Petit éloge des souvenirs – Mohammed Aïssaoui – Folio

    Petit éloge des souvenirs - Mohammed Aïssaoui – Folio

  • Petit éloge des souvenirs – Mohammed Aïssaoui – Folio 2€ (126 pages)

Mohammed Aïssaoui nous convie au comptoir de ses souvenirs dans cet opus, déclenché au moment où il réalisa qu’il avait « atteint le demi-siècle ». Moment pour lui de regarder dans le rétroviseur, de « retrouver le parfum du passé » venant « tambouriner à la porte » de sa mémoire.

L’opus s’ouvre par la définition de « souvenir », l’auteur regrettant que ce mot ne soit pas encore dans le Dictionnaire de l’Académie française.

Comme les lieux sont aussi mémoire, l’auteur évoque, sans les nommer les pays où il a séjourné, ainsi que les logements. On comprend le traumatisme, vécu à neuf ans, auquel il fait allusion sans jamais s’y attarder. Chaque événement de sa vie se rattache à des lieux, mais aussi à des personnes. Ainsi le narrateur exhume des anecdotes, fait l’inventaire de ses premières fois (premiers émois, premier job…), ouvre les albums, le livret de famille. Il conseille de vivre l’expérience fournie par les réseaux : retrouver ses camarades d’école, perdus de vue.

Mohammed Aïssaoui consacre la deuxième partie du recueil à des auteurs à qui il veut rendre hommage, balayant leur œuvre, soulignant les passages phares. Il nous offre en même temps des pistes de lecture, la liste des ouvrages étant cités à la fin de ce folio. Deux femmes contre huit hommes. Des vivants et des disparus. Quel est leur dénominateur commun ?

Ils ont tous puisé, fouillé dans leur passé, leur histoire familiale, leurs souvenirs ou leurs expériences professionnelles. Au passage, il salue le courage de Delphine de Vigan à s’être emparée d’un sujet si intime, et met en exergue sa capacité à « se construire dans un nid de famille toxique ». De même pour Alain Mabanckou qui offre un tombeau de papier à ses parents. L’auteur, fait remarquer Mohammed Aïssaoui, a eu recours à une « boîte à outils des souvenirs » identique.

Difficile de ne pas mentionner Proust, dont l’auteur eut plaisir à emboîter le pas à Cabourg, pour un de ses premiers papiers. Il ne cache pas l’émotion qui l’a saisi à arpenter ce lieu mythique.

Si Proust avait sa madeleine, on apprend que Bernard Pivot avait « un marron », Jean Rouaud « une boîte à chaussures » et le narrateur « des noyaux d’abricots ». On pense aussi à Jacqueline de Romilly, qui évoque des objets, des photos portant la trace de ce qui fut sa vie, dans Les roses de la solitude. Les souvenirs ensevelis au fond de soi remontent ainsi à la lumière.

Avec humilité, il confesse son incapacité à mémoriser, à l’exception d’un poème de Félix Arvers, et compte sur les carnets où il consigne les phrases marquantes.

Il pratique facilement le name dropping, en particulier pour faire référence à une figure tutélaire culte : Patrick Modiano dont il attend les textes « comme les beaux jours ».

Le journaliste termine cet opus de façon ludique, en nous soumettant un test de mémoire, à la manière de Perec, autour de l’actualité, du cinéma, du théâtre. A chacun de tester ce dont il se souvient, de rafraîchir sa mémoire et de la stimuler. Nul doute que le compost des souvenirs de chacun fermente dans le cœur. Mais si le disque dur de la mémoire conserve tout, qu’advient-il quand Alzheimer s’y greffe ?

En conclusion, Mohammed Aïssaoui fait l’apologie de la trace écrite, à l’instar de James Salter qui affirme : « Tout ce qui n’est pas écrit disparaît » et pour qui « La richesse de la vie, ce sont les souvenirs ».

En tant que critique littéraire, il a de quoi être satisfait de la pléthore d’articles, d’entretiens qu’il a publiés dans Le Figaro littéraire, une manne d’importance, précieuse et enrichissante.

©Nadine Doyen

Je te vois de Murièle Modély – Ed. du Cygne septembre 2014 – 112 pages – 13€

    Je te vois de Murièle Modély – Ed. du Cygne septembre 2014 – 112 pages - 13€

  • Je te vois de Murièle Modély – Ed. du Cygne septembre 2014 – 112 pages – 13€

Le couple, « nous sommes ensemble et seul », colonne vertébrale de ce recueil, qui vient prendre et surprendre le lecteur, comme sait si bien le faire Murièle Modély avec cette langue et ce style bien à elle.

Dans Je te vois, il est question du corps, des mots, des maux du corps et du corps des mots dans l’aquarium du couple. Et donc de sexe forcément, presque un acte de survie, pour faire taire un temps les angoisses, pour que la tête se taise et que l’animal en nous « nos dents crissent nos mains aboient » fasse obstacle et contrepoids, le temps d’une rupture de conscience, à la banale horreur du monde, « ce rat crevé qui soubresaute ».

« je ne suis pas la première/à vouloir que le noir/m’arrache les cheveux/et le cuir/et le crâne/et les lobes/et les yeux/à vouloir que la baise/me fasse sentir mieux. »

« les jambes s’ouvrent, les yeux se ferment ». Le sexe dont Muriel Modély trace à grands jets les contours, où le creux appelle le plein parce que l’extérieur semble trop vide, le sexe comme une salutaire amnésie plus ou moins quotidienne, parce que « pendant que dans nos ventres se jouent sans anicroche/le va/ le vient/l’histoire la même/dans la répétition des coups de reins », on tient à distance la peur, la faim et la mort, et surtout, paradoxalement, « on tue la vie » comme si « la mort petite » faisait moins mal. « je veux juste ton sexe sous mes voiles de chair ».

Le couple, une protection : « je porte ta peau en rempart », contre un monde extérieur vécu comme aussi monotone qu’hostile. L’hiver est continu le présent nous bombarde/ses rayons dardent puis nous charrient/dans les allées des centres commerciaux. Un monde à mastiquer, où l’on consomme et se fait consommer. « Je nous vois aussi attablés et assis/lécher la poussière des fonds de verre ».

Ce recueil semble bâti sur des oppositions, des équilibres à trouver, comment passer sans dégât de la contraction à la dilatation, de la protection à l’ouverture. Toi/moi, homme/femme, vie/mort, sexe/mort, sexe/vie, dehors/dedans, désir/dégoût. Les mots mentent, les corps ne mentent pas, ou bien est-ce l’inverse ? Et l’auteur « déboule dévêtue dans les champs sémantiques ».

Avidité, turgescence, le jouir et le vomir. Le couple et la faille. Les corps s’unissent, les mots disent la dichotomie : « Je fais l’amour, tu baises. » Mais « qui en définitive pénètre l’autre ? ».

« la langue suce dissout/le réel ». Sexe et écriture tamisent le réel dont la violence peut devenir insupportable. On sent quelque chose qui se braque au fond du ventre. Peur ancestrale peut-être, « rien à voir avec ces trucs de fille/le genre qui revient tous les vingt-huit du mois ».

Dans ce recueil, parfois les mots ne disent pas, tournent, évoquent, mais comme le sexe, une part de l’écriture permet sans doute à l’auteur de s’échapper par le trou des mots, mais en même temps, encore le paradoxe : « le mot n’est-il pas un pilon plus puissant/que n’importe laquelle de nos excroissances » ?

Sexe/mots qui déchirent, sexe/mots qui recousent et Murièle Modély de confier sa « fascination malsaine/ pour les cicatrices ».

Il y a dans ce recueil plus que les précédents peut-être, quelque chose de non-accouché et les mots tournent autour du point source de la douleur et même parfois semblent distraire l’attention du lecteur pour qu’il regarde ailleurs. Douleur trop vive ?

Le livre s’achève cependant dans une sorte d’apaisement, l’amour comme une couverture qui vient recouvrir et réchauffer les corps, mais y croit-on vraiment ?

©Cathy Garcia

Murièle Modély Murièle Modély est née en 1971 à Saint-Denis, à l’île de la Réunion et vit maintenant à Toulouse. Bibliothécaire de profession, elle commence à explorer l’écriture poétique sur son blog (www.l-oeil-bande.blogspot.fr.) avant de participer à des revues telles que Nouveaux Délits, Les tas de mots, Poème sale, Microbe, ou encore Traction Brabant.

Bibliographie :


– Penser Maillée, Éditions du Cygne, 2012
– Rester debout au milieu du trottoir, Éditions Contre-Ciel, 2014

Cet été là – roman graphique jeunesse, de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

Cet été là – roman graphique jeunesse, de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

  • Cet été là – roman graphique jeunesse, de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki, lettrage de Jean-Luc Ruault et traduction de l’anglais (Canada) par Fanny Soubiran, Ed. Rue de Sèvre, mai 2014. 319 pages, 20 euros.

Cet été là est un roman graphique pour jeunes adultes, un « YA graphic novel », qui frappe avant tout par la qualité expressive de ses dessins en n&b. Déclinés en vignettes, en pleine page, voire double page, favorisant ainsi des échappées très poétiques, ils en racontent autant, sinon plus, que les textes. Cette alternance bien étudiée donne vraiment du rythme à l’ensemble, dont l’ambiance sonore est également fortement soulignée à la façon des mangas.

Cet été là, comme tous les autres étés, Rose part avec ses parents pour leur maison au bord du lac à Awago Beach. Là, comme chaque été depuis qu’elle a 5 ans, elle retrouvera l’exubérante Windy, sa voisine et amie de vacances et tous les souvenirs et rituels de l’enfance. Sauf que cet été là, Rose, surnommée Rosie, à 13 ans et quelque chose a changé, quelque chose d’infime qu’elle ne comprend pas bien, comme une fêlure qui peu à peu va s’agrandir, pas autour d’elle, enfin pas vraiment, mais plutôt en elle.

Se baigner, jouer, faire du vélo, ramasser des galets, elle en éprouve moins de plaisir, comme si ses sensations s’étaient émoussées. Les pitreries de Windy parfois l’agacent et puis il y a sa mère qui ne va pas bien, qui ne veut jamais aller se baigner, comme si elle était tout le temps malade.

Windy, dont la mère est massothérapeute et végétarienne et qui a donc l’habitude de milieux plutôt alternatifs, n’a pas sa langue dans sa poche et jacasse à propose de tout et de rien, mais aussi à propos de seins, les siens venant tout juste d’éclore, contrairement à Rosie, plus filiforme. Elle parle aussi d’enfants dont les mères sont toutes lesbiennes comme sa tante. La seule boutique d’Awago Beach, est tenue par Dunc et son pote, ils y louent aussi des cassettes vidéo et enfin il y a Jenny et d’autres filles, que les deux garçons appellent « les salopes », qui sortent avec eux, qui boivent…

Windy et Rosie, considérées comme des gamines inoffensives qui louent des films d’horreur pour prouver qu’elles n’ont peur de rien, attrapent cependant au vol des informations troublantes, qui ont toutes plus ou moins à voir avec la sexualité. Windy s’en moque un peu, alors elle fait l’imbécile, mais Rosie est beaucoup plus troublée que ce qu’elle en laisse paraître, troublée par Dunc déjà… Elle s’imagine des choses… Des projets pour un futur romantique… Mais Dunc a des soucis…

Cet été là parle donc de cette période fragile où une fille est en équilibre précaire entre l’enfance et l’adolescence, un équilibre qui peut basculer à tout moment avec l’irruption soudaine d’un monde plus obscur, le monde des adultes. Ce roman en parle avec justesse mais aussi avec crudité, parce que la vie est comme ça et que lorsqu’on a 12-13 ans et que des questionnements se pointent, c’est souvent sans crier gare. Des mots, des expressions résonnent dont on ignore le sens mais qui semblent brûler les lèvres si on les prononce et puis des comportements que l’on ne comprend pas, des émotions qui nous submergent et qui peuvent pousser à commettre des erreurs, qui peuvent parfois avoir de graves répercussions.

C’est tout cela qui est raconté sans pincettes, ce qui peut ne pas plaire à tous les parents, mais cependant avec sensibilité, au travers d’un été de plus à Awago Beach.

Jillian et Mariko Tamaki

©Cathy Garcia

Jillian et Mariko Tamaki sont deux cousines canadiennes.

Mariko Tamaki est romancière et musicienne. Outre Skim, roman graphique qu’elle avait déjà co-écrit avec Jillian Tamaki, elle a aussi publié des essais et des œuvres de fiction.

Jillian Tamaki est une illustratrice et dessinatrice canadienne installée dans le quartier de Brooklyn, à New York. Elle est l’auteur de deux livres dont Skim, avec Mariko Tamaki, et de la bande dessinée SuperMutant Magic Academy diffusée en ligne.

Alberto Manguel, Le voyageur et la tour, le lecteur comme métaphore, essai traduit de l’anglais(Canada) par Christine Le Boeuf, Actes Sud, 2013.

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  • Alberto Manguel, Le voyageur et la tour, le lecteur comme métaphore, essai traduit de l’anglais(Canada) par Christine Le Boeuf, Actes Sud, 2013.

Au travers des œuvres les plus anciennes, connues comme étant les premiers récits du monde ou en prenant des exemples dans la littérature mondiale classique, Alberto Manguel invite ses lecteurs à le suivre dans ses analyses des rapports qu’entretiennent les lecteurs avec les livres. Au fil des siècles et des lectures, ces rapports ont évolué.

En suivant trois grands axes, Alberto Manguel revisite les conceptions de la lecture, de ses implications et fonctions au sein de notre société passée et contemporaine. Il ré-explore certaines métaphores campant le lecteur comme un être isolé et déconnecté de la réalité, ou au contraire comme un inventeur conscient de lui-même et des mondes qui composent la réalité.

  1. Le lecteur en voyageur :la lecture comme une reconnaissance du monde.
  2. Le lecteur dans la tour d’ivoire : la lecture, une fuite ?
  3. Le rat de bibliothèque : le lecteur inventeur du monde.

1-Pour comprendre notre monde fait de récits, la société dans laquelle nous évoluons, le langage ne suffit pas. Il est nécessaire de créer un espace de signification plus vaste grâces aux métaphores.

« À partir d’une métaphore fondamentale identificatrice, la société développe une chaîne de métaphores. Du monde comparé à un livre, on passe d’un livre comparé à un voyage et l’on voit ainsi le lecteur comme un voyageur parcourant les pages de ce livre ».

Dès l’invention de l’écriture, il y a près de 5000 ans, l’écrit prêtait de l’autorité au texte rédigé, à la parole une réalité tangible. Le livre devint le lieu où repose la mémoire, la créativité, les archives de notre expérience personnelle ou celle d’autrui. Lire et écrire étaient devenus un moyen de se transporter dans l’espace, les vastes territoires de l’imagination peuvent être franchis en un paragraphe, des siècles peuvent s’écouler en une seule phrase.

« L’expérience de la lecture et celle du voyage dans la vie sont le reflet l’une de l’autre. » P30

« Lire nous permet de reconnaître la réalité de nos intuitions, de transformer l’expérience de la traversée en un passage reconnaissable au travers du texte. » P38

2-Au delà de ce rôle d’archive, le livre et les récits qui le composent évoquent des domaines qui ne sont pas de ce monde mais qui pourtant évoquent dans notre imagination au travers des mots, des réalités tangibles. Les lecteurs pour suivre certains récits sont invités à se défaire de ce qui constitue le confort d’une règle, d’une habitude, d’une identité et des notions solides et rassurantes de la réalité des faits. Le lecteur entre dans la tour d’ivoire de la lecture.

« Lire pour purifier l’âme et voyager pour purifier le corps apparaissaient comme deux actions complémentaires que le pêcheur avait à accomplir afin d’être sauvé » p50

Le livre invite donc le lecteur à voyager en lui-même, éveille la curiosité, la conscience. Lire est « un moyen d’appréhender notre expérience personnelle et d’exprimer le monde en mots »P78

« Les lectures affectent aussi nos pensées, nos fonctions réflexives, notre musculature intellectuelle. Notre faculté de penser requiert non seulement que nous soyons conscient de nous-même mais aussi que nous le soyons de notre passage en ce monde et de notre passage dans les pages d’un livre. P64 »

3- À une lecture de surface favorisée par les voyages sur le web où le lecteur est maintenu dans un état de distraction permanente, Alberto Manguel oppose une lecture réflexive.

« Il nous faut désormais réapprendre à lire lentement, en profondeur, complètement, que ce soit sur papier ou sur écran : à voyager afin de revenir avec ce que nous avons lu. C’est alors seulement que nous pourrons au sens le plus essentiel, nous qualifier de lecteurs. »

Alberto Manguel termine son essai en nous rappelant cette chose essentielle qui révèle tout l’intérêt de cette analyse.

« Nous sommes des créatures qui lisons, nous ingérons des mots, nous sommes faits de mots, nous savons que les mots sont notre mode d’existence en ce monde, c’est par les mots que nous identifions notre réalité et au moyen des mots qu’à notre tour nous sommes identifiés. »

©Lieven Callant

Jacques Viesvil, l’homme qui souffle sur les braises.

    Jacques Viesvil, l’homme qui souffle sur les braises.

  • Jacques Viesvil, l’homme qui souffle sur les braises.

«  Quand tu reconnaîtras ce souffle, tu ne feras qu’un avec la vie. » J.V

S’il est un homme qui souffle sur les braises pour réveiller les consciences endormies, voire conditionnées, formatées aux exigences stériles d’un siècle lobotomisé aux normes d’une pensée unique, c’est bien le poète et visionnaire Jacques Viesvil.

Jacques Viesvil est un poète au sens premier et étymologique du terme.

Au sens où les grecs anciens l’entendaient, c’est-à-dire « faire, créer », le poète est ainsi assimilé au créateur, au premier architecte.

Notre poète est aussi un sage quelque peu nuancé de prophétie qui construit :

« Des cathédrales, toutes blanches dans le soleil pour élever ta conscience. »

Il est bien celui qui pressent, décrypte avant les autres les prédications du souffle universel.

En lisant ce remarquable ouvrage : « L’Homme qui souffle sur les braises » je ne peux situer Jacques Viesvil que sur un plan similaire à celui d’un Novalis, d’un Khalil Gibran, d’un Rabindranath Tagore, etc. Poètes aux voix à la portée universelle.

Pour être des plus poétiques et paré de merveilleuses images et métaphores, le Verbe de notre ami se veut aussi initiatique et symbolique

Il est le reflet d’une profonde expérience intérieure, forte et fragile à la fois, tout en demeurant aux sources de l’étonnement. Quête éternelle de l’unité et de l’harmonie, dans l’infiniment grand et l’infiniment petit.

« Mets la transparence à l’intérieur de tes intentions. »

Mais la question demeure en suspend, l’homme ne serait-il pas un exilé permanent ?

Nous cheminons entre la force et la vulnérabilité de l’amour.

Pour Jacques Viesvil chacun de nous, porte en lui tout l’amour du monde, le défit étant de savoir le partager et lui permettre de transcender.

L’acte d’écriture génère ici le principe de transmission.

Tout en prenant conscience et en demeurant dans la prudence des mots, Jacques Viesvil sait que pour combattre les haines ou fanatismes aveugles il faut faire en sorte de les ignorer et de croire encore en la sagesse de l’amour. Pas aussi simple cependant ! La bête humaine retrouve trop souvent ses instincts primaires et morbides.

Et pour reprendre les propos de notre poète, il souligne que :

« Nous sommes faits ainsi d’oppositions. De noir et de blanc. De plein et de vide. D’égoïsme et de générosité. Les colères, la jalousie, la brutalité font partie de l’ombre. La paix, la compassion, l’amour sont dans la lumière. »

Mais une chose est certaine, Jacques Viesvil à conscience que la poésie est peut-être encore l’ultime voie d’espérance offerte à l’homme. Utopie allez-vous rétorquer ! Alors n’oubliez pas que ce sont sur des utopies que l’on érige les plus beaux édifices de la vie.

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.

Ouvrage : « L’Homme qui souffle sur les braises. » collection spiritualité – éditions ABM.