Géry Lamarre, Rivages de la nuit, poèmes et peintures, édition unique, 2018

Une chronique de Lieven Callant

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Géry Lamarre, Rivages de la nuit, poèmes et peintures, édition unique, 2018


Il s’agit d’un très beau livre d’artiste, unique, où des peintures de Géry Lamarre sont accompagnées de ses poèmes. Le livre est réalisé par l’auteur lui-même et il s’agit d’une première. L’opportunité d’acquérir ce livre m’a été offerte en contactant l’artiste-poète via sa page Facebook. Un coup de coeur pour ces images abstraites reliées par des poèmes aux thèmes envoûtants de la nuit, des lisières entre le réel et le rêve, le jour et la nuit. 

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Aux mots est réservée la transparence granulée d’un papier choisi avec subtilité par l’artiste. Les textes ainsi s’intègrent visuellement à la manière des nuages aux peintures abstraites à l’encre noire. Le papier épais choisi pour les peintures restitue comme s’il venait de se produire le geste de l’artiste et l’on comprend face à ces empreintes que la nuit ainsi observée depuis ses rivages, est la peinture elle-même et l’image intérieure qu’elle propose face à ce phénomène naturel. La nuit c’est l’ombre qui succède au corps plein et réel du jour, de la lumière, de la blancheur de la page. L’ombre qui mesure le temps, explore l’espace lui cherchant une limite. L’ombre qui célèbre le vide, le silence, l’absence. L’ombre qui menace ou masque, l’ombre qui nous habite et accompagne nos gestes comme une âme le ferait. 

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Toutes les pages du livre sont volantes mais contenues dans un écrin de papier qui sert de couverture et de protection. Toutes les peintures sont signées et il n’est pas interdit d’imaginer qu’on pourrait les encadrer les unes à la suite des autres sur un mur. 

Personnellement, je préfère manipuler avec le soin qu’elles méritent les pages non numérotées du livre et me questionner sur la nature de cet objet unique, sur sa saveur matérielle, sur l’odeur de l’encre et sur les infinis reliefs qu’une diffusion à grande échelle feraient sans doute disparaître. 

Rien ne remplace le plaisir d’avoir un livre dans les mains même si je suis une fervente lectrice numérique et apprécie tous les partages que permettent les nouvelles technologies. Personne d’autre que moi, n’aura le plaisir de manipuler ce livre, certes, c’est un aspect qui détonne à l’heure de la reproduction industrielle massive des images mais c’est dans cette relation intime à l’image que naît la poésie. Une parcelle de l’infinité, un morceau du monde qui n’est en somme qu’un livre fait de papier et d’encre, de mots redécouverts par un être humain, le poète. Presque rien pour certains, presque tout pour d’autres.

Pour soutenir l’auteur, pour encourager l’artiste ou simplement parce que comme moi, on aime véritablement son travail, qu’on devine une ferveur unique, simple et complexe à la fois, parce qu’on partage les questionnements entre rêves et réalités, entre matières visibles et matière noire, parce qu’on sait que tout nous échappe: on peut acquérir d’autres livres réalisés par l’artiste en prenant contact avec lui. Le livre comme objet, comme questionnement artistique de diffusion d’un propos, d’un questionnement pictural, d’une interrogation sur la matière et le ressenti a toujours exercé sur moi un pouvoir magique. Un pouvoir capable de défier le temps tout en gardant ses principes intrinsèques, ses codes.

©Lieven Callant


Voici le très beau site de Géry Lamarre : ici 

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Prendre contact avec lui: ici ou

Rodrigue Lavallé, Décomposition du verbe être, Éditions Tarmac, 101 pages, juin 2018, 14€

Une chronique de Lieven Callant

b0188f_48c9a96eeece496689c472f4709f7863~mv2_d_1624_2798_s_2.jpgRodrigue Lavallé, Décomposition du verbe être, Éditions Tarmac, 101 pages, juin 2018, 14€


Très bel objet que ce livre. Mise en page soignée sur un papier comprenant de fines rayures qui lui donnent un toucher agréable. La typographie est sobre et d’une parfaite lisibilité. Sur la couverture on peut admirer une énigmatique illustration de Dominique Catin. Les lectures peuvent débuter dans de très bonnes conditions.

Si je dis « les lectures » ce n’est pas seulement parce que ce recueil de poésies comporte plusieurs volets(5) et une préface de Laurine Rousselet mais parce que par essence la poésie a de multiples entrées.

Décomposition du verbe être pourrait être le titre d’une toile abstraite, un polyptyque à la manière de Pierre Soulages qui ne serait sans nous rappeler la grande connotation mystique des peintures à plusieurs volets reliés entre eux.  Au moyen-âge et à la renaissance, ils servaient de retables dans les églises. 

Ce recueil n’est pas dépourvu de magie puisqu’il réinvente en bien des endroits, le rythme de la lecture, il est parcouru de pauses, de césures, d’espaces libres. La lumière s’invite presque partout même si elle n’a pas toujours la vocation de nous éclairer. Place est faite, place est créée pour le doute contenu plutôt que pour l’affirmation univoque. Le sens empreinte de multiple voies ou parfois nous mène dans notre propre labyrinthe. Le sens ne sert pas forcément la signification concrète et directe, c’est une invite. 

Décomposition du verbe être serait donc une composition abstraite qui se propose de décortiquer le verbe en tant que partie principale du discours de toute langue mais aussi d’offrir tout simplement une analyse de l’être. L’être comme un fait, un acte, un choix ou au contraire comme un rassemblement de parcelles, de pièces motrices que j’appelle « l’existence », la vie, ce qu’elle est au quotidien ou devient de jour en jour. L’être comme un statut instable dont il nous faut prendre conscience parce que justement nous nous décomposons. 

Par « décomposition » on peut vaguement entendre destruction, mort, pourrissement, désagrégation du corps, des corps de chair, de vies, d’existences charnelles nourries de désirs qui s’éteignent au fur et à mesure qu’on y répond. Car on entend bien au travers des lignes qu’une mutation est en train de se produire, un voyage de soi d’un endroit à un autre, d’un état à un autre. On progresse par respirations. D’un mot à un autre, on respire, on grandit ou au contraire on se rétracte, on retient son souffle. On laisse naître l’émotion pour en laisser mourir une autre. 

Je ne parviens pourtant pas à me résorber à la lecture de ces poèmes, je me demande encore si de bribes les poèmes ne deviennent pas la toute dernière trace, l’épure d’un geste, l’ultime signe d’une langue. Cette langue de ce point de vue le plus dépouillé, le plus décomposé m’apparait dans toute sa richesse flamboyante. J’apprends à la reconnaître, à la détecter un peu à la manière de ces astrophysiciens qui devinent la présence d’un objet massif noir et invisible par les forces que celui-ci exerce sur son environnement. Pour revenir à ma comparaison du début, Soulages en peignant de noir ses toiles, nous révèle la lumière, sa puissance jusque dans les moindres recoins de notre univers mental. La poésie est finalement quelque chose qui nous échappe et qu’on ne peut vraiment définir pourtant sans elle, le monde (du moins le mien) s’effondrait sur lui-même.

Goûtez par vous-même, voici le début du livre que j’invite à lire : 

ça ressemble au soir

tambour au fond du crâne

un secret dans la gorge

resté

le corps

de sel et d’eau

prépare son achèvement

ce qu’oblitère l’angoisse

du vide

une grille

on ne sait si l’ouvrir

l’air se gonfle aux poumons

saturés de crépuscule

on espère que

telle adviendra

deviendra

pétale

©Lieven Callant

Rémy Cornerotte, Seul, poèmes retrouvés, avec des photographies de Jacques Cornerotte, éditions Traversées, janvier 2018, 68 pages, 15€ 

Cover SeulRémy Cornerotte, Seul, poèmes retrouvés, avec des photographies de Jacques Cornerotte, éditions Traversées, janvier 2018, 68 pages, 15€ 


Derrière ce titre énigmatique se retrouvent à l’instar des galets laissés un instant sur les rives par la mer, des poèmes polis par un poète sincère et discret qui semble confirmer derrière ce retrait que seul le poème importe et tellement moins son auteur que son lecteur. Ce voeux de discrétion, de pudeur respectueuse occupe une place centrale dans ce très beau livre des éditions Traversées.

Pour chaque poème, il faut savoir se créer une solitude. Pas celle de celui qui abandonne et fuit mais celle de celui qui sait partir et revenir, celle qui permet de tisser des liens avec le monde, celle qui nous connecte et déconnecte de la vie pour mieux en appréhender les détours, en savourer la naturelle simplicité. 

Ces poèmes sont restés longtemps inconnus et ont été retrouvés récemment et confiés au neveu de l’auteur. 

Les textes qui présentent l’ouvrage révèlent l’aventure cachée derrière ces poèmes retrouvés et dressent le portrait d’un auteur qui est avant tout un homme, dynamique et à multiples facettes: abbé, professeur de mathématique, peintre, sculpteur, amateur de musique, de théâtre, il semble avoir consacré sa vie à la rencontre de l’autre par des biais différents et qui ne se limitent pas à l’action ou à la réflexion religieuse. Ces textes nous livrent avant tout une réflexion poétique qui s’inclue dans une démarche artistique plus étendue, un positionnement éthique. Il est réconfortant de lire que les poèmes portent en eux une invitation, une vision humaine simple et dépouillée de la vie. Il n’est pas certain que l’auteur se soit positionné en tant que poète voulant transmettre une oeuvre. Les poèmes ont été écrits. Dans quels buts? Cela n’importe pas vraiment. La nécessité est intrinsèque au fait de les écrire. Écrire comme on respire.

La première chose à apprécier en eux est donc la solitude salutaire, indispensable au poème. L’auteur et son lecteur éprouvent ce même besoin de retrait. Se détache alors du texte une franchise  et une vérité similaire à celles que l’on retrouve dans les peintures abstraites du début du 20ème siècle. Une abstraction qui ne soustrait ni l’homme, ni le divin mais l’éloigne d’une représentation contraignante ou qui ne correspond qu’à son aspect le plus superficiel. Le poème est léger comme l’âme ou comme ce qui la transporte au delà d’elle même. Le poème est vie, vie spirituelle surtout. 

Je ne pense pas et cette lecture me conforte que la poésie soit parole, qu’elle se doit de transmettre un message, d’appliquer au monde sa pensée descriptive qui le compléterait. La poésie ne communique pas. Elle se tait. Elle invite le silence, elle le convoque, elle provoque, elle demande que l’on regarde, que l’on contemple au delà de l’apparence, la réalité.

C’est un peu la même invitation que l’on retrouve dans les photographies de Jacques Cornerotte. Au-delà de ce qu’elles montrent et cherchent à représenter, au delà des paysages, des objets, des bâtiments et des lieux, elles évoquent la trace, le signe presque invisible et indéchiffrable, la solitude de celui qui regarde et fabrique les images. Les photos invitent à voir au travers de ce qu’elles montrent. Ainsi le couloir vide montre celui qui s’y promenait. L’arbre devient le lieu de fraîcheur où il est bon de se reposer. Reposer son esprit, se libérer des contraintes descriptives strictes. Les liens que tissent les photos et les textes ne sont assurément pas ceux de l’illustration et de la démonstration. Ces liens sont ténus et visent à établir des corrélations entre les manières de voir et de percevoir, de sentir, de vivre et de transmettre au-delà des langages mis en place, une réalité qui ne porte pas de nom et se loge au fond de nous.

Rien ne vaut les citations lorsqu’il s’agit de partager l’émotion de la lecture et la portée puissante d’un livre de poésies tel que celui-ci. Je suis heureux et fier de faire partie de l’équipe qui oeuvre pour la revue Traversées. Les choix éditoriaux de Patrice Breno sont avisés et témoignent pour moi d’un long et sincère amour de la poésie sous ses formes les plus exigeantes, les plus justes. 

« Je chante la joie 

de ne rien faire,

dans le haut bois vert.

Et tandis que le monde

se lacère,

je suis hautement

l’heureux musicien »

Souviens-toi

et psalmodie les montées

—le sentier solaire, effroi et flamme

auprès des buis funèbres

—le pain de la terre

dans les emblavures du ciel

—l’or des Hespérides

dans le pré d’azur.

Et plus loin

—le balancement dans les flots matriciels

et la houle des mots indicibles

avec aux confins

—les marais salés de feu

—le mot et l’insurrection

—le cri et l’aurore initiale

©Lieven Callant



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Thierry Radière, Nouvelles septentrionales, Les Revenents, Jacques Flament, Alternative éditoriale, juin 2018, 79 p, 10€

Chronique de Lieven Callant

 

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Thierry Radière, Nouvelles septentrionales, Les Revenents, Jacques Flament, Alternative éditoriale, juin 2018, 79 p, 10€


Ce recueil de nouvelles septentrionales en comporte quatre comme les principaux points cardinaux mais ce qui intéresse vraiment l’auteur au-delà d’une géographie des lieux, c’est la géographie des habitants. Plus que de raconter une histoire et à travers elle, celle d’un village, d’une région, Thierry Radière dresse des portraits. Le point commun de ces quatre nouvelles est sans doute cette tentative de raconter des personnages, des hommes et des femmes dont on ne découvre finalement qu’une partie de leurs mystères même si on est l’auteur qui les a inventés de toutes pièces ou pas. D’ailleurs pour écrire et inventer ne met-on pas une part de réalité? Ecrire n’est-ce pas apprendre à la diluer dans le songe ou à l’inverse extirper l’imaginaire d’une réalité qui se fabrique au fur et à mesure qu’on ré-invoque le souvenir?

Bien sûr, on s’interroge sur soi-même, sur le regard qu’on porte sur les autres, l’autre qui était notre grand-mère, notre frère, notre ami. On devine les liens établis en pleine lumière avec ceux qu’on aime, qu’on a aimé, qu’on a finalement oublié et qui ressurgissent du passé. On découvre sous de nouveaux jours les sentiments, on s’aperçoit parfois qu’on a omis l’essentiel. On se rend compte qu’une partie de l’autre, qu’un pan de nous-même était dans l’ombre. On évoque toutes les possibilités, les portes qu’on a refermées, on songe aux histoires manquées mais surtout à celles qu’on a réussies. L’écriture de Thierry Radière est avant tout humaine, concrète et directe, pourvue d’une pointe d’humour, d’une sorte d’amour simple et sincère. Lucide et abordable par bien des angles d’approche, elle s’empare du mystère quotidien.

Comme tout bon texte, au delà de l’histoire, il y a l’habileté à la construire, à la suspendre parfois au delà des phrases, entre les lignes, pour la terminer d’un mot qui ouvre autant de questions qu’il ne répond à toutes les autres. Par le rythme et la concentration de thèmes abordés, la brièveté et l’absence de simplification réductive, Thierry Radière offre à ses lecteurs des nouvelles dignes de porter ce nom.

©Lieven Callant

 

L’Hypothèse du Tout, précis de (méta)physique à l’usage du commun des immortels, Leafar-izen, Mézigue Editions, 156 pages.

Chronique de Lieven Callant

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L’Hypothèse du Tout, précis de (méta)physique à l’usage du commun des immortels, Leafar-izen, Mézigue Editions, 156 pages.


Au plus profond de mes tristesses, j’ai longtemps cru qu’il n’y avait rien. Rien et moi et mes épaules lourdes du regard des autres. Ceux qui ne faiblissent jamais et qui portent sans jamais en douter toutes les certitudes qui leur permettent d’aller de l’avant sans bifurcations inutiles ni par les pleurs, ni par les rires des remises en questions.

Je suis dans le terminal F ou D de l’aéroport Charles-De-Gaule, un de ces lieux que l’on veut vaste. Structures métalliques et verrière, pas un seul mur. Pourtant, si je n’avais un livre pour me réfugier comme un escargot dans sa coquille, je craindrais à tout moment la brûlure fatale.

Ce livre est « L’Hypothèse du Tout » mais il aurait pu s’agir de n’importe quel autre livre. Car un livre, quand il est bien écrit, ouvre toutes les voies du possible, ouvre les portes d’autres univers qu’on ne soupçonnait pas et quand il s’agit de poésie, les champs s’élargissent encore pour atteindre ces endroits non clos où l’infiniment petit et l’infiniment vaste se côtoient. C’est sans doute pour cette raison que je crois qu’il est bon, sinon indispensable qu’un poète se tienne au courant des avancées scientifiques de son époque et des époques antérieures concernant l’univers dans lequel il vit. Car la réalité ou les réalités selon le point de vue qu’on adopte dépassent parfois nos rêves les plus complexes pour les nourrir. On peut finir par admettre que sa propre mélancolie, son mal-être n’a rien d’absolu. Il n’existe que par rapport à une situation bien particulière et dans mon cas, le point de vue d’une société occidentale consumériste qui rejette en masse les citoyens qui ne peuvent ou ne veulent satisfaire aux critères qu’elle pose en lois universelles.

« L’hypothèse du Tout » en se référant à la théorie d’Evrett (https://lejournal.cnrs.fr/billets/peut-tester-les-univers-paralleles et https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_d%27Everett )a cet effet bienfaisant de ne plus faire croire qu’il est utile de se placer soi et ses petits bobos au centre du monde afin de pouvoir exister. L’existence n’est pas ce qui consiste à réfuter au profit d’une vision égocentrique le caractère multidimensionnel de la vie. Au néant vide et desséché, l’auteur oppose un Tout multiple qu’il ne faut pas confondre avec un Dieu unique auquel il faut croire sans comprendre, duquel il faut attendre qu’il nous donne lois et mesures qui satisfassent nos angoisses individuelles. A cette entité individuelle, fermée et qui ne peut maîtriser sa trajectoire, il oppose l’être, l’existence, ce que nous sommes précisément à un moment donné, en un endroit quelconque et qui est en mesure d’imaginer, de rêver, de concevoir un monde qui contiendrait bien plus que trois ou quatre dimensions.

Leafar Izen explique d’une manière accessible à tous les dernières avancées théoriques concernant les grandes questions que nous pose l’univers. Ainsi, nous prenons conscience qu’aucune de nos théories, de la physique classique ou de la physique quantique, qu’aucun de nos systèmes, n’est en mesure de tout expliquer. Chaque système a ses failles. Afin de comprendre pourquoi, l’auteur revient sur certaines notions fondamentales:

Au moyen d’exemples simples et grâce à un bref rappel de quelques notions mathématiques, il nous permet de comprendre que la réflexion qu’il propose et qui entraine un changement de point de vue sans doute radical pour beaucoup d’entre-nous, s’appuie sur des bases scientifiques sérieuses. Il nous offre une vision philosophique de celles-ci, vision qui nous permettra d’en tirer des applications concrètes dans notre vie de tous les jours. Notamment en matière de tolérance, d’acceptation et de résilience.

Leafar Izen s’intéresse de près aux fractales, ces structures mathématiques que l’on retrouve dans certains objets de la nature tel le chou romanesco qui figure sur la couverture du livre et sert de métaphore à l’auteur pour appuyer l’idée principale du livre qui consiste à nous révéler entre autres, qu’il n’y a pas qu’une seule clé pour ouvrir le mystère, que le modèle proposé par notre société occidentale n’offre qu’une vision partielle et orientée de la réalité. Que le néant, le chaos, n’équivalent pas le vide nihiliste auquel notre conception matérialiste les associe. Qu’en faisant le choix du Tout, on ne fait pas celui d’une croyance absolue universelle, on change de point du vue, on change de dimension, on accorde son existence à ce qu’elle a toutes les chances d’être. Souvent au-delà des apparences directes, visibles, matérielles.

Il m’appartient de choisir en connaissance de cause, un modèle, une éthique sur laquelle baser mes expériences de vie. Ce modèle n’a rien d’universel mais est opposable à n’importe quel autre. Il plaide pour la tolérance, cette forme d’intelligence qui n’a de cesse de remettre en cause ce qu’elle est curieuse d’apprendre.

Leafar Izen est un des auteurs publiés par la revue Traversées dans le n°87. Son site internet (www.leafar-izen.com) est à consulter.

L’Hypothèse du Tout, est proposé dans l’une des rubriques du site avec comme exergue cette phrase:

« Nous sommes tous d’accord sur le fait que cette théorie est folle. La question qui nous divise : est-elle assez folle pour avoir une chance d’être correcte ? » (Niels Bohr)

Le livre cite de nombreux scientifiques, philosophes, écrivains de la même manière, une manière ludique et lucide qui vous met sur la voie de l’envie d’en apprendre toujours plus.


©Lieven Callant

 https://youtu.be/UjaAxUO6-Uw