Les lectures de l’été de Patrick Joquel

Lectures de l’été

http://www.patrick-joquel.com

 

Poésie

Morgan Riet Quelque chose
Titre : Quelque chose
Auteur : Morgan Riet
Photographe : David Lemaresquier
Editeur : éditions Les tas de mots
ISBN : 979-10-90446-03-8
Année de parution : 2013
Prix : €10

Un livre à quatre mains, deux regards. Deux parties. Les poèmes de Morgan Riet inspire le photographe, puis ce sont les photos de David Lemaresquier qui génèrent l’écriture.
Dans les deux cas, un subtil équilibre autant dans les noirs et blancs que dans la place des mots sur la page et le silence élargit le livre et le regard dépasse la couverture pour entrer dans ses contemplations intérieures.
C’est la force de l’ouvrage que de permettre ainsi d’entrer en soi et de songer à son histoire, ses histoires, à partir d’un partage : celui de deux artistes.
Un livre qui vibre de sensibilité et d’intensité.

 

*

Veillir est un jeu d'enfant, Jacques Lefray
Titre : Vieillir est un jeu d’enfant
Auteur : Jacques Ferlay
Editeur : L’Amourier
ISBN : 978-2-915120-86-8
Année de parution : 2013
Prix : 11.50€

Familier des haïkus Jacques Ferlay ouvre ici des espaces songeurs à la vieillesse. Au temps qui passe, qui est passé, qui passera… et à ses cortèges de difficultés, de vieilleries, de souvenirs et d’humours… Un ensemble où pointe un zeste de nostalgie bien sûr, mais surtout une sérénité lucide et heureuse. Et la lueur dans les yeux, la fidèle à l’espiègle enfant rêveur qui ne cesse d’interroger le monde…
Un livre comme on en lit trop peu. Pour y goûter :

Seul sur les sentiers
j’ai le temps d’être avec vous
très intimement

Silence gaufré
des pas dans la neige neuve
juste un bruit d’haleine

Rimbaud, tes semelles
me seraient de bonne guerre
sur cette pierraille !

Vu à l’autopsie
des traces d’amour, d’humour
et de poésie

Je n’ai qu’une vie
chacun me pardonnera
mon inexpérience

Heureux de vieillir
sans avoir jamais trahi
l’enfant que je fus

*

vivrent disent-ils
Titre : Vivre, disent-ils
Auteur : Emmanuelle Le Cam
Illustrateur : Ghislaine Lejard
Editeur : Soc et Foc
ISBN : 978-2-9123360
Année de parution : 2 013
Prix : €12

Un ensemble très silencieux. Illustré en papiers déchirés. Comme nos vies. Comme le temps qui passe et déchire. Les jours. Les nuits. Des poèmes courts. Comme écrits dans les colonnes d’un agenda de poche. De brèves lueurs. De brefs éclats. Comme ces soupirs qui nous tirent parfois de la nostalgie ou de la tristesse pour nous ré arrimer au présent. Qui nous relèvent. Oui vivre c’est un gros travail. Les mots sont les outils de ce drôle de boulot.

 

*

comme en semant Philippe Quintaa
Titre : Comme en semant
Auteur : Philippe Quinta
Illustrateur : Claudine Loquen
Editeur : Soc et Foc
ISBN : 978-2-912360-83-0
Année de parution : 2 013
Prix : €12

Les premiers jours de la vie, les premiers mois… Et des mots, comme des instantanés pour accompagner l’essor de la vie. La lente conquête de l’autonomie, de l’identité. Les mots des parents, des mots d’amour et d’émerveillements.
Le lecteur traverse ainsi ses propres souvenirs de parent. Les images dégagent un silence serein, pareil à celui de l’enfant endormi qui éclaire toute la maison.
Un livre à contempler et à songer.

*

Nager dans les marges Luce GuilbaudTitre : Naviguer dans les marges
Auteur : Luce Guilbaud
Illustrateur : Maïté Laboudigue
Editeur : Soc et Foc
ISBN : 978-2-912360-82-3
Année de parution : 2 013
Prix : €12

Dans les marges… Sortir des couloirs de navigation officiels. Quitter les goudrons. Passer de l’autre côté. Juste à côté. Et s’ouvrir au monde. Le monde extérieur, la nature, l’arbre, la feuille… Le vivant ou l’élément ; le petit ou le grand. Et le monde intérieur. Celui des nostalgies, des désirs, des bonheurs et des larmes. Tout cela s’unit et donne un livre de grande légèreté avec sa densité humaine. Un livre de silence que soulignent des illustrations aériennes. Les pages ouvrent de larges espaces où déambuler, rêver avant de revenir au présent, tranquille et serein.

*


Titre : Pommes, conte d’une traversée /Anthropo-Pommes
Auteur : Maria Desmée/Jean Foucault
Photos : Maria Desmée
Editeur : Corps Puce
Année de parution : 2 013
Prix : € 14

Deux livres, tête bêche. Le premier, photos et textes de Maria Desmée. Le second, même photographe mais textes de Jean Foucault.
Le thème : la pomme. Mais la pomme en fin de parcours. Maria Desmée a laissé vieillir quelques pommes et en a observé les lentes transformations. Les photographiant. Une découverte : la beauté se lève aussi dans le pourrissement. Les textes accompagnent ces objets vivants et qui hors contexte gustatif laissent entrevoir de nouveaux univers. La pomme comme planète par exemple ou encore comme source de contemplation.
Un regard autre. L’artiste, qu’il soit photographe ou écrivain, est celui qui permet de voir le monde autrement.

Un livre à mettre en échos avec ceux que Jean a consacré aux pommes de terre et aux betteraves.

Album

la vie juste à côté

Titre : La vie juste à côté
Auteur : Anne Mulpas
Illustrateur : Marjorie Pourchet
Editeur : Sarbacane
ISBN : 978-2_84865-352-5
Année de parution : 2010

Un album délicieusement subversif qui invite au détournement. Voir juste à côté. Sortir des œillères. Quitter les ornières. Histoire de respirer. De vivre. Bien sûr, cette virée dans l’imaginaire  et le détour s’ancre dans le réel. Subtil équilibre.

 

 

Romans

Les effacés

Titre : les effacés
Auteur : Bertrand Puard
Editeur : hachette
ISBN : 978-2-01-20375-8
Année de parution : 2012

Un bon roman qui se lit d’une traite. Des ados. Qui n’ont plus d’existence légale. Qui sont embarqués dans quelque chose qui ressemble à des services secrets. Ambiance. Frisson. Réflexion existentielle. Tout y est pour donner de l’extra vie au lecteur de ces âges-là. C’est bien tourné, on y croit. Au fur et à mesure que les quatre tomes se déroulent l’aventure est de plus en plus en prise avec l’actualité de notre société. Politique, économie, secrets d’état et corruptions… Les Effacés dénoncent tout cela et œuvrent pour que la Vérité apparaisse au grand jour.
Prix polar jeunesse de cognac bien mérité.

 

©Patrick Joquel

Arnaud Cathrine – Je ne retrouve personne – éditions verticales (227 pages – 17,90€).

Arnaud Cathrine – Je ne retrouve personne – éditions verticales (227 pages – 17,90€).RENTREE LITTERAIRE SEPTEMBRE 2013

  • Arnaud CathrineJe ne retrouve personne – éditions verticales (227 pages – 17,90€).

Arnaud Cathrine nous ouvre les portes de cette maison familiale sise à Villerville, sur la côte normande, comme celle de Bénerville pour Sweet home.

Les lieux ne sont-ils pas notre mémoire, comme la photographie de la couverture ?

Dans ce récit construit comme un journal, Aurélien fait défiler son passé, ses amitiés, sa liaison amoureuse. Son autoportrait s’esquisse en filigrane.

Seul dans cette villa, qui a subi les outrages du temps, le narrateur s’égare dans les limbes de sa mémoire. Il convoque des souvenirs éparpillés, qui affluent comme un boomerang. Mais ceux qui dominent ne sont pas les meilleurs. Il revisite son parcours professionnel et le compare à celui de son frère Cyrille ou d’Hervé (son pire ennemi au collège), l’agent immobilier, marié, qui a réussi.

On apprend qu’Aurélien a été missionné par sa famille pour assurer les visites avec l’agent immobilier, la décision étant prise de vendre ce bien, de plus en plus délaissé.

En particulier par Aurèle, qui n’y est pas revenu dans ce « lieu funeste » depuis 5 ans.

Le narrateur s’arrête sur les événements de 2007, son année « horribilis ».

Il en vient à se demander ce qu’il fait là, sinon attendre et « déposer son bilan ».

Très vite, on comprend qu’Aurélien, l’écrivain comme l’auteur, a été écartelé entre aimer ou écrire. Son choix fut de « sacrifier tout à l’écriture ». Ce qu’il revendique, c’est la paternité de ses romans et assume son refus d’enfant. Un enfant, n’est-ce pas, comme l’affirme Serge Joncour dans L’amour sans le faire, « une manière de s’inventer une suite, de se construire un avenir, en dehors de quoi il ne reste plus rien d’un couple, sinon des murs parfois ». Se retrouver dans cette maison qui a abrité son amour pour Junon plonge Aurélien dans un douloureux maelström.

Un mystère entoure Benoît, l’absent, qui fut la figure centrale d’un précédent livre du romancier. Ce qui soulève la question suivante : Peut-on piller la vie des autres ?

La révélation de Myriam, l’épouse du disparu nous éclaire sur le mal être qu’Aurèle éprouve en apprenant la fin tragique de Benoît. Elle nous livre la voix de l’absent qui n’a pas pu dire l’indicible : dire à Aurélien qu’il l’aimait. Un choc pour Aurèle.

Comme dans le roman Sweet home, Arnaud Cathrine fait sien le territoire de l’enfance et de l’adolescence, soulignant ce ballet d’alliances ou de rejets, ourdi par ses semblables. Il explore des thèmes récurrents : la perte et comment vivre avec nos fantômes, l’impossibilité d’aimer, les secrets enfouis (homosexualité), la solitude, le silence. Non seulement l’auteur autopsie les relations familiales, les rivalités (« dictature fraternelle », la « banqueroute sentimentale » des deux frères, mais il analyse aussi les liens privilégiés entre éditeur/auteur et lecteur/auteur. Il développe également un patchwork de réflexions autour du statut d’écrivain : traces laissées, notoriété, la confiance à lui accorder. Peut-on tout raconter à un écrivain ?

Comment ne pas être blessé dans son amour propre de ne pas avoir la reconnaissance de ses proches ? Mais combien gratifiante est celle d’une lectrice inconnue ? La preuve que « cette foutue incapacité à s’engager autrement que dans l’écriture » porte ses fruits. Évacuer ses blessures en les transformant en fiction est une forme de catharsis.

D’où les romans à la veine autobiographique cités : Sans elle et le Provincial.

Autre étrange coïncidence : le même destin tragique pour Benoît et Benjamin Lorca.

Parmi les références littéraires, on retrouve Duras, Calet et Perros.

Le ton du récit est véhiculé par une accumulation de mots liés à la mélancolie, « compagne attitrée » du narrateur, traversé par le cafard, la tristesse, cette solitude « faite pour durer » qui va le conduire à « l’isolement pur et simple ». L’écriture se met au diapason de cette vague de nostalgie. Plus l’écriture se fait intime, plus elle devient universelle. L’écriture pour le protagoniste devient un exorcisme, une façon de lutter contre l’oubli et l’absence. Une écriture féminine, pour Mado, cette « vieille subversive » qui lui reproche l’aspect sombre de ses romans. Arnaud Cathrine y déploie toujours cette même sensibilité et délicatesse, cette même pudeur dans la peinture des sentiments (désir refoulé) tout en sondant les fragilités de chacun, leurs blessures passées de se savoir « indésirable, indésiré » ou en soulignant leurs contradictions. Sentiment étrange pour Aurèle de « se sentir d’ici » dans son village natal et de « n’y retrouver personne ». Expression empruntée à Jean-Luc Lagarce.

Le romancier confirme son talent de portraitiste. On croise Aurélien, qui traîne « un alliage indécis », à l’allure juvénile, un « corps trop long, trop maigre ». Lui, le père : «Jamais d’affect visible ». Elle, la mère : « style Chanel sobre et chic ». Mado : « la mondaine ». Junon : « élégante », « un âge lumineux ». Benoît : « l’insondable ». Irène : « Deux fossettes soulignées. Et une voix grave, légèrement voilée ».

Des éclaircies viennent percer ce roman au ton grave. D’abord, grâce à Michelle, la fille de Junon, « l’enfant que je n’ai pas eu », confessera Aurèle. Elle irradie par sa candeur, son innocence et apporte sa touche solaire. Arnaud Cathrine livre des scènes débordantes de tendresse pendant la garde de sa « princesse », devenue pour lui « un divertissement précieux », celle qu’il drape d’un amour gratuit. Alors que cet amour sabordé pour Junon s’est mué « en une amitié particulière ». Michelle témoin de cette overdose émotionnelle qui imbibe « les yeux secs » du narrateur.

L’autre lumière provient d’Irène que le narrateur croisa dans un bar. Elle a su tatouer l’esprit du narrateur, en reconnaissant l’écrivain qu’elle lit. Telle une psychologue, elle a perçu la faille d’Aurèle et réussit à faire vibrer son cœur. Un voile pudique recouvre leur futur que l’auteur a préféré laisser à l’imagination du lecteur.

Arnaud Cathrine a choisi pour cœur de ce roman le thème de la famille, celle dont on hérite et celle que l’on se construit. Cette fois il a atteint le but auquel il aspirait : écrire « le livre impossible ». Si le roman ne fait pas rire, comme le souhaiterait Mado, il est suffisamment puissant pour susciter sympathie, compassion et pour toucher la corde sensible du lecteur et laisser son empreinte.

©Chronique de Nadine Doyen

Alecos Fassianos et André Gide, « Omphale », Fata Morgana, 2013, 12 pages.

 

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  • Alecos Fassianos et André Gide, « Omphale », Fata Morgana, 2013, 12 pages.

A travers la poésie en prose de son « Thésée » André Gide est parvenu à ressusciter Hercule et son amour pour Omphale. Le désir et la sensualité sont au centre de ce court texte. Ayant accompli ses travaux, Héraclès répudia sa femme Mégare et se mit à la recherche d’une nouvelle compagne. Après de nombreuses péripéties, il fut emmené en Asie par Hermès et vendu pour presque rien à la reine de Lydie Omphale. Durant trois ans d’esclavage, Héraclès se plie aux exigences militaires comme aux étranges fantasmes d’Omphale. Elle l’oblige à se travestir en femme et lui apprend à filer la laine. Inversant les rôles, elle revêt la peau de lion du héros et s’arme de sa massue dans un ambigu jeu de rôle de dominant et dominé.

Dans cette légende, porteuse d’un érotique où s’échange sa répartition traditionnelle des pouvoirs, Gide était – on s’en doute – à son aise. Il sut trouver la toute puissance du Verbe pour sinon dominer du moins enrubanné les possibilités de vertiges d’un lien sans mesure et de la Beauté idolâtrée à laquelle rien ni personne ne résiste. Les deux amants retrouvent toujours une fierté dans la nuque. Ils semblent ignorer ce que le mot « frustration » peut bien vouloir signifier. Parfois un rire traverse les corps offerts en rafales. Il devient un projectile se localisant allusivement vers le sexe.

Rien ne pourra dépasser ce rire que Fassianos reprend à son compte. Rien de plus vraisemblable aussi. C’est déjà la référence absolue en tant que déclencheur du plaisir et de ses incartades grecques. Héraclès pourrait se contenter de jouer les victimes consentantes mais il a mieux à faire : il sacrifie tout au désir au sein d’un transfuge qui s’avère miraculeux. Le spectre de la contrefaçon pourrait la déstabiliser. Mais il n’en est rien. Au contraire. Le jeu de l’amour peut se satisfaire de flottements scabreux. Il n’en trouve que plus de piment.

Avec Fassianos et Gide, la sexualité se retourne comme un gant. L’ensemble des signes manifestes des deux œuvres ne fait que renforcer leur propriété « réversible ». Et il s’agit de laisser tomber toute forme de repentir causal dans cette fabrique d’êtres doubles et ambigus, poètes et violents, incestueux, transsexuels, lesbiens mais en rien suicidaires. Seule finalement la beauté a droit de cité. En son nom la perfection charnelle est souveraine. L’esclave possède le maître, la naine chevauche le géant. Jamais d’angoisse, seulement la surprise de l’innommable, jamais de suspense, seulement la sauvagerie du fait accompli. C’est un monde parfaitement lisse où le mode d’échange où tout s’avère impossible devient le plus évident et accommodable à l’infini. Le temps perdu remonte faire des pieds-de-nez à la soumission. Et soudain cette échangisme du genre à un nom : c’est l’existence.

Il est vrai qu’en l’époque où se situe le mythe la notion de péché n’avait pas encore été inventé. Ou si peu. Mais ici le texte de Gide passe au second plan, il est comme occulté par les dessins de Fassianos. Ses œuvres semblent influencées par Pablo Picasso, Jean Cocteau. On décèle aussi les influences d’André Masson. Autant robustes et sensuels que fins et élégants ces dessins sont à la fois profonds et graves mais tout autant jouissifs. Et l’artiste ne se prive pas de ce jeu de proie et d’ombre mis au sein d’une clarté éclatante.

Rien de vulgaire ou d’obscène cependant. Tout est de l’ordre du charme pour souligner des écarts suggérés en souplesse ainsi que des fantasmes d’attente toujours saisis au moment où ils sont sur le point d’être réalisés. L’amour devient pour les deux protagonistes le drôle désir de succomber (d’une petite mort) en se trompant de cible. C’est une dynamo étrange et surtout lascive. Mais juste ce qu’il faut. Ça a un nom : c’est l’existence.

©Chronique de Jean-Paul Gavard-Perret

Les heureux

Avatar de Xavier BordesXavier Bordes

 

Les heureux

.

 

Que feraient de poèmes les peuples heureux !

Pour eux l’aube ne traîne pas de linceul sur le

le cadavre cyanosé des montagnes La cloche obstinée

n’est pas pesante comme un glas lorsque au soir

la procession des arbres s’achemine au long des routes

pour suivre la nuit en ses fins voiles de veuve

lorsqu’elle va sous une voûte aux mille cierges

assister en pleurant à l’enterrement solennel du soleil

.

Les heureux ! Ils n’ont pas besoin d’apprivoiser leur vie

Autour d’eux les sentiers ne sont jamais barrés de ronces

Quelle orientation qu’ils choisissent le nord s’y rallie

Le vent pour eux est alizé – toujours dans le bon sens

Il ne rebrousse pas mais glisse en caresses d’argent

sur les arbres fourchus dont les feuilles – ces Danaés –

tendent les mains vers les cieux d’où pleuvent

mille pétales de lumière tout au…

Voir l’article original 83 mots de plus

Traversées a reçu

10/09/2013

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

◊ Baudelaire entre Aube et Crépuscule,  Alice Machado,

Lanore (François-Xavier Sorlot, éditeur, 6, rue de Vaugirard

à F-75006 Paris), collection Littératures, 222 pages ; 15€ ;

2009; contact@editionslanore.com;

http://www.fernand-lanore.com.

oPar son œuvre novatrice et provocante, voulant

transcender le mal, Charles Baudelaire semble incarner

à lui seul la modernité littéraire, dans le constant désir

d’ouvrir des voies nouvelles.

◊ Le blason de l’éditeur,  Paul Serval, Azimuts asbl, Cité

Nicolas Dprez, 61 à B-4040 Herstal ; 120 pages ; 11€ ;

2013.

o André Gide a donné pour sous-titre à son roman « Les

caves du Vatican » : sotie de la vie moderne.

Au Moyen  Âge, la sotie était une farce. Le présent

ouvrage est une sotie de la vie littéraire et médiatique.

L’auteur a le brillant et le pointu d’un couteau. Il fait

mal au bon endroit. On n’ose dire qu’on en voudrait

plus, tant on sent que, chez lui, la qualité de prose va

avec la rareté.

Paul Serval est le pseudonyme d’un auteur confirmé,

membre de l’Association des Ecrivains belges, et fin

observateur de la comédie humaine

◊ Boréale, Valérie Canat de Chizy, poèmes, Encres Vives (2,

allée des Allobroges à F-31770 Colomiers), collection Encres

Blanches, 16 pages A4 ; 6,10€ ; 2013.

◊ L’éveilleur de mots, Stephen Blanchard, poèmes, France

libris, 48 pages.

oStephen Blanchard est né à Thiès (Sénégal) le 2

décembre 1952. il est le président-fondateur depuis

1974 de l’association « les poètes de l’amitié – poètes

sans frontières » (marque déposée) qui publie la revue

de création littéraire et artistique Florilège sous l’égide

d’un comité de lecture dirigé par Jean-Michel Lévenard.

Fondateur des Rencontres poétiques de Bourgogne en

1990, du Prix de l’Edition de la Ville de Dijon en 2001, il

crée entre autres « l’Union Nationale pour l’Information

des Auteurs et Concouristes » en 1991, puis en 1994,

l’association « de la poésie contemporaine française ».

membre du syndicat des journalistes et écrivains à

Paris, il collabore en tant que délégué départemental

de la Côte d’Or à la revue « Indépendante » fondée par

Georges Sand en 1841…

◊ Faibluss, Jeanpyer Poëls, poèmes, La Porte, 2013.

◊ La Femme abandonnée,  Honoré de Balzac, nouvelle,

éditions de l’Herne (22, rue Mazarine à F-75006 Paris ;

lherne@lherne.comhttp://www.lherne.com; lherne.blogspot.com,

89 pages, format 13,5 X 21 cm, 7€, 2013.

o La Femme abandonnée  est une nouvelle d’Honoré de

Balzac, parue en 1832 dans la Revue de Paris, publiée

en volume en 1833 dans le tome II des  Scènes de la

vie de province  des  Etudes de mœurs  aux éditions

de Madame Béchet. Rééditée en 1842 aux éditions

Furne avec une dédicace à la duchesse d’Abrantès.

Elle figure alors dans  Scènes de la vie privée. La

vicomtesse de Beauséant, abandonnée par le marquis

d’Ajuda Pinto après une aventure malheureuse, s’est

réfugiée dans son château en Basse-Normandie. Elle

y vit en solitaire, recluse. Ce personnage fait partie de

la  Comédie humaine : Madame de Beauséant y est la

référence parisienne, tenant un salon très réputé. Elle

est également parente de Rastignace, qu’elle initie aux

subtilités de la vie mondaine dans la capitale.

oMadame la vicomtesse de Beuséant était blonde,

blanche comme une blonde, et avait les yeux bruns. Elle

présentait noblement son front, un front d’ange déchu

qui s’enorgueillit de sa faute et ne veut point de pardon.

Ses cheveux, abondants et tressés en hauteur audessus de deux bandeaux qui décrivaient sur ce front

de larges courbes, ajoutaient encore à la majesté de sa

tête. L’imagination retrouvait, dans les spirales de cette

chevelure dorée, la couronne ducale de Bourgogne ; et,

dans les yeux brillants de cette grande dame, tout le

courage de sa maison ; le courage d’une femme forte

seulement pour repousser le mépris ou l’audace, mais

pleine de tendresse pour les sentiments doux.

o Honoré de Balzac (1977-1850) : a été tour à tour

dramaturge, journaliste et écrivain. Considéré comme

l’une des figures majeures du monde des lettres

françaises, il est le créateur du roman réaliste moderne

et a conçu dès 1833 le grand cycle de la  Comédie

humaine. Il laissera à sa mort l’une des plus grandes

œuvres de la littérature mondiale. « Il entre le même

jour dans la gloire et dans le tombeau », dira Victor

Hugo dans l’éloge funèbre qu’il prononça au cimetière

Père-Lachaise.

◊ Lettre à nu,  Sylviane Werner, poèmes, avec 6 encres

originales de Pierre Midena, Les Solicendristes (www.soleilset-cendre.org),

◊ La paix du ménage,  Honoré de Balzac, roman, éditions

de l’Herne, 80 pages, format 13,5 X 21 cm, 2013, 7€.

o Le bal est donné chez le comte de Gondreville avec un

étalage de luxe au milieu duquel une inconnue en robe

bleue, discrète et timide, tranche avec l’arrogance et

la frénésie du paraître qui règne dans ce lieu. Intrigués

par cette jolie personne, le comte de Montcornet et

le baron de la Roche-Hugon se livrent à un jeu de

pari : lequel des deux réussira à la séduire, elle qui est

précisément la femme du comte de Soulanges. Des

intrigues amoureuses se nouent par ailleurs, se défont

ici, se renouent là. La paix du ménage est initialement

paru en 1830 chez Mame et Delaunay-Vallée, dans

Scènes de la vie privée. Ce roman court, dense, vif et

incisif, est construit comme une pièce de théâtre sur

l’unité de temps : une heure, l’unité de lieu : un bal.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire,

il ne s’agit en rien d’un roman bourgeois, mais d’une

peinture étincelante de la vie mondaine sous l’Empire.

o « Montcornet était là comme le roi de la fête, il trouvait

jeu, la danse, la coquetterie, les intérêts, les malices

dans ce tableau mouvant une vue complète du monde,

et il en riait en recueillant les sourires intéressés de cent

femmes brillantes et parées ; un colonel de la garde

impériale, poste qui comportait le grade de général

de brigade, était certes un des plus beaux partis de

l’armée. Il était minuit environ. Les conversations, le

et les projets, tout arrivait à ce degré de chaleur qui

arrache à un jeune homme cette exclamation : le beau

bal ! »

◊ Poussières,  Laurent Bayssière, poèmes, Interventions à

haute voix, 2013, 51 pages.

o Ouvrir sa vie au monde.

Laisser sa chaleur diffuse pénétrer en soi, et aller vers

elle, démuni, en toute humilité.

Traversées. Brûlures. Des mots crépitent. Au foyer du

poème :

poussières. Éphémères.

Quelles traces d’humanité aux tables de la bonté ?

◊ Quadrille magico-poétique,  Serge Torri, préface et 4

photographies de Michel Carqué, postface de Paul Sanda,

éditions Rafael de Surtis, F-81170 Cordes sur ciel, 2013, 102

pages.

◊ Les routes de l’Inde,  Mircea Eliade, roman, traduit du

roumain par Alain Paruit, éditions de l’Herne, 2013, 208

pages, 16€.

o Les routes de l’Inde  est un roman d’aventures au

quotidien. Les aventures de l’esprit et de la chair

survenues de 1928 à 1931, à Calcutta, à un jeune

Roumain venu y étudier le sanskrit et la philosophie

indienne. S’il ne néglige pas son travail, il ne dédaigne

pas non plus les plaisirs. Il raconte ses amours et celles

de ses amis, expose des pensées contradictoires avec

une sincérité qui exclut la pudeur. Des notes de journal

telles qu’elles se présentaient alors sous sa plume.

Fruit d’un contact avec l’Inde (1928-1931) et de ses

séjours dans les monastères himalayens, Les routes de

l’Inde est un précieux témoignage sur cet extraordinaire

berceau de la civilisation et de la spiritualité orientales.

Peu d’écrivains européens ont connu comme Eliade

la pensée et la poésie indiennes. Ce livre retrace son

initiation à la civilisation indienne dans son sens le

plus profond. L’évocation de la femme indienne et ses

entretiens avec Tagore transmettent ses sensations les

plus personnelles.

o Si je pouvais trouver un sens à mon existence présente

j’attends qu’elle se révèle à moi désormais), ce serait

(car ma véritable existence, dont je connais le sens,

vraisemblablement celui-ci : consumer furieusement

mon passé, les parties de mon passé que je sens encore

étrangères, détachées, toxiques, dans mon âme. Je

dois affûter mon attention, la rendre assez robuste pour

qu’elle puisse se nourrir et se délecter de vulgarité.

Je dois dégourdir mon intelligence, trop accoutumée

aux symboles, aux emblèmes. Ne plus mépriser le

quotidien, le concret, l’insignifiant. Je ne sais pas très

bien ce que je veux dire, mais je sens que j’ai raison,

totalement raison. Et cela me suffit.

oMircea Eliade (1907-1986) : historien des religions,

mythologue, philosophe et romancier roumain,

considéré comme l’un des fondateurs de l’histoire

moderne des religions. Au centre de l’expérience

religieuse de l’homme, Eliade situe la notion

du « Sacré ». Sa formation d’historien et de philosophe

l’a amené à étudier les mythes, les rêves, les visions,

le mysticisme et l’extase. Auteur prolifique, il cherche à

trouver une synthèse dans les thèmes qu’ila borde.

oJ’assiste aux sacrifices funéraires faits pour le

détachement et la paix de l’âme de la mère de D… Il

s’est rasé – pas seulement la figure, mais aussi le crâne

– pour la première fois depuis le décès, survenu il y a

quatorze jours. A présent, il ressemble encore plus à

une grenouille. Il est vêtu d’un dhotĩ ordinaire, comme

un paysan. Il m’a obligé à en mettre un aussi, mais

en soie. Je marche pieds nus dans la maison, ce qui

m’aide à rêver, à imaginer que je suis qui je voudrais et

comme je voudrais. Je me réfugie par moments dans la

bibliothèque, où je peux rester seul et d’où je le regarde

dehors à travers les fenêtres grillagées, avec le désir

fou de ne plus jamais m’évader. Ce qui me ravit tout

particulièrement, ce sont les jeunes filles et les femmes

que je commence à voir de plus près et à connaître.

◊ Talisman, Valérie Canat de Chizy, poésie, L’Harmattan, 5-

7, rue de l’Ecole-Polytechnique à F-75005 Paris, 60 pages ;

2013 ; 12€.

o Indiens d’Amérique du Sud ou d’Amérique du Nord,

Dogons, Roms… autant d’évocations de peuples dont

la richesse demeure dans la préservation de leur

identité profonde. De ces hommes, la poète puise

une vibration, lance une passerelle en un dialogue

imaginaire, comme celui qui s’établit avec les morts,

dans la tradition chamanique. Être ici, parfois dans le

froid d’un manque de chaleur, et pouvoir se relier à

d’autres présences, plus lointaines, en marge de notre

monde occidentalisé, n’est-ce pas la capacité, par un

état de vacuité intérieure, à être à l’écoute des signaux

dont notre corps et notre esprit sont les rédempteurs ?

La poésie participe de cette forme d’attention aux

messages de l’invisible. Le poème est ici épuré,

presque « nu », dans le souci d’être au plus près de

la juste perception, de la juste présence. Comme

ces Indiens dont la peau luit au soleil, vibrant aux

manifestations de la nature.

Valérie Canat de Chizy est née en 1974. Elle est

bibliothécaire à Lyon. Depuis 2006, elle a publié une

dizaine de recueils de poèmes et un récit.

◊Trois élégies,  Jacques Demaude, avec dix-huit

compositions de Jeanne-Marie Zele, Orbes, 42/10, avenue

Georges Henri, 1200 Bruxelles.

◊ Voyages encrés suivi de Les chemins contrariés, Patrick

Navaï, poésie et encres, Carnets-Livres, 2011.  http://

carnets-livres.over-blog.net ; carnetslivres@gmail.com

o Dans Les Chemins contrariés, j’ai fait appel à l’acrylique

ainsi qu’à quelques gouttes d’huile. J’ai pu ainsi faire

surgir les formes du désarroi, désarroi qui a porté une

ombre à ma vie de migrant.

Dans  Voyages encrés, c’est l’encre qui coule, ou

plutôt les encres. Le fond est à base d’aquarelle ou de

gouache. Muni d’un petit gris, j’ai fixé de nombreux

navires.

Les revues suivantes :

o L’aède n°34, printemps 2013, 12 pages A5

Bulletin à périodicité variable

Union des Poètes francophones

Centre social et culturel, Mairie à F-84110 Puyméras

http://upfpoesie.blogspace.fr

http://pagesperso-orange.fr/upfr

(Chris BERNARD)

o Les Amis de l’Ardenne n°38, décembre 2012, 100 pages.

Carte blanche aux plumes de l’Ardenne et de la Champagne

10, rue André Dhôtel

à F-08130 ST-LAMBERT-ET-MONT-DE-JEUX

montdejeux@gmail.com

http://www.lesamisdelardenne.com

(Frédéric CHEF)

o Bleu d’encre n°29, 58 pages A5, été 2013

Revue littéraire en Haute-Meuse

43, rue d’Anseremme a B-5500 Dinant

Rencontre avec Anne Mounic

(Claude DONNAY)

o Le carnet et les instants n°177,

du 1er

Dossier : Benoît Jacques

Portrait : Yves Namur

Mes éditeurs et moi : Jean-Luc Outers

Hommage : Dominique Rolin

Lettres belges de langue française, bimestriel

Bd Léopold II, 44 à B-1080 BRUXELLES

carnet.instants@cfwb.be

(Laurent MOOSEN)

o Comme en poésie n°54, juin 2013, 84 pages A5

Revue trimestrielle de poésie

La poésie dans tous ses états

2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR

j.lesieur@orange.fr

http://perso.orange.fr/jean-pierre.lesieur

(Jean-Pierre LESIEUR)

o Coup de soleil n°87/88, mars 2013, np A5, 7€

Poésie et art

Spécial Jean-Vincent Verdonnet : dossier de Gérard Paris

Maison de la poésie, 12, avenue de Trésum à F-74000

ANNECY

(Michel DUNAND)

o L’écritoire de Bousserez n°81, juin 2013, np A4

L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant

écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

Les réserves naturelles

91, rue de Bousserez à B-6769 SOMMETHONNE

irene.jacques@live.be

juin au 30 septembre 2013, 92p. 23 X 21

(Irène JACQUES)

o Fermentations, … dans le mouvement du monde ! n°2,

avril 2013, 24 p.A4

3, impasse du Poirier à F-39700 Rochefort-sur-Nenon

pagesinsulaires@orange.fr

(Jean-Michel BONGIRAUD)

o Lecture et tradition n°25, mai 2013, 32p.A5

Bulletin littéraire contrerévolutionnaire

Doctrines philosophiques et systèmes politiques

Hommage à Louis Jugnet (1913-1973)

• 26, juin 2013, 32p. A5

Philippe de Villiers : le roman de Charrette…

• n°27-28, juillet-août 2013, 32p. A5

Entretien avec Joëlle d’Abbadie

BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

http://www.lecture-et-tradition.info

sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

o Lectures françaises n°673, mai 2013, 64 pages A5

Revue mensuelle de la politique française

Dans quels tourbillons sommes-nous tombés ! …

• n°674, juin 2013

• n°675, juillet-août 2013

Les dessous politiques de la Manif pour tous, par Pascal

Gannat

La crémation : quelques aspects et rappel de la position de

l’Eglise, par Luc Perrel

BP 1 à F-CHIRE-EN-MONTREUIL

sadpf.chire@gmail.com

http://www.lectures-francaises.info

(Jean AUGUY)

o Libelle n°244, avril 2013, 6 pages A5 – Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

pradesmi@wanadoo.fr

http://www.myspace.com/michelprades

(Michel PRADES)

o Microbe n°77, mai-juin 2013, 24 pages A6

La revue si petite et si légère qu’elle pourrait un jour

décoller…

Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES

ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

o Plumes et pinceaux n°122, juin 2013, 44 pages A5

Arts et poésie

Rue du Temple 39 à B-7331 BAUDOUR

franz.nelly@skynet.be

(Nelly HOSTELAERT)

o Poésie sur Seine n°83, juillet 2013, 114p. A5

Revue trimestrielle d’actualité poétique

Prix de la Presse poétique 2000 décerné par la Société des

Poètes Français

« Le ciel »

Jean-Louis Bernard

Jean Joubert

Jacques Simonomis

13, Place Charles de Gaulle à F-92210 SAINT-CLOUD

http://www.poesie-sur-seine.com

(Pascal DUPUY)

o Portique n°90, avril à juin 2013, 56 pages A5

Revue de création poétique, littéraire et artistique

Mairie à F-84110 Puyméras

http://portique.jimdo.com

http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

o Revue indépendante n°338, juillet à septembre 2013,

54 pages 15X24

Résidence B, 24, rue Saint-Fargeau à F-75020 PARIS

sje_ri@yahoo.fr

(Jeannine-Julienne BRAQUIER)