Toute l’équipe de Traversées vous présente ses meilleurs vœux pour l’année 2015!
Source image: Becojo
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RENTRÉE 2015
Christophe Carlier, Singuliers – Phébus – littérature française
Christophe Carlier nous livre une comédie imbriquée dans une autre à plus grande échelle, dans la lignée de L’Euphorie des places de marché (conte urbain ironique). Ce récit gigogne illustre parfaitement la phrase Shakespearienne : « Le monde entier est un théâtre et tous les hommes n’y sont que des acteurs ».
Le lecteur assiste à un défilé de personnages qui se croisent, se reconnaissent, se recroisent au gré du hasard. On les suit comme avec une caméra embarquée.
On plonge dans leurs pensées, leurs voix s’alternent. Par le prisme des uns on apprend des bribes sur d’autres (lien de parenté). L’imbroglio des indices distillés peu à peu se démêle, lors de flashbacks. Et le puzzle de leur vie se tisse. En exergue, une citation de Virginia Woolf centrée sur « l’immédiate fatalité », fil rouge de ce roman.
Le récit s’ouvre justement sur la rencontre inopinée, dans le métro, de deux protagonistes qui n’ont même pas le temps d’échanger leurs numéros de portable.
Le portable, cette nuisance pour certains, est à la source d’une caricature des passants que Franck observe tous les jours. Ne redoute-t-il pas, pour le futur, de voir se multiplier des hordes semblables, esclaves de leur « petit boîtier » qui continueront à l’ignorer ? Quant à Pierre-François, ce sont les autres qui l’intéressent.
Le roman s’articule en trois temps : avant, pendant et après la représentation de la pièce de Corneille Le Menteur et même jusqu’au lendemain soir.
Le café, un huis clos, un décor cher à Hopper, étant lui-même un théâtre, le quartier général où passent la plupart des protagonistes, dans l’espoir de revoir la personne qui les a convoqués ou de s’en approcher au plus près. On a l’impression de voir des marionnettes manipulées par le destin. Ce microcosme brasse des individus de tous milieux, en couple ou seuls (venant de rompre), des « homeless » aux nantis. C’est avec un regard acéré que l’auteur dépeint ses contemporains, leurs comportements dans des files d’attente, loin de la discipline de nos voisins anglo-saxons.
Le zoom sur le public au théâtre est digne d’un dessin de Sempé, dont Christophe Carlier est un inconditionnel.(1) Nelly, l’ouvreuse, comme sortie du tableau de Hopper, accueille, dans son « palais de velours rouge », les spectateurs qui « n’ont pas l’air beaucoup plus heureux que ceux qui entrent à l’usine », pense Luc. Pour Nelly, le spectacle est dans l’assistance. Elle a reconnu Claire, note son « air tourmenté ». Qu’est devenu son amoureux, Antoine, qui a grandi avec son fils ?
Qu’auront-ils retenu de la pièce si chacun épie l’autre, se perd dans son maelström comme Claire ? Cette phrase de Rousseau : « L’on croit s’assembler au spectacle, et c’est là que chacun s’isole » reflète exactement l’état des lieux du moment : ennui, lassitude prévalent. Alice se laisse charmer par la voix de l’acteur, remarque son « coup d’œil caressant à Claire ». Pierre-François, lui aussi aimanté par Claire, suit le manège de l’acteur et s’interroge : « À quoi joue le hasard ? »
Aurélien, l’acteur, aurait-il bafouillé si la femme qui le troublait avait été hors de sa vue ? N’avait-il pas eu l’envie d’adresser des vers galants à « la belle inconnue » ?
Quant au virulent critique Denis, qui préfère « rugir » à applaudir, le « travail de sape » aux éloges, souhaitons que l’auteur ne soit pas lu par quelqu’un de sa trempe.
Font aussi partie de ce ballet de la « comédie humaine » : Cécile qui pense à ses élèves tout en savourant les vers cornéliens, pour qui « la littérature est un enchantement et l’art une bénédiction » ; Lilia, insomniaque, pense à ceux qui l’entourent, écoute la radio et ne serait pas surprise d’y entendre Nelly se confier.
Dans les coulisses, entrent et sortent de notre champ de vision ceux qui sentent « la colère qui gronde dans la société », « la folie du monde », ceux auprès desquels les passants évitent de s’attarder mais qui ne laissent pas indifférents (la folle du bus, la vagabonde échouée dans l’amphithéâtre, « l’errante du boulevard »). On est sensible à l’âme de poète de Luc, qui devient acteur de ses nuits en les étoilant par sa fantaisie.
Ce n’est pas le hasard si on retrouve quelques-uns des protagonistes au même café.
Si Claire n’avait pas égaré son calepin serait-elle revenue au café ?
L’auteur nous initie à l’happenstance, le don d’être au bon endroit au bon moment, avec la réapparition du carnet de Claire qu’elle croyait perdu. Sa bonne étoile veillait.
« Le hasard », disait Pasteur « ne favorise que les esprits préparés ».
Alice serait-elle retournée au café sans ce regret d’être restée insensible au « visage défait » de Claire ? Mais se sentant trahie par Claire, elle est plus encline à tisser des liens avec Pierre-François. N’est-il pas cette « main providentielle », confirmant le proverbe arabe : « Quand le ciel te jette une datte, ouvre la bouche. » Déception, par contre, pour les soupirants de Claire, tous deux « pris de court » par Franck.
Dans l’épilogue, le lecteur a le choix d’imaginer le futur tête à tête Claire/Franck. Claire cherche-t-elle à se rapprocher de Franck par attirance ou pour évoquer Antoine, afin de savoir ce qu’est devenu celui qu’elle n’a pas pu oublier ?
Dans Singuliers, Christophe Carlier réussit le tour de force de condenser une multitude de vies en cent vingt pages. Une vie, n’est-ce pas une accumulation de petits moments, de rencontres, de voies du destin, de routes prises ou non, de choses imperceptibles qui nous construisent. En campant ses personnages dans des huis clos, l’auteur leur offre des lieux où s’abandonner mentalement, se côtoyer. Ces voyages introspectifs qui nous plongent dans les profondeurs de l’âme humaine, nous renvoient à notre propre vie, nos souvenirs. Qu’avons-nous réussi ? Raté ? Quelle route n’avons-nous pas prise ? La plupart des événements majeurs de nos existences se produisent en corrélation avec d’autres, selon les mystérieuses conjonctions du hasard, de la fortuité. Quel rôle jouent les Parques, l’oeil du Cyclope, dans nos vies ?
On retrouve avec bonheur les comparaisons inattendues : « Le thé du matin apaise comme le baiser du soir », ou « Le théâtre est la confiserie de ma vieillesse », confie Lilia. On apprécie la plume méticuleuse, d’une « précision d’horloger » et l’humour de Christophe Carlier. Ce qui est sûr c’est que Singuliers interpelle si justement le lecteur adhérant à l’idée que « certaines rencontres nous ménagent un rendez-vous avec nous-mêmes ». Un roman qui fait écho à cette réflexion de Claudie Gallay : « Il est des êtres dont c’est le destin de se croiser où qu’ils soient. Où qu’ils aillent. Un jour ils se rencontrent. Alors à vous de faire leur connaissance. »
(1) : Happé par Sempé, Serge Safran éditeur, 2013.
©Nadine Doyen
Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.
En voici un extrait :
Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 33 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 12 spectacles pour accueillir tout le monde.
Traversées a reçu :
Les recueils suivants :
À tous les contrariés, Salvatore Sanfilippo, poèmes, illustrations de Marie-Christine Frappa, np, 2012.
Ainsi futiles, Daniel Birnbaum, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2013, 8 pages.
Alphabet, André Hufty, essai, éditions Persée, 2014 ; 58 pages.
Le mot de l’éditeur :
Alphabet est un ouvrage qui sort des sentiers battus. L’auteur illustre ses réflexions sur la société de mystérieuses estampes en noir et blanc.
Ces 26 textes, ces « contes », organisés en abécédaire, interrogent le monde, l’écologie, le féminisme ou la religion. Comme de petites histoires qui laissent l’esprit vagabonder entre les mots et les images.
Il émane de ce livre un mystère et une profondeur qui ne peuvent laisser le lecteur indifférent. Lui offrant la liberté de s’y perdre et d’inventer sa propre vision du monde.
L’auteur s’est décidé à enrichir son ouvrage d’estampes qu’il grave lui-même depuis une quarantaine d’années. Des linogravures qui rappellent la poésie et l’ironie des travaux de Masereel et de Vallotton.
L’auteur :
André Hufty est né en 1935. Installé au Québec, il a exercé le métier de professeur en climatologie à l’Université Laval. A la retraite depuis 2002, l’auteur écrit, outre des textes scientifiques, des articles sur l’art. Il pratique également le dessin, l’aquarelle et les gravures depuis quarante ans.
Amina G., La voie de Mahomet, Eddy Piron, roman, éditions du Basson, rue du Basson, 81 à B-6001 Marcinelle ; 2013 ; 115 pages ;
www.editionsdubasson.com; editionsdubasson@scarlet.be
L’auteur :
Eddy Piron, auteur carolo de plusieurs romans à cadre historique, dont La fille de Marie Stuart et Cornélius Crassius, agent de Jésus-Christ, est également dramaturge et journaliste.
Le mot de l’éditeur :
Au crépuscule de sa vie, Mahomet décide de retranscrire le message d’Allah. Pour cela, il fait appel à une de ses anciennes maîtresses, Amina G., sorte de working girl farouche, rebelle, féministe et, on l’ignore, à l’origine du phénomène « Mahomet ». Elle accepte de collaborer mais réalise vite que son « ex », prophète autoproclamé, pète réellement un câble. Que faire pour éviter le pire ? Fuir ? Poursuivre sa tâche et tenter de l’influencer ? Dans un récit palpitant, Eddy Piron nous fait voyager entre Mekka et Rome dans un style ciselé, bref, dynamique.
Partant de là, Eddy Piron nous propose une vision décalée de la naissance de l’Islam. On découvre une interprétation drôle et étonnante des fondements de cette religion. Pamphlet, peut-être, ce livre a finalement pour but, par le prisme de l’humour, de montrer qu’Amina G. a raison de dire que « La religion est une chose bien trop légère que pour être confiée à des religieux ». Et dans un monde où la lourdeur des uns affronte le sérieux des autres, un peu de légèreté, ça fait du bien.
Androgyne, Rome Deguergue & Michel Bénard, éditions les Poètes français, 2013, 65 pages.
Extrait de la préface de Jacques Viesviel :
« Il est elle.
Elle est lui.
L’un et l’autre dans leur altérité.
Deux a n’en plus faire qu’un
pour couronner le sacrifice
de l’unité retrouvée.
Deux dans le même profil de l’œuvre
le même battement de cœur inorganique
le même spasme d’en haut.
Le ciel tout porche
sous l’écorce.
Baudelaire entre Aube et Crépuscule, Alice Machado, éditions Lanore, François-Xavier Sorlot, 6 rue de Vaugirard à F-75006 Paris ; 2009 ; 222 pages.
Le mot de l’éditeur :
Par son œuvre novatrice et provocante, voulant transcender le mal, Charles Baudelaire semble incarner à lui seul la modernité littéraire, dans le constant désir d’ouvrir des voies nouvelles. Sa vie tumultueuse pourrait nous inspirer le thème du poète maudit et sa volonté tend à converger vers un axe essentiel : dire l’Homme dans l’infinitude de son être, avec ses contradictions, laissant une grande place à l’imagination créatrice, qui elle seule serait capable de déchiffrer le secret de l’Univers, le spleen et l’ivresse du retour à l’état paradisiaque originel.
Baudelaire porte en lui l’horreur de la vie et l’extase de la vie, son destin pourrait se jouer ainsi entre Aube et Crépuscule, ange ou démon, paradis ou enfer. C’est l’étendue de son œuvre, diversifiée, ses affinités spirituelles, que cette étude s’attache à parcourir, à décrypter. Laissons-nous porter par cette poésie des lieux hauts où les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
L’auteur :
Alice Machado a fait ses études littéraires et philosophiques à l’Université de Paris VIII. Son dernier ouvrage est un essai sur les Figures féminines dans l’œuvre de Gérard de Nerval. Elle a publié des romans et des recueils de poésie, qui ont été traduits dans plusieurs langues. Ses activité l’amènent à participer à des colloques, rencontres et lectures littéraires, salons du livre, tant en France qu’à l’étranger.
Chemins de doute, Francis Chenot, poèmes, éditions de l’Atlantique, collection Phoibos, 2011 ; 56 pages.
L’auteur :
Francis Chenot est né en 1942 dans ces Ardennes belges dont, dit-il lui-même, il a « gardé les silences têtus et l’économie de mots qui caractérisent mon écriture ». Fondateur, avec Francis Tessa, de la Maison de poésie d’Amay et des éditions de l’Arbre à paroles, il a publié, en 45 ans, une vingtaine de recueils et plaquettes. Il est aussi traducteur d’espagnol, de portugais et adaptateur en français de poètes albanophones traduits par Vasil Çapeqi.
Le livre :
Chemins de doute porte bien son nom car s’il est trois mots-clés dont les récurrences sont multiples dans ce recueil c’est bien « interrogation », « renoncement » et, précisément, « doute » qui, pour Francis Chenot, est associé à « humilité » et représente comme une sorte de droit fil de la sagesse. L’écriture poétique présente un processus de recommencement (le poète est alors une sorte de Sisyphe) qui chaque fois interroge les mots et se laisse interroger par eux, à l’infini, en vain peut-être, mais qu’importe ? seule compte cette interrogation. Poésie du silence, de la méditation, ce recueil nous donne à lire des textes courts, bien ciselés, qui posent les vraies questions et dans lesquels, en effet, on retrouve cette économie d’écriture à laquelle le poète fais souvent référence.
L’extrait :
« Dans leur fragilité
les mots du poème
sont pareils à ces traces
cunéiformes
que laisse le goéland
lorsqu’il se pose sur la place
Une prochaine marée
les effacera
d’une vague indifférente »
Dieu m’étonnera toujours, Suites pour le temps qui passe, Claire Fourier, récit, éditions Dialogues, 38, reu Voltaire à F-29000 Brest, collection Littératures, 188 pages ; 2013.
Le mot de l’éditeur :
Une femme se retire (pourquoi ?) dix jours en août dans un monastère de la Chartreuse abandonné par les moines et qui accueille des laïcs. Dans la chaleur de l’été, quasi nue et chaussée des grandes bottes de jardinage masculines dénichées dans l’atelier, elle met ses pas dans les pas du Chartreux, entreprend de nettoyer son jardin en friche, évolue comme chez elle dans la maison de l’ermite absent dont, épousant la manière de vivre, elle s’éprend peu à peu. Tout regard et tout ouïe, elle médite, plus qu’elle ne se perd en oraisons, et note, ivre de splendeur inattendue, ce qui lui passe par la tête. Ahurissement, vénération, sentiment aigu de la nature, de l’amour, du temps, de Dieu. Elle écrit l’incorrigible balancement de ses impressions, les pensées contradictoires, les idées folles qui l’assaillent dans un lieu strictement soumis à la règle monastique.
Un an plus tard, reprenant ces « suites pour le temps qui passe », la femme celte et panthéiste retrace avec autant de fantaisie que de rigueur, au fil d’une prose entrecoupée de poèmes brefs dans l’esprit du haïku, un séjour intemporel et divinement païen à la Chartreuse.
L’auteure :
Révélée avec Métro Ciel, récit érotique et lumineux d’une rencontre souterraine, Claire Fourier a écrit une vingtaine de livres qui nouent et dépassent tous les genres, et à propos desquels Bernard Noël a justement pu dire qu’elle avait inventé un nouveau genre : la « sensualité verbale », tandis que Pierre Sipriot a évoqué le « cogito de la sensibilité ». dieu m’étonnera toujours est pareillement marqué au coin d’un érotisme délicat.
Claire Fourier a publié notamment Les silences de la guerre ; Je vais tuer mon mari et Route coloniale 4 en Indochine.
Ecrire comme on part, Béatrice Libert, poèmes, éditions Le bruit des autres, 2013 ; 114 pages.
L’auteure :
Écrivaine et comédienne, Béatrice Libert vit à Liège en Wallonie. Elle a publié des poèmes (traduits en plusieurs langues), des essais, récits, nouvelles, un roman et des livres pour la jeunesse. Elle signe aussi des collaborations avec des artistes musiciens, peintres, graveurs, chorégraphes et photographes.
Extrait de la préface :
À mes yeux, jamais Béatrice Libert n’avait étreint la terre de cette façon-là, et jamais ses mains jardinières n’avaient pétri, comme ici, le corps du poème comme le corps de la mort. Pétri et caressé car la langue est légère et si sensuelle quand l’auteure réveille les mots qui dormaient dans la moelle de nos os. Et du coup, elle nous encourage à rejoindre notre propre jardin. Ou notre cimetière ? Mais n’est-ce pas très proche ? Ce jardin-cimetière que nous portons en nous, au point que…
« Tu ne sais jamais
Si c’est toi qui le traverses
Ou si c’est lui qui marche en toi. »
Une chose est sûre en tout cas, il faut y entrer dans ce jardin-poème, si fragile et si fraternel, s’y promener, peut-être s’y perdre, mais avec la certitude « que demain est tiède déjà d’être aimé ».
Gabriel Ringlet
Êtres épris…, Hafsa Saifi, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2013, 8 pages.
Les fleurs de la poésie de Gouvy à l’Océanie, André Pecquet, éditions Persée, rue de Bassano à F-75008 Paris, 2014, 137 pages.
www.editions-persee.fr; communication@editions.persee.fr
Le mot de l’éditeur :
Paru récemment, ce petit livre rassemble plus d’une centaine de poésies inspirées à l’auteur belge lors de ses nuits et de ses rêves.
« Nadrin, maison natale de l’auteur
C’est l’âme d’un déçu par la vie et ses infamies
Qui aujourd’hui enfin guéri
C’est en auteur convaincu, que j’ai enfin vécu toutes ces insomnies
Et c’est par la poésie qu’on embellit la vie »
Ainsi commence le recueil de poésies d’André Pecquet, un recueil de textes remplis de rêveries et de mélancolie, qui nous font voyager de Belgique jusqu’en Océanie.
Entre ombre et lumière, ses textes parlent d’amour, de pain et de voyage. Le poète rend hommage à son village natal, à Jean Ferrat et Jacques Brel, mais aussi aux gitans, synonymes pour lui de liberté.
L’auteur :
André Pecquet est né à Nadrin, commune de Houffalize en Belgique. C’est en se retrouvant au chômage forcé, après vingt-trois ans comme ouvrier polyvalent et deux années de conciergerie dans un centre de vacances qu’il s’est remis à ses anciens loisirs, c’est-à-dire la poésie.
Hiatus rationnalise, Lionel Blettery, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2013, 8 pages.
Hommes et chiens confondus, Rose Eliceiry, poèmes, éditions de l’Ecrou, 2011, 73 pages.
L’auteure :
Née en 1985, à Québec, Rose Eliceiry habite présentement Montréal où, depuis 6 ans, elle a offert plusieurs prestations poétiques. On a notamment pu la voir et l’entendre lors du festival Voix d’Amériques, du Festival International de Jazz de Montréal et de la nuit de la poésie 2010. Elle tente toujours de partager sa vie entre la métropole, Saint-Agathe-des-Monts et le sud de la France. Parallèlement à sa pratique d’écriture, elle a complété un baccalauréat en études littéraires à l’UQAM.
Le mot de l’éditeur :
A vif, fébrile et bouillonnante, la poésie de Rose Eliceiry pointe du doigt les failles du ciel, prend la parole dans le silence, s’efforce de vaincre la nuit, l’angoisse et l’adversité ; empreinte d’une envie de lutter contre les désastres et les désolations, elle cherche à tout donner, tout prendre, pour découvrir un présent habitable où se lover.
Hommes et chiens confondus c’est l’aveu du manque, du vide et de l’absence, c’est aussi le récit d’une errance, une longue promenade en quête d’émerveillements, entre les routes de terre du Nord et les ruelles de Montréal, où la douleur et le désir s’amalgament pour réunir les bêtes nocturnes.
L’extrait :
« combien de familles
tombent
et tout le ciel avec
combien de murs
à en échapper les plafonds
combien de fois
Hiroshima sans l’amour »
www.lecrou.com; info@lecrou.com
André du Bouchet, Poésie, langue, événement, Victor Martinez, éditions Rodopi, Tijnmuiden, 7 à 1046 AK Amsterdam, The Netherlands, collection Chiasma, 187 pages.
Le mot de l’éditeur :
L’œuvre du poète français André du Bouchet (Paris, 1924 – Truinas, 2001) constitue un apport inédit pour les recherches en linguistique et poétique contemporaine. L’attention au « dehors » qui caractérise une telle poésie ne débouche pas sur une poésie descriptive, objective ou référentielle, mais sur l’idée que le rapport à la réalité est invisible et global. Les herméneutiques phénoménologiques, rationnelles ou critiques (de Ricoeur à Meschonnic ou Bollack) ne sont pas parvenues à décrire une œuvre qui placerait le sens non dans la langue, mais à côté d’elle. L’œuvre d’André du Bouchet, fondée non sur une poétique de la présence, mais de sa rupture, non sur une poétique du lieu, mais de son emportement, non sur une poétique du sens, mais de sa dissolution, parviendrait au résultat paradoxal de replacer la réalité au cœur du langage, y compris dans ses manifestations les plus violentes. Eminemment historique, cette poésie fonderait le langage comme événement, mais cet événement ne serait pas assignable en tant que fait positif : il serait un phénomène global à la fois sans signe, paradoxalement observable et ouvertement efficient.
L’œuvre d’André du Bouchet resitue des questions initialement poétiques au centre de ce qui constitue le projet global des sciences humaines : décrire, fonder, interpréter.
L’auteur :
Victor Marinez est docteur en langue, littérature et civilisation françaises de l’université de la Sorbonne nouvelle Paris 3. Il travaille actuellement comme membre associé au laboratoire de recherches Alithila de l’université Charles de Gaulle Lille 3. Ses recherches portent sur les poésies et les poétiques contemporaines.
Pour que ne cesse pas la soif, Michel Gabet, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2013, 8 pages.
Séjours, là, Jean-Louis Massot, suivi de D’autres vies, poèmes, dessins de Gérard Sendrey, préface de Daniel Simon ; éditions M.E.O., 2013, 106 pages.
www.meo-edition.eu; contact@meo-edition.eu
Les silencieux manèges (extraits), Mylène Catel, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2013, 8 pages.
Sirènes, Karim Cornali, éditions Clàpas, collection Franche Lippée, septembre 2014, 8 pages.
Six sonnets imparfaits, Renaud Lejeune, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2013, 8 pages.
Le temps désormais compté, Franco Marcoaldi, poèmes, traduits de l’italien par Roland Ladrière, éditions de Corlevour, 2013, 93 pages ; 1ère édition : Il tempo ormai breve, Torino, Einaudi, 2008, Prix international LericiPea, 2008.
L’extrait :
« Que dis-tu ? Que je t’embrasse fort
fort, j’ai quelque chance de plus
d’échapper à la mort ?
Le vol du papillon, Itinéraire onirique, Catherine Bruneau et Eric Chassefière, éditions Rafael De Surtis, 7, rue Saint Michel à F-81170 Cordes/Ciel, collection Pour une fontaine de feu, 2013, 94 pages.
Voyages encrés, suivi de Les chemins contrariés, Patrick Navaï, poésies et encres, Carnets-Livres, 2011.
http://carnets-livres.over-blog.net ; carnetslivres@gmail.com
Le mot de l’auteur :
Dans Les chemins contrariés, j’ai fait appel à l’acrylique ainsi qu’à quelques gouttes d’huile. J’ai pu ainsi faire surgir les formes du désarroi, désarroi qui a porté une ombre à ma vie de migrant.
Dans Voyages encrés, c’est l’encre qui coule, ou plutôt les encres. Le fond est à base d’aquarelle ou de gouache. Muni d’un petit gris, j’ai fixé de nombreux navires.
Les revues suivantes :
Les Amis de l’Ardenne, n°44, juin 2014 (Les 70 ans du Rimbaldien). 10, rue André Dhôtel à F-08130 Saint-Lambert-et-Mont-de-Jeux. mondejeux@gmail.com
Arpo, n°79, automne 2014, bulletin de liaison de l’association. Centre culturel JB Calvignac, 24, avenue Bouloc Torcatis à F-81400 Carmaux. www.arpo-poesie.org ; contact@arpo-poesie.org
Bleu d’Encre, n°30, hiver 2013. Claude Donnay, rue d’Anseremme, 43 à B-5500 Dinant.
La Braise et l’Etincelle, n°114, 15 novembre 2014. Annie et Yves-Fred Boisset, 7/2 résidence Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 Courbevoie. yvesfred.boisset@papus.info; http://yves-fred.over-blog.com
Cabaret, n°11, automne 2014. Alain Crozier, 31, rue Lamartine à F-71800 La Clayette. (A l’Est du nouveau : Estelle Cantala, Muriel Carruppt, Olga Sokolow, Szilvia Deak, Simona-Grazia Dima, Stella Vinitchi Radulescu, Alexandra Bouge, Anne-Lise Blanchard).
Le carnet et les instants, n°184, du 1er décembre 2014 au 31 janvier 2015, Lettres belges de langue française. Martine Garsou, 44, Boulevard Léopold II à B-1080 Bruxelles. (Editorial : Création et marché du livre, Joseph Duhamel ; Les figures de l’éditeur : l’édition en Belgique francophone d’hier à aujourd’hui, Primaëlle Vertenoeil ; Christian Hubin ou le poème accélérateur de particules, Eric Brogniet ; Mélanie Rutten ou la force tranquille de ces livres qui nous construisent, Natacha Wallez ; Avec jean Ray, on ne sait jamais…, Joseph Duhamel ; Publications nouvelles et rééditions ; Critiques diverses…).
Chromatique, n°14, 2014.
www.legroupechromatique.tumblr.com ;
Le Gletton, n°464, novembre 2014, mensuel de la Gaume et d’autres collines. 28, rue Saint-Martin à B-6740 Villers-sur-Semois. secretariat.gletton@gmail.com
Expressions Les Adex, novembre 2014. 30, rue René Delorme à F-60800 Rouville. info@lesadex.com ; www.lesadex.com
Inédit nouveau, n°270, septembre-octobre 2014. Paul Van Melle, avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 La Hulpe. 0032 2 652 11 90, 32 pages A4. (Contributions de Paul Van Melle : Hommage à Jean-Claude Pirotte ; Pour continuer à vivre avec notre âge dans le monde virtuel ; Il était sentimental, Jean Dumortier ; A tous mes échos ; Avis de tempête ; Textes en prose et en vers…).
Inédit nouveau n°271, novembre-décembre 2014. (La poésie a gagné).
Lélixire #9, automne 2014. Editions Robin, F-79000 Niort.
Microbe, n°83, la revue qui s’amuse à passer par le chas d’une aiguille, mai-juin 2014, accompagné de Grovisse de forme, André Stas & Eric Dejaeger. Eric Dejaeger, Launoye 4 à B-6230 Pont-à-Celles. ericdejaeger@yahoo.fr
Portulan bleu, n°14, avril 2013. Éditions Voix Tissées, 105, avenue Aristide Briand à F-92120 Montrouge. (Voix du poème). portulan@orange.fr
Septentrion, 43ème année, n°1/2014, 1er trimestre 2014. Ons Erfdeel vzw, Murissonstraat 260 à F-8930 Rekkem.(Nous nous souvenons. La grande guerre 1914-2014, Luc Devoldere ; L’exil des Belges en France durant la première guerre mondiale, Michaël Amara ; L’heure de l’ultimatum, Stefan Brijs ; On part à l’attaque la cigarette aux lèvres, Blaise Cendrars ; Il faut être deux pour danser le tango : la politique culturelle néerlandaise en France, Bram Buyze ; Tout commence chez soi… mais où ? La poésie de Miriam Van Hee, Bart Stouten ; « Les bonnes idées viennent à vélo » : l’œuvre de Dick Bruna, Céline Rutten ; Des moutons et des plantes : l’œuvre de Claudy Jongstra, David Stroband ; L’écrivain se réinvente tous les jours : l’œuvre de Oek de Jong, Jeroen Vullings ; Frissonnant dans une robe d’été et autres nouvelles, Oek de Jong ; Des poèmes choisis par Jozef Deleu…).
www.onserfdeel.be; www.onserfdeel.nl; http://septentrionblog.onserfdeel.be
Septentrion , 43ème année, n°2/2014, 2ème trimestre 2014. (Le Roi Albert et la Reine Elisabeth aux commandes de la Belgique durant la Grande Guerre, Luc Vandeweyer ; Les miroirs de l’âme, Charlotte Mutsaers ; Bellewaerde, Xavier Hanotte ; La théâtralité du pouvoir : l’art vidéo de Koen Theys, Paul Depondt ; L’enfant rebelle gagne du terrain : l’œuvre et l’univers d’Alex Van Warmerdam, Karin Wolfs ; « Je suis un poisson, mais je veux devenir l’eau » : l’œuvre d’Esther Gerritsen, Dorian Cumps ; Une mise en plis, Esther Gerritsen ; Enseigner le Néerlandais dans les universités françaises à l’horizon 2020, Philippe Noble ; « Strident et juste » : la poésie d’Anne Vegter, Erik Lindner ; Poèmes, Anne Vegter ; Un hiver en été, Christophe Van Gerrewey…).