Auteur : lievenn
Hommage à Jean-Claude Pirotte par Frédéric Chef
Pour Jean-Claude Pirotte, i. m.

Te voilà sur les bords de la Sambre
parti la Meuse le Léthé ou le Styx
peut-être commences-tu à descendre
dans un poème toujours aussi prolixe
pourtant locataire sous le vocable
de la Vierge qui te faisait rempart
tu tirais par les cornes ce Diable
ignorant qu’un jour le temps sépare
ce qu’il a réuni comme un bouquet
de membres de chair et de pensées
au-dessus l’âme ou quelque chose
approchant ? les poètes ne meurent
c’est connu jamais souffre-douleur
ils se piquent pour nous à toutes les roses
…………………….
tu poursuivais la chimère du vieux-temps
au fil des jours dans l’usage des poètes
et la lumière remisée des jours d’antan
où tu vivais loin d’être anachorète
sur le seuil derrière le rideau du ciel
tricotant l’ordinaire d’un fil ténu
ou fixant d’un pinceau d’aquarelle
tes humeurs et ton âme aux nues
pour que naisse un double de toi
qui volerait par-dessus les toits
parmi les anges et les diables cornus
je ne crois pas du tout que tu sois
mort c’est sur ce fil de soie
tricoté par les vers que tu as “disparu”
©Frédéric Chef, 27 mai 2014
Tatiana de Rosnay – Son carnet rouge -Éditions Héloïse d’Ormesson
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Tatiana de Rosnay – Son carnet rouge –Éditions Héloïse d’Ormesson (192 pages- 17€)
Serge Joncour a décrypté le sentiment amoureux dans Combien de fois je t’aime,
Tatiana de Rosnay, avec Son carnet rouge nous livre le pendant, en onze nouvelles.
Le genre de la nouvelle se prête bien à cette exploration , tant les rapports humains sont complexes et les cas d’infidélités si nombreux, faisant les choux gras de la presse people. Mais de la femme ou de l’homme, qui trompe le plus? Qui est le plus volage? Qui s’accorde une incartade passagère? Quelles sont les causes de ces dérives?
Tatiana de Rosnay s’emploie à les autopsier. Ne risque-t-elle pas d’abattre/d’éradiquer les illusions de ceux qui veulent faire rimer amour avec toujours? D’autant qu’on lit en exergue que « les hommes ne sont jamais fidèles ». Qui blâmer?
D’où vient le titre? Dans une interview, l’auteure a confié qu’elle- même découvrit un jour, consignées dans un carnet rouge, des révélations confondantes.
La nouvelliste inventorie le grain de sable susceptible de faire tout basculer/vaciller: des cheveux, un message laissé sur le répondeur, une lettre vérité sur une clé USB, le baby phone diffusant non pas les pleurs de bébé, mais des soupirs lascifs, des SMS torrides: « Tu es le roi de mes nuits…et moi l’esclave de ton amour ».
Elle évoque aussi les conséquences souvent dramatiques dans des chutes parfois désarmantes, brutales, comme la confession d’Hubert révélant son homosexualité à sa femme. Fracassante la façon de solder sa vie commune, broyant tous les oripeaux du passé, pour l’ex-femme de Jean-Baptiste. Suspense quant à l’épilogue de la nouvelle Le « Toki-Baby », vu la pulsion meurtrière qui s’empare de Louise. Inquiétude de François en raison d’un incendie dans l’hôtel, qui abritait son nid d’amour avec Gabrielle. Tatiana de Rosnay nous offre des rebondissements drôles.
Même si certains personnages recueillent notre compassion, on se surprend à sourire quand Eugénie est victime de son interprétation erronée quant à cette FG.
La romancière rend hommage au peintre Hopper qui a aussi inspiré Philippe Besson et Franz Bartelt. Le tableau Hotel room sert de décor pour la nouvelle éponyme.
Elle convoque aussi Proust qu’enseigne Jérôme D, ce French lover séducteur, qui fait fantasmer ses étudiantes. Un Don Juan prédateur qu’Hunter menace de poursuites. Mais comme l’arroseur arrosé, elle lui réserve un plan machiavélique, une fois avoir réussi à décoder son mot de passe: catleya, à la connotation sexuelle et érotique.
Tatiana de Rosnay montre comment les réseaux sociaux, portables, ont contribué à « larder le contrat de coups de canif » et à multiplier les aventures ultra conjugales. Les sites internet ne guerroient-t-ils pas pour mieux aider à duper ou à démasquer son conjoint? N’y-a-t-il pas des hôtels qui surenchérissent en offrant des tarifs spéciaux pour ces couples illicites, ces hommes mariés qui mènent une double vie?
Pour les inconditionnels des citations, le recueil est ponctué de réflexions d’écrivains
célèbres (Flaubert, Baudelaire,Molière, La Rochefoucauld), qui donnent à réfléchir sur le mariage, le couple et montrent que l’adultère ne date pas d’hier.
Doit-on prendre sa revanche, comme le suggère La Fontaine pour qui « c’est double plaisir de tromper le trompeur »? Doit-on plutôt suivre le précepte de Louise de Vilmorin qui ne veut aimer personne, n’ayant aucune confiance en sa fidélité?
La jalousie, la vengeance( Oeil pour oeil, dent pour dent), les mensonges , l’usure du couple, le harcèlement,l’espionnite, font le terreau de ces nouvelles où l’on croise tant de femmes bafouées mais aussi celles qui transgressent ( le désir leur chatouillant les lèvres), et plus rarement celles qui pardonnent , occultent les preuves.
A travers ses protagonistes, l’auteure aborde la question qui taraude les infidèles, craignant la délation: faut-il passer aux aveux ou non?
Tatiana de Rosnay dans sa radiographie du couple,signe un recueil ancré dans notre époque qui nous renvoie un miroir de la société peu glamour et peu optimiste.
En définitive, quelle foi peut-on avoir en l’amour ? Quelle confiance accorder à l’autre partenaire, après un tel panorama / éventail de la déliquescence des sentiments, de leur délitement? Un proverbe anglais souligne qu’il vaut mieux souffrir d’avoir aimé que de souffrir de ne pas avoir aimé. Puisse-t-il aider à panser les blessures !
A chacun de savoir rebondir et de trouver comment pimenter sa vie amoureuse.
©Nadine DOYEN
L’OUVRE – BOÎTE A POEMES, Numéro 94
L’OUVRE – BOÎTE A POEMES, Numéro 94

Dans chaque numéro, L’Ouvre – Boîte à Poèmes met à l’honneur un artiste présenté par Christine Roucaute, elle-même artiste de talent, avec des reproductions de ses œuvres en quadrichromie sur la couverture et la quatrième de couverture, en noir et blanc dans le corps de la revue. Après Jean-Claude Hiolle et ses splendides paysages, pour certains urbains ( n° 93 ), ce sont les rythmes de couleurs de Martine Belfodil qui enchantent le regard. De belles photographies de bateaux, de ports, de grèves sauvages, et de chats, dont Christine Roucaute est l’auteure, transportent le lecteur-spectateur de Malte à Venise à Amiens en passant par d’autres lieux, et une composition artistique de Coryne Hautemaison évoque les émois de l’amour.
Jeannine Dion – Guérin rend hommage au défunt poète Emile Kastermann, Yves – Fred Boisset, directeur de La Braise et l’Etincelle avec sa femme Annie, livre deux poèmes de son enthousiasmant recueil « Un quart d’heure avant l’orage », Jean – Michel Klopp, qui tient dans « La Cigogne » une rubrique de critique littéraire remarquée, exprime un talent poétique plein de force et de conviction dans deux poèmes… Très ou peu connus, les poètes rassemblés dans ce
numéro font preuve de véritables qualités littéraires, et souvent d’originalité. De la bonne poésie !
Se remarque aussi l’inattendu conte « Le dos du caïman » de Jean – Baptiste Tiemélé qui est extrait de son recueil Contes déracinés d’Afrique.
Fin 2013, l’Union des Poètes Francophones a décidé d’attribuer le Prix de la Presse Poétique 2012 à L’Ouvre – Boîte à Poèmes, ce dont les lecteurs se conjouient. Ce prix a été remis le 20 avril 2013 à Mons, en Belgique.
L’OUVRE – BOÎTE A POEMES – Trimestriel – AS – 58 pages – 25 Euros l’abonnement pour les personnes résidant en France , 28 Euros pour les autres.
L’Ouvre – boîte à Poèmes – Christine ROUCAUTE – Résidence Les Floralies – 15 ter rue du Maréchal Foch – 95120 ERMONT – France.
Emissions de radio :
L’Onde Poétique : le deuxième mardi de chaque mois de 20 H à 22 H avec François Fournet et Yves – Fred Boisset
Les Rencontres Francophones : le deuxième mardi de chaque mois de 20 H à 21 H avec
François Fournet, Yves – Fred Boisset et Joël Conte
En Vers et avec Tous : le deuxième jeudi de chaque mois, de 13 H à 14 H avec Jeannine Dion
– Guérin
sur Radio Enghien IDFM, 98 FM, ou Internet http://www.ldfm .fr. fm
©Béatrice GAUDY
La Trilogie Nostradamus, de Mario Reading, Éditions du Cherche-Midi, traduit de l’anglais par Florence Mantran
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La Trilogie Nostradamus, de Mario Reading, Éditions du Cherche-Midi, traduit de l’anglais par Florence Mantran : Tome 1 : Les Prophéties perdues, 5 septembre 2013, 576 pages, 14 € ; Tome 2 : L’Hérésie maya, 5 septembre 2013, 640 pages, 21 € ; Tome 3 : Le Troisième Antéchrist, 20 février 2014, 592 pages, 21 €.
Difficile de résumer une telle trilogie, tellement elle est dense, mais ce qui est certain c’est que le premier tome nous embarque pour une aventure des plus captivantes où se retrouvent impliqués, parfois bien malgré eux, des personnages de milieux qui à priori n’ont rien à voir entre eux. Ainsi Adam Sabir, un écrivain franco-américain, spécialiste de Nostradamus, arrive à Paris sur les traces de 52 prophéties inédites dont nul n’a eu connaissance, des prophéties perdues. Légende ou réalité ? Toujours est-il qu’il se retrouve aussitôt mêlé à une sombre histoire de meurtre, celui d’un gitan surnommé Babel Samana qui semblait savoir quelque chose à leur propos. Adam Sabir est le principal suspect de cet assassinat plutôt sauvage. À la fois en fuite et toujours sur les traces des prophéties perdues, il a sur ses propres traces le policier Calque, qui tient plus de l’érudit fou d’histoire que du policier et son adjoint bien moins érudit, mais plus zélé. Le tueur de Babel Samana aussi est sur ses traces, Adam Sabir n’est pas le seul à rechercher ces prophéties. Après avoir frôlé la mort dans le camp de gitan où il recherche la sœur de Babel, Yola Dufontaine, il se retrouve contre toute attente désigné comme frère de sang de cette dernière et tous deux seront impliqués ainsi que Calque, jusqu’au cou et jusqu’au bout de cette trépidante trilogie, mêlant intrigue et suspens à la sauce policière, thriller ésotérique, amour et aventure multiculturelle à travers la France, l’Europe et le Mexique, d’abord la piste des Vierges Noires, puis entre autre les crânes de cristal et la prophétie des Mayas pour finir par trouver le troisième antéchrist et la parousie, au fin fond de la Roumanie, et avec continuellement aux trousses un obscur et redoutable Corpus Maleficus, chargé de protéger le monde en provoquant le chaos… Et tout ça, sans jamais tomber dans un délire new-âge, mais au contraire très documenté, drôle, intelligent, poétique, pure fiction mais des plus crédibles, passionnante. Cela dit le premier tome étant si prenant, il est difficile de tenir sur la longueur un rythme aussi haletant, et la fin peut sembler du coup un peu décevante, mais à vrai dire elle n’importe pas tant que ça, l’essentiel s’étant passé avant. A lire donc sans hésiter, il y a à boire et à manger.
©Cathy Garcia
Globe-trotter insatiable, Mario Reading a vécu en Autriche et en Afrique du Sud. Expert en livres anciens, il est considéré comme l’un des grands spécialistes de Nostradamus. Après Les Prophéties perdues, paru une première fois en 2009 aux éditions First, L’Hérésie maya et Le Troisième Antéchrist viennent compléter La Trilogie Nostradamus.



