Jacques ANCET – Les livres et la vie – « Petit essai d’autobiographie littéraire ». (Ed. Centrifuges, 120 p.)

Une chronique de Xavier Bordes

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Jacques ANCET – Les livres et la vie« Petit essai d’autobiographie littéraire ». (Ed. Centrifuges, 120 p.)

C’est toujours avec un vague malaise, un peu superstitieux peut-être, que je lis les autobiographies : leur auteur s’y dévoile comme à la fin d’une vie, présentant un bilan qu’il assortit généralement d’un occulte plaidoyer pro-domo. Cependant, lorsque le témoignage se développe autour d’un thème particulier (ici littérature et poésie) et plaide avec franchise pour l’exposé du lent processus d’évolution d’une passion créatrice, telle que celle du poète et traducteur Jacques Ancet pour la poésie, j’avoue que la curiosité l’emporte. Jacques Ancet dans ce livre décrit et résume un trajet d’écrivain depuis son origine jusqu’au présent, avec le charme des mémoires ; de surcroît pour un lecteur extérieur, il nous initie avec simplicité au cheminement d’un talent créateur, à travers les livres et les circonstances qui ont accompagné sa maturation. L’intérêt du livre est qu’il semble ne rien esquiver des joies et des déboires du poète en cours de conquête de son espace poétique. Les illusions et les désillusions, les problèmes théoriques ou pratiques qu’il se pose, de la conception de la littérature et de la poésie qu’il se forge, jusqu’à la résolution du difficile problème pour un poète nouveau (surtout) de trouver éditeur. Ce processus vital est l’occasion de diverses méditations, en passant, qui entremêlent la vie et la réflexion sur la vie, les livres et la réflexion sur les auteurs et les influences. De sorte que chaque page de ce regard en arrière nourrit aussi de ses surprises la méditation du lecteur toujours avide, comme moi, de connaître par où passent les germes de la création chez un artiste, poète ou musicien, et d’observer quelle sorte de cheminement les développe et les accomplit après toutes sortes de méandres labyrinthiques ! Il faut sans doute une certaine force intérieure pour consentir à exposer les ramifications intimes qui ont abouti à l’oeuvre riche et diverse dont Jacques Ancet peut exciper aujourd’hui. S’il ne fallait ici témoigner de cette richesse que par une seule citation, je choisirais ce passage-ci qui me semble d’une justesse, – euh, comment dire ? – irrémédiable !

Le voici, extrait de la page 71 : « […] Parler – écrire -, ce serait faire résonner le monde, en tirer une certaine résonance. Notre rapport au monde étant de part en part médiatisé, constitué, même, par le langage, toute parole véritable, parce qu’elle est une parole à l’état naissant, engendre d’une certaine façon un monde qui, lui-aussi, nous apparaît à l’état naissant. La poésie serait donc une parole qui suscite un monde. […] » Il me semble qu’une autobiographie littéraire qui nous amène avec une telle simplicité à des idées aussi inspirantes, mérite tout à fait d’intéresser au premier chef tous les amis obstinés de la poésie et de la littérature.

                                                                             ©Xavier Bordes. Paris, 22/09/2015.

Le Godefroid culture de la Province de Luxembourg 2015, votez pour Traversées!

Bonjour à toutes et à tous,
J’ai le plaisir de vous signaler que la revue Traversées a été nominée pour le Godefroid culture de la Province de Luxembourg. Si vous souhaitez soutenir notre action en faveur de l’écriture et de la littérature, je vous invite à voter pour Traversées. A noter que la revue a obtenu en 2012 le prix de la presse poétique décerné par l’Union des poètes francophones à Paris ainsi qu’en juin 20115 le prix Cassiopée remis par le Cénacle européen de Paris.

Voici le lien : http://www.lesgodefroid.be
Merci à toutes et à tous.
Bien amicalement,

Patrice BRENO
Revue Traversées

Invitation

Le samedi 10 octobre présentation des deux premiers ouvrages parus aux Éditions « La Croisée des Chemins » 

  • Le Guetteur de matin, recueil de nouvelles écrites par Anne Léger et Jacques Cornerotte
  • Auteurs autour, Paul Mathieu

 

Où? À la Maison du Terroir de Gaume, Place du Parc, 1 à  Virton, Belgique

Quand? Le 10 octobre 2015 à 15H00.

 

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Accueil de l’exil, Anne Moser, Jean-Louis Bernard, Strasbourg, Les Lieux Dits éditions, 2015, (collection 2Rives)

Chronique de Pierre Schroven

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Accueil de l’exil, Anne Moser, Jean-Louis Bernard, Strasbourg, Les Lieux Dits éditions, 2015, (collection 2Rives)

Dirigée par Claudine Bohi et Germain Roesz, la collection 2Rives propose, je cite, de rapprocher les rives de la peinture, du dessin, du collage, de la langue et de la poésie. Issu d’une rencontre entre la peintre Anne Moser et le poète Jean-Louis Bernard, Accueil de l’exil est un livre où l’écriture prend appui sur l’espace suggéré des peintures et devient elle-même encre

Parcourus de vent, de lumière, de traces, de désirs et d’espace, les poèmes de Jean-Louis Bernard ouvrent notre esprit à la présence des mystères, traquent ce que la vie dissimule et célèbrent la nature dans son mouvement perpétuel ; en outre, ils s’appuient sur un silence antérieur au langage pour construire une pensée à partir de tout ce qui nous échappe et capter le chant originel d’un ailleurs à vivre.

Ici, peintures et textes s’unissent avec bonheur pour devenir un lieu de questionnement où la vie est sans cesse réinventée ; ici, tout semble chuchoter l’existence d’un monde que le langage ne peut atteindre ; ici, enfin, tout donne parole à ce qui exulte en nous et autour de nous.

Accueil de l’exil est un recueil qui ouvre la voie à une autre écriture du réel, ajoute une dimension à la vie et ouvre des espaces auquel aucun regard ne s’habitue…

Ici veille

la poudre des chemins

légère souveraine

ici demeure

un silence millénaire

loin des voix à l’encan

tisse les matins arasés

au plombé d’une saison blanche

et les soirs au regard dentelle

des vieilles villes

dans les surplis du crépuscule

quelques spectres à contre-jour

quelques escales éphémères

entre-monde

où zodiaque et limon

s’enchevêtrent

jusqu’à n’être plus

que la cartographie ultime

du désir

Les toits du cœur, Michel Dunand , Lyon , Jacques André éditeur, 2015

Chronique de Pierre Schroven

Les toits du cœur, Michel Dunand , Lyon , Jacques André éditeur, 2015 

2195977213En nous livrant ici les traces littéraires de ses voyages (Tibet, Kirghizistan…), Michel Dunand s’emploie d’une part, à renouveler nos perceptions du réel et d’autre part, à célébrer le mystère du vivant ; ainsi, en cherchant aux quatre coins du monde « les meilleures raisons de vivre », il ouvre un chemin à l’acte créateur d’une vie cosmique en mutation constante ; mieux, il marche vers la lumière d’une pensée s’ouvrant aux clartés de la terre.

On est ici en présence d’une poésie qui sublime l’émotion, colore le monde, dénonce les limites du langage et de la visibilité tout en nous donnant l’amour de la vie ; on est ici en présence d’une poésie qui nous permet de percevoir le réel dans sa totalité vibrante et d’ouvrir l’histoire de notre esprit à la lumière fragmentée de la métamorphose.

Dans Les toits du coeur, le temps respire, suspend son vol, transpire de joie, tombe dans un mystère sans fin et ne parle que le langage du…cœur.

On galope.

On galope avec tout, la nuit, dans les montagnes.

On apprend vite, auprès des feux de branches, et

sans faire un seul geste.

                                      *

On existe.

On ne le sait pas,

cela va de soi.

©Pierre Schroven