Rentrée littéraire 2012—En retard sur la vie, Éric Paradisi

 

  • En retard sur la vie, Éric Paradisi, Fayard (289 pages – 19€)

Dans ce roman, Éric Paradisi se dévoile sous trois facettes : le romancier, l’acteur et l’amoureux. Il entrecroise son parcours littéraire, les tribulations d’ « amantcomplément » et d’intermittent qui ne sont pas sans influencer le cours de sa vie.

Avec lucidité, recul, et une pointe d’auto dérision, Éric Paradisi nous livre une radioscopie de ses débuts d’écrivain, caressant le rêve d’être adapté à l’écran, mais conscient que pour la Pléiade , il doit encore faire ses preuves. Il égrène avec humour quelques souvenirs de salons littéraires, d’interviews. Il y participa avec la désagréable sensation d’ « être un animal exposé » comme au zoo.

Il met en exergue le rôle de passeurs des libraires, soucieux de défendre la vitalité de la création, d’offrir de la diversité. Il témoigne sa reconnaissance à ceux qui rivalisent d’ingéniosité pour promouvoir leurs coups de cœur, Éric Paradisi ayant bénéficié de ce privilège. Une reconnaissance indispensable pour stimuler, et encourager à persévérer, tout comme les retours des lecteurs.

L’auteur nous confie son plaisir d’écrire, bonheur traversé de doutes, hérissé d’obstacles, le sel même de l’énergie vitale, semblable au désir amoureux. Il poursuit cette comparaison, convaincu que le succès d’un livre « se joue dans les premièressemaines » comme une histoire d’amour. Il ne cache pas ses déceptions (lettres de refus), ses projets avortés, ses frustrations, ses désillusions. Lui, « petit moussaillon » devait être préparé à affronter le cap du second titre. N’est-ce pas quand le narrateur est fracassé qu’il s’épanche le mieux sur le papier ? Pour lui, la paternité d’un livre semble le combler autant que des enfants. Mais il y a la pression des autres.

Revisitant son enfance, Éric Paradisi rend un vibrant hommage au père, son héros » qui lui inculqua la passion pour le 7ème art. Il se remémore leurs soirées enchanteresses, « séances secrètes », « la tête au creux de son épaule », scotchés devant la télévision, fascinés par la beauté des actrices, découvrant leur nudité. Et de dédier ce roman à ses icônes, en particulier à Rita Hayworth et Romy Schneider.

Si celles-ci l’ont fait fantasmer, l’auteur a le privilège d’en côtoyer dans ses rôles de figurant et d’acteur. N’a-t-il pas succombé à leurs charmes ? Ne rêve-t-il pas comme Woody Allen de voir une divine créature surgir de l’écran ou de ses pages ?

Il rembobine le film de ses liaisons et s’interroge sur la difficulté d’aimer, après ses fiascos (essoufflement de la ferveur amoureuse, usure du temps, lassitude du couple). Peut-on vivre d’amour et de littérature ? Peut-on aimer après un amour absolu ? Pour le narrateur, le souvenir de Christel est si prégnant qu’il vient se superposer à chaque nouvelle idylle. Comment concilier deux passions rivales : aimer et écrire ?

Éric Paradisi nous plonge dans les coulisses de la création et démontre que le moi du romancier est insaisissable pour l’autre. Ne confondrait-il pas la fiction et la vraie vie ? La réflexion de Meryl : « Tu ne m’aimes pas. C’est l’idée de l’amour que tu aimes… », bien imprimée comme le papillon tatoué sur une épaule, aurait dû lui ouvrir les yeux. Leurs échanges semblent désormais condamnés à se faire par le biais de DVDs.

Ce retard sur la vie n’est-il pas le temps suffisant pour avoir vécu et raté une vie ?

Les fidèles lecteurs de l’auteur auront reconnu les livres évoqués, depuis La peau desautres au prometteur Un baiser sous X, encensé par la critique. Ils retrouveront son écriture poétique dans les évocations du ciel (« Le ciel aux ourlets griffés de pluie », « Le vent crénelait le dôme des nuages », « Les mouettes criaient dans le décolleté des nuages »), sensuelle (baisers de cinéma, les lèvres de Méryl « au goût de thé vert et pétillant », ses jambes au « mouvement élancé » ou « le galbe d’une hanche ».

Dans ce roman, Éric Paradisi se livre à une introspection de ses échecs ,laisseentrevoir son désarroi face à la désintégration de ce qui le faisait exister: ses amours et son métier. Il y développe une réflexion sur la notoriété, la postérité de l’écrivain et la pérennité d’un livre, conscient que « le succès n’aime pas attendre ».

Il chante ce bonheur d’écrire « un travail d’acteur » qui lui procure « une troublante illumination », qui lui permet d’atteindre une certaine volupté, un apaisement, et parfois « coucher sur le papier » des bribes de sa vie allège d’un poids. Sorte d’accomplissement, de catharsis comme pour Louis Malle avec Le Feu follet.

Éric Paradisi rejoint par là même Marguerite Duras qui pensait « qu’on écrivait toujours mieux sur le corps mort du monde et de même sur le corps de l’amour ».

En retard sur la vie, titre emprunté à René Char,résonne comme une ultime lettre à l’absent, ce père adulé (qui ne manqua pas de lui rappeler « que la vie n’est faite que de choix » et une déclaration d’amour aux actrices « immortelles », grâce à l’écran, car « Les gens qu’on aime reposent en nous. Ils s’éveillent n’importe où. Ne s’endorment jamais ». Au lecteur de trouver le frisson révélateur, cher à Nabokov.

Éric Paradisi signe un panégyrique du cinéma et du théâtre empreint de nostalgie.

◊Nadine DOYEN

Véronique Flabat-Piot, Pierre Chariot aquarelliste – Lumière d’aquarelle, lumière d’âme.

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  • Véronique Flabat-Piot, Pierre Chariot aquarelliste – Lumière d’aquarelle, lumière d’âme.

Ouvrage d’art de Luxe (exemplaires numérotés) – format italien- (30.5×24.5) quadrichromie- 141 pages

Editions Ligne de Mire-Florenville Belgique. 2010.

C’est sous l’effet d’une formule triangulaire, entre son ressenti du peintre aquarelliste Pierre Chariot, son affiliation comparée à certains poèmes de Victor Hugo et aux impressions de la critique artistique, le tout gravitant judicieusement autour de l’œuvre de cet artiste délicat, que notre amie poétesse et animatrice Véronique Flabat-Piot, pour notre plus grande satisfaction, se fait essayiste, c’est ainsi qu’elle nous suggère une rencontre de lumière d’âme et de cœur, au travers d’un délicieux parcours initiatique et complice avec ce talentueux créateur.

Les deux œuvres se plaçant l’une et l’autre en écho et correspondance !

Afin de mieux pouvoir s’imprégner de cet ouvrage d’art luxueux de grande qualité, il est bon de savoir qu’il fût créé dans un élan d’affinités et de résonances créatives tout autant qu’électives. Le fruit pictural d’un coté, son déroulement littéraire de l’autre !

Le tout préservé sous le sceau de l’osmose et de l’harmonie.

Il est au demeurant, évident que lorsque Véronique Flabat-Piot aborde l’œuvre de Pierre Chariot, non pas en esthète mais en poète, elle ne peut se réaliser que dans la complémentarité et le prolongement, à croire que Véronique Flabat-Piot a aquarellé ses réflexions et poèmes qui se fondent aux œuvres si délicatement poétique de Pierre Chariot.

Ici nous sommes parfaitement d’accord avec Eugène Delacroix, ayant écrit : « Qui dit art dit poésie. »

Véronique Flabat-Piot nous confie que lorsqu’elle se trouve en contact avec une œuvre de Pierre Chariot, elle songe à certains vers de Victor Hugo, et inversement lorsqu’elle lit son grand poète elle voit se profiler dans une ambiance pastorale et diaphane les paysages de ce dernier.

Faites moi confiance, le cocktail et détonnant, car les textes de notre poétesse prennent de l’élévation tout en se chargeant d’une beauté inspirée.

La poésie est omniprésente, les modes d’expressions se mêlent, se conjuguent, se consolident, tout en préludant la fusion imaginaire de belles âmes abordant l’effet miroir des deux œuvres !

Nous surpassons ici le simple principe esthétique afin de mieux effleurer la part du sacré.

« L’art est la seconde branche de la nature. » S’exclamait Victor Hugo, donc de l’infini et de l’éternel. «  A travers les vitraux splendides du matin. »

Tout au long de ce bel ouvrage d’art, les textes de Véronique Flabat-Piot se font l’écrin des œuvres de Pierre Chariot. Les illustrations nombreuses, sont des plus fidèles et des plus attrayantes les unes des autres.

Au terme de toute une vie consacrée à l’art et plus en particulièrement à cette discipline si subtile, qu’est incontestablement l’aquarelle, Véronique Flabat-Piot nous permet de découvrir sous cette perspective différente et fragmentée l’œuvre d’un artiste en totale possession de son art, en nous plaçant dans la confidence de sa parfaite maîtrise et extrême sensibilité suggérée.

Aquarelle ou dessin chaque œuvre laisse transparaître la facture de Pierre Chariot qui nous invite à son parcours de lumière poétique sertie de subtiles transparences ou de blanches réserves.

Chez lui tout s’offre à nous dans l’harmonie, le fondu des nuances, les vibrations chromatiques, c’est à la fois un songe et un pèlerinage aux sources du silence.

Souvent, notre poétesse Véronique Flabat Piot, se place en retrait pour laisser la parole à propos de Pierre Chariot, aux artistes, critiques, professeurs et amis, tels le sculpteur-poète Fernand Tomasi, Albert Dupuis ex conseiller d’André Malraux, le professeur Pierre de Martin, la poétesse Maguelone etc. etc.

Il ne vous reste donc plus qu’à découvrir ce peintre de la lumière et de l’éblouissement, dont Véronique Flabat-Piot nous esquisse un si beau portrait, en vous laissant sur un clin d’œil de Victor Hugo :

« Le firmament est plein de vaste clarté

Tout est joie, innocence, espoir, bonté. »

◊Michel Bénard

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Suzy Maltret, Au vent d’Yveline

 

  • Suzy Maltret, Au vent d’Yveline, illustrations réalisées par Roland Maltret. Editions Gerbert. 45 pages. 2011.

L’introduction à elle seule n’est-elle pas la plus belle symbolique de cet ouvrage géo-poétique « Au vent d’Yveline » en rendant hommage à Paul Fort, le prince des poètes, qui rêvait d’effectuer la plus belle ronde du monde en nous donnant la main.

« Ronde autour du monde n’a qu’un œil,

Pas plus loin je crois de Gambaiseuil…/… »

Cependant Suzy Maltret, n’a pas besoin en effet d’aller aussi loin pour entreprendre son beau voyage, sa joyeuse ronde, elle suggère une belle errance poétique en Yveline, au rythme de son cœur en quête de rêveries.

Suzy Maltret porte en elle l’amour du terroir, le sens des racines où se confond la mémoire.

Chaque poème est un bourgeon, une frondaison de sous bois, une fleur en éclosion, avec ce souci de peaufiner le verbe, de saupoudrer un peu de poussière d’histoire sur le pays du souvenir, sur les terres fertiles de l’enfance.

« Terres et racines en ce pays d’Yveline, …/… »

Parfois des tempêtes soufflent sur la vie, faudrait-il tout recommencer, tout recomposer, non il ne faut pas prendre le deuil, il faut maintenir l’espoir.

C’est une belle histoire de cœur avec le pays bien aimé, une reconnaissance simple et authentique.

« Voici donc ma mie le pays de nos amours, …/… »

« Qu’effleure à peins le souvenir du poète, …/… »

L’émotion se fait légère comme un vol de libellule, il y souffle des nostalgies, des effluves du temps lointain.

Suzy Maltret évoque des scènes de chasse, des songes bucoliques, ne manque de faire un clin d’œil aux artisans et ouvriers. Dans son verbe résonne l’écho de musique lointaine, de belles dames, de nobles demeures, de pavés rutilants et de coursiers.

Elle va cueillir d’anciennes légendes enracinées entre les ruines de vieux murs de pierres qui poussent avec les fougères.

Le langage est précieux, distingué, comme ces nobles fantômes qui apparaissent ici et là au rythme d’une viole de gambe, d’un téorbe ou d’une harpe vagabonde.

Suzy Maltret, adopte pour célébrer son terroir, son pays d’âme et de cœur, un autre langage, un autre rythme approprié à la mémoire des lieux.

« Mémoires de feuilles,

Mémoires des eaux…/… »

Au cours de l’un de ses discours l’homme de lettres Jehan Despert remercie Suzy Maltret d’être poète, car dit-il : « …/… tant qu’il y aura des poètes pour chanter la beauté du monde, ce monde restera grand, vivant et source inépuisable d’espérance nouvelles…/… »

Allez, elle vous invite, prenez une belle allée ombragée et laissez vous porter «  Au vent d’Yveline. »

« Accourez puisque l’on voit de l’aurore

 Des frondaisons monter le souvenir

D’un beau silence dans un long soupir…

Sur l’instant, la marche du sablier ! »

◊Michel Bénard

 

Johanne Hauber-Bieth, AMOURISSIME…,

 

  • Johanne Hauber-Bieth, AMOURISSIME…, ABM-éditions (tirage de luxe 145 pages). Préface de Jacques Vievils. Illustrations réalisées par l’artiste peintre Lysiane Ketsman.

Le rythme est donné, la hauteur est portée, par cette note en prélude de la remarquable préface de Jacques Viesvil.

Ce précieux recueil « Amourissime » nous révèle toute la sensibilité à fleur de peau de Johanne Hauber-Bieth.

L’amour en son sens le plus noble du terme est la clé de voute de cet édifice poétique, avec la plus totale objectivité de conscience ; car même pour les plus belles, les plus intenses, les plus vibrantes pages de vie : « Tout commencement porte en lui sa fin. » Mais peuvent également prétendre aux plus belles promesses d’espoir.

Ce recueil recèle un espace privilégié supplémentaire, car il est placé sous le sceau des illustrations remarquablement évocatrices de Lysiane Ketsman. Chaque planche dessinée est une perle déposée sur ce chemin de poésie. Par le seul jeu de son trait précis, cette artiste rehausse et visualise la teneur du texte.

Johanne Hauber-Bieth évolue sur les métamorphoses de l’amour qui nous transforme intégralement. Forme et fond se confondent, fusionnent, atteigne une sorte de volonté de perfection, il ne nous reste plus qu’à nous laisser porter par l’imaginaire.

Un simple regard exprime souvent bien plus que la parole. Alors ici tout est dit !

La vie, l’envie, l’amour et son cri !

Il y a en nous ce profond mystère de l’amour, véritable source de l’inconnu. Mais qu’importe, la passion l’emporte et l’on s’élance à corps et à cœur perdus. Le transport est divin, tout n’est qu’allégresse comme l’exprime avec tant de sensibilité Johanne Hauber-Bieth.

Notre amie atteint et touche l’âme et le cœur, il suffit simplement de nous abandonner au fil de ses vers envoutants et raffinés. Pour nous, elle se fait joaillière, elle puise naturellement dans le cristal de ses filons variés et multiples.

Elle nous offre son expérience, par la magie du verbe elle se dénude intégralement.

Toute la musique de son cœur est là, transcrite sur la grande partition de l’amour.

Parfois cependant le mal d’amour nous surprend, alors Johanne Hauber-Bieth tente de lui restituer un gout de paradis aux nuances d’allégresse.

Chacun de ses textes s’offre à nous pareils à une petite pierre précieuse, peaufinée par une main de dentellière, ou la forme techniquement parfaite, se fait l’écrin du fond, à moins que ce ne soit l’inverse !

Il nous faut en convenir, les mots sont faibles, impuissants pour d’écrire le miracle de l’amour ! Notre poétesse y parvient presque jusqu’à la transcendance. Où est la part de vérité confrontée à celle de l’imaginaire, le rêve du réel, notre amie à su y placer son trait d’union.

Ces pages sont gorgées d’un vocabulaire riche, mais non pesant, non suffisant, au contraire, il dynamise l’intention du « dit », il situe l’émerveillement, il transcrit le sentiment.

Femme avant tout, Johanne Hauber-Bieth se veut parfois coquine, et use d’un verbe à double sens, à vous alors de décrypter sur quel plan elle se situe, dans le désir charnel ou dans l’écrit virtuel… qui sait ?

Ici grand est le besoin d’unité !

Dans ce fougueux tourbillon, Johanne Hauber-Bieth voudrait parfois inverser les rôles, devenir l’homme qui comme un fou honore sa bien aimée. Les corps fusionnent, où est l’homme où est la femme, chacun y perd son identité, jusqu’à ne plus faire qu’Un !

Amour « Unique » comme le chant des transcendances.

Nous y découvrons aussi l’importance du silence qui révèle encore plus la présence ou évoque l’absence.

Notre amie parle d’un amour qui irait au-delà même de l’Amour. Don absolu de soi, abnégation passionnelle, total altruisme, afin de glorifier encore davantage les mystères foudroyants de la vie inondée d’amour.

Pour conclure je me rapprocherai de la pertinente postface de ma consœur et amie Lucette Moreau qui voit dans cette poésie au féminin irréprochable, la forme d’une prière, les cantiques d’une action de grâce, un hymne sublimant l’Amour le tout nimbé d’une dimension charnelle et mystique.

Ne lâchez surtout pas cet ouvrage, délectez vous en jusqu’à la lie, vous y découvrirez l’ivresse, l’extase des filtres, des parfums passionnels, de l’union universelle.

Cet ouvrage est également disponible chez l’auteur : 65 rue Edouard Vaillant 92300 Levallois-Perret. PV.17€ TTC.

◊ Michel Bénard,

Lauréat de l’Académie française, Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.

Nicole Hardouin, Prométhée, nuits et chimères

  • Nicole Hardouin, Prométhée, nuits et chimères, Editions de l’Atlantique (tirage de luxe). (Collection Phoibos) 67 pages.

Nicole Hardouin déplace l’ordre du temps, elle détient cette éclectique prévoyance d’ériger une passerelle reliant le mythologique au mystique.

Elle livre ici un recueil né d’une larme d’argile et d’une pincée de sable où l’âme assoiffée se désaltère au nombre d’or de l’Amour.

Nous nous laissons envelopper, en nuances transparentes, par des brumes aux ambiances singulières : chats des chemins creux, vigies errant entre tours de cristal et clairières sacrées, nous partageons de fugitives apparitions inquiétantes : en larmes, les chrysanthèmes écoutent la conférence des squelettes, voire sulfureuses : des caresses s’inventent dans l’échancrure des patenôtres.

Les jeux charnels qui sommeillent en nos cavernes se réveillent : Eros et Thanatos rôdent autour des racines du ciel.

Nicole Hardouin nous invite à ouvrir les portes du songe, à franchir l’épreuve des ténèbres en compagnie de Prométhée.

Ce recueil, don d’absolu, est une oraison où le verbe, parfaitement maîtrisé, se charge d’atomes mémoriels.

Il s’avère donc nécessaire d’avancer sur la pointe des pieds pour ne pas trahir les confidences.

◊Michel Bénard