Le Grand Prix de Poésie d’Aix en Provence

Comme chaque année, l’Association Horizon, avec le soutien de la Ville d’Aix en Provence, organise le Grand Prix de Poésie d’Aix en Provence.

Catégories : Classique, Néoclassique, Libérée et Jeunes Poètes (16 à 18 ans, 13 à 15 ans, moins de 13 ans) .  Pas de thème imposé.

Date limite des envois, le 1er octobre 2015.

On peut en obtenir le règlement en écrivant à : M. André Rouy, 23 résidence Saint Benoît, 101 avenue Henri Mauriat, 13100 Aix en Provence, en joignant une enveloppe timbrée pour la réponse.

On peut aussi consulter le règlement et le copier sur le blog  www.aixhorizon.over-blog.com

ou le lire ici

    GRAND PRIX DE POESIE DE LA VILLE D’AIX EN PROVENCE

    Session 2015

Concours organisé par l’Association Artistique et Culturelle

          H O R I Z O N

      Sous le haut patronage et avec la participation de la Ville d’Aix-en-Provence

Règlement

Article1 : Le Concours du grand Prix de Poésie de la Ville d’Aix-en-Provence est ouvert à tous les poètes de langue française, du 15 avril au 1er octobre 2015 (date limite des envois) à l’exclusion des membres de l’association Horizon, organisatrice du concours.

Article 2 : Le nombre de poèmes est limité à 3 par catégorie. Ils devront être impérativement inédits sous peine de voir le candidat exclu du palmarès, et ne pas compter plus de 28 lignes ou vers (sauf pour certaines formes de Ballades en poésie classique) dactylographiés en caractères courants au recto seulement (un seul texte par feuille) en trois exemplaires  sur papier blanc de format A4 vertical (21 x 29,7 cm).

Article 3 : Les candidats sont invités à concourir dans une ou plusieurs des catégories suivantes : Classique, Néoclassique, Libérée, Jeune Poète (de 16 à 18 ans inclus, de 13 à 15 ans inclus, moins de 13 ans)

Catégorie N° 1 : Poésie classique (Prix du Roy René, Prix Mirabeau, Prix Sextius) :

Pas de thème imposé.  Les candidats devront respecter strictement les règles de la poésie classique. Si un candidat propose, dans cette Catégorie Classique, un, deux ou trois poèmes avec des formes fixes, il devra s’en tenir aux formes fixes suivantes : sonnet, estrambot, rondeau, rondel, terza-rima, ballade, triolet, villanelle, pantoum. Le jury sera attentif aux hiatus, échos de césure, fausses rimes, alternances, et bien évidemment au sujet traité dans le poème.

Catégorie N° 2 : Poésie Néoclassique (Prix Rotonde, Prix des Quatre dauphins, Prix Fontaine d’Argent) : pas de thème imposé.  Forme régulière admettant quelques licences liées à l’évolution du langage et de l’écriture (hiatus non disgracieux, diérèses, pauses variables etc).

Catégorie N° 3 : Poésie libre, libérée ou prose poétique  (Prix Sainte Victoire, Prix de Luynes, prix Vauvenargues) : Pas de thème imposé.  Pour cette forme, le rythme et la qualité littéraire des textes seront les éléments de décision du jury.

Catégorie N° 4 : Jeune Poète de 16 à 18 ans inclus (prix Horizon) : Pas de thème imposé.  Age moins de 19 ans au 1er octobre 2015. Sans catégorie précise, trois textes au maximum respectant les directives du présent règlement.

Catégorie N° 5 : Jeune Poète de 13 à 15 ans inclus (prix Henri-Bernard ABRAN) : Pas de thème imposé.  Age moins de 16 ans au 1er octobre 2015. Sans catégorie précise, trois textes au maximum respectant les directives du présent règlement.

Catégorie N° 6 : Jeune Poète de moins de 13 ans (prix Petit Prince) :  Pas de thème imposé.  Age moins de 13 ans au 1er octobre 2015. Sans catégorie précise, trois textes au maximum respectant les directives du présent règlement.

Article 4 : Le Grand Prix de la Ville d’Aix-en-Provence récompensera le lauréat dont plusieurs textes auront été distingués par le jury pour leur qualité poétique et prosodique (toutes catégories confondues).

Article 5 : Pour préserver l’anonymat, les textes ne devront comporter aucun signe distinctif (pas de caractères colorés, titre enjolivé, lettrine, « clipart », etc). Un numéro d’ordre leur sera attribué par les organisateurs.

Noter clairement  en haut à gauche la catégorie choisie  Rappel : catégorie N°1: Classique (Pour cette catégorie , préciser lorsqu’il s’agit d’une forme fixe : sonnet, estrambot, rondeau, rondel, terza-rima, ballade, triolet, villanelle, pantoum.),

Catégorie N°2: Poésie Néoclassique,    Catégorie N°3: Poésie libre, libérée ou prose poétique,   Catégorie N°4 : Jeune Poète de 16 à 18 ans,   Catégorie N°5: Jeune Poète de 13 à 15 ans,     Catégorie N°6: Jeune Poète de moins de 13 ans

 

Article 6 : Droits de participation : 8 Euros par catégorie, (Rappel, vous pouvez envoyer de un à trois poèmes au maximum par catégorie).

Sauf pour les catégories Jeune Poète :  4 Euros par catégorie ( pour trois textes au maximum par catégorie).

Règlement par chèque exclusivement (postal ou bancaire) à l’ordre de HORIZON sans autre mention.

Ni mandat  ni espèces.

Article 7 : Le dossier de participation devra comporter :

-les textes,

-le chèque de règlement des droits de participation,

-deux enveloppes affranchies libellées à l’adresse du candidat

-une enveloppe sur laquelle seront inscrits uniquement : les catégories  (catégorie N° 1 : Classique, Catégorie N° 2 : Poésie néoclassique, Catégorie N° 3 : Poésie libre, libérée ou prose poétique, Catégorie N° 4 : Jeune Poète  de 16 à 18 ans, Catégorie N° 5 : Jeune Poète  de 13 à 15 ans,    Catégorie N° 6 : Jeune Poète  moins de13 ans  …) et les titres des œuvres dans chacune d’elles.

Dans cette enveloppe seront mentionnés sur une même feuille :

-les nom et prénom du candidat (préciser monsieur, madame ou mademoiselle : important pour l’édition des diplômes),

-son adresse et, facultativement, son numéro de téléphone ou E-mail,

-un rappel des catégories choisies et des titres des œuvres présentées.

-Pour les catégories Jeune Poète, joindre impérativement une photocopie de la carte d’identité.

Dossier à envoyer avant le 1er octobre 2015 sous pli non recommandé à :

André ROUY

23 résidence Saint Benoit 101, avenue Henri Mauriat    13100 Aix-en-Provence

Article 8 : Remise des Prix :

-le Palmarès sera proclamé au plus tard le 31 décembre 2015.

-les lauréats seront avisés personnellement et conviés à la cérémonie de Remise des Prix qui aura lieu fin janvier 2016 dans les salons de l’Hôtel de Ville d’Aix-en-Provence.

-des diplômes seront remis aux lauréats ainsi que des livres (dont des ouvrages de la collection « la Pléiade », éditions Gallimard).

-les poèmes des lauréats seront mis en ligne sur le blog de l’association aixhorizon.overblog.com

-le jury s’accorde le droit de ne pas attribuer de Prix dans une catégorie dont le niveau des œuvres est jugé insuffisant. Ses décisions sont sans appel.

-la participation au concours implique l’acceptation sans réserve de tous les articles du présent règlement.

-les textes ne seront pas retournés mais détruits après la remise des Prix.

Renseignements :

André ROUY, secrétaire et gestionnaire du concours : 04.42.26.81.05

André RAMELLO, Président de l’Association : 04.42.60.96.86

 

Le Succube du tyran, Pascal Pratz – Éditions Lunatique, collection 36e DEUX SOUS, 2015. 32 pages, 4 €.

Chronique de Cathy Garcia

Le Succube du tyran, Pascal Pratz – Éditions Lunatique, collection 36e DEUX SOUS, 2015. 32 pages, 4 €.

 

2515256432On l’avale tout cru ce petit bouquin des éditions Lunatiques ! Aussi drôle que triste et pathétique finalement, comme le sont tous les tyrans, pathétiques je veux dire, mais on jubile à la lecture de cette courte mais dense satyre. Dense parce que tout y est, toute la panoplie et les délires des affreux qui tachent et pourrissent le monde de leur folie sanguinaire, avec leur cour de polichinelles cupides et tordus, imbéciles malsains au-delà du possible, qu’importe le nom du tyran, ils se ressemblent tous, à croire qu’ils sortent du même moule, et vrai que la meilleure des armes avec eux, ça pourrait bien être le ridicule. Le ridicule ne tue pas, dit-on et bien dans Le Succube du tyran, il tue, avec en renfort quelques potions et gouttes tantôt diurétiques, tantôt laxatives, aphrodisiaques ou bois débandé… « C’est un texte un peu potache » en dit l’auteur, la dernière cartouche peut-être dans un monde où de nouveaux genre de tyrans pullulent et se pavanent, le genre dont on n’a même pas envie de se moquer dans des livres, quoique… Parce que Pascal Pratz a raison sans doute en disant que « le rire potache est devenu, aujourd’hui, hélas, un très beau combat. » En tout cas, il nous régale d’un texte rageur, impertinent, et vraiment bien écrit, ce qui ne gâche rien, on aurait envie d’en tirer une pièce de théâtre. On ne peut pas se moquer de tout, mais du tyran, non seulement on peut, mais on doit se moquer. Et ouvertement si possible !

©Cathy Garcia

Pascal Pratz

Pascal Pratz

 

Pascal Pratz est ce qu’il est convenu d’appeler un touche-à-tout. Après des études (brillantes) en physique, il fut tour à tour et tout à la fois professeur de physique, mari (trois fois), musicien, chanteur, père (en cinq exemplaires dont il ne reste que quatre, hélas), peintre, photographe, écrivain et, finalement, éditeur, créant, en 2008, les éditions associatives Asphodèle. Il est aujourd’hui l’auteur d’une dizaine de livres dont deux romans (éd. du Petit Pavé), de récits, de nouvelles et d’un recueil d’aphorismes aux éd. Durand Peyroles.

Le rouge des coquelicots et le noir de l’espace sidéral dans l’art poétique d’Éliane Hurtado

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Éliane Hurtado, Michel Bénard et la sculptrice Paule Perret à l’Espace Mompezat le 4 juillet 2015

Pour donner vie à un portrait fidèle d’un artiste, notamment d’un artiste à la fois peintre et poète comme Éliane Hurtado, il faut d’abord lui donner la parole. Ensuite, il faut essayer de se dépouiller d’une série de béquilles analytiques et verbales pour rentrer nous-mêmes dans ses œuvres qui ne se multiplient pas seulement en fonction du temps et de ses prodiges, mais aussi en raison de ces deux rails ou sillons parallèles de la poésie et de la peinture. Enfin, il faut explorer de l’intérieur ces mondes vécus ou racontés par Éliane Hurtado, essayant de comprendre d’où viennent-elles leurs magies, leurs sagesses, leurs profondeurs.
Je fréquente depuis des années désormais l’espace Mompezat où tous les premiers samedis du mois se révèle un nouvel aspect de la sensibilité des Poètes français, ouverts aux…

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Chronique de Jean-Luc Breton—Manuel de notions essentielles, de Nuno Júdice

Chronique de Jean-Luc Breton

By Averater (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

By Averater (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)%5D, via Wikimedia Commons

Manuel de notions essentielles, de Nuno Júdice, Editions Atelier la Feugraie, 2015, 107 p., 14€

Le sentiment fugace de l’éternel, suivi de Géographie du chaos, de Nuno Júdice, Editions de Corlevour, 2015, 74 p., 18€

La lecture des traductions récentes que Béatrice Bonneville-Humann et Yves Humann ont faites, dans un français fluide et musical, de ces trois recueils du poète portugais met singulièrement en relief la diversité des styles et des inspirations de Júdice.

Le sentiment fugace de l’éternel est une série de sonnets qui mêle réflexions sur la langue et l’écriture, le thème poétique par excellence qu’est la conscience du passage du temps, et d’autres thèmes comme la lumière et l’obscurité ou l’enracinement. La forme du sonnet impose au poète la contrainte de la concentration, une écriture impressionniste, et les petits paysages, mentaux ou réels, qu’il dévoile, plus qu’il ne les décrit, y ont une grande force d’évocation : Et le soir est né de l’après-midi. Le ciel / est descendu du ciel. Les nuages se précipitèrent / vers les nuages. La pluie amena / plus de pluie. La tristesse devint plus triste. Dans les sonnets, la répétition, un trope fréquent chez Júdice, n’a pas la place d’échapper à la conscience du lecteur et de serpenter au sein d’un univers complexe et multiforme, elle n’a qu’un effet d’intensification, de hantise même, qui plante un décor qui est toujours psychologique (les titres le montrent bien, Annonciation, Rêve, Miroir…) aussi bien que physique (Météorologie, Vents, Quatre saisons…), et évidemment littéraire (Antithèse, Syntaxe, Art poétique…).

Géographie du chaos est une élégie sur un paysage unique, suffisamment étrange pour que les évocations de Júdice nous encouragent à le suivre dans ses visions personnelles mais suffisamment identifiable pour que tout lecteur qui a fréquenté les rivages méditerranéens trouve en lui des échos (par exemple, de Grèce ou de Sicile) : la chaleur, des oliviers aux troncs noueux, des ruines, des fragments de statues, le marbre qui s’érode et grisaille et devient presque végétal. Nuno Júdice construit son poème comme des variations musicales, quinze vignettes différentes par l’atmosphère sur la même méditation byronienne : la beauté éternelle, femme ou statue, ne dure qu’à peine plus que notre mortalité, et bien moins en tout cas que le paysage qui l’entoure : je lis ici la densité de la terre ; l’olivier […] va chercher au cœur du son / la sève qui monte par son tronc, et finit / dans le filet d’huile d’olive que je verse sur la strophe, / je la remplis comme si ce filet ne cessait / de s’élancer le long des millénaires qui me / séparent d’une certaine idée de la beauté. La poésie de Júdice, comme toute langue unique, nous donne à voir la réalité selon un prisme différent, qui enrichit et modifie notre vision du monde. Par exemple, au-delà des statues de pierre que les riches d’antan ont fait sculpter pour prolonger leur souvenir, Júdice découvre aussi dans le paysage les traces évanescentes des pauvres gens, un amas de larmes […] sur le chemin commun de l’hiver.

Point n’était besoin que Júdice écrivît un Manuel de notions essentielles, puisqu’il sait les distiller au fil de ses images. Les traducteurs nous avertissent du danger qu’il y aurait à prendre le titre de ce troisième recueil au sérieux. Pour eux, il s’agit d’un clin d’œil en direction de l’époque qui demande des recettes en toutes choses, et lorsque le poète en donne, elles sont proprement absurdes et paradoxales. Manuel de notions essentielles est un mélange protéiforme d’évocations de moments ou d’expériences, d’épiphanies devant le ciel ou la nature (marcher sur le ciel / à la lumière de la terre), de tentatives d’appropriation de l’écriture (les mots qui se lisent seulement / dans les dictionnaires du cœur), mais c’est aussi un recueil plein de dérision, de moqueries, d’images à ne pas prendre au pied de la lettre, de jeux. Manuel de notions essentielles est un texte plus difficile, mais aussi plus existentiel, c’est un recueil où les aspirations spirituelles sont convoquées (Je lève les mains vers un vide / de coupole) et qui se conclut dans la simplicité grandiose des découvertes fondamentales : Sers-toi du poème pour élaborer une stratégie / de survie sur la carte de ta vie.

 ©Jean-Luc Breton

Emmanuelle Pol, « Le prix des âmes », Editions Finitude, 2015

Chronique de Jean-Paul Gavard-Perret

PolEmmanuelle Pol, « Le prix des âmes », Editions Finitude, 2015.

Emmanuelle Pol refuse le tiroir « satiné et réducteur » (dit-elle) on veut la remiser, à savoir celui de la littérature érotique. Pour mieux diverger, elle a même mis de l’ « âme » dans son dernier titre passant ainsi du contenant (le corset et sa douceur) au contenu. Encore fallait-il s’entendre sur le mot de « corset ». Car si l’auteur dans son premier livre de nouvelles semblait faire référence à « l’authentique corset victorien, de la haute gaine baleinée, rigide, lacée tout du long, de cet engin qui étrangle l’abdomen dans un étau cruellement cintré et étreint férocement la taille, et non pas d’une quelconque pièce de lingerie fantaisie ! », de fait il s’agissait d’une métaphore intempestive puisque « sous » lui si l’on peut dire se cachait un homme…

Dès le départ, l’auteure s’est donc amusée à brouiller les pistes et à sinon maltraiter l’érotisme du moins lui ouvrir d’autres voies avec toujours l’ironie face à ce qui touche à la sexualité, ses ambivalences, ses jeux de vanité, de rivalité, de postures, de poisons mais aussi parfois – l’âge venant – de qualité. Emmanuelle Pol rappelle d’ailleurs dans « L’atelier de la chair » combien les vieux pots concoctent les plus délicieuses confitures amoureuses. Sa belle et jeune héroïne devient apparente esclave consentante pour instruire sa propre initiation amoureuse selon un jeu subtil. Là encore les dualités sont de mise et la sexualité ne se limite pas aux idées reçues tout comme d’ailleurs le libre-arbitre féminin.

« Le prix des âmes » prouve que la relation intime unit le désir et la contrainte, la rivalité et l’entente, le consentement et le malentendu. Colère passée, la séduction peut même se métamorphoser en consommation tarifée chez une femme qui trouvera là de fait une histoire d’amour où son amant, lors d’un dénouement – sorte de dénuement qui n’a rien  de trivial – restera désemparé.

On comprend donc mieux qu’Emmanuelle Pol soit agacée par une étiquette qui de fait ne correspond que trop peu à son propos. L’éros est certes un décor et une thématique mais la créatrice ne tombe jamais dans la littérature dit « de genre ». Les clôtures que l’auteure franchit sont d’un autre acabit, surgit derrière elles un horizon brûlant et vacillant où se reconnaît l’être dans sa fragilité et ses interrogations.

©Jean-Paul Gavard-Perret