmes limpides qui centrent sur soi. Sur le corps. Et qui ouvrent des horizons intimes ou humoristiques, voire existentiel. Rien d’aussi simple qu’il n’y parait au premier abord. Evidemment, sinon ce ne serait pas poésie…

Des images qui accompagnent, jeux de mains, jeux de doigts, de formes. Comme un silence. Comme un langage muet. Un autre aspect des mains d’ailleurs.

Un ensemble ludique aussi et qui se prête bien à une mise en voix (en scène) collective à l’échelle d’une classe ou d’un centre de loisirs. Bref, un livre riche de possibilités comme il en existe d’autres, mais pas autant qu’on le voudrait.

http://www.cheyne-editeur.com/index.php/poemes-pour-grandir/279-avec-mes-deux-mains

 

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Titre : Le don furtif

Auteur jean-Marie Barnaud

Editeur : Cheyne

Année de parution : 2014

Sept parties dans ce livre. Sept qui s’accompagnent, vibrent ensemble. C’est une des magies de Barnaud, ces unités de ton, ces résonances entre les poèmes. Ce qui permet de lire le livre en entier comme de s’arrêter sur une page. Indépendance et lien.

Cet homme est en quête permanente. Ce qu’il cherche lui échappe, comment nommer l’insaisissable ? « larçin furtif » ? « joie » ? poésie ? Autant de mots qui jalonne une œuvre publiée dans cette belle collection verte de Cheyne.

Une quête obscure : se mettre au bureau, tenter l’écriture… Avec en toile de fond les drames du jour. Les émigrants, ceux qui frappent aux iles de l’Europe viennent interpeller le poète, se glisser dans le poème. Barnaud n’est pas dupe, ses mots ne changeront rien à l’Histoire, mais les prononcer sauve quelque chose, de l’oubli. La poésie, la perte, on y est, encore, dans cet entre deux furtif de la vie.

Une vie d’homme. De passant. L’heure approche « on a mis le corps en coupe serrée ». la vieillesse. Tenir debout encore un peu… Regarder sa vie « qui pourrait prétendre qu’on est passé à côté ». les dernières pages ouvrent l’avenir, rebondissent au-delà de cet horizon fermé pour tenir haut la flamme de cet incendie : le don furtif de la vie.

Un livre émouvant, poignant, juste. Oui, juste de la poésie comme je l’aime quand elle vient me chuchoter le cœur.

http://www.cheyne-editeur.com/index.php/recherche-livre/search?keyword=bGUgZG9uIGZ1cnRpZg==

 

Conte album

 

Titre : La faim de l’ogre

Auteur: Patrice Favaro

Peintures sur bois de Françoise Malaval

Editeur : Vents d’ailleurs

Année de parution : 2013

Un livre magnifique. Inspiré des jataka asiatique. Un conte donc. Et comme pour les jatakas du temple de Chiang Mai une illustration en une seule image. Dans le livre elles se présentent sous forme de neuf carrés que l’on peut assembler comme dans l’histoire ou articuler comme on le souhaite inventant ainsi une autre façon de dire le conte. C’est beau, ludique et joyeux. J’aime.

Le conte ? Une poignée de princes… Lequel deviendra roi ? Un conte sur la maitrise de soi. Le respect de l’autre et du monde. Simple, limpide et bien riche en savoir être.

Un bel objet à mettre dans toutes les bcd et cdi !

http://www.ventsdailleurs.fr/index.php/catalogue/item/la-faim-de-l-ogre

et le blog de Patrice

http://mots-nomades.hautetfort.com/

 

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Titre : Les oreilles de Sigismond

Auteur: Patrice Favaro

Editeur : éditions Thierry Magnier

Année de parution : 2015

Prix : €5.10

Un petit roman, petit format, tout simple. Limpide. Evident, comme un ruisseau. Un petit garçon, de grandes oreilles. La difficulté de vivre avec elles. Le bonheur de vivre avec elles aussi. La différence. Puis la rencontre de l’autre. De l’amour. La réussite et les doutes professionnels, existentiels. Une vie d’homme. Une vie à découvrir et qui interroge sur qu’est-ce au fond que la différence ? qu’est-ce qui fait l’homme ?

À mettre dans toutes les classes et pas seulement les petites !

http://www.editions-thierry-magnier.com/9782364746619-l-patrice-favaro-les-oreilles-de-sigismond.htm

et le blog de Patrice

http://mots-nomades.hautetfort.com/

 

Roman

 

Titre : Nous sommes tous des exceptions

Auteur: Ahmed Dramé

Editeur : Fayard

Année de parution : 2014

On a déjà beaucoup parlé autour de ce livre et du film qu’il a généré Les Héritiers. Qu’en dire de plus sinon que cette histoire vraie est un bonheur. Un rappel : quand on donne du sens et du sens humain à ce qu’on fait, on avance. Quand l’éducation, qu’elle soit nationale, privée ou autre encore, donne aux enfants la possibilité d’être homme avant d’être élève, elle permet de grandir. On est loin alors des étriqués des programmes et autres documents administratifs, on est dans la vie. La vie, la vraie.

Oui, un rappel à garder les mains, les yeux et le cœur à hauteur d’homme.

 

 

Lectures d’avril 2015 —Patrick Joquel

Lectures d’avril 2015
Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

 

 

Poésie
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Titre : Comment tu vas le monde ?
Auteur Claude Burneau
Illustrations : Lisa Launay
Éditeur : Gros Textes
Année de parution : 2015

Le poème ne parle pas forcément, ni toujours, du joli arc-en-ciel qui court d’une rose à une autre, non. Le poème parle aussi et surtout du reste. De ce qui interpelle. De ce qui fâche. De ce qui révolte. Des poèmes qui disent le réel et qui en dénoncent les inhumanités. Des poèmes qui battent avec le cœur des hommes. Des poèmes dont un jeune lecteur pourra s’emparer aussi facilement qu’un adulte.
Un livre noir et pessimiste alors et qu’on lirait avec un mouchoir ? Non. L’humour, même noir, est plus corrosif que tous les apitoiements, plus positif puisqu’il ouvre un espoir. L’espoir de cerveaux qui pétillent et qui inventent des jours plus humains, plus tendres. Avec des touches de couleurs dans la grisaille. Touches joyeuses que l’on suit dans les illustrations et qui résonnent avec l’éclat d’un sourire d’enfant.
Demeurons du côté des couleurs et mettons-en à nos sourires malicieux.

Ne crains pas le silence
Il est plein du babil des grillons
D’un envol de pigeons
D’un mulot qui s’enfuit
De guêpes dans des fruits
D’un tracteur dans un champ
Des caprices du vent
D’un ruisseau qui s’entête
De mille vies discrètes.
Ne crains pas le silence.
Habite-le.

Tu prends une chemise
Mille chemises
Un million de chemises
À la sortie de l’atelier de confection
Quelque part en Asie
Tu les places dans un conteneur
Douane. Vérification.
Expédition. Transport. Réception.
Aucun problème.
Tu prends un homme
Un seul
Pas mille pas un million
À la sortie de l’atelier de confection
Quelque part en Asie
Tu le places dans la chemise
Douane. Vérification.
Interdiction.
Qui est le problème ?

http://grostextes.over-blog.com/index.php?ref_site=1&ref=299961&module=blog&action=default:home

*


Titre : sacrés
Auteur : Jean-Claude Touzeil
Images : Pierre Rosin
Éditeur : La Lune Bleue
Année de parution : 2015

Un petit livre en huit poèmes et cinq dessins tiré à 50 exemplaires. Autant dire que la hâte est de rigueur. Les poèmes aussi. Huit arbres sur du papier. Un petit jardin qui ressemble bien à celui du poète. Ses amis de bois, de feuilles et de lumière ; de graines aussi. Chacun a sa vie, ses souvenirs, sa présence. On entre ainsi dans le mystère de l’arbre et dans celui de l’amitié. Le graphisme et les couleurs accompagnent le silence.

http://biloba.over-blog.com/

Un des huit et pas tout à fait au hasard :

J’ai trois ginkgos dans mon jardin
Le premier quelle allure
se prend pour une éolienne
Le second rêve encore de côte d’azur
Le dernier sort de l’imprimerie
l’encre est à peine sèche

Tous les trois se souviennent
du temps des dinosaures
et des nuages du Japon

Quand l’automne arrive
ils mettent leur robe de lune
et c’est plus fort qu’eux
ils prennent toute la lumière
JCT

*


Titre : La feuillée des mots
Auteur Georges Cathalo
Éditeur : Éditions Henry 2014
Année de parution : 2014
Georges Cathalo poursuit son exploration de la cause poésie. Ici, il s’interroge sur les poètes, chaque poème est dédié à un poète ; sur les mots et bien sûr, marque de fabrique, l’engagement.
Loin des clichés Baudelairien, Rimbaldien et loin du jardin des roses, le poète échappe à tout convenu.
Le poème n’est pas une formule magique, quoique… mais le poète témoigne, invente.
Si le poète est souvent impuissant devant le monde, il demeure porteur d’espoir… et le poème demeure prêt à servir. Le mot résiste, posé sur la page close du livre. Prêt à l’emploi.
Mais point de cocorico, de drapeau ni de clairon :
Ne nous y trompons pas
un poème
ne sera jamais qu’un poème

un instant suspendu entre ciel et terre, entre deux eaux, entre toi et moi…

ils se cachent les mots
les uns plus pressés que les autres
se bousculent un moment
s’arrêtent et se réchauffent

traces de métaphores
ombres portées de nos errances
empreintes devinées effacées

ainsi comme toujours
le poème s’apprendra mot à mot
au-dessus du vide


*


Titre : Les sons de l’air en colère
Auteur Mylène Joubert
Éditeur : Gros Textes
Année de parution : 2014

Dedans. Dehors. le temps. Le temps qu’il fait autant que le temps qui passe. Un temps plus ou moins variable selon les masses d’air, selon l’humeur intérieure et ses flots de souvenirs, de désirs. Et la fenêtre comme une ouverture, un sas, une passerelle vers le monde, vers l’autre. Ce monde qu’on voit, qu’on ressent, qui vibre et avec lequel on vibre. L’autre, celui qui passe, les autres passants et leur image fugace, un instant de leur vie partagée ; on imagine, on apprécie. On est vivant. On est quelqu’un. On est fragile.
C’est la thématique du second texte de ce recueil qui en comporte donc deux : quelque part quelqu’un est fragile. Où est la fragilité ? en soi ? dans un lieu ? entre les deux ?
Un livre qui oscille ainsi entre brume et soleil, gris et bleu, ici ou là-bas. Cette vibration est poésie.

https://sites.google.com/site/grostextes/

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Titre : Poèmes pour Robinson
Auteur : Guy Allix
Illustrateur : Alberto Cuadros
Éditeur : Soc et Foc
Année de parution : 2015

Un recueil de poèmes sur l’absent. Le lointain. Le jamais vu, jamais entendu. Le pourtant si proche. L’absent est ici Robinson, un petit garçon qui vit l’autre bout du monde. Pas de contact entre le grand-père et le petit fils. Juste des poèmes. Des poèmes qui jalonnent les premiers pas, premières années de cette jeune vie. qui balisent un itinéraire que le grand-père suit à tâtons. Beaucoup d’émotions donc dans ces poèmes. Beaucoup de couleurs dans les illustrations. Un feu d’artifice. Des jubilations enfantines. Un livre joyeux finalement. Un livre dont le cœur bat au rythme des solitudes.

http://www.soc-et-foc.com
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Titre : Traversée des silences
Auteur : Jackie Plaetevoet
Illustrations de Gaëlle Guibourgé
Éditeur : Gros Textes
Année de parution : 2014

Écrire en chemin, en marchant, voilà une piste d’écriture que j’aime et pratique. Dès le départ, la connivence entre marcheurs, arpenteurs d’espace. On retrouve ici les dynamiques de Bashô, de François d’Assise et bien d’autres encore comme Joël Vernet et Christian Bobin dont Jackie s’entoure pour son périple vers Compostelle : saisir l’instant propice, mais sans le haïku. Pas de long déroulé de pas non plus. ce qui se joue ici ce sont de courts textes, parfois très courts, mais qui saisissent l’instant et la méditation de l’instant. L’éclair rapide du silence quand il traverse le bruissement du monde : un chant de fauvette, un lis martagon, un espace, une rencontre… Un clin d’œil de papillon.
Lire cette traversée comme un voyage entre ses propres instants d’éternité glanés au fil de ses cheminements et ceux de l’auteur, on se sent comme un éclaireur funambule et joyeux, un éclairé aussi. Une multiple invitation : souviens-toi de tes fragments, regarde les miens et surtout ouvre-toi à nouveau au présent. Que ton pas soit fondateur.

http://grostextes.over-blog.com/

Quelques extraits :
Nasbinals :
Rendre la mémoire au silence.

Conques : Il y a des miracles qui naissent puis meurent dans un parfait silence.

Saint Félix :
Un minuscule roitelet égraine son babillage depuis un fourré voisin. Je m’arrête, respire ses petites notes flûtées. Le cherchant longuement avant de renoncer, déçue de sa fuite devant la menace de mon humanité.
Sur le fond, il a eu tout à fait raison.

Varaire :
Sur le chemin, mon seul souci est d’écouter ce que le silence a à me dire.

Lauzerte :
Au détour d’un sous-bois bordé de taillis clairsemés, j’ai croisé vers quinée heures, une fauvette espiègle. Immobile, j’ai épié pendant cinq bonnes minutes la clandestine entre les rameaux. Enfin tenue dans la lunette de mon œil gauche. Attrapée la fauvette. Petit oiseau de rien au chant miraculeux. Celle-ci m’a donné en l’espace de quelques secondes, un récital de prestige qui résonne depuis au cœur de n’importe quel silence.

Moissac :
Il y aurait une fenêtre et un arbre devant qui frémit sous la brise. Rien d’autre. Ce serait suffisant.

**


Romans
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Titre : L’homme-qui-dessine
Auteur : Benoît Séverac
Éditeur : Syros
Année de parution : 2014

Mas d’Azil. 30 000 ans auparavant… La rencontre entre une tribu de sapiens sapiens et un néandertalien. Sur fond d’enquête policière on dirait de nos jours : chercher qui est le criminel ? Et pourquoi ?
Sur cette trame on entre dans une histoire d’hommes. Avec leurs émotions, leurs questionnements… Leurs positionnements sociaux… Et le difficile dialogue entre les différences… Rien de nouveau sous le soleil. Les racismes changent de cible mais demeurent. Bien sûr, ceux qui tentent de concilier, d’aller de l’avant vers un monde plus humain sont là, bien présents. C’est ainsi que le monde avance.
Nous sommes leurs héritiers, l’homme d’Europe possède un petit pourcentage de gènes néandertaliens, ne l’oublions pas.
Quand j’ai fermé ce livre, je suis resté longtemps en présence des personnages. A dialoguer avec eux. Un livre que je n’oublierai pas de sitôt.

http://www.syros.fr/index.php?option=com_catalogue&page=ouvrage¶m_y=F_ean13&value_y=9782748514445&retour=0&espace=0&Itemid=2

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Titre : Là où naissent les nuages
Auteur Annelise Heurtier
Éditeur : Casterman
Année de parution : 2014

Besoin ou envie de remettre ses pendules à l’heure, voici un livre. Un livre surprenant. Résultat : je l’ai lu d’une traite avec sourire et émotion. Une jeune fille de seize ans écrit son mois d’humanitaire en Mongolie. Elle l’écrit à son retour pour ne rien oublier, pour mettre de l’ordre dans sa tête après une telle aventure, un tel choc culturel. Passer des beaux quartiers parisiens aux rues d’Oulan Bator, ça dépayse et c’est autre chose que de glisser un chèque dans une enveloppe. Ça fait maigrir aussi et le changement physique accompagne le changement intérieur, forcément : ce n’est pas tout à fait la même fille qui revient.
Des passages surprenants, comme cette rencontre amoureuse… Je n’en dirai pas plus. Des instants d’humanité profonde, où chacun est à vif et entier. Du paysage aussi bien urbain que steppe et yourtes.
Excellent récit initiatique.

http://jeunesse.casterman.com/albums_detail.cfm?Id=45568

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Titre : Angel l’Indien blanc
Auteur François Place
Éditeur : Casterman
Année de parution : 2014

Magnifique roman. J’ai toujours pensé que le songe devance et invente le réel, François Place joue ici sur ce thème avec son humour, sa grâce et son imagination légendaires. De l’humain aussi. Et de cette humanité capable de dépasser les frontières, les castes, les règles sociales. L’Indien fabrique sa propre liberté comme sa mère (esclave) le lui avait appris en lui donnant sa langue maternelle en héritage. Il la fabrique en sachant écouter, observer, donner ; en osant être lui-même. Chaque jour il se dépasse, il va plus loin ; c’est un de ses sauteurs d’horizon comme j’aime.
Récit de voyage, récit initiatique, récit rêveur : laissez-vous embarquer et envolez-vous.

http://www.francois-place.fr/portfolio-item/angel-lindien-blanc/

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Titre : Tant que nous sommes vivant
Auteur Anne-Laure Bondoux
Éditeur : Gallimard
Année de parution : 2014

Un livre en plusieurs étapes. Plusieurs vies. Celles des héros et de leur fille. Sous fond de crise économique, puis de guerre… Un couple, un amour irrésistible et fort ; qui résiste à tout longtemps parce que vivants ! De l’invention du bonheur quotidien à la quête de l’identité, le lecteur les suit sans lâcher le livre ; rebondissant d’une partie à l’autre… Prenant !
Une histoire invraisemblable et pourtant si proche de notre réel ; comme si l’un créait l’autre et réciproquement. Oui Envoûtant.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Grand-format-litterature/Romans-Ado/Tant-que-nous-sommes-vivants

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Titre : 20 pieds sous terre
Auteur Charlotte Erlih
Éditeur : Actes Sud
Année de parution : 2014

Une plongée dans le monde des taggers du métro parisien. Plusieurs thématiques contemporaines se croisent dans cette enquête que mène une jeune fille. Une enquête qui lui montrera que les gens ne sont pas toujours ce qu’on croit, ni ce qu’ils montrent. Une quête de l’être derrière le paraître et les conventions sociales. Elle arrivera au bout décapée mais aussi en paix avec elle-même.

http://www.actes-sud.fr/catalogue/jeunesse/20-pieds-sous-terre

 

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Titre : Monde sans oiseaux
Auteur Karin Serres
Éditeur : Stock
Année de parution : 2013

Tout fond. Les eaux montent. On vit au bord et sur des lacs. Dans des maisons sur roues qu’on déplace au fil de la montée…
Il existe un village un peu reculé, que les touristes citadins viennent visiter…
Il existe dans ce village des humains, comme vous et moi. Avec leurs histoires de famille, leurs histoires d’amour, leurs joies et leurs peines. La narratrice raconte sa vie. des bribes. Des souvenirs. Comme autant de petites lumières. La vie, comme une guirlande.
C’est un monde sans oiseaux. Sans oiseaux mais avec des cochons fluorescents qui clignotent avant de s’éteindre.
Un livre comme un chuchotement. Une plongée à l’intérieur d’une petite boite d’os. Un livre comme une sœur.

http://www.editions-stock.fr/monde-sans-oiseaux-9782234073951

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Titre : virus 57
Auteurs : Christopha Lambert et San Vas Steen
Éditeur : Syros
Année de parution : 2014

L’humanité sera détruite par un virus, voilà le fond de ce livre. Tout le reste : nucléaire, réchauffement climatique, guerre… ne sont pas assez puissants, assez retors pour réussir.
Un livre plein de rebondissements et de surprises. Une traque, plusieurs traques en fait. Beaucoup d’improbables en chemin et pourtant ça tient, bien ficelé.
Un bon moment de lecture !

http://www.syros.fr/index.php?option=com_catalogue&page=recherche&Itemid=21

©Patrick Joquel
http://www.patrick-joquel.com

Une note de lecture pour « Ostende » : Aux Carnets du Dessert de Lune

Une note de lecture pour « Ostende » : Aux Carnets du Dessert de Lune.

Les lectures de janvier de Patrick Joquel

 
Lectures janvier 2015

www.patrick-joquel.com

poésie

 
Titre :
Un grand militaire sur une pomme de terre
Auteur Jacqueline Held
Illustrations  Matt Mahlen
Editeur : Gros Textes
Année de parution : 2014

Un petit livre coloré, joyeux, lumineux et grave. Ça se lit dès la Maternelle mais comme toute souris verte, ce n’est pas aussi simple, ni gratuit que cela. Ce qui est en jeu ici est multiple. La langue et ses pirouettes cacahuètes, l’engagement humain, le rire moqueur ; bref la liberté !


Les illustrations palpitent à la hauteur des mots, leurs donnent et la main et le regard ; un bel accord.

Ce livre est une mine d’idées, de réflexions et de rires pour tous ceux qui ont à partager l’enfance au quotidien, dans les écoles et ailleurs. Un livre pour tous ceux qui ne sont pas sérieux…

Un livre à ranger sur la même étagère que les Chantefables et chantefleurs de Desnos. Tiens on y retrouve déjà des livres de Jacqueline : Poiravechiche (Grasset) avec Claude, Chantebêtes (Jasmin)…

http://grostextes.over-blog.com/Patrick Joquel

"Quotidiennes pour interroger", de Georges Cathalo
Titre : Quotidiennes pour interroger
Auteur Georges Cathalo
Editeur : La Porte
Année de parution : 2014

Une nouvelle plaquette de la Porte. Petit tirage à 200 ex. La poésie c’est aussi cela, du minuscule, du confidentiel, du rare, du fort. La densité ici est présente. Cathalo interroge ce monde des bourses et de la puissance technique. Il questionne ce progrès qui oublie tant d’humains au bord de sa route, détruit des pans entiers de la planète.

Un questionnement qui résonne bien avec le prochain thème du printemps des poètes : l’insurrection poétique.

comment accepter

que les radars les plus puissants

détectent le moindre son

repèrent la moindre image

et qu’ils soient sourds et aveugles

puisqu’ils ne voient pas et n’entendent pas

ceux qui souffrent ?

romans

 
Du sable entre tes doigts par Favaro

Titre : Du sable entre les doigts

Auteur Patrice Favaro
Editeur : le muscadier
Année de parution : 2013
Prix : €7.90

Amérique du Nord. La crise des subprimes. Au lieu d’être vue via le prisme de la presse et des reportages documentaires, c’est sous la plume d’un humaniste. Un récit serré. Comme une longue lettre. Un récit de voyage. Au sens asphalté du terme, entre deux villes. Aux différents sens de l’humain aussi : l’amour entre deux personnes ; le rêve d’une maison, vampirisé par la banque ; le quotidien d’un ado qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve confronté à l’impensable : l’abandon, le sans domicile fixe, une famille en lambeaux…

Une manière de sortir les mots de la télé pour leur donner chair et songe. Une manière de comprendre que les requins existent autour de nous. Une manière de grandir en homme responsable.

Cycle trois du primaire et collège (et au-delà bien sûr tant l’écriture de Favaro prend son lecteur et ne le lâche plus).
www.muscadier.fr
des larmes sous la pluie
Titre : Des larmes sous la pluie

Auteur Rosa Montero
Editeur : Métailie
Année de parution : 2013
Prix : €21

Superbe roman de sf. On y croise des humains, des réplicants, des extra-terrestres… sur Terre. Une enquête policière pour trame. Une quête : vivre mieux, vivre plus ou simplement aimer. Une peur : mourir.

Un décor futuriste oui, mais des questions essentielles et intemporelles pour notre humanité. Qu’est-ce qui fait de nous des humains ?

 
http://editions-metailie.com/?s=rosa+montero

Couverture du livre Les orphelins d'Amérique - Michel Piquemal 
Titre :
Les orphelins d’Amérique
Auteur Michel Piquemal
Editeur : Le Muscadier
Année de parution : 2013
Prix : €6.90

Trois courts récits mettent en scène trois vies. Trois garçons. Trois enfants des rues. Trois pays d’Amérique du Sud. Les mots qu’on lit dans la presse. Les statistiques… Voici un peu de chair pour leur donner une âme. C’est écrit en direct. C’est fort. Intense. Grave. Reflet de réalité. Histoire de ne rien oublier…

Un livre à dimension humaine, un livre sur les droits de l’enfant et de l’homme. Un livre à mettre dans tous les cdi de collèges, bien sûr.


© Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Patrick Joquel

Penser à une soirée Poésie en appartement : veillée avec un poète…

 

  • 30e Printemps de Durcet en avril, mais en amont les 26 et 27 février 2015 à Caligny (61) je rencontrerai cinq classes.

  • 10 mars je suis à l’école de Coaraze  (06)pour rencontrer trois classes

  • 13 mars : Grimaud (83)pour une escapade littéraire à 18h30 ! Lecture au dé !

  • 18 avril : Printemps des poètes à Breil sur Roya (06), signatures, lecture et atelier d’écriture.

  • 30 mai: St Maximin la Sainte Baume (83) 3e festival Il est livre Max. Signatures avec le Bateau blanc.

  • 3 juin : Signes médiathèque (83) Atelier d’écriture.

  • 19 et 20 juin : Grimaud (83) 3e festival les remp’arts ; signatures et rencontres classes.

  • 1 au 4 octobre : Mouans-Sartoux. Festival du livre. signatures avec Papiers Collés, l’Eau Vive et Soupe de l’espace. Rencontres classes.
    > Patrick Joquel www.patrick-joquel.com

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http://www.facebook.com/patrick.joquel

 

dans l’émission de Christophe Jubien  » La route inconnue « ,
Diffusion mardi 14H30
Rediffusion dimanche 20H et sur le site bien sur

émission du mardi 20 janvier : je parle des haïkus d’eau de Paul Bergèse et de quotidiennes pour interroger de Georges Cathalo
site : radiograndciel.fr

Presses Universitaires de Rennes – Prose musicale et geste instrumental Les Six Bagatelles pour quatuor à cordes op. 9 d’Anton Webern Jean-Paul Olive et Álvaro Oviedo

Presses Universitaires de Rennes – Prose musicale et geste instrumental Les Six Bagatelles pour quatuor à cordes op. 9 d’Anton Webern Jean-Paul Olive et Álvaro Oviedo.