Serge NÚŇEZ TOLIN, La vie où vivre, Rougerie, avril 2017, 78p.

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Serge NÚŇEZ TOLIN, La vie où vivre, Rougerie, avril 2017, 78p.

Le dernier numéro de Traversées (n°83/avril 2017) consacre un dossier éclairant et complet à notre poète, et l’on s’y reportera pour mesurer l’importance et l’éclat complexe et intègre de cette œuvre.
Ici, quelques mots seulement sur l’ouvrage que vient d’éditer Olivier Rougerie, pour en souligner la beauté, et louer la profondeur.
L’humble beauté et la fraternelle profondeur, l’une et l’autre énigmatiquement.
Comme on voit ici :

« Des pas, de l’autre côté de la clôture.
             La clôture du temps qui referme sur nous les absentés, dit-elle assez la vie où vivre ?
             Au bout du combat que reste-t-il de nous ? Et du combat, que reste-t-il ?
            Assez, sans doute, pour que d’autres le reprennent et s’y mettent à leur tour. La vie finit par nous atteindre.    
           Les respirations surprises de se croiser, de se savoir comme l’air dans l’air »   (p. 21)

ou là :

« Que cède dans le poème cette force de toupie, qu’enfin je puisse dire qu’il ne s’agit plus de moi !
        Le poème mis à nu, il n’en reste que le nerf.
       Arrivé au bout de ses tours, la toupie penche, finit par se coucher sur le côté, épave des circonférences, immobile, son pivot prêt au prochain claquement de doigts.
       Il y a toujours un enfant pour relancer la toupie »     (p. 28)

La vie, c’est l’action sur soi. Les êtres vivants sont comme des zones de capacité transmissible d’être. Zones, parce qu’ils ont une membrane qui les délimite, et des cloisons qui les parcourent ; capacité, parce qu’il leur faut pouvoir convertir en énergie de fonctionnement ce qu’ils assimilent ; transmissible, parce que ces formes métaboliques doivent pouvoir reproduire ce qu’elles sont au moyen de l’image même, au creux d’elles, de ce qui les a produites. Mais dans toutes les formes pré-humaines d’organisation, « avoir la vie » et « être en vie » se confondent. Ce n’est qu’avec la parole et la raison libre et consciente qu’une dualité vient à l’existence même : l’homme vivant sait avoir une vie parce qu’il se représente la suite de jours dont dispose exactement son devenir ; mais par la pensée, cette suite de jours vient à dépendre de lui autant que lui dépendait d’elle. Avoir la vie est donné ; être sa vie ne l’est pas. On doit choisir, humainement, la vie où vivre. Le temps passe pour nous comme pour les animaux, mais un temps dont on peut nommer les moments passe autrement ; et de même l’énergie se conserve et se transforme en nous comme en eux, mais le travail d’une seule capacité (la parole) transfigure la capacité de travail (l’énergie) de toute l’existence. Et pour le dire simplement, un animal a, dans les diverses situations de vie, au moins le choix entre se soumettre, résister, et fuir, mais se soumettre à la vie même , ou lui résister, ou la fuir, voilà bien un dilemme exclusivement humain ! La vie ne nous dit pas où vivre, et la parole seule ne fait pas vie. C’est cette perplexité qui ouvre ce livre de poésie.

Il est d’ailleurs tout de suite clair que la poésie n’est évidemment pas elle-même cette vie où vivre ; au mieux est-elle cette parole qui fait se manifester cette vie pour elle-même, sans jamais pouvoir en tenir lieu.
Cette fameuse « vie où vivre », le discernement lyrique de notre auteur l’indique par exemple dans cet admirable passage, qui fait à notre maturité, et à elle seule, devoir de ponctualité :

« Debout, les mains posées sur le dossier de la chaise, je regarde par la fenêtre ; l’espagnolette baissée me barre un peu la vue.
        Est-ce là répondre ? Dans l’angle mort du regard où je prétendais que mes pas me porteraient, je remuais la vanité d’être là avant l’heure du commencement.
        La réponse arrive comme l’obscurité de la nuit, comme l’instant repris de ce qu’on ne dira jamais »   (p. 43)

Et cette poésie est une poésie morale. Elle est en tout cas éthique, profondément, car toute éthique enseigne l’art d’être suffisamment présent ; et notre auteur (un peu comme Bergson caractérisait la conscience comme fonction de l’attention à la vie) y réussit. Sa sagesse de l’immanence – le réel se suffit ; ce qui est réel en nous devrait alors en faire autant. N’allons donc ni rire ni pleurer au-delà du monde ! – est comme une leçon naturelle.
Quand Núňez Tolin écrit :
« Le vent vient battre le feuillage sans y mettre de signification »  (p. 69),
on entend qu’il y a du sens dans la nature (la direction du vent, le frémissement sensible du feuillage), mais qui se passe fort bien de signification (la nature ne comprend pas ce qu’elle exprime, ni n’anticipe ce qu’elle fait d’elle-même). Toute sa poésie semble nous conseiller de faire de même : se contenter du présent, finement capturé, intelligemment élargi, généreusement partagé. Et ce tout dernier point indique que notre auteur n’a ni peur ni honte de la morale : une conscience attentive à la vie l’est donc aussi à celle des autres consciences, et à la sienne propre, comme modèle de vie que son action lui mérite ou non d’être. Droiture de la contemplation vaut bien prière.
Constat : les hommes  sont ensemble, même quand ils n’usent pas les uns des autres. Leçon : c’est comme mortels que nous nous complétons. Voilà ce que rappelle Serge.
« Comme c’en est assez de soi ! » (p. 20) dit-il sobrement. C’est à dire : moins de soi ! Plus de vie ! Et si l’on estime trop onéreux le deuil de sens personnel de la vie résultant, l’honnêteté doit répondre ce qui est :
« Le silence suffit presque à combler l’absence de signification » (p. 70) . Cet admirable presque non seulement ne ment pas, mais encore tue le besoin de mentir.

C’est aussi une poésie métaphysique, car dans le monde de Núňez Tolin, ce sont des forces qui décident de la nature de la réalité, et c’est la parole qui décide de ces forces.
Notre auteur y fait penser ses états les plus ordinaires.
Par exemple l’insomnie (p. 37) ; elle est l’occasion de saisir que l’homme est le seul animal pouvant en souffrir, car le seul à pouvoir saisir qu’il ne dort pas. Seul il se représente l’absence à soi du sommeil, et donc l’absence de cette absence !
Ou bien (p. 48) cette tendre et aiguë leçon tirée d’une approche des amants dans leur lit de nuit. Si l’espace les lie à ils savent qui (à eux-mêmes, partis nouer leurs désirs !), le temps, lui, qui insensiblement continue, et « va tandis que nous nous rapprochons », puisqu’il arrime par nature à ce qui n’est plus ou pas encore, « nous lie à nous ne savons quoi »
Ou même l’étonnant aphorisme : « Il y a toujours des mots où aller » (p. 63),  qui déduit de l’infinie fécondité de la parole la reformation inépuisable, la relance de principe de son horizon. Même Dieu ne pourrait, s’il voulait, mettre fin à son Verbe.
Certes, la poésie métaphysique est le genre le plus moqué, ou fui. On la juge plus triste qu’un martyre dans un amphithéâtre vide, et son auteur aussi complaisamment dérisoire, justement, qu’un martyr athée. Mais c’est ignorer que son objet (la nature même de la présence, l’intimité de l’espace et du temps) est l’assise dernière de tout monde, et la borne intérieure de toute exploration. Voir ainsi Núňez Tolin en compagnie de Valéry, Emily Dickinson, Artaud, Bobin, et même Houellebecq (quoi de plus varié et utile que la poésie métaphysique ?!), c’est se réjouir que grâce à la poésie le combat du monde s’exprime, et grâce à la métaphysique le Tout devienne hospitalier !

Partout, franchement, dans cette œuvre noble, vive et méticuleuse, l’immanence est heureuse :

« Comment tenir nos pas dans la suite des jours sans brutaliser la boucle qui nous accomplit ?
          Nulle part, il n’y a de trou par où voir d’en haut ce que nous sommes.
         Un trou en chacun de nous, aveugle sans chercher la vue.
         Nulle part, ce trou n’est mieux ce qu’il est »   (p. 13),

et la lucidité chante :

« La peau forme un lieu, un baiser de tout ce qui manque.
         La vie où vivre, on voit un dos. Il est loin le marcheur avec qui on fit quelques pas. En chemin, on comprend que l’on est celui-là, qui n’est qu’un dos.
             Le cœur cogne dans l’ombre où il bat. La respiration perce le trou où elle passe »   (p. 14)

Nous croulons sous les manuels de bonheur ; ce qui manque cruellement, ce sont des manuels de justesse. Mais en voici magnifiquement un.

©Marc Wetzel

Paul Mathieu, En venir au point, poèmes, avec des illustrations de Jean Morette, collection G.R.A.P.H.T.I, Éditions PHI en coédition avec Les Écrits des Forges, Québec.

Chronique de Lieven Callant

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Paul Mathieu, En venir au point, poèmes, avec des illustrations de Jean Morette, collection G.R.A.P.H.T.I, Éditions PHI en coédition avec Les Écrits des Forges, Québec.

Si je commence par interroger le titre de ce recueil, j’en viens à me rapprocher dans un premier temps des remarquables illustrations de Jean Morette. Un trait dans son seul mouvement résume un paysage, un essaim de points signifie un ciel. Un ciel chargé de pluie, de nuages, d’oiseaux migrateurs.

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©Jean Morette

Ensuite, tout naturellement et en approfondissant mes questionnements, je me rapproche des poèmes. Brefs, précis, ils égrènent autant d’instantanés ayant la simplicité, la pureté, la force d’un point. En venir au point, serait donc aller à l’essentiel. Mais cet essentiel, ce point qui culmine au sommet des choses qui nous importent diffère sensiblement d’une personne à l’autre et en particulier si cet autre est un poète, est Paul Mathieu.

Le point est un mot ou est ce qui y met fin et le rend superflu. Le point de silence. Le point est la pierre tombale de la phrase, Paul Mathieu n’utilise la ponctuation que pour poser l’interrogation et donc toujours et toujours poursuivre les chemins de la poésie.

Le point est le caillou sur la route du marcheur, le poète est voyageur et se déplace d’un point à un autre qu’ils soient éloignés et pointent l’horizon et guident telles les étoiles ou soient si proches qu’on distingue à peine qu’ils sont là autour de nous quotidiennement et que notre voyage est celui-là. Pas si loin de notre point de départ.

Le point ainsi qu’il pose la question du dessin, de la représentation, du geste, pose aussi celle de l’écriture, de la poésie et de la vie. Répondre n’est pas simple et finalement on risque de parvenir à ce point de rupture où retourner sur ses pas ou continuer de la même manière n’est plus possible. À pas de poèmes, Paul Mathieu choisit son rythme pour en venir au point et puis repartir.

L’univers de Paul Mathieu est nourri de références littéraires, Homère pour ne citer que lui et à travers lui tous ceux qu’il a inspiré donnant à tous les voyages que la poésie suppose, le nom d’odyssée. Le récit devient l’aventure dont il est censé s’inspirer. Écrire c’est donc aussi tenter de résoudre les énigmes, affronter ses peurs, accepter le départ, partager sa route avec la solitude, la fatigue, la mort, l’étranger. Écrire c’est oser penser qu’on peut mettre un terme à l’aventure certes mais pas avant d’avoir réussi à composer des milliers et des milliers de vers. Qui peut s’en approcher?

En venir au point se partage en une dizaine de points, de chapitres ou de parties qui à leur tour se scindent en dizaines de poèmes numérotés qui suivent un rythme bien précis celui des pas du marcheur. Le point est une étape. Le point marque l’instant d’une date, d’un chiffre romain. Le point est

toujours ce qui nous échappe. En venir au point, c’est avoir toujours recours au poème. Un point c’est tout.

S’ il m’est arrivé très rarement de songer que cette absolue nécessité du poème me compliquait la vie au point de me dire que je ferais mieux de m’en passer, à la lecture de ce recueil, à la lecture de tant d’autres de cette qualité, à force de chercher à deviner ce qu’elle représente et signifie pour ceux qui l’écrivent, je constate qu’elle est comme l’air qu’on respire.

Acheter le livre c’est possible: ici


©Lieven Callant

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A l’occasion de la sortie en poche de : REPOSE -TOI SUR MOI de l’incontournable Serge Joncour , J’ai lu (8,40€ – 504 pages) ; Mai 2017

Chronique de Nadine Doyen

A l’occasion de la sortie en poche de :

REPOSE -TOI SUR MOI de l’incontournable Serge Joncour (1)

J’ai lu (8,40€ – 504 pages) ; Mai 2017

Prix Interallié 2016, le coup de coeur des librairies de Châteauroux,

élu meilleur roman français de l’année 2016 par le magazine Lire.


Retour sur ce page turner hypnotique qui a séduit le cinéaste Patrick Mille.

La phrase qui donne le ton : « Ils sont rares ceux qui donnent vraiment, ceux qui écoutent vraiment ».

Mais d’autres extraits méritent d’être cités :

« Où qu’on aille on est d’ailleurs, et c’est sans fin qu’on n’est pas d’ici. »

« Une famille c’est comme un jardin, si on n’y fout pas les pieds, ça se met à pousser à tire-larigot, ça meurt d’abandon. »

« Quitter c’est redonner vie à soi, mais c’est aussi redonner vie à l’autre, quitter c’est redonner vie à plein de gens, c’est pour ça que les hommes en sont incapables, donner la vie est une chose qu’ils ne savent pas faire. »

Serge Joncour signe un très beau roman complexe, ambitieux, ample, captivant, social, en prise avec l’actualité qui embrasse le monde rural et la banlieue, la mondialisation, le business, l’argent.

Gros plan sur une cour arborée où nichent des corbeaux et une rencontre.

Celle de deux voisins, de deux solitudes : une femme dynamique, styliste et un paysan reconverti en recouvreur de dettes. Aimantation à retardement, puis passion folle, « tellurique », d’autant plus inattendue que tout les oppose. Vertige des sens. Dépendance amoureuse. Fascination réciproque.

L’auteur, en subtil entomologiste des coeurs, traque les méandres du désir.

Il montre qu’aimer est un moyen de résister à la dureté du monde.

Il radiographie notre époque avec un regard acéré. Il insiste sur cette pression permanente, et instille du suspense, ses deux antihéros aux destins happés par une succession d’embûches, rencontrant des êtres fourbes, menaçants.

Le sel de cette love story ? On ne sait pas ce qui va arriver jusqu’à l’épilogue.

Serge Joncour, pétri d’empathie, essaye toujours de se raccrocher à l’humain. Il nourrit une généreuse bienveillance pour ses protagonistes, (des faibles, des fragiles, victimes de la crise) devant leurs turbulences intérieures.

L’auteur revendique un roman optimiste, basé sur la confiance qui s’installe entre deux êtres qui se sont apprivoisés.

Laissez-vous séduire à votre tour par Ludovic, l’altruiste, « le super plumber ».

On retrouve avec délectation le style Joncourien : puissant, écorché vif, fluide, cinématographique suscitant tout de suite des images fortes (corbeaux « jaillissant comme des assiettes au ball-trap », geyser, chute dans l’étang).

En quittant ce roman prégnant, sidérant, le lecteur va, lui aussi, rêver d’entendre cette invite: « Repose-toi sur moi ».

Qui ne rêve pas d’une épaule forte pour s’y poser ?

Un livre tour à tour, touchant, drôle, inquiétant, violent, poétique, poignant, tendre, nostalgique, qui ne vous laisse pas au repos !

Il enflamme, se lit d’une traite, émeut comme rarement.

UN GRAND ROMAN – UN GRAND CRU

Serge Joncour trace son sillon, sans tapage, mais avec un talent fou et s’impose parmi les cadors de sa génération.

(1) REPOSE-TOI SUR MOI, chroniqué le 1 août 2016 sur le site de Traversées.

(2) Les bonnes raisons de lire REPOSE-TOI SUR MOI, chronique du 8 octobre 2016.


©Nadine Doyen

88 auteurs, Le bleu du martin-pêcheur, L’iroli

Chronique de Francis Chenot

88 auteurs, Le bleu du martin-pêcheur, L’iroli


Le haïku nous vient du Japon, un court poème de trois vers (généralement de cinq, sept et cinq syllabes). Il peut se pratiquer en club (comme il y a des clubs de tricoteuses de pulls caca d’oie) et faire l’objet d’anthologies. «Le haïku est cette fenêtre ouverte sur le monde, ce regard nouveau sur les choses», écrit très justement Isabel Asúnsolo, l éditrice de cette anthologie qui a les oiseaux pour thème : «Le moins bavard des poèmes est aussi une invitation au dialogue, encouragé par sa forme ultra courte et ses possibilités de lecture». Une anthologie trilingue (français, espagnol et anglais) qui rassemble des poètes d’un peu partout et, principalement, des Québécois. On trouve de tout ici, le meilleur et le pire. Retenons, de José Cereijo, «Le rossignol / ne connaît pas son nom / il chante seulement», en marquant notre préférence pour la version castillane : «El ruiseñor / no conoce su nombre / tan sólo canta». Ou, d’Olivier Walter : «grand vent du large – / les cormorans immobiles / sèchent leurs ailes».

©Francis Chenot

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Jean-Luc Le Cleac’h, Lexique élémentaire, Interventions à haute voix

Chronique de Francis Chenot

Jean-Luc Le Cleac’h, Lexique élémentaire, Interventions à haute voix


Avec pareil patronyme, on ne peut qu’être breton. Et, natif de Concarneau dans le Finistère, Jean-Luc Le Cleac’h l’est, naturellement membre de l’autre AEB : l’Association des écrivains bretons. Dans ce bout du monde, impossible de ne pas être attentif aux éléments : l’océan, le vent, les îles… et le regard qui les embrasse et les embrase. J’aime, en particulier, quand le poète parle de la nuit : proche du silence, le propos se fait aphorisme en de superbes formulations telles que «La nuit est le jardin de l’infini» ou «La nuit laisse la parole au silence». Sur le vent : «On n’explique pas le vent / on mesure / l’étendue de son pouvoir». Et sur l’archipel : «Ici aussi / ce qui importe / est invisible».

F.C.

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