Lecture et adaptation de « TERRE ADOLESCENTE » de Jeanne CHAMPEL GRENIER – Poésie libre

(« …) Là pourtant, au milieu des broussailles, il avait planté des légumes espacés que bordaient des lis blancs, des verveines et le comestible pavot ; avec ces richesses, il s’égalait dans son âme…aux rois ; et quand, tard dans la nuit, il rentrait au logis, il chargeait la table de mets qu’il n’avait point achetés. Il était le premier à cueillir la rose au printemps et les fruits en automne ; et, quand le triste hiver fendait encore les pierres de gel, et enchaînait de sa glace les cours d’eau, lui commençait déjà à tondre la chevelure de la souple hyacinthe, raillant l’été trop lent et les zéphirs en retard. Aussi était-il le premier à voir abonder ses abeilles fécondes et leurs essaims nombreux ; les tilleuls et lauriers-tins étaient pour lui extrêmement féconds ; et autant l’arbre fertile, sous sa nouvelle parure de fleurs, s’était couvert de fruits, autant il cueillait de fruits mûrs à l’automne.(… »)

                                                                                                                Bucoliques de Virgile, IV


       Jeanne, dans ce nouveau recueil illustré en couverture par une belle reprise inspirée des amants de Chagall, vos adolescents sont bien jeunes, à moins qu’ils ne papillonnent encore…Ils ont gardé le printemps dans leurs mains « balsamiques » et « leur duvet tout neuf ». Elle boit le thé fumant, en silence, avec « un grand fou entreprenant, plein de chardons dans les cheveux »( p 9). Elle jardine mais lui « reste autour » faisant crisser le cuir de ses bottes.

      Si le creux des mains semble ponctuer le texte poétique de douceur et de tendresse, c’est bien la Terre qui en est à son adolescence ( p 10). Pourtant, une main dans une poche retrouve « des petits mots perdus », ceux de la mater familia qui a veillé tard sur les danses et les polkas( p12). « La Terre se couche tard », les ados retrouvent la raison à l’aube, pieds nus après  « des effluves sacrées, quelque noce de Cana » agrémentée d’orangeade et de miellats ; mais ils sont de grands papillons ou de fines tourterelles ! …Et les mains fragiles « emplissent les sacs de lin fin ( dont on cousait les draps) de plantes choisies et d’aromates, et lui, malgré le froid, est à l’affût du cerf « dans sa hutte de branches  »(p 22) ; faisant tous deux corps avec la Nature. 

       L’occupation de l’une est aussi le grand souci de l’un ; et même si « chaque pas brise un miroir » ( P.14)  « chacun entend l’ici et l’ailleurs » ( P.19)

Parfois ils s’en retournent au bord d’une rive où l’herbe sèche leur a rendu leurs doigts ; la Nature et le froid mis à part, je cite Jeanne CHAMPEL GRENIER : « Ils ne sont plus que deux, Elle et Lui, bien serrés, pieds nus, et n’ont (  »n’avaient », dans le texte) d’autre faim que la liberté » ( P. 21)

  Réunis au chaud, Maria Carmen laissant ses obligations, fait une pause au son du flamenco : moments d’harmonie où les reflets des corps s’impriment derrière le rideau, puis il l’écoutera dormir « ..Car son cœur est là «  dans l’ancolie de ses yeux clos où le rêve a la teinte du laurier rose et du mimosa bleu » ( P. 24) : Fruits vertigineux de l’amour !

« À l’embarcadère, Elle retient ses cheveux, de sa main blanche… » L’hiver semble leur être favorable ; peut-être grâce au feu qui exige des mains tout un abracadabra ! Elle se fait alors babouchka et lui moujik, et c’est ce que renvoie « la forêt de glace où chaque pas brise un miroir »

    L’imbécile que je suis vient de comprendre : l’amour est une rivière, où l’homme se tient en amont, et sa compagne en aval ( ou inversement) mais leurs membres brassent les mêmes eaux : Une rivière « est un nid de hasard…qui fait bien les choses »( P 27) aussi sont-ils à l’épreuve du ‘‘fond de l’air » . Et voilà que de  »papillons’,‘ nos ados se font  »passereaux réfugiés dans les pins connus d’eux seuls ».

     C’est un nouveau battement d’ailes, pas si différent de nos bras agités. Ce peu de sommeil fonce d’un éclat violet son regard matinal de femme et le chèvrefeuille s’est emparé des cheveux de l’homme.
La guitare posée, à l’heure bleue, l’instant se partage dans un vase improvisé avec les albizzias, l’émotion des jacinthes, la force de la mélisse et de la menthe : Coeur sensible !…
Derrière le rideau monte l’écho de sa voix « à peine bleue » ; et blanc comme neige résonne son « Salut ! » ; Poètes, ils sont aussi, à portée de voix, de haut en bas de la rivière ; c’est donc là qu’Elle trouve le temps de remplir des cahiers d’écolier ( qui sont mille), tandis que doucement la musique – et cela m’importe beaucoup – transcrit « une vie entière(…) sur des portées multiples »

Bruit de l’eau, silence du gel… bruits du feu et de l’homme... « On pourrait rester là des jours entiers tendrement adossés au silence » ( P 54) et même se relever en pleine nuit pour hier ou demain « respirer  la peau des mandarines, cette douce écorce qui ouvre la passion, et « se revoir tête nue sous la neige, des flocons au bord des lèvres »

Secret de femme-rivière, de femme-neige : 

« Rester sage pour être aimée ! Des jours entiers ! »

Les lectures de Patrick Joquel

Roman

Titre : Les disparus de Blackmore

Auteur : Henri Lævenbruck

Éditeur : X éditions

Année de parution : 2 023

Voici un roman délicieusement british. Enfin pas tout à fait. Il se déroule dans les îles anglo-normandes, dans une île Blackmore près de Guernesey. Une mini-société mi-anglaise / mi-française. Avec en arrière plan des siècles d’histoire insulaire. Des gens disparaissent sans laisser de trace. Bizarre, n’est-il pas ? Un vieux monsieur aveugle convoque une jeune française dont il a bien connu la maman pour enquêter sur la disparition de sa nièce. Lorraine Chapelle est la première femme diplomée de l’Institut de criminologie, s’il vous plait. Elle débarque donc sur l’île et commence à enquêter… Le curé de l’île de son côté a invité son grand ami Edwed Pierce à venir également enquêter. Edward est détective spécialisé dans l’occulte : un détective de l’étrange.

Ce couple improbable va chercher une explication à toutes ces disparitions ; ce ne sera pas simple tant les iliens se taisent.

Une histoire comme on les aime : déroutante et prenante. À lire dès le collège.

Blackmore-island.com


Titre :Oxcean

Auteur : Nicolas Michel

Éditeur : talents hauts

Année de parution : 2023

Pépite fiction ados 2023. Cela m’a attiré autant que la tentacule de pieuvre en couverture. Je me suis plongé un matin d’été dans cet oxcéan et en suis sorti le soir.

Univers science-fiction, fin 21e siècle. Une première enfant nait avec une écaille de poisson sur la nuque. Tests divers y compris génétique. Rien à signaler sauf cette mystérieuse écaille. D’autres enfants vont bientôt porter également une écaille sur la nuque. Des élus ? Une nouvelle variation de l’espèce humaine ? Un retour progressif à l’océan primordial ? Une nouvelle page de l’aventure humaine et de la Terre ? Face à la destruction des milieux terrestres, l’océan serait-il notre avenir ? Une entreprise de sauvegarde planétaire fondée par un écologiste radical vient surfer sur ces porteurs d’écailles…À travers le roman, on en suit quelques uns et ils nous entrainent dans une réflexion autant sur le pouvoir politique que sur l’écologie.

Captivant. Déroutant. Surprenant. Un peu lointain. Et pourtant tellement possible aujourd’hui. Tellement proche.

À découvrir dès le collège.


album

Titre : Laly à l’envers

Auteur : Katia Jakuba-Rebex

Éditeur : Les mots dans une valise

Année de parution : 2 024

Laly est une petite fille pas tout à fait comme les autres. Elle inverse les syllabes quand elle parle. Maman devietn man-ma, Laly, Lyla etc.

Quand elle entre à l’école, avec angoisse, elle découvre d’autres enfants et d’autres problèmes : dyslexies, zozotement, timidité. Elle se sent moins seule. D’autant plus que son enseignante s’occupe d’elle et finit par la réconcilier avec les syllabes.

Un livre à mettre dans toutes les classes, histoire de se souvenir que nous sommes tous différents et que nous méritons tous aide et respect. Un bel hommage aussi aux professeurs !


Titre : Burlububu

textes et illustrations : Elisabeth Cornet

Éditeur : Encres de Siagne

Année de parution : 2022

Un petit album carré et coloré. Un texte dans la lignée de la chasse à l’ours. Il fera le bonheur des classes de maternelle et de cp ! Les illustrations minimalistes offrent aux enfants un regard différent sur l’image.

Un petit livre pour le plaisir de jouer avec les mots et les traits. Un petit livre qui saura également générer des ateliers de création autant avec les mots qu’avec les crayons.



www.patrick-joquel.com

Les lectures d’avril 2024 de Patrick Joquel

Lectures d’avril 2024

poésie


Titre : L’amour des idées
Auteur : Bruno Mabille
Éditeur : Toi éditions
Année de parution : 2024

Voilà un livre qui peut se passer de tout commentaire. Il n’en a pas besoin. Il suffit de l’ouvrir et on est emporté, ou du moins il m’a emporté, dans sa surprise, sa logique et ses poèmes. Chaque poème commence par : j’aime l’idée

et donc en voici deux :

1

j’aime l’idée
que la vie
suive le cours
d’une dérive naturelle
allant de possible en possible
et créant elle-même
son avenir.

16

j’aime l’idée
que la vie
ne cesse d’offrir
des occasions
qu’il faut capter au vol
saisir dans l’instant
et qu’il ne faut pas gâcher
parce qu’une occasion ratée
ne se retrouve pas
et que l’on ne vit qu’une fois.

www.arpenterlesmots.com


Titre : N’oublie pas
Auteur : Estelle Fenzy
Éditeur : L’Ail des ours
Année de parution : 2024

L’écriture interroge. Questionne le monde. La vie. Le temps. Ici, elle suit mot à mot la vieillesse. Le quatrième âge. Ces journées où le corps demeure. Vacille. Tient bon même s’il ne tient plus debout. Ces journées où l’esprit s’éloigne. On ne sait où. Ces journées où l’esprit ne reconnaît plus ni ce qui l’entoure, ni ceux qui l’entourent. Cette absence. Ça déchire les plus jeunes. Les enfants, même grands. On y est tous ou presque tous confronté un jour. On a peur aussi que ça nous arrive…C’est dans ce temps-là que s’inscrit ce livre. Un livre intime. Intimiste. Et bien secret. Je mettrai bien ce livre entre les mains de tous les soignants, de tous les aidants. Juste pour les accompagner de son chuchotement. 

Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Lectures de Patrick Joquel


Titre : Ce que nous sommes lorsque nul ne nous voit

Auteur : Adeline Baldacchino

œuvres de Michel Remaud

Éditeur : Ail des ours

Année de parution : 2 024

22e ouvrage de la collection grand ours est sous-titré Carnets normands. Un livre ancré dans un territoire comme on dit maintenant. Une Normandie des rivages. Avec des goélands dont le rire ne laisse personne indifférent ; ni leur vol. Des étoiles de mer : fascination de leur pouvoir de régénération… Fascination aussi devant l’enfant joueur. Remplir la mer de galets ou bien s’envoler à bord d’un cerf-volant… nous avons tous joué ainsi sur la plage ou sur le rivage à mouille moi les pieds si tu peux. Rien ne nous empêche d’y jouer encore à l’âge adulte, seul ou bien avec son enfant. Dans un des ces moments de grâce où nous sommes là, juste présent au maintenant de l’endroit. Juste soi. Face à l’océan. Avec ce sentiment profond de l’éphémère aventure de son corps, de son soi. Cette étreinte et son sourire 

…l’escapade (aussi insensée soit-elle)

aura été plus belle

qu’il n’était possible de l’imaginer.

Dans cette aventure, on joue à être parent ; mère ici. Écrire serait comme une lettre à son enfant ; une lettre à lire quand il sera grand… Les mots survivent un peu à la voix ; permettent le lien à travers le mystère de la vie. Écrire contre la perte. Écrire pour accompagner encore un peu. Pour croire encore à demain.

il n’y a pas de poésie

il n’y a que des preuves par le poème

des augures offerts

le pressentiment de la grâce

la joie que rien n’oblige.

Les lectures du mois d’octobre 2023 de Patrick Joquel

Bonjour,

octobre et ses lectures. Des poèmes et des albums croisés au salon du livre de Mouans-Sartoux ou arrivés dans ma boite aux lettres.

Moments à partager. Cependant si vous n’en voulez plus, dites-le moi simplement.

Bel automne

Patrick

¨PS : on peut découvrir la couverture de mon dernier livre de poèmes : La rime a des bisons que le gazon ne connait pas, illustré par Yves Barré, sur mon site.

Lectures d’octobre 2023

www.patrick-joquel.com

Poésie

Titre : Nice the place to be
Auteur : anthologie du collectif Photon 
Éditeur : Pourquoi viens-tu si tard
Année de parution : 2 023

Des photos des photographes du collectif Photon. Des photos prises à Nice. Et confiées au hasard à des poètes Niçois ou non. Cela donne un regard particulier sur la ville. Un regard hors sentiers battus. Une autre vision de la ville, d’autres visions de la ville. Les poèmes qui accompagnent ces photos contribuent également à ce décalage. 

L’Art est, entr’autre, ce qui ouvre de nouvelles perspectives à la réalité. Ce livre en est la preuve efficace. 

Il permet d’appréhender la vitalité de cette belle et grande ville, sa variété et ses richesses.

Un livre à offrir à tous ceux qui aiment Nice et à ceux qui un jour ou l’autre y sont venus ou y passeront.

http://www.association-lac.com/editions/editons.html

https://www.facebook.com/editionspvst/


Titre : Aire d’accueil des gens du voyage
Auteur : Balval Ekel
Éditeur : Tarmac
Année de parution : 2 023

Comment habiter le monde ? Comment habiter sa vie ? Deux questions que se posent beaucoup de gens. Les poètes en font partie, bien sûr. Avec dans leur questionnemnet la place du poème dans ce monde ou comment le poème le rend habitable etc.

Balval Ekel ouvre une autre dimension à ce questionnement en s’interrogeant sur la dualité sédentaire/nomade. Qu’est-ce qui fait que l’un parcourt le monde quand l’autre le construit ? Il n’est pas question d’opposer ni de prendre partie mais simplement de vivre.

Le livre comporte cinq parties.

– Habiter le vent, le ciel, l’eau, les sables mouvants… On y habite le ciel mais aussi un rond-point ; une cité ou une résidence d’été… Chacun choisit ou subit son habitation. Il reste une échappée possible : celle des sentiers de traverse.

En marchant

Contrairement à ce dont ils voudraient nous convaincre

les sentiers bien souvent ne mènent nulle part

en tous cas pas là où nous conduisent les routes

aussi sont-ils empruntés par les bêtes, les bergers et les poètes

appréciés des rêveurs, des nomades et des enfants

Certains en font une piste d’envoi

et laissent une trace sans rien déranger

d’autres s’y réconcilient avec

des tempêtes de ciel bleu

le froissement des feuilles

la douceur de la boue

les bourdonnements

Tous savent combien le détour tient de la métamorphose

et que pas un de ces chemins ne revient véritablement à

à son point de départ

– habiter dans sa tête et dans celle des autres

On y parcourt une galerie de portraits. Difficile de donner à voir une vie et ses désirs ou peines dans les quelques vers d’un poème. Le contraire d’une photo ou d’un tableau. Les personnes croquées ici deviennent des personnages tant sont lisibles leurs particularités. 

– habiter l’art et la littérature

Des poèmes hommages à quelques artistes. Des poèmes sur des thèmes divers comme la danse, la poésie et autres formes d’art y compris le spectacle. Divers lieux de culture, diverses personnes. On reste, comme dans la partie précédente à hauteur d’humain. Profondeur, empathie et délicatesse.

– habiter des refuges provisoires

Le provisoire de l’autre et l’absence qui suit. La perte. Le souvenir. Le provisoire d’un lieu, d’un paysage et d’un moment heureux. Les provisoires d’un hôpital, lieu de passage toujours subi. Des moments et des lieux à habiter si on veut ne pas perdre pied avec le monde. 

– habiter une maison

Choisir la sédentarisation. S’attacher à une maison. Bâtir un jardin. Chaque jour construire un petit monde à partager. Où grandir. Comprendre que malgré tous les soins donnés, on reste de passage. Nomade sans autre domicile fixe qu’une planète et quelques bribes de ses territoires. 

Un livre à donner à lire dès le lycée et bien au-delà. Et en particulier à tous ceux et toutes celles qui s’interrogent sur la présence.


Titre : à l’intérieur de moi
Auteur : Anne Bonin
Images : Valérie Linder
Éditeur : L’Ail des ours 
Année de parution : 2 023

De courts poèmes avec un « je » pour narrateur. Un jeu de facettes multiples. Une exploration d’humeurs, de désirs, de sensations, d’émotions. Toutes à hauteur d’enfance. Autrement dit à hauteur d’humain. Tout en douceur aussi. Comme une caresse. Un baume. 

On est tout cela pas à la fois, pas en même temps ; mais ce tout fait qu’on est un. Unique. Mouvant et toujours soi.

Comme souvent, un livre de poèmes n’est jamais aussi simple qu’il en a l’air. 

Les images de Valérie Linder, des oiseaux. Chacun avec sa couleur. Ils accompagnent dans leur attitude les poèmes. Avec légèreté. Grâce et un brin d’humour au bec.

Un livre qu’une classe peut mettre en voix et en scène. Chaque enfant prend en charge un poème et la classe crée la dynamique du spectacle.

À lire dès la maternelle et bien au-delà.


Titre : Juste vivre
Auteur : Luc Marsal
Encres : Nour Cadour
Éditeur : Donner à Voir
Année de parution : 2 023

Vivre. Tant de questions ? De points de vue ? De surprises… Le poète ici, dans ce petit recueil à déplier, nous partage ses volontés, ses désirs. Avec une série de stophes de cinq vers qui toutes commencent par Je veux.

Un programme simple et efficace auquel nombre d’entre nous souscriront. Auquel chacun ajoutera ses Je veux personnels. Nous sommes tous différents et nos aspirations divergent autant qu’elles se ressemblent.

Les encres qui accompagnent ces poèmes sont discrètes, légères et bien vivantes. Cette vivacité donne un air sobre et joyeux à cet ouvrage.

À lire à tout âge car il n’y a pas d’âge précis pour juste vivre.

éditions Donner à Voir

http://www.donner-a-voir.net


Titre : Un refuge autre que l’exil
Auteur : Theombogu 
Éditeur : Éditions du Cygne 
Année de parution : 2 023

Des proses courtes. Une page en général. Denses. Des textes comme autant de traits de projecteur sur une situation de vie d’une personne. 

Des personnes venues de loin, ici. Des personnes sans papiers. Des que les gens d’ici ne voient pas vraiment mais dont ils parlent abondamment. Entre eux. Dans la presse, quelle qu’elle soit. Migrant ? Exilé ? Aucun mot ne convient vraiment. Humain serait le terme. Des gens comme ceux d’ici ; mais loin de chez eux. Plus aucun chez eux. Ils sont partis pour sauver leur vie. De la misère, de la mort de… Ils sont là. C’est leur vie. Ils la construisent. Avec ou sans aides ; ou un peu des deux… 

C’est pour chacun, ceux de là-bas venus ici comme pour ceux d’ici restés ici, l’histoire d’une vie. Des vies qui ont du mal à se partager. À se rencontrer.

L’écriture, et donc lecture ou écoute, offrent des ponts pour relier ces territoires. Pour vivre à hauteur d’homme. Et ensemble.

Un livre à donner à lire dès le lycée et au-delà. À lire et à relire, lentement pour en savourer les profondeurs.

albums

Titre : Ou bien
Auteur : Antoine Geniaut
images : Juliette Iturralde
Éditeur : L’Initiale 
Année de parution : 2 022

Un petit saut dans l’absurde ça vous dit ? Si oui, Ou bien est pour vous. Courez l’acheter de ce pas, en voiture, en trottinette ou en ce que vous voulez, avec ou sans gorille dans le dos.

C’est un livre sans fin. Que le lecteur peut poursuivre aussi longtemps qu’il le souhaite. Aussi loin qu’il en a le désir.

Les images l’accompagnent en beaux à plats de couleur. On se sent bien à sourire dans ce petit carré de l’Initiale. 

À offrir dès la petite section de maternelle et jusqu’à plus soif.

https://linitiale.fr/


Titre : À moitié endormie
Auteur : Antoine Géniaut
images : David Clèves
Éditeur : l’Initiale 
Année de parution : 2 023

La règle du jeu est toute simple : prendre une expression de la langue française. Par exemple et pourquoi pas : être à moitié endormi.

La regarder. L’écouter. Entendre toutes les idées qu’elle porte avec elle, les passer en revue. Suivre ces logiques de l’absurde le plus loin possible. Jouer avec tous les sens, toutes les directions de l’expression. Bref : s’amuser avec la langue. Rien n’est plus sérieux que le jeu. Et quand il arpente les sentiers de l’imaginaire, sourire garanti.

Un livre réconfortant car différent. Réconfortant car pas vraiment sérieux, quoique… si on prend le temps de se laisser prendre au jeu…

Un livre à offrir dès la grande section de maternelle et bien au-delà. Un livre qui sera un point de départ inépuisable à mille et un autres jeux.

https://linitiale.fr/


Titre : Le septième roi
Auteur : Danièle Fossette
illustrations : Bénédicte Nemo
Éditeur : Cipango 
Année de parution : 2 016

Un magnifique album grand format autour du mot LIBERTE. Un texte fort ; simple et dense. Un texte qui vibre avec le monde d’aujourd’hui. Avec ces idées qui attaquent la Liberté ici et là : via l’ignorance, via la cupidité, via la soif de pouvoir etc. Je ne vais pas tout dévoiler ici. Découvrez le livre. 

Des images qui résonnent avec le texte. L’accompagnent fermement.

Le mot espoir vient en fin de livre. Comme un horizon vers lequel on va et qu’on atteindra un jour. Bientôt.

Superbe album à partir des grandes classes du primaire et bien au-delà.

https://editions-cipango.com/category/actualites/


Titre : Le Samouraï et les 3 brigands
Auteur : Pascal Fauliot
illustrations : Marc Ingrand
Éditeur : Cipango 
Année de parution : 2 017

Un livre aux tons chauds. Texte minimaliste mais efficace et riche. Images chaleureuses en pleine page. Un beau livre à tous les étages.

Un Samouraï, un ronin pour être exact. Une auberge. Trois brigands. Trois mouches et un bol de soupe. J’oubliais les deux sabres et les deux baguettes. 

Un extrait :

Aussi paisible

qu’un bouddha,

il demeurait tranquille,

semblable au miroir de l’étang

que ne trouble 

le moindre souffle de vent.

Il = le Samouraï, vous l’aviez compris.

À offrir dès le cp à tous les enfants qu’on aime et pourquoi pas aux autres. Le livre fera également les délices des plus grands avec sa dimension de Savoir Être.

https://editions-cipango.com/category/actualites/


Titre : Selfies pour la planète
Auteur : Bénédicte Nemo
Éditeur : Cipango
Année de parution : 2 021

21 portraits à l’acrylique ou l’aquarelle. Enfants, adultes. Filles, garçons. D’origines différentes. Bref des humains. Sur chaque portrait, on trouve quelques animaux : certains sont en bonne santé, d’autres en voie de disparition. Sur chaque page on a également une information : renard, famille des canidés ; daim, famille des cervidés ;Ticiana, famille des hominidés. C’est dit : nous sommes tous des vivants posés ici ou là dans l’arborescence de l’histoire de la vie animale. On lit également un texte écrit par l’hominidé peint par Bénédicte. Il parle des animaux qui l’accompagnent. 

Par exemple : « Ils(le renard, le daim et le lapin) me racontent des histoires de forêts millénaires qui existaient bien avant les premiers hommes sur terre, toutes les espèces d’arbres et d’animaux, unis dans le même élan, obstinés à vivre et à survivre… ».

Le texte se termine par un CLIC. Celui de l’appareil photo qui prend le selfie.

Un album engagé pour la planète et le respect de la vie, de toutes les vies. 

À mettre dans toutes les bcd des écoles dès la maternelle comme au primaire. Les CDI des collèges ou des lycées l’accueilleront également pour sa diversité.

https://editions-cipango.com/category/actualites/


Titre : Le renard et la hyène, conte de Najd
Auteur : Saäd Bouri
illustration : Émilie Camatte 
Éditeur : éditions du Jasmin
Année de parution : 2 019

Ce conte nous vient d’Arabie Saoudite. Un long voyage jusqu’ici. Une ambiance chaude, dans les couleurs d’Emilie. De vastes espaces autour des protagonistes : la hyène, ses enfants, le renard et quelques autres animaux. Le renard voudrait bien croquer un ou plusieurs petits de la hyène et il emploie toute sa ruse pour le tenter. Bien sûr, il a besoin d’aide et va donc voir d’autres animaux. Ceux-là sont prêts à l’aider contre un cadeau. Le renard s’y emploie… mais malgré tous ses efforts, le renard n’en attrapa aucun (petits de la hyène).

Un conte en écho avec le montrer patte blanche… une histoire qui emporte le lecteur. Accessible dès la maternelle et bien au-delà. Les contes comme les poèmes n’ont pas d’âge.

https://editions-du-jasmin.com/albums/139-le-renard-et-la-hyene.html


© Patrick Joquel