CE LÉGER RIEN DES CHOSES QUI ONT FUI, Alain DUAULT ; Éditions Gallimard 2017

Chronique de Nicole Hardouin

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CE LÉGER RIEN DES CHOSES QUI ONT FUI, Alain DUAULT, Éditions Gallimard, 2017

En quinze chapitres de « Ce léger rien des choses qui ont fui », Alain Duault rédige un grand Tout : chair dans laquelle il mord jusqu’au sang, juste avant le frisson mauve. À la margelle de ses nuits lasses, se dessine le souvenir, cheval noir qui galope dans les ténèbres.

Sur la mosaïque de sa mémoire brûlent les scories aux remous plus ou moins perceptibles, dans cette intime mythologie apparaissent désert et oasis, monastère et sultanat.

S’enroulent autour de lui des houles qui psalmodient des oraisons secrètes : j’ai si mal à la main perdue. S’entremêlent à la lassitude, les lavandières de l’amertume lavent les linges de la nuit, les violences du monde : j’ai de l’horreur plein les souliers.

S’inscrivent les interrogations sur la vie : pourquoi sommes-nous là ? Alain Duault, nautonnier des mots, arpenteur de sentes secrètes, répond en pinçant sa harpe charnelle : je cherche à tâtons sur ta peau / Des réponses à cette question de vivre.

Défile une voix, celle de Cécilia Bartoli, voix de crème et d’ambre, vague qui renverse tout, des visages dont : Nina, l’amour de Grieg. Des ombres aux yeux de rosée se réveillent dans la mantille de la nuit en brames sauvages, passionnels, Papa : se résout-on jamais à ce qu’un cœur si beau s’enraye.

Visage venu, revenu, qui êtes-vous, toi, vous qui habitez là où on n’habite pas ?

Le poète observe le retournement du sablier, les enfants meurent et nous restons, nous marchons dans l’épaisse forêt de l’âge ; sur ses rives de cendre et de soie, se pose le questionnement du passage du Seuil, tout le monde a peur du passage. Alain Duault sait, sent que aller au-delà est toujours angoissant : Dans la laisse insupportable d’une attente qui / N’a jamais de fin Pourquoi ces mains / Ne nous disent-elles pas quand elles remonteront le drap.

Délires, déclics, des coulées d’espoir pulsent aussi entre ronces blanches et épines du soir : je veux des clochers d’or, je veux courir dans l’eau du ciel, je veux chevaucher des nuages leurs plumes leurs dentelles jusqu’au congrès des brouillards.

A travers ce recueil, tout comme les couleurs trompent les ténèbres sur des lèvres en peau d’iris, la glace enfile des colliers de mots qui magnifient le feu, ses seins / Rose-thé que j’imagine encore tiède de plaisir. Mots de l’endroit ceux qui tentent encore, mots réverbères, mots calice pour offertoire interdit donc dit, mots tissés dans les murs du silence, comme les murs du labyrinthe de Dédale, murs aveugles avec l’ambiguïté de cent chemins qui se rompent, s’entrecroisent mais d’où l’on ne revient pas sauf à casser le fil d’Ariane.

Le lecteur méandre avec l’auteur dans des éclaboussures de cannelle, de poivre noir, à travers toutes ces pages irradie, la délicatesse : les enfants / Ils ont angles d’oiseaux dans les poche… Je suis sûr qu’ils pourraient nous / Apprendre mille et mille choses…Ce sont des enfants d’organdi. Pulse un puissant hymne à la passion : je ne suis jamais reparti de toi. Lèvres et langue raturent le souffle du vent et les mots franchissent les points de suspension du drapé de la chair : je bois tes seins, tu me tempêtes, j’ai des réclamations de fièvre.

Le poète égrène son chant dans un sillage de feu, pour envelopper les rives où s’affrontent la morsure des ombres.

La nuit peut aiguiser ses griffes de louve, Alain Duault se faufile sur un bûcher aux contours de neige en se disant qu’existe l’impérieuse nécessité de ne pas manquer la beauté des jours.

©Nicole Hardouin

Philippe Jaffeux, Glissements, Éditions Lanskine, 2017, 55 pages, 12€.

Chronique de Lieven Callant

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPhilippe Jaffeux, Glissements, Éditions Lanskine, 2017, 55 pages, 12€.


Ce qui fait de moi un lecteur c’est ma capacité mentale à associer les lettres d’un alphabet à des syllabes, de joindre les syllabes pour former des mots tout en leur donnant le rythme propre et nécessaire à la langue dans l’espoir de reconnaitre un sens, voire plusieurs. Outre les outils mis à ma dis-position: lettres, mots, ponctuation, règles grammaticales et autres conventions du même ordre, je m’appuie pour lire un texte sur toutes mes autres lectures, retournant parfois aux toutes premières où déchiffrer l’emportait sur reconnaître et comprendre.

Avec « Glissements », Philippe Jaffeux habitué à entrainer ses lecteurs sur la piste des expériences de lecture peu communes où les règles et le sens des phrases semblent être les fruits aléatoires d’un jeu de hasart franchit une nouvelle étape dans le dérèglement de l’écriture et de la lecture.

Nous avons tous fait l’expérience de lire des textes où les lettres ont été permutées ou remplacées par d’autres signes par exemple des chiffres. Avec un peu d’entrainement notre cerveau corrige spontanément et rend la lecture à nouveau significative. Pour ceux qui comme moi sont dyslexiques lire produit parfois d’étranges expériences où les lettres s’en-volent, s’inversent, où les syllabes changent de place et où les lignes des phrases suivent des courbes et confondent entre eux les espaces vides.

C’est un peu ce que Philippe Jaffeux a recherché à créer. Un jeu où les règles ont été revisitées. Un jeu où le glissement de l’erreur, de la faute, de la faille prend enfin un heureux plaisir à être elle-même LA règle du jeu. Cette défaillance soudain trouve une place importante dans le processus de lecture, de compréhension, de création. J’ai donc été particulièrement amusé par toutes les « aberrations » introduites de manière fortuite ou pas par Jaffeux, par tous les glissements produits par le texte.

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À force, la répétition de phrases où le sens se dérobe, où les mots s’alternent et semblent n’avoir été choisis par personne si ce n’est un pro-gramme m’a procuré une sensation où la lecture soudain s’accompagne d’une expérience plus visuelle : le texte se regarde comme une image, le texte devient un objet en tant que tel, un support qui permet de vivre une expérience au-delà du texte, de la réalité, du sens que peut avoir cette réalité. Lire c’est glisser vers un autre univers, se glisser en soi ou dans la peau d’un autre, c’est peut-être aussi accepter la glissade pour ce qu’elle est, notre défaillance.

Derrière ces manières expérimentales d’aborder la lecture en dénaturant la lisibilité du texte, c’est aussi le rôle de l’écrivain que questionne Phi-lippe Jaffeux. On lit, on déchiffre, on regarde, on glisse à la suite de celui qui est à l’origine de cette production de signes. Ces expériences me semblent être nécessaires à ceux qui s’interrogent sur ce qu’est la poésie et sur la place qu’occupe le poète à côté de celle-ci. La position de Phi-lippe Jaffeux est sans doute celle de l’absence, de la discrétion en ré-action aux ego souvent surdimensionnés des poètes actuels. Derrière les textes de Jaffeux, il y a un homme qui travaille comme une machine, qui poursuit un chemin infini avec la même obstination magique et joueuse.

©Lieven Callant

Service de presse n°49

 

Traversées a reçu :

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Les recueils suivants :

    • L’air et le bond, poèmes

Michel Stavaux

Aux éditions d’Hez, 2013, 162 pa

Eric Chassefière

Encres vives, 2016, 16 pages A4

    • aImer à quatre temps, poèmes

Christophe Schaeffer

Préface de Werner Lambersy

Illustrations de Julie Delarme

Librécrit, Hors Collections, nd, 82 pages

Préfacé par Werner Lambersy et illustré de six oeuvres de Julie Delarme, « aImer à quatre temps » est un monologue poétique dont l’auteur exprime le propos en ces termes:

« Bien que fragmenté, ce texte est un unique poème qui se lie en quatre temps où l’amour se situe dans son rapport avec la perte et le désir, entre privation et possession: on ne désire que ce que l’on ne possède pas, ce dont on est privé.

« Entre l’amer et l’aImer, ce texte se joue d’une lettre autant que de l’être. »

Les oeuvres de Julie Delarme révèlent le mystère de l’autre. Le visage, à la fois proche et insaisissable, sidère par sa présence, s’efface si on cherche à le lisser ou à le définir abstraitement. Face au désir, son interpellation porte un autre regard sur les mots, dans l’ambiguïté du sens qu’ils provoquent, et invite au face-à-face comme une expérience de l’infini.

    • Déjà l’automne chez les peupliers, poèmes

Philippe Conter

phconter@gmail.com

    • En langue d’or, poèmes

Jean-Jacques Manicourt

Chloé des Lys, 2017, np

    • Encore une heure, poèmes

Jeanne Champel Grenier

France Libris, 2017, np

    • Fugitive, poèmes

Cathy Garcia

Cardère, 2014, 53 pages

 

  • Je t’sms, poèmes

 

Francine Hesbois

L’Harmattan, 2017, 90 pages

Sous la peau mince des textes de Francine Hesbois, l’on sent battre un coeur de femme sincère, entière, ambitieuse. Etourdie du frémissement de l’aubépine, à la recherche d’harmonies vitales, de conjugaisons heureuses entre les arbres écorchés et nus, les aurores lentes, le vent, la lune, le souffle du monde… l’auteure nous convoque à quelques rendezv-ous estimables: celui de l’amant espéré, désiré, au coeur à double battant et celui d’une existence toute en couleurs sucres d’ocre, tissée de sentiers à siroter…

Contre la fureur des hommes, la sécurité d’un qhotidien trop tiède, les évocations de Francine Hesbois sont autant de cris, de mises en garde lancés au lecteur. Pour qui les entaend, il ne sera plus temps de faire l’autiste, d’esquisser un repli nostalgique.

Sur les pages métisses de ce délicat recueil, la poétesse réussit à faire lever coquelicots et lucioles comme autant de calicots d’une révolte à venir, amoureuse, frénétique, à porter au chevet des étoiles, ici – le temps d’une lecture – devenues complices.

Marc Piret

 

  • Marcher dans la rivière suivi de Les pronoms personnels

 

Léon Laffut

Félix Biwer, nd, 227 pages

 

  • Les mythes de la mémoire

 

Louis Savary

Les presses littéraires, 2017, 100 pages

 

  • Ouvrez le gaz 30 minutes avant de craquer l’allumette, poèmes illustrés

 

Eric Dejaeger

Aimables considérations générales de Jean L’Anselme

Illustrations originales de Pierre Solette

Gros textes, collection « réserves de printemps », 2014, np

    • Petite peinture de nuit – Suite en ciel majeur, poèmes

Jeanne Champel-Grenier

France Libris, 2017, np

    • Les perce-neiges font du yoga, poèmes

Philippe Conter

 

  • Petites gouttes de poésie avec quelques poèmes sans gouttes

 

Pierre Albert-Birot

Motus, 2017, 72 pages

 

  • Petits poèmes diversement appréciables mais néanmoins écrits avec grande attention…

 

Olivier Bastide

Cardère, 2014, 54 pages

L’originalité de cet ouvrage tient à deux aspects liés:

Les 40 petits textes qui le composent ont été écrits chacun en correspondance étroite avec 40 pièces d’Erik Satie;

Il nous est ainsi apparu incontournable d’adjoindre à l’ouvrage un CD de musique…

    • La présence simple des chose, poèmes

Eric Chassefière

L’Harmattan, 2017, 142 pages

« Que le petit jardin

dans sa cage de murs

à l’instant où vient la nuit

s’embroussaille de vent

que remuent les tiges douces

aux paupières de fleurs

qu’aucun autre aux fenêtres

ne soit là pour témoigner

qu’on soit seul

avec la vérité de son rêve

aussitôt la fenêtre s’ouvre »

Eric Chassefière vit à Paris. Directeur de recherche en physique au CNRS, il étudie l’évolution du système solaire et des planètes. Il est également poète, auteur d’une trentaine de recueils parus chez plusieurs éditeurs. Il a obtenu en 2015 le prix Giorgios Sarantaris et a créé avec Jacques Fournier l’action Poeziences de la Diagonale Paris-Saclay destinée à faire se rencontrer scientifiques et poètes.

    • Quand la vieille voisine regarde méchamment le gosse dans la cour, récit

Serge Bec

Cardère, 2013, 43 pages

Notre ami Serge Bec, aujourd’hui rattrapé par le « mal de mémoire », nous a proposé ce court texte, que nous rendons biens volontiers public aujourd’hui, comme un clin d’oeil que le poète adresse à la vie, un pied de nez à toutes les misères du destin.

La vieille voisine regarde le gosse dans la cour, en bas. Elle ne regarde jamais le ciel. Toujours ce gosse qui joue, qui prend le plaisir de la vie, qui rêve et voyage. La vieille voisine est méchante, enfermée dans sa carcasse minérale, mais elle rêve aussi, à sa manière, de l’autre côté de la vie; elle aimerait le voir se noyer, ce sale gosse qui prend du plaisir à la vie. Son seul plaisir à la vieille voisine, c’est de rêver des assassinats…

Un huis clos silencieux où le blanc et le noir se rejoignent parfois, sans jamais se mélanger, sans jamais se dire un mot…

 

  • Quotiennes pour lire, poèmes

 

Georges Cathalo

La Porte, 2016

 

  • Refrain, poèmes

 

Bernard Grasset

Jacques André, 2017, 53 pages

Avec Refrain, le voyage en compagnie des peintres et des musiciens se prolonge comme sans fin. Refrain: revenir là où on est allé, creuser ce qui a déjà été contemplé et écouté, explorer, tel un possible, de nouvelles contrées. Retour et commencement.

Dans l’alliance de la poésie avec la peinture et la musique se découvre un chemin de liberté et de lumière. En lisant Refrain le lecteur est invité à voyager, au fil de l’art, à travers les cultures, les siècles qui passent. Voyage, – aventure dans le langage.

Le dialogue des mots avec l’univers pictural et musical cherche ici son unité du côté des pays intérieurs, des secrets de l’homme, de l’accueil de l’insaisissable. Refrain: écouter, sillons d’un autre langage, ce lointain qui murmure le sacre de l’aurore.

 

  • Rilke-poème – Elancé dans l’asphère, études psychanalytiques

 

Luminitza C. Tigirlas

L’Harmattan, 2017, 200 pages

Que pouvons-nous savoir sur l’invisible nommé amour? Effleurer son ange et sa chute. L’insuffler et le vouer au ratage. Consentir à l’espace intérieur au monde à travers son corps, secousse et faille ouverte de cet amour, dont on est le poème. N’est-ce pas un délice sacrilège? Comment échapper au mur visible de l’Eros? Sacrifier à l’écriture. Elle donne au poète « infiniment plus d’amour que l’individu n’en peut sucriter en autrui ». La poésie et la correspondance, voici « l’étreinte » de la création et le droit « de mourir en elle » arraché par l’écrivain Rainer Maria Rilke. Le sujet créateur est radicalement seul. Dans le fantasmé rilkéen, par un retour sur soi, l’amant parfait mute en héros afin de saisir l’absolu de l’acte créateur…

 

  • Si brève l’éclaircie, poèmes

 

Ghislaine Lejard

Editions Henry, 2015

 

  • Si tu coris que c’est facile de voler les ailes couvertes de neige, poèmes

 

Philippe Conter

Edilivre, 2017, 50 pages

La poésie est UNE et MULTIPLE.

UNE, parce qu’elle part toujours du coeur.

MULTIPLE parce qu’elle touche chacune, étincelle par étincelle, instant par instant.

Philippe Conter n’est ni Rimbaud ni Mallarmé ni Guillevic; jsute un homme qui écrit simplement et qui nous émeut tout en douceur: sans nous brusquer.

Une respiration qui fait du bien. A découvrir sans lanterner davantage…

Viviane Weins

 

  • Table simple, poèmes

 

Marc Dugardin

Rougerie, 2015, 76 pages

 

  • Traverses, carnets

 

Jean-Claude Pirotte

Cherche Midi, 2017, 88 pages

La maison de douane désaffectée, où séjourne Jean-Claude Pirotte, est un lieu enchanté. En contrepoint de la magie du paysage, un désespoir s’insinue peu à peu dans les pages de ces Carnets tenus de juin 2010 à juin 2011. l’observation d’un pays aimé – la France -, avili par un certain Nicolas Sarkozy, mine l’écrivain. Alors que pour beaucop le sarkozysme n’est qu’un épisode social et politique parmi tant d’autres, Jean-Claude Pirotte, jour après jour, l’associe à une perte irréversible de la difnité, qui prépare le terrain aux pires lendemains. La lecture de Déposition, journal écrit par Léon Werth entre 1940 et 1944, lui inspire de troublants parallèles.

Visions graves ou notes plus légères, Traverses est un diamant noir, étincelant au traves des fêlures d’un monde de moins en moins respirable.

Jean-Claude Pirotte (1939-2014), peintre et écrvain, a reçu le prix Goncourt de la poésie le Grand Prix de poésie de l’Académie française.

 

  • Un écrivain hors commerce

 

Pierre Hamel

Yvelineédition, Le Dormeur du Val, 2012, 332 pages

Les revues suivantes :

    • Art et poésie de Touraine n°230, automne 2017

Nicole Lartigue, 10, rue du Clos Prenier à F-37540 Saint-Cyr-sur-Loire (France)

nicole.lartigue@bbox.fr

www.artetpoesiedetouraine.com

    • Le bibliothécaire n°3/2017, juillet à septembre 2017

Michel Dagneau, rue de Bruxelles, 87 à 1470 Genappe (Belgique)

dagneau.michel@live.be

    • Cabaret n°21, printemps, 22, été, 23, automne 2017

31, rue Lamartine à 71800 La Clayette (France)

    • Les Cahiers de la rue Ventura n°37, 3ème trimestre 2017

Dossier : Le Nouveau Roman …

    • Les Cahiers de la rue Ventura n°38, 4ème trimestre 2017

Claude Cailleau, 9, rue Lino Ventura à 72300 Sablé-sur-Sarthe

amis.rueventura@hotmail.com

L’invité de l’automne : Pierre Perrin

« Segalen en chinois », par Mireille Privat : étude accompagnée de fragments de Stèles

Vers et proses…

Pages d’enfance de Gérarl Glameau et Pierre Borghero

Des jours entre les mots, par Michel Passelergue…

    • Chiendents n°98, janvier 2016 ; 117, janvier 2017

Editions du Petit Véhicule, Luc Vidal, 20, rue du Coudray à 44000 Nantes (France)

    • L’écritoire de Clairefontaine n°1, mars-avril 2017

Michel Bailleux, rue du Cloître 26 à 6700 Arlon (Belgique)

 

  • Festival permanent des mots – FPM

 

Poésie – Nouvelles – Récits

Jean-Claude Goiri, 18, rue Edmond About à 54000 Nancy (France)

    • Florilège n°168, septembre 2017

Stephen Blanchard, 19, allée du Maconnais à 21000 Dijon (France)

aeropageblanchard@gmail.com

http://poetesdelamitie.blog4ever.com

    • Le Gletton n°498, septembre 2017

Michel Demoulin, 28, rue Saint-Martin à 6740 Villers-sur-semois (Belgique)

secretariat.gletton@gmail.com

www.legletton.be

    • Handshake n°92

John F.Haines, 5 Cross Farm, Station Road North Fearnhead, Warrington, Cheshire, WA2 0QG, United Kingdom

    • Interventions à Haute Voix Hors série n°3

Il y a quarante ans déjà ! Anthologie anniversaire, 2017

Gérard Faucheux, 5, rue de Jouy à 92370 Chaville (France)

direction@mjcdelavallee.fr

http://www.mjcdelavallee.fr

    • Jdmp – Journal de mes paysages n°4, novembre 2016

journaldemespaysages@gmail.com

Journal de mes Paysages est une revue d’inspiration réaliste, qui explore les environnements intimes de ses auteurs en les invitant à développer un vécu réel à l’état brut, se rapprochant ainsi du reportage…

Ent’revues

    • La lettre de Maredsous n°2, août 2017

Luc Moës, Abbaye de Maredsous à 5537 Denée (Belgique)

 

  • Libelle n°292 et 293, septembre et octobre 2017

 

Michel Prades, 14, rue du Retrait à 75020 Paris (France)

pradesmi@wandoo.fr

www.libelle-mp.fr

 

  • Nos lettres n°23, octobre 2017

 

Anne-Michèle Hamesse, Association des écrivains belges de langue française asbl, Chaussée de Wavre, 150 à B-1050 Bruxelles.

a.e.b@skynet.be

www.ecrivainsbelges.be

 

  • Poésie sur Seine n°95, septembre 2017

 

Pascal Dupuy, 13, place Charles de Gaulle à 92210 Saint-Cloud (France)

poesiesurseine@gmail.com

www.poesie-sur-seine.com

 

  • Portique n°108, octobre à décembre 2017

 

Chris Bernard, Mairie, 8 place de la mairie à 84110 Puyméras (France)

 

  • Reflets Wallonie-Bruxelles n°53, juillet à septembre 2017

 

Joseph Bodson, 109, rue de la Mutualité à 1180 Bruxelles (Belgique)

joseph.bodson@skynet.be

site : areaw.org

 

  • Septentrion n°2/2017, 2ème trimestre 2017
  • Septentrion n°3/2017, 3ème trimestre 2017

 

Arts, lettres et culture de Flandre et des Pays-Bas

Luc Devoldere, Murissonstraat, 260 à 8930 Rekkem (Belgique)

septentrionblog.onserfdeel.be

www.onserfdeel.be

Au sommaire :

  • Comment se fait-il qu’ayant grandi dans la région de Liège et étant intéressé par tout ce qui a trait à la littérature, on soit durant des décennies à peine entré en contact avec la littérature de Flandre et des Pays-Bas ? Pourtant Adrienne Nizet, directeur-adjoint de Passa Porta (Maison internationale des littératures à Bruxelles) apprécie aujourd’hui pleinement la littérature néerlandophone.
  • Depuis toujours le photographe flamand Michiel Hendruckx est amoureux de la France…
  • Selon Andrea Blühm, directeur du Groninger Museum, un bon artiste doit être à même de modifier foncièrement la perception de l’environnement quotidien…
  • Karin Wolfs en est convaincue, le cinéma néerlandais traverse une période difficile…

 

  • Soleils & cendre n°122

 

Henry Tramoy, 99, Bd des Mians à 84260 Sarrians (France)

Isabelle Ducastaing, 1bis, imp. Anatole France à 84500 Bollène (France)

solicend@orange.fr

http://www.soleils-et-cendre.org

Où rôde l’ode … tous, détours et repos à l’entour

Chez les Grecs, l’Ode, chantée, est construite à partir de formes, ce qui nous intéresse au premier chef et fait sens dans notre projet de numéros consacrés à une forme. L’ode grecque antique se compose de strophes, antistrophes et épodes. Les strophes symétrisent avec les antistrophes et les épodes entre elles.

Par ailleurs, nous ouvrons le champ à l’Ode moderne, telle que pratiquée, de Ronsard à Hugo, dans l’exaltation des sentiments et l’embrasement de l’imaginaire.

Tout cela sans perdre de vue une approche générale résolument contemporaine. Avec, subrepticement, à propos d’antistrophe et dans le grand écart, un clin d’oeil à Rabelais.

LE SECRET, Laurent Schmitt ; Éd. Odile Jacob, Paris, 2017

Chronique de Claude LueziorLE SECRET L Schmitt Odile Jacob

LE SECRET, Laurent Schmitt ; Éd. Odile Jacob, Paris, 2017


Ce livre, émaillé d’exemples concrets et de témoignages, relève d’une démarche psychiatrique mais également d’un éclairage profondément humaniste. L’auteur y fait preuve d’une hauteur de vue peu commune, d’une grande culture et d’un don pédagogique que nous avions déjà remarqué dans ses précédents ouvrages, Du temps pour soi et Le bal des ego. On ne lâche pas ces pages dont les chapitres biens structurés s’enchaînent les uns aux autres avec une belle fluidité. Kaléidoscope de secrets, vecteurs de puissance dans l’Histoire, depuis les Grands-Prêtres de religions anciennes jusqu’à certains bureaux ovales. Sombres officines et sociétés secrètes, souvent élitistes, complotistes, voire criminelles.

Sur le plan individuel, Laurent Schmitt aborde par la suite ces secrets qui forgent notre personnalité, ceux de l’inconscient, des rêves mais aussi leur fonction dans la constitution de la personnalité, la séduction, l’amour. La toxicité des secrets dans des liaisons, dans certaines constellations familiales ou dans telle ou telle maladie psychique est une évidence. La protection que le secret assure vis-à-vis de notre singularité et de notre individualité n’en est pas moins importante.

Bien qu’ils puissent être toxiques dans des liaisons, dans certaines constellations familiales ou dans telle ou telle maladie psychique.

Le secret est donc pluriel. Il est, à l’heure actuelle, crûment mis en cause, par l’impératif de la transparence qui peut s’ériger en un contrôle suprême des big data ou en injonctions totalitaires où disparaît la vie privée aux dépends d’une forme d’Inquisition, de vengeances répandues de manière virale et de dénonciations anonymes.

Parfois assimilé au mensonge, à la dissimulation ou à la rouerie, le secret peut néanmoins protéger la personne par ses rêveries, en un jardin secret, véritable soupape de l’imaginaire, voire intelligence relationnelle. Il crée un espace intime où la personne reste un sujet à ses propres yeux (…) et se différence d’autrui. Il est alors tuteur de résilience, noyau dur de nous même. Dans la dernière section de son livre, Les secrets indispensables à notre survie, à savoir, dans son dernier chapitre, Éloge malicieux du secret, Laurent Schmitt donne la métaphore d’un état de jachère, d’un arrêt sur l’image, de points de suspension de notre fonctionnement psychique. Il évoque avec tendresse l’aptitude d’émerveillement du ravi, personnage solitaire et énigmatique des santons de Provence. Et l’auteur de citer par ailleurs Saint-Exupéry, Rilke, Prévert.

Préserver son intimité revient à savoir ne pas tout dire, à maintenir des zones de discrétion, à savoir refuser de participer à tous les réseaux sociaux. Ainsi, le secret, au-delà de certains aspects noirs dans nos relations de pouvoir avec les autres et dans des manipulations sociales indues, est en fait, sur le plan personnel, un élément constitutif de notre liberté et de notre individualité. En d’autres termes, une pierre d’angle de nos libertés fondamentales.

Cet essai est une véritable réflexion en profondeur, à l’heure de l’espionnage industriel, de la téléréalité, du voyeurisme ambiant et de moteurs de recherche manipulés par un ou plusieurs big brothers qui nous veulent du bien…

©Claude Luezior