Fabrice Midal, Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre, Flammarion /Versilio (188 pages – 16,60€)

Chronique de Nadine Doyen

couverture-foutez-vous-la-paix-ombre-incline-1030x832

Fabrice Midal, Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre, Flammarion /Versilio (188 pages – 16,60€)


Un titre choc pour un livre qui nous invite à cesser de nous gâcher, polluer la vie.

Un livre idéal pour se déculpabiliser et y puiser d’autres résolutions.

Fabrice Midal étaye les 15 chapitres en glissant des expériences, personnelles ou pas.

Les citations sont pléthore, celles en exergue de chaque rubrique donnent le ton.

Son but ? Nous recentrer sur l’essentiel. Savoir dire non aux multiples sollicitations, aux injonctions, savoir s’affranchir du carcan des contraintes.

Commencez par « être son meilleur ami » et non pas son tyran, son bourreau.

Pourquoi vouloir toujours être parfait en tout, jouer au super-héros, être le best ?

L’auteur nous encourage à savoir prendre des micro pauses, afin de retrouver notre liberté, notre énergie majeure, afin de doper notre créativité, et de nous éviter le burn out inévitable quand les tensions s’accumulent.

Dans le chapitre 12, intitulé : Cessez d’avoir honte, l’auteur souligne la nuance entre s’aguerrir et s’endurcir. Comme Thomas Andrieu, le héros du roman de Philippe Besson, Fabrice Midal, confie avoir mal vécu sa différence, obligé de la taire dans une famille où l’homosexualité relève d’une maladie. Il met en garde, conseillant de s’aguerrir pour être capable d’aimer, de s’émerveiller, d’espérer et non pas de s’endurcir, comme ceux qui se renferment jusqu’à « manquer la vie ».

L’auteur incite à cesser d’avoir honte, à ne pas rejeter sa vulnérabilité et à vivre « ses émotions avec douceur et humour ».

Le chapitre final s’adresse aux parents à qui on demande de « cesser de discipliner leurs enfants », de les « bombarder d’injonctions ». Le philosophe ne cache pas son admiration pour le parcours du footballeur Griezmann qui s’est lancé un défi à 14 ans, un choix personnel et non le « fruit du désir inassouvi de ses parents ».

Pour les émules de Fabrice Midal, les adeptes de la méditation, il faut savoir qu’il organise des séminaires. Dans ce recueil, il décline les nombreux bienfaits que la méditation apporte. « Méditer, c’est s’oublier pour s’ouvrir au monde ». « La méditation est une respiration sans consignes ni sanctions », « un art de vivre ».

« Rester ouvert et curieux », comme le préconise la pratique de la « mindfulness, la pleine présence ».

Ce livre extrêmement libérateur et déculpabilisant ne se lit pas d’une traite, le propos demande une relecture parfois, vu sa portée philosophique.

Les notes bibliographiques listent les ouvrages de références de l’auteur, nourri par la poésie (Dickinson, Eliot), le bouddhisme, l’hypnose, la philosophie.

Fabrice Midal, philosophe et enseignant de la méditation, signe un livre rassérénant, dans lequel chacun peut tirer profit. La bienveillance, un maître mot.

©Nadine Doyen



Sur son site Fabrice Midal nous explique son livre.

La malle aux souvenirs : poésies/ Marcel Detiège ; Bruxelles : Michel Frères, 2016

Chronique de Pierre Schroven

ob_bf537b_lamalle-new

La malle aux souvenirs : poésies/ Marcel Detiège ; Bruxelles : Michel Frères, 2016


La poésie de Marcel Detiège parle le langage du cœur, du corps et de l’esprit ; mieux, elle semble « armer », au détour de chaque page, un soleil bienveillant dont la seule vue rend heureux et nous fait respirer un peu.

« L’élan vient

quand vient son heure

chargé des jours en essaims

le paradis nous revient

le désir et

le regain »

Partagé entre des pointes d’humour caustique et des élans retenus de tendresse, le poète scrute le réel humain ; mais attention, point ici de leçon voire d’envolées lyriques « qui ne vont nulle part » mais une poésie de chair et de sang communiant avec les humbles choses de la vie.

« On a besoin d’amour

ni la métaphysique

ni les épiphonèmes

ces prêches de laïcs

ne pourront rien y faire »

On est ici en présence d’une poésie chaleureuse et humaine qui, plutôt que de s’aventurer à percer les secrets de l’univers, a pris le parti de parler au cœur, d’animer les sens et de satisfaire l’esprit. Cependant, même si l’humour « brasse » l’ensemble du recueil, Detiège ne se prive pas d’exprimer son angoisse face à la fuite du temps(l’ennui, la mort…) et aux limites du langage : « l’amour de la vie, souvent n’est point autre chose qu’une grande énergie à combattre l’ennui ». Bref, dans « La malle aux souvenirs », Marcel Detiège partage avec nous une poésie qui féconde une joie à la seconde et tire émotion (ou pensée) des plus menues manifestations de la vie.

Le soleil brille

L’heure tourne

Et mon corps se réchauffe

Je ferme les yeux

M’enfuis à pieds nus

Sur les chaudes autoroutes

De la liberté

Sans la moindre pudeur

En courant comme un faune

Je traverse les campagnes

Endormies à midi

Je saute par-dessus

Des moulins en bordée

Et de monts en montagnes

Me rapproche du ciel

Le frôle

Et le trouve

D’un coup de tête

Au grand émoi des anges

Surpris à l’heure de l’apéro.

©Pierre Schroven

Service de presse n°47

img_0632

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

* A côté du sentier, nouvelles

M.E.O., 2015, 140 pages

Daniel Simon, né en 1952 à Charleroi, a fait de la mise en scène et de la production théâtrales pendant une vingtaine d’années, collaborant notamment à plusieurs projets au Portugal et en Afrique, où il anime des ateliers d’écriture.

Il a publié des poèmes, des textes brefs, des textes dramatiques, des nouvelles, des essais, des articles.

A côté du sentier rassemble des nouvelles autour de notre désir de retrouver des murs nus dans la maison du temps où nous passons. Notre époque se dit livre en marchant scrupuleusement à côté du sentier…

L’étau se resserre. Les illusions d’une génération se sont usées, des prévisions bancales les ont remplacées. La beauté du monde est toujours là, nous la cherchons obstinément dans le lointain.

* Le chat de Prague, récits

Claude Martin

Traverse, 2014, 140 pages

Agnès est au coeur de récits relatant son enfance et sa vie jusqu’à l’âge qui vient.

Tel le Chat de Prague, Agnès saisit l’essence des gens qui l’entourent comme s’ils étaient colorés et uniques. Souvenirs perçants, saisissants, réalistes. Claude Martin nous offre un regard vir, une langue souple, un amour inconditionnel de notre humanité.

Claude Martin a passé son enfance à la campagne. Venue à l’âge de quinze ans à Bruxelles, elle devient institutrice, puis directrice dans une école de pédagogie ouverte et progressiste (Saint-Dominique, Schaerbeek). Elle présente son premier prix en « Arts de la Parole », en 1972, au Conservatoire de Bruxelles. Aujourd’hui, elle accompagne de jeunes élèves dans le cadre du suivi après-scolaire. Elle participe à l’Atelier d’écriture de Traverse asbl depuis sept ans. Le Chat de Prague est son premier livre.

* Le ciel est bleu, ma mère est belle

Jeanne Champel-Grenier

France-Libris, 2016, 130 pages

* Ciels d’enfance

Louis Goffin

L’Harmattan, 2016, 269 pages

Ciels assombris par la guerre, ciels nuageux de la vie familiale, ciels rougeoyants des lueurs de l’aciérie, ciels grisâtres des localités industrielles et tous les ciels bleu-rêve d’un enfant choyé. Autant d’atmosphères qui baignent les images du passé, en résonance avec le destin du narrateur.

C’est une exploration lucide de la mémoire vivante: elle se réapproprie et recompose des souvenirs directs et indirects d’une enfance d’autrefois, enracinée dans une région de sidérurgie et marquée par la guerre 1940-1945.

Au-delà d’une trajectoire individuelle, le livre évoque une société en mutation économique, sociale, culturelle. Elle est aux prises avec les événements mondiaux qui ont bouleversé l’Histoire au cours de la première moitié du vingtième siècle.

Romaniste et sociologue, professeur d’université retraité, Louis Goffin a enseigné des matières relatives à l’environnement en Belgique et au Sénégal. Il s’est aussi intéressé au monde des sidérurgistes de la Lorraine belge, à leur mentalité, ainsi qu’à l’histoire de cette région où il est né et a toujours vécu.

* Forêt rêve de lumière

Didier Ober

Encres vives, collection Encres Blanches, 2014, 20 pages A4

Michel Cosem, 2, Allée des Allobroges à F-31770 Colomiers

Une longue marche contemplative en forêt plonge dans un rêve éveillé. Forêt douce et enveloppante telle une fourrure végétale. La forêt est un rêve de lumière, d’où son rayonnement, comme si la lumière émanait de la végétation – même la nuit, sous l’étrange clarté lunaire. Cette lumière se fait intérieure – Conscience lumineuse – intérieure comme le rêve. Rêve éveillé… Entre rêve et réalité… Réalité surnaturelle… La forêt rêve aussi…

* Là-bas

Bernard Schürch

Rafael de Surtis, 2015, 52 pages

* N’oublions jamais les caresses

Evelyne Wilwerth

roman

M.E.O., 2017, 110 pages.

Que va-t-il se passer sur cette place en demi-cercle dont la circulation s’affole? Sous un ciel qui brutalement s’assombrit? Vent de folie cosmique? Un danger pointe, enfle et vise l’un des personnages.

Mais lequel et pourquoi? Lausanne et Canberra, les amants sublimes? L’enfant Nadim? Athanase le bedonnant? L’étranger Frisée? L’artiste Apolline?

Puis ce mystérieux ON, dont le regard voyeur se braque tour à tour sur les protagonistes… Que cache-t-il? Qui cache-t-il? Vision d’une humanité en déliquescence? Ou en renaissance?

Un vertige, une incandescence, brassant érotisme, suspense et infinie tendresse.

Evelyne Wilwerth est une écrivaine du corps et de la sensorialité. Elle adore jongler avec les genres littéraires: la nouvelle, le roman, l’essai, la biographie. Elle est également sur le terrain avec ses ateliers d’écriture ludiques et fouettants.

* L’ombre du reflet

François Iulini

Chloé des Lys, 2016, 68 pages

A l’image de la lance prodigieuse d’Achille qui sauva le jeune roi de Mysie qu’elle avait auparavant blessé: Amoris vulnus sanat idem, qui facit (Publieus Syrus: En amour, qui fait la blessure la guérit).

Ne désirant pas être moins généreux qu’Achille ou moins reconnaissant que le fils d’Hercule, je remercie la vie de chacune de ses blessures et ses bienfaits, par ces quelques poèmes.

* Pensées nocturnes – Night Thoughts – ouvrage bilingue

David Gascoyne

Black Herald Press

poème radiophonique traduit de l’anglais par Michèle Duclos

Préface de Roger Scott Après la parution en français de La vie de l’homme est cette viande de David Gascoyne, dont on fête cette année le centenaire de la naissance, Black Herald Press propose une édition bilingue de son poème radiophonique, Pensées nocturnes, diffusé en 1955 par le Third Programme de la BBC. Au sommaire : le poème en trois

volets (« Les Veilleurs de Nuit », « Carnaval Mégalométropolitain », « Rencontre avec le Silence »), « Le Poète et la Ville » (1981), essai de Gascoyne inédit en français, et une postface de Roger Scott – ami, archiviste, éditeur du poète et spécialiste de son œuvre ; le tout dans une traduction de Michèle Duclos.

« Ce cri d’angoisse mortelle montant de l’âme en sa nuit obscure

Arrive jusqu’à vous maintenant : Écoutez-le. Je m’interroge :

Étant Dieu, l’entendant, lui refuseriez-vous toute audience,

L’ignoreriez-vous et détourneriez-vous l’oreille ?

Vous avez entendu un cri, mais les cris sont myriade. »

Diffusé en 1955 par le Third Programme de la BBC et publié en 1956 en Grande-Bretagne, Pensées nocturnes, poème radiophonique pour plusieurs voix de David Gascoyne (1916-2001), se présente comme une déambulation en trois volets dans une ville nocturne – en l’occurrence, Londres – qui revêt des formes multiples : cité réelle, rêvée et assoupie, puis fantasmagorique et hallucinatoire, enfer souterrain et ultra-mécanisé, enfin silencieuse et apaisée, rendue à la Nature, à l’espoir et à la renaissance. Partant du thème de la Cité primitive et mythique devenue « Mégalométropolis », le poète dépeint tant « le vide éthique qui est au cœur de notre monde » que la figure du Solitaire perdu dans la multitude, tantôt « privé d’âme et d’individualité », tantôt luttant pour préserver son humanité. À travers cette exploration tour à tour tragique, satirique et existentielle de la Ville, le poète entend aborder « la nuit spirituelle » inextricablement liée à la civilisation moderne et souligner sa quête incessante de lumière, seule capable « d’écarter l’obscurité du Vide », pour citer Roger Scott, et de nous permettre d’accéder à une « solitude partagée ». En complément, deux textes, l’un de David Gascoyne, « Le Poète et la Ville », l’autre de Roger Scott, en postface, retracent la genèse de ce triptyque poétique et ses influences, parmi lesquelles les « Villes » de Rimbaud, le Paradis perdu de Milton, l’Enfer de Dante, ou encore La Terre vaine de T. S. Eliot.

David Gascoyne, l’un des grands poètes britanniques du xxe siècle, est l’auteur de plusieurs recueils – dont Roman Balcony, paru alors qu’il n’a que 16 ans, La vie de l’homme est cette viande, La Folie de Hölderlin et Poems, 1937-42. Dès 1933, lors de ses séjours en France, il fréquente de nombreux artistes et écrivains (Breton, Dalí, Ernst, Éluard…) avant de lier amitié avec Benjamin Fondane et Pierre Jean Jouve. D’abord influencé par le surréalisme (on lui doit le premier ouvrage en anglais consacré à ce mouvement et la

traduction des Champs magnétiques de Breton et Soupault), Gascoyne s’en détachera pour se consacrer à une poésie humaniste et spirituelle. Son œuvre, d’une originalité saisissante et visionnaire, est marquée par une profonde angoisse existentielle, empreinte d’un mysticisme prophétique et tourmenté.

* Poèmes insolites

Véronique Guyotot-Lanz alias EOA

Chloé des Lys, 2016, 66 pages

EOA est une artiste plasticienne poético singulière agrippée au mont chauve qui aimerait ressembler à la sainte-vierge. Elle invente des historiettes de coeur et de corps calleux qu’elle met en scène dans ses « petites cristallisations ». Bref, elle cristallise et poétise. http://www.e-o-a.me

 » Amusant, sautillant, vivant, espiègle un peu, tout simple, mais avec quelque chose parfois d’un peu plus tendu dans le fond « .

Editions Alidades E. Malherbet

 » Votre écriture, votre façon de vous exprimer, tantôt amusante, voire espiègle, tantôt sérieuse, pétille d’originalité. EOA, vous êtes un électron livre, restez-le! C’est de la différence que jaillissent les plus beaux chefs-d’oeuvre « .

An Mazer Poésies, Annie Avril

 » C’est sautillant et gai. Quelle légèreté et quelle joyeuseté! Simplicité et fraîcheur. C’est décousu et charmant « .

Chloé des Lys

* Ressentiments distingués

Christophe Carlier

Phébus, 2017, 174 pages

Sur l’île, le facteur ne distribue plus de lettres d’amour. Mais des missives anonymes et malveillantes qui salissent les boîtes aux lettres.

Un corbeau avive les susceptibilités, fait grincer les armoires où l’on cache les secrets. Serait-ce Tommy, le benêt? Irène, la solitaire? Ou bien Adèle qui doûte tant les querelles? Ou encore Emilie, Marie-Lucie ou Félicien? Bien vite, les soupçons alimentent toutes les conversations. Et l’inquiétude s’accroit. Jusqu’où ira cet oiseau maléfique?

Avec L’Assassin à la pomme verte, Christophe Carlier avait séduit les amateurs de polars sophistiqués. Il nous offre ici une réjouissante histoire de rancoeurs, pleine de sel et vent.

* Retour aux muses!

Simon Baert

Chloé des Lys, 2016, 63 pages

Retour aux muses! Est une immersion poétique aux sources de l’inspiration, à l’essence même de ce qui pousse chacun à écrire.

L’auteur nous y conte ses muses, aux formes les plus diverses, sous les traits de femmes tour à tour divinatrices, sujets de fantasmes, amantes et faiblesses. Qu’elles soient mutines, coquines ou étouffantes, elles n’en restent pas moins indispensables.

Simon Baert est né le 12 septembre 1985 à La Garenne-Colombes.

Il est dessinateur de presse, poète, parolier, rédacteur, réalisateur de supports de communication, chroniqueur littéraire et de bande dessinée.

* La route des cendres, roman

Claude Donnay

M.E.O., 2019, 179 pages

Un matin de pluie, David ferme la porte de son pavillon de banlieue et, au lieu de prendre le RER vers le dépôt pharmaceutique où il travaille, se met en route, son sac bouclé sur le dos.

Quel lourd passé fuit-il, le regard rivé sur l’horizon? Pourquoi lui faut-il marcher vers le Nord, avec le vent et les mots de Kerouac dans la tête, et puis surtout ces images brûlantes de Serena pour lui mordre le ventre?…

Un peu de temps, juste un peu de temps, est-ce trop demander avant que la meute se lance sur sa piste?…

Claude Donnay est né à Ciney en 1958, l’année de l’Exposition universelle, mais il émigre vite à Dinant, dans la vallée mosane, avant de gagner à nouveau la captiale condruzienne où il enseigne.

En 1988, il fonde la revue Bleu d’Encre, qui paraît deux fois l’an aux solstices et, en 2010, Bleu d’Encre Editions pour faire connaître les poètes qu’il aime.

A ce jour, il a publié 17 recueils de poèmes et participé à plusieurs anthologies.

Il écrit aussi des nouvelles.

La route des cendres est son premier roman.

* Traverses

Cherche midi, 2017, 88 pages

La maison de douane désaffectée, où séjourne Jean-Claude Pirotte, est un lieu enchanté. En contrepoint de la magie du paysage, un désespoir s’insinue peu à peu dans les pages de ces Carnets tenus de juin 2010 à juin 2011. L’observation d’un pays aimé – la France -, avili par un certain Nicolas Sarkosy, mine l’écrivain. Alors que pour beaucoup le sarkozysme n’est qu’un épisode social et politique parmi d’autres, Jean-Claude Pirotte, jour après jour, l’associe à une perte irréversible de la dignité, qui prépare le terrain aux pires lendemains. La lecture de Déposition, journal écrit par léon Werth entre 1940 et 1944, lui inspire de troublants parallèles.

Visions graves ou notes plus légères, Traverses est un diamant noir, étincelant au travers des fêlures d’un monde de moins en moins respirable.

Jean-Claude Pirotte (1939-2014), peintre et écrivain, a reçu le prix Goncourt de la poésie et le Grand Prix de poésie de l’Académie française.

* Un jour, nous parlerons la même langue – Construire en visage, une identité, une vie

Esma Kemik

Couleur Livres, rue André Masquelier, 4 à B-7000 Mons

2016, 156 pages presse@couleurlivres.be http://www.couleurlivres.be

C’est l’histoire d’une jeune femme atteinte d’un syndrome rare, le syndrome de Treacher Collins. Esma est née avec une malformation du visage. Son combat est de mettre fin à une guerre de tous les instants et de dire : “Oui, j’ai gagné”. Mais Esma est face à un combat dur, lourd et long. Elle tient son visage en main comme un poids, mais aussi comme une puissance. D’abord, les opérations et les douleurs, les peurs et le stress, puis le retour dans les chocs de la vie et toujours se relever. Elle s’est toujours sentie comme une personne étrangère. Esma Kemik a écrit durant cinq ans le long cheminement de son accès à la vie.

* La zone, un itinéraire en errance

Bernard Schürch

Rafael de Surtis, 7, rue Saint-Michel à F-81170 Cordes sur ciel, 2016, 51 pages

Les revues suivantes :

* A l’index – espace d’écrits –, n°31, septembre 2016

Jean-Claude TARDIF

11, rue de Stade

76133 Epouville revue.alindex@free.fr http://lelivreadire.blogspot.com

Dossier: Arpo – Tarn en poésie 2016

Poète invité: Jean-Louis Giovannoni

Jean-Lucien Aguié, Georges Cathalo, Lucien Enderli, Carmen Fuentes, Emmanuel Laugier, Bernard Noël, James Sacré, Jean-Claude Tardiff…

* Arpo, n°83, automne 2016

bulletin de liaison de l’association. Centre culturel JB Calvignac, 24, avenue Bouloc Torcatis à F-81400 Carmaux. http://www.arpo-poesie.org contact@arpo-poesie.org

* Art et poésie de Touraine, n°226, automne 2016 et 227, hiver 2016, 38 pages A4

revue trimestrielle

10, rue du Clos Prenier à F-37540 Saint-Cyr-sur-Loire

prix de la presse poétique 2007 de l’UPF

prix de la presse poétique 2008 de la SPF

Association fondée en 1955 nicole.lartigue@bbox.fr

(Nicole LARTIGUE)

* Bleu d’Encre, n°36, hiver 2016

clos des tanneurs, 2/33 à B-5590 Ciney c_donnay@live.be.

(Claude DONNAY)

Dossier Béatrice Bonhomme

* Le carnet et les instants n°193, janvier à mars 2017, 50 pages

Lettres belges de langue française, bimestriel

Bd Léopold II, 44 à B-1080 Bruxelles http://le-carnet-et-les-instants.net carnet.instants@cfwb.be

(Laurent MOOSEN)

* Le Coin de table, n°67-68, décembre 2016

Société des Poètes Français

16, rue Monsieur le Prince à F-75006 Paris ; lamaisondepoesie@gmail.com

(Sylvestre CLANCIER)

Hommage à Jacques Charpentreau

Sylvestre Clancier: La Maison de Poésie

Jean-Luc Moreau: Jalons

Hommage des revues

Témoignages:

* Marie Botturi: Jacques Charpentreau, le chant et l’amour

* Jeannine Burny: Charpentreau Jacques et Carême Maurice

* Jean Hautepierre: Ma rencontre avec Jacques Charpentreau

* Vital Heurtebize: Jacques Charpentreau, maître d’école et poète

* Mathilde Martineau: Portrait d’un poète en directeur de revue

* Jean-Pierre Rousseau: A l’ombre d’un grand homme

* Robert Vigneau: Un si profond silence

Jacques Charpentreau: Florilège

* Comme en poésie n°68, décembre 2016

Revue trimestrielle de poésie

2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR

0033558435422 / 0033670585607 j.lesieur@orange.fr http://perso.orange.fr/jean-pierre.lesieur

(Jean-Pierre LESIEUR)

* Eclats de rêves, n°60, 2ème semestre 2016

Le temps de rêver

14, rue de la Glacière à F-81600 Gaillac

20 pages A4

00335 63 57 58 79

(Martine OULES)

* L’écritoire de Bousserez, n°94, septembre 2016 np, A4

L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

91, rue de Bousserez à B-6769 Sommethonne irene.jacques@live.be

(Irène JACQUES)

* Handshake, n°94, 2016

5 Cross Farm, Station Road North Fearnhead,

Warrington, Cheshire, WA2 0QG, England

(John F. HAINES)

* Inédit nouveau, n°281, octobre à décembre 2016 et 282, janvier à mars 2017

32 pages A4 ;

avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 La Hulpe

0032 2 652 11 90

(Paul VAN MELLE)

* Portique n°105, janvier à mars 2017, 52 pages

revue de création poétique, littéraire et artistique de l’Union des Poètes francophones

Mairie à F-84110 Puyméras http://portique.jimdo.com http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

* Rose des temps, n°26, septembre à décembre 2016

Revue de l’association Parole & Poésie ; prix de la presse poétique 2012 de la Société des Poètes Français

12, rue Théophraste-Renaudot à F-75015 Paris

00331 73 74 58 40 parole.et.poesie@gmail.com

(Patrick PICORNOT)

* Spered Gouez, L’esprit sauvage ; n°22

Centre culturel Breton Egin Ti ar Vro,

6, place des Droits de l’homme à F-29270 Carbaix-Plouguer

sous la direction de Marie-Josée Christien

(Michel HELLEQUIN)

25ème anniversaire

Eloge de la frontière

Kush et le Cloud House de San Francisco

Michel Baglin, poète du chant des hommes et du réel

Philippe Besson « Arrête avec tes mensonges », roman, Julliard ; (194 pages – 18€)

Chronique de Nadine Doyen

cvt_arrete-avec-tes-mensonges_4930
Philippe Besson « Arrête avec tes mensonges », roman,  Julliard ; (194 pages – 18€)


Philippe Besson lève le masque et s’essaye à l’autofiction, en prenant pour titre, une injonction de sa mère. Alors cette fois, quelle vérité le romancier  nous livre-t-il ?
Dans le prologue l’auteur nous informe des circonstances qui ont généré ce roman. Dans une phrase sans point, ponctuée seulement par des virgules, marquant sa sidération, sa commotion. Qui peut bien être cette silhouette qui le met en transe,le perturbe, qui l’écrase ? Qui le fait bondir à sa poursuite, qui se retourne ?
L’auteur tisse très rapidement une complicité avec son lecteur : « Que je vous dise », « Vous imaginez » ! » vous savez ». Toutefois, en champion des mensonges, il lui arrive de nous mentir !
Il sait se souvenir de ses disparus, perpétuer leurs mémoires, pour preuve, ce roman dédié à Thomas Andrieu. Ici, il revisite son enfance, « coton », ressuscitant la figure paternelle. Un père qui ordonne, un fils qui obéit, passe du vous au tu. Tableau des écoles d’antan avec le poêle, les cartes aux murs. Époque de Jacques Chancel.
Puis, au lycée de Barbezieux, il s’arrête sur son adolescence qui le rapproche de cet inconnu qui a repéré « le garçon des livres » et sa différence. C’est cette différence, comme un ovni, qui lui vaut quolibets, insultes, mais il a su s’aguerrir.
Si le narrateur découvre son orientation sexuelle dès onze ans, se montre déjà curieux du corps de l’autre, c’est lors de l’hiver 1984 qu’il tombe amoureux. Philippe Besson, bien connu comme entomologiste des coeurs décline deux pages sublimes autour de l’amour, bien que « difficile à cerner » :ce sont « des bouches qui se cherchent, des torses qui s’épousent, … ». Il traduit cela par le « foudroiement amoureux, l’extase, l’éblouissement ». On est au plus près de la peau des amants pendant leurs fusions charnelles. On assiste à une métamorphose, un épanouissement visibles aux autres.
Au fil de leurs rencontres, leurs portraits se tissent. Surgissent les points communs et les différences des deux lycéens amoureux. Tous deux sont des enfants non désirés. Tous deux en terminale. Ils ont déjà participé à des vendanges, suivi le catéchisme.
L’un est brillant, écoute Goldman, l’autre écoute Téléphone, aime la terre, la ferme.
L’un s’ assume, l’autre vit dans « l’autocensure, le refoulement », le silence.
L’un aura soif d’ailleurs, tel un globe trotter, l’autre nous réserve des surprises.
Avec le recul des années, l’auteur peut mieux cerner ce qui les a aimantés, ce qui a plu chez l’autre. Il souligne en quoi le déterminisme social a façonné leur avenir.
Les lieux, pour Philippe Besson, sont des liens et  notre mémoire.
Les cafés sont également un lieu privilégié pour l’auteur. Ici C’est dans un café que Thomas fixe le premier rendez-vous ,celui de leur premier tête à tête, dans la clandestinité. Nul doute que le gymnase, le cabanon resteront associés aux premiers émois, baisers, premières étreintes. Puis la garçonnière de Philippe.
C’est aussi dans un café de Bordeaux que se fait l’entretien entre Lucas et le narrateur. Occasion pour peindre Bordeaux avant/maintenant.
Que la mer soit si omniprésente dans ses romans (Une bonne raison de se tuer ; De là on voit la mer : « une femme sur le quai du port de Libourne », les adieux « des bateaux qui prennent le large » ; Un instant d’abandon ; La Maison atlantique) ou pièce (Un tango au bord de mer) vient de ses nombreux séjours sur l’île de Ré.
Ces années de liberté sexuelle seront rattrapées par le « cancer gay », telle l’épée de Damoclès, sujet sur lequel Philippe Besson,très sensible à ce fléau, consacra un touchant opus : Le patient zéro (1). Il y confesse la « béance de l’absence »,dévasté à chaque disparition de ses amis à qui il « rend visite régulièrement », lui, le rescapé.
A la fin du chapitre 1, pour Philippe, retour de vacances d’été, le bac en poche. Un coup de fil, le choc, « comme une collision », « une clameur déchirante », une crucifixion. La phrase visionnaire de Thomas lui revient comme en boomerang: « parce que tu partiras et que nous resterons » et « une décision est prise : « J’efface Thomas Andrieu ». Mais peut-on vraiment occulter un si grand premier Amour ?
Dans le chapitre 2 entre en scène cet être mystérieux qui, lui, connaît le lien entre son père et l’auteur. Lucas, « l’enfant accidentel » lui relate ce qu’est devenu Thomas.
Thomas, prénom récurrent dans les romans de Philippe Besson, comme le fait remarquer Lucas. On devine le maelström que ces révélations génèrent. Va-t-il essayer de reprendre contact ? Thomas lui fera-t-il signe ? « Le temps a passé, la vie leur a roulé dessus, les a modifiés ». Ils ont atteint la quarantaine.
Coup de théâtre au chapitre 3 avec le drame annoncé, une lettre reçue, une à remettre qui clôt le roman. A la demande de Lucas, ils se retrouvent au café Beaubourg.
Philippe Besson nous tient en haleine. Épilogue poignant, la disparition d’un père renvoie à celle du père du narrateur à qui il a dédié La Maison atlantique.
On note la discrète présence de S., celui qui comprend, apaise, réconforte, soutient.
Dans son nouveau roman « des premières fois », Philippe Besson se dévoile avec une franchise qui en étonnera plus d’un. Par contre, Thomas a vécu une situation identique à celle du philosophe Fabrice Midal, qui l’évoque dans un livre (2) en invitant à « cesser d’avoir honte de soi ». Ces aveux devraient aider ceux pour qui faire leur « coming out » reste un tabou dans leur famille, souvent obligés de trouver une écoute dans ce centre « Le Refuge ».
L’auteur explore la rapport père/fils, celui de Thomas avec ce père « taiseux frugal » et le sien, exigeant, pour en conclure : « Je me demande si la froideur des pères fait l’extrême sensibilité des fils ».
En filigrane, on sent le pouls des années 84 : « grève des mineurs sous Thatcher, assassinat de Gandhi ; JO en Yougoslavie, pays pas encore démembré.. ».
Même anonyme, on reconnaîtrait l’identité du narrateur, pas seulement au name dropping de Philippe Besson, avec ses références habituelles : Fanny Ardant, Patrice Chéreau pour le cinéma ;Hervé Guibert, Marguerite Duras pour ses lectures et en exergue de ce roman, mais aussi à sa VOIX qui émane du livre.
Le roman est scandé par : « Un jour/Plus tard/j’écrirai sur », où on retrouve les thèmes de prédilection de l’auteur : la morsure de l’attente, le manque, l’absence, la brûlure de l’amour,le suicide, le deuil. Points de départ des livres évoqués. Pour les connaisseurs de l’écrivain, on reconnaît L’arrière saison à la description du tableau de Hopper en couverture. Se résoudre aux adieux, base de l’interview, en ouverture.
« Un écrivain écrit toujours par rapport à un secret, lequel irrigue son oeuvre souterrainement. Jusqu’à ce qu’il éclate au grand jour », selon Pierre Assouline. Parfois quelques pages suffisent, parfois tout un livre. Les insatiables vont guetter le roman qui parlera des disparitions mystérieuses de garçons dans les « eaux noueuses » de la Garonne…comme nous le promet l’écrivain quinquagénaire !
Le narrateur aurait tort de regretter l’absence de « traumatisme d’enfance » pour nourrir un livre « bankable », ce récit autobiographique débordant d’émotions, retient l’attention, bouleverse ses lecteurs, leur tire une larme. Se raconter reste un exercice périlleux en littérature que Philippe Besson a su parfaitement maîtriser.
Un roman qui se lit d’une traite et suscite un engouement fulgurant, exponentiel.


(1) Patient zéro, collection Incipit (120 p, 12€)
(2) Fabrice Midal Foutez-vous la paix ! Et commencer de vivre Flammarion/ Versilio

©Nadine Doyen