Appel à souscription pour le nouvel ouvrage de Paul Mathieu.


Format pdf du bon de commande: Souscription Mathieu-1
Appel à souscription pour le nouvel ouvrage de Paul Mathieu.


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Titre : Les yeux de Louise
Auteur Paul Bergèse
Gravures de Titi Bergèse
Editions lis et parle
Année de parution : 2015
Une petite Louise, arrière-petite-fille de l’auteur… ça laisse rêveur. Ce songe silencieux veille autour du couffin et grandit avec l’enfant. Un long poème méditatif s’enroule ainsi autour de la petite merveille… Un feu d’artifice de tendresse, de douceur et de cœur. Cette émotion qu’on appelle poésie, ce musement, ce temps suspendu où le regard embrasse quelques brins d’éternité. Un livre paisible et heureux. C’est simple. Tout simple. Et fort. Très fort. Les gravures colorées jonglent avec cette joie, ces sourires et cette complicité que noue Louise.
L’ensemble est une réussite à déguster auprès de chaque berceau
Titre : Vent de leur nom
Auteur Luce Guilbaud
Editeur : Editions Henry
Année de parution : 2015
Un retour à l’enfance. On dit souvent que la poésie traite de la perte. Ici, ce serait la perte du père, la perte de la mère. Sur chaque double page, à gauche un poème commence par « mon père », page de droite par « ma mère ». Ici, Luce Guilbaud visite ses souvenirs, met des mots sur ces impressions d’enfant ; des mots d’adulte. Se dessine alors en creux le portrait de ses géniteurs, et dans leur ombre celui de Luce enfant. Cet enfant qui deviendra celle que nous connaissons et apprécions.
Un livre qui dévoile donc. Et notre amitié vient vibrer avec ses confidences.
Titre : Paris, New-York, Cleveland
Auteur Maria Desmée
Editeur : Editions Henry
Année de parution : 2015
Un voyage. Commencé à deux. Un retour en solo. Des poèmes plein de pudeur, de silence et de cet impalpable appelé poésie. Celui qui s’est absenté vibre sous les mots tandis que celle qui écrit apprivoise son absence.
Un livre fort. Dense. Un témoignage autant qu’un partage. Nous nous y associons tous.
Respect.
Titre : Trilogie de Lewis : *L’île des chasseurs d’oiseaux * L’homme de Lewis*Le braconnier du lac perdu*
Auteur Peter May
Editeur :Rouergue
Année de parution : 2010/2011
On part pour les îles du Nord West de l’Ecosse. Terres étroites, brumeuses, balayées de vent, de pluie… Des petites communautés humaines, avec tout leur poids de traditions, de non-dits, de respects…
Un homme Fin, natif de l’île et qui y revient pour tenter de survivre après la mort brutale de son enfant. Cet ancien inspecteur de police se retrouve confronté à son passé, à des drames qu’il va tenter et réussir à résoudre.
Des récits haletants, d’une profonde humanité, surprenants ! Dans un décor que j’aime. Des allers-retours entre passé, nostalgie, souvenirs et présent, comment construire un nouveau présent au cœur de sa matrice enfantine…
Une trilogie à lire toute affaire cessante : je l’ai trouvée simplement excellente.
Titre : Nour et le peuple des loups
Auteur Michel Piquemal
Editeur :Rue du monde
Année de parution : 2015
Nous sommes en préhistoire. Un moment de rencontre entre deux peuples différents. Un de ces moments de métissage dont l’histoire est si friande et qu’aujourd’hui semble oublier.
Un texte fort et qui résonne fortement avec notre actualité.
Aller vers l’autre, le rencontrer. S’enrichir des différences… Toujours le même programme, le seul qui permette d’aller de l’avant.
Une histoire prenante ! Un moment de philosophie humaine.
Titre : Traficafricque
Auteur: Dirick
Editeur : Ratatosk
Année de parution : 2013
Dirick délaisse la BD pour la prose. Un récit de voyage. Paris Bamako en Peugeot 404. C’est drôle, émouvant, parfois hallucinant. La rencontre avec l’Afrique transforme l’homme blanc, on n’en guérit jamais de l’Afrique.
Un livre pour ceux qui y sont allés, un livre pour ceux qui en rêvent. Un bon moment de lecture souriante et grave. Cette gravité enfantine qui rend tout jeu sérieux, vital.
Titre : Les dodos
Auteur Dirick
Editeur :Ratatosk diffusion
Année de parution : 2013
Un univers que Dirick connait bien : la BD. On y trouvera même un grand clin d’œil à Pif ! Deux artisans de la BD se croisent, rêvent de leur révolution, mijotent de petits festivals en petites commandes. Opération survie. Survie au quotidien. Survie du rêve qui sous-tend leurs destins. Un livre où l’on retrouve le sourire malicieux de l’auteur. Et sa fantaisie : R2D2 passe, on enterre un instrument de musique… Et sa lucidité sur le monde et la vie : petites misères quotidiennes, suicides…
Rien n’est jamais aussi simple qu’on voudrait bien le croire. Cependant, on sort de ce conte moderne avec le sourire et l’envie de poursuivre l’aventure.

Patrice Breno
Le Godefroid Culture de la Province de Luxembourg a été attribué à la revue de poésie « Traversées« , éditée depuis vingt ans à Virton.
Chronique de Nicole Hardouin
Claude LUEZIOR : ARMAND NIQUILLE, artiste-peintre au cœur des cicatrices ; Éditions de l’Hèbe, 2015
Dans cette biographie romancée de Armand Niquille, l’écrivain Claude Luezior fait vivre de manière passionnante le parcours singulier de ce peintre hors cadres mais aussi celui de ses ancêtres et leurs implications dans l’Histoire de France. Biographie car tous les éléments et références se veulent exactes, romancée de part certains dialogues imaginaires tracés dans le respect de la personnalité de l’artiste-peintre que Luezior a personnellement connu.
Dès sa prime enfance, Niquille, Petit Chose torturé se pose de lancinantes questions ; « suis-je vraiment le fils d’un conducteur de trams ? Pourquoi ma mère a-t-elle louée une petite épicerie au lieu de rester lingère au château ? » Le doute reste momentanément sans réponse : là, explique C. Luezior, se trouve le ferment de sa souffrance, la racine de son œuvre riche de plus de mille toiles.
L’enfant entend dans l’épicerie maternelle des allusions émises par de charitables commères, les interrogations persistent face au mutisme de sa mère jusqu’au jour où, dans une exposition de peinture, il va rencontrer une sorte de dandy qui lui-même s’essaie à l’art. Face à face, âme contre âme, ils se découvrent ; « même regard, même maintien altier, ils sont semblables. » Niquille a vingt ans, il comprend. Intuitivement ils se sont reconnus, Fred de Diesbach, le fils du comte Raoul est son demi-frère dont il deviendra l’ami. Il fera des visites au château dans l’atelier du peintre, sans jamais croiser le regard de l’aigle Raoul : le puissant comte de Diesbach, son père. A de multiples reprises, ils peindront l’allée du château, les arbres de Niquille seront noueux, torturés, ceux du fils légitime, bien droits. Le Banni Magnifique, selon l’expression du critique J.P Gavard-Perret, signera parfois ses toiles Nihil (rien).
Jamais Niquille ne revendiquera quoique ce soit. Malgré ses cicatrices, il veut rester grand et puissant par la magie de sa peinture.
L’ouvrage rédigé d’une plume enlevée a plusieurs facettes dont un large pan historique : en effet, parmi les ascendants de l’homme au béret on trouve Nicolas de Diesbach, chambellan à la cour du roi Louis XI. A la tête des bernois, alors puissance militaire majeure, Nicolas s’allia à d’autres troupes pour battre le puissant duc de Bourgogne : Charles. le Téméraire qui fut défait aux batailles de Grandson, Morat et Nancy : le très habile Louis XI récupéra ainsi la Grande Bourgogne.
Autre volet historique important lié à Niquile ; nous sommes pendant la seconde guerre mondiale : censure et cruel manque de papier à Paris. Claudel, Mauriac, P. Emmanuel, P. Jean Jouve et d’autres écrivains se retrouvent à Fribourg où ils vont faire éditer plusieurs de leurs manuscrits. Déambulent également dans ce creuset Giacometti et Balthus. Armand, malgré sa nature sauvage baigne dans ce milieu. Il se lie d’amitié avec Balthus.
Malgré ces influences, Niquille reste un solitaire, trace son sillon quasi-monacal dans son atelier. Là il enchaîne ses cathédrales comme Monet pour celle de Rouen, il la peindra cent fois, met en perspective vierges et anges, arbres toujours noueux, taillés à l’instar de sa propre souffrance, s’attarde sur Fribourg. Il crucifie son âme sur de multiples Golgotha.
Niquille est un humaniste, un mystique, il baigne dans une lumière crucifère, toujours en recherche de la verticalité, de la transcendance. Fuyant les coteries, les petits fours, il reste à Fribourg à la recherche de l’essentiel, humble à l’extrême : je ne suis qu’un artisan au pied de la croix. Ce retrait volontaire l’a empêché d’avoir une dimension internationale.
Pendant tout ce temps à Paris, une jeune femme se pose curieusement les mêmes interrogations que Niquille : enfant, sa grand-mère était aussi lingère au château, quarante années les séparent. Elle ne comprend pas : Fribourg, le couvent parisien, le jardinier pervers, les religieuses silencieuses… mais nous laissons au lecteur le soin de découvrir sa quête si bien restituée par C. Luezior.
Dans ce roman écrit avec une plume talentueuse, on retrouve la passion de Luezior pour l’histoire franco-suisse et l’empathie pour cet homme ordonné artiste par un chartreux. Là, se mêlent rigueur et foisonnement, or et sang, avec au centre Niquille, géant de l’ombre, peintre et poète, byzantin et flamand.
Roman à lire avec intérêt et bonheur.
©Nicole Hardouin
Lire l’interview de Claude Luezior :LA GRUYERE p 6 29 oct
voir et écoutez Claude Luezior:
Un vrai régal ce roman, vraiment surprenant, un polar frisson d’une grande classe, au style limpide et très agréable à lire, qui parut d’abord en feuilleton dans les années 1929-1930 et qui n’a pas pris une ride, grâce peut-être aussi à une excellente traduction. On se laisse en tout cas très facilement happé par un suspense en tension permanente, avec un plaisir d’enfant, chaque énigme résolue ouvrant la porte à de nouveaux mystères. Minoura, le narrateur, est entraîné malgré lui dans cette histoire rocambolesque qui fera de lui un détective autodidacte, en tombant follement amoureux de celle qui sera la première victime d’un tueur énigmatique et ceci dans une chambre close, rappelant Le mystère de la chambre jaune.
Enquête, aventure, chasse au trésor et épouvante, le démon de l’île solitaire est un subtil mélange d’ambiances noires et romantiques, qui rappellent effectivement tout à la fois Conan Doyle, l’île du Docteur Moreau et Edgard Poe, le tout à la sauce japonaise. C’est tout à fait volontaire de la part de l’auteur, de son vrai nom Tarô Hirai, dont le pseudonyme fait référence justement à Edgard Poe. L’auteur aborde ici des sujets sensibles centrés sur le corps, comme la monstruosité, l’handicap physique, le rejet et l’homosexualité.
C’est un classique de la littérature japonaise, considéré comme le chef d’œuvre d’Edogawa Ranpo, qui est traduit ici en Français pour la première fois, et vraiment ça serait dommage de passer à côté !
©Cathy Garcia
Edogawa Ranpo, nom de plume de Tarô Hirai (1894-1965) choisi en hommage à Edgar Allan Poe, est le maître de la littérature policière et fantastique japonaise des années 1920 à 1960. Inventeur en 1925 du personnage de détective Kogorô Akechi, il popularise la littérature policière au Japon et créera en 1955 le premier prix décerné à ce genre, qui porte toujours son nom. Tout en assumant ses influences occidentales (Edgar Poe, H. G. Wells, Conan Doyle, Gaston Leroux…), Ranpo insuffle à ses récits un ton unique, mêlant érotisme, perversion, grotesque et macabre, dans des novellas noires comme La Chenille, La Bête aveugle ou Le Lézard noir (adapté au théâtre par Yukio Mishima) devenus des classiques de la littérature japonaise. Père du mouvement « ero guro nansensu », son influence marquera aussi durablement le cinéma (de La Bête aveugle de Yasuzô Masumura à Inju de Barbet Schroeder) comme le manga (Suehiro Maruo).