Décerné par l’Association des Écrivains belges de Langue française alternativement à un roman, un recueil de contes ou nouvelles et un recueil de poèmes, le prix Emma Martin 2013 a été décerné à Gérard Adam pour son recueil de nouvelles « De l’existence de dieu(x) dans le tram 56 ».

Mois: septembre 2013
Chemin de feu, peintures de Glef (Geneviève) Roch et poèmes de Bernard Grasset, avant-propos de Bernard Grasset, Le Lavoir Saint-Martin, 2013, 87 pages.
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Chemin de feu, peintures de Glef (Geneviève) Roch et poèmes de Bernard Grasset, avant-propos de Bernard Grasset, Le Lavoir Saint-Martin, 2013, 87 pages.

Geneviève Roch, après un parcours professionnel dans l’enseignement, se consacre désormais pleinement à la peinture et à l’écriture. Glef est son pseudo pour la face peintre. Bernard Grasset, quant à lui, est poète, traducteur et philosophe. Chemin de feu concrétise la rencontre improbable entre ces deux artistes. Qui a commencé ? Geneviève voulait « réaliser avec un(e) poète un livre »1 et « y voyait l’occasion qu’un langage poétique donne une traduction créatrice de son univers pictural ». Il faut dire que le pari est réussi ! « Les poèmes se sont… écrits, toujours sur le fond d’un dialogue, d’un acquiescement, dans le souci d’être fidèle à la force picturale des tableaux choisis. » En parcourant ce livre, j’ai aussitôt pensé au peintre Arcabas, que mon épouse et moi avons récemment redécouvert en Chartreuse. Arcabas est reconnu comme LE peintre sacré par excellence. Avec Glef, certaines de ses peintures Pieta (GR, page 26), puis plus loin Ascension ; Terre d’Israël-Terre brûlante ; Procession …nous la rapprochent de cet art dit sacré. Mais Geneviève Roch va aussi vers d’autres… chemins où la souffrance et l’ombre mais aussi la joie, le bonheur et la lumière peuvent être au bout.
Chemin de feu est un objet d’art, un livre qu’il est agréable de tenir en mains, chaque page de gauche étant illustrée par une peinture et chaque page de droite par un poème en vis-à-vis. A chacun de lire à sa guise, selon qu’on se sente d’abord plasticien ou poète. Enfin, cela importe-t-il ? Chacun peut aussi piocher à sa guise et revenir sur un détail de ces tableaux peints à l’huile ou sur quelques mots couchés sur papier. Les peintures de Glef Roch sont très profondes et les titres évocateurs. Chacun de nous bien sûr a sa vision des choses, du monde et peut interpréter différemment ce qu’il voit, comme une adaptation d’un roman au cinéma ou l’inverse peut déranger ou sembler tout autre que ce que soi-même avait perçu. Ici, une osmose véritable s’est créée entre les deux acteurs de cet ouvrage. Les mots et les tableaux se complètent tant et si bien qu’on pourrait les croire issus d’une même sensibilité, d’un seul et unique créateur. Le poète semble avoir vraiment bien perçu toutes les nuances que le peintre a projeté dans sa peinture. Pourquoi chemin ? Parce qu’en chemin, on finit toujours par rencontrer quelqu’un, de ceux qu’on ignore mais aussi de ceux qui aident à ce que son propre parcours ne soit pas inutile mais enrichissant. Ce chemin c’est aussi non seulement celui de la rencontre mais aussi du partage de deux êtres qui savent ce que c’est que de lutter et de souffrir mais aussi simplement d’exister. Vivre était un rêve d’enfance (BG, page 17). Nous sommes rien et nous sommes tout (BG, page 21).
Faut-il voguer sans fin (BG, page 67) et quitter les pensées ordinaires (BG, page 75) pour atteindre l’inaccessible bonheur ? Le peintre Glef Roch et le poète Bernard Grasset ne nous donnent pas de réponse. En existe-t-il ? Chacun construit son chemin. Qu’il soit Chemin de feu permet de ne pas perdre courage, d’aller vers un ailleurs plus prometteur ! Espérer et croire qu’au bout du voyage nous pouvons atteindre les étoiles. Le chemin à parcourir, pour chacun de nous, doit pouvoir nous mener de la nuit silencieuse à l’étincelante aurore. » (BG, 4ème de couverture)
©Patrice BRENO – septembre 2013
1 Les textes entre parenthèses sont extraits de l’avant-propos signé Bernard Grasset.
Le guetteur halluciné de Geneviève Roch, éditions du Lavoir Saint-Martin, 2012
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Le guetteur halluciné de Geneviève Roch, éditions du Lavoir Saint-Martin, 2012
«Cicero dit que Philosopher ce n’est autre chose que s’aprester à la mort. C’est d’autant que l’estude et la contemplation retirent aucunement nostre ame hors de nous, et l’embesongnent à part du corps, qui est quelque aprentissage et ressemblance de la mort ; ou bien, c’est que toute la sagesse et discours du monde se resoult en fin à ce point, de nous apprendre à ne craindre point à mourir. De vray, ou la raison se mocque, ou elle ne doit viser qu’à nostre contentement, et tout son travail, tendre en somme à nous faire bien vivre, et à nostre aise, comme dict la Sainte Escriture. Toutes les opinions du monde en sont là, que le plaisir est nostre but, quoy qu’elles en prennent divers moyens ; autrement, on les chasseroit d’arrivée, car qui escouteroit celuy qui pour sa fin establiroit nostre peine et mesaise ?».
Montaigne, Essais, I, 20.
En littérature, le deuil est une affaire entendue : on meurt en laissant des personnages désemparés, ou alors la mort arrange tout le monde. Il y a des personnages qui prennent leur temps pour mourir, comme la grand-mère proustienne qui reçoit la maladie par petites touches de refroidissement, ou comme Adélaïde Fouque, la souche increvable des Rougon-Macquart, qui traverse l’histoire de la famille avec la hauteur de vue d’une gargouille. Les morts durs à cuire désencombrent ceux qui restent ; enfin ils peuvent exister à leur tour ! À l’inverse, des personnages sont précipités dans la mort; ils meurent sans agonie de vieillesse, souvent avec violence, puis de lentes négociations affectives s’engagent. Certains des survivants s’organisent dans le deuil, d’autres sont informés d’une décroissance de l’affliction à des dates très ultérieures, parce qu’ils ont de la difficulté à citer leurs cadavres. Dans le cas des retardataires du deuil, la littérature accouche de romans en sourdine, aux turbulences discrètes, écrits dans un tempo de funérailles, longs à mettre les mots au bon endroit.
Le guetteur halluciné de Geneviève Roch, publié par les éditions du Lavoir Saint-Martin en 2012, essaie de jouer la montre avant de s’exprimer en termes de «deuil» (p. 43). Il n’en répond que mieux à son sujet : la convalescence spirituelle d’un artiste peintre et d’un écrivain, qui, en perdant sa femme Mona à la suite d’une maladie, a aussi bien perdu la parole de l’auteur que l’éclat du créateur, lorsqu’il vivait dans l’époque «des mots et de la couleur» (p. 13). Saucissonné dans sa crypte mentale, ce personnage que l’on suit en deuxième personne du singulier, comme le détenteur d’un «Tu dois» qui s’adresse un impératif catégorique du calvaire, va se mettre en position d’attente. En convoquant la patience de la solitude et le souvenir de sa femme, il fait un vœu d’espérance autant qu’un sermon de terreur, car ses exercices de déréliction ne déboucheront peut-être sur rien, sinon sur une imprécision qui ne sera pas forcément la bienvenue (pp. 136-7).
Les effets concrets de cette expectative, laquelle n’envisage rien d’autre que la résurrection de la disparue, introduisent au problème de «l’injonction du dire» (p. 16), puisqu’il ne se passe pas un silence ou un néant sans que ne s’immisce le quelque chose plutôt que le rien. Ceux qui se ferment au quelque chose s’ouvrent à la mort volontaire, mais ce n’est pas le propos de cet endeuillé. Il a paradoxalement choisi la nolonté, donc il n’arriverait guère qu’à saboter son suicide. En revanche, étant donné qu’il est submergé par un capital d’expressions pathétiques, il poursuit la désagrégation de sa volonté en mimant l’enterrement, habitant son appartement comme la dépouille son cercueil. S’estimant «étranger aux épaisseurs du monde» (p. 20), il apparaît corrompu à toute forme de vivacité, criblé de pesanteur et d’empêchement d’être, anti-cinétique à souhait (pp. 31-2). Ce repli favorise l’aigreur envers un monde d’abondance tenu par des langages de troupeau. On ne compte plus les blâmes de l’Ancien contre les Modernes, ils courent un peu partout dans le livre, et parfois ils se contentent du truisme, lorsque la léthargie de cette vie désolante ne permet plus un mot d’esprit. À rebrousse-poil de l’excitation et de la frivolité mondaines, à contre-pied du tout-Paris puisque cet homme affligé est parisien, G. Roch écrit d’abord un mouvement malade, une durée de nonchalance qui donne à ce paysage une ambiance de «montres molles» où persiste une mémoire qui a pris le deuil à l’envers. Ne voulant rien sinon la mort du troupeau en échange de sa femme (et c’est déjà beaucoup !), ce Parisien romanesque se dés-attroupe avant d’halluciner.
Puisque l’hallucination a pour principe de faire advenir des êtres ou des objets qui sont étrangers à la vie courante, les tempéraments hallucinés sont des vecteurs de mondes supérieurs. Avec le sentiment d’être épié par une présence extra-mondaine, le personnage s’initie à une entrée en matière première, pris dans une sorte de frénésie du déplacement puisqu’il n’est plus question de s’attarder dans les coordonnées normales de sa vie momifiée (1). Il prévoit de déménager et cette résurgence d’activité préfigure des retrouvailles, ne serait-ce que le goût de parler, même pour exprimer une accusation (p. 112) (2). Dès qu’il se remettra en selle sur le «surprenant attelage obligé» de l’être et du corps (évoqué p. 46), cet homme connaîtra le demi-deuil après avoir connu une abjecte consternation. La supériorité de ses nouvelles perceptions lui fait quand même apercevoir des perspectives de redressement de soi et de blancheur dans le silence (pp. 172-3). Il doit désormais composer avec la menace d’un excès de clairvoyance, à la suite d’un rêve qui l’instruit des folies consubstantielles de la lucidité (pp. 55-8). Or dans la mesure où le rêve abolit le temps et l’espace tels que nous les pratiquons dans la vie réelle, cet épisode onirique sert de bascule narrative. Dorénavant, l’intrigue ne se joue plus dans le rapport impossible entre une âme morte (Mona) et un survivant (son mari), elle interfère plutôt dans une double relation dramatique et spéculative, entre l’acceptation du personnage devant «le scandale de la mort» (p. 204) et l’éveil d’une conscience aux possibilités d’un méta-monde, qui n’est à proprement parler que le monde esthétique, où l’hallucination peut trouver son symbole, voire son visage découvert.
Mais cette esthétique ne se regagne pas d’un coup d’un seul. Elle exige des confrontations de plus en plus directes avec l’ordinaire, parce que ce serait trop facile d’avoir nié le monde quotidien en se réfugiant dans celui de l’hallucination, trop pratique de prétendre à l’inutilité du premier quand le second n’est au fond qu’un lieu transitoire, comme le rêve est un défouloir précaire au milieu de nos mécanismes psychiques de censure. Parmi les confrontations escomptées, il y a la netteté d’un souvenir pénible, celui du jour où la mort est passée prendre sa femme (pp. 98-9). Cette récognition accentue le processus hallucinatoire. Le fait d’agréger à la conscience un phénomène longtemps bredouillé institue dans l’esprit une disponibilité nouvelle. La présence latente d’un guetteur devient un contenu manifeste (p. 108), et cette impression d’être épié a l’air cette fois de moins gêner le personnage ; au contraire, il commence à pressentir une habileté dans l’acte de participer au vivant. Ceci crée une coïncidence entre le langage continu de la réalité, pourtant décrié à maintes reprises (cf. par exemple pp. 99-101), et le langage discontinu de l’hallucination. Les deux langages pris en simultané corrigent les aberrations du deuil inaugural, quand l’accablement était constant, si régulier qu’il en était devenu grotesque, presque sans motif de ce qu’il fallait pleurer.
On ne s’étonnera donc pas des conversations absurdes que ce veuf sera capable de tenir avec un agent immobilier (pp. 121 et suivantes), ni de ce que la mort d’un de ses chats soit réduite à une mention à peine utile (p. 149), accompagnée de circonstances atténuantes. Passant au travers de ce qui l’aurait achevé au début de ses tristesses, ces rétablissements signifient l’amorce d’une longue escalade, mais celle-ci doit partir de la base, «à l’affût des seuils» (p. 149). Elle est là, peut-être, cette lucidité véritable qui ne confère pas à la folie, lorsque cet homme de la reprise revient sur ses manies de dés-attroupé, lorsqu’il se livre à un assez inquiétant réquisitoire contre le mouvement (pp. 162-5). C’est que tout ne se règle pas à la même allure que les hallucinations, et ses fragiles ententes d’âme et de corps ne sont pas une garantie à toute épreuve, comme en témoigne son horreur du contact physique malgré la désinvolture de celui-ci (p. 208).
La saturation de non-être qui fut la sienne au moment de sa mise en retrait a impulsé des processus de résistance. Ce qu’il révoque en doute, ce n’est pas tant la rudesse du réel que sa capacité à y revenir. Ce guetteur qu’il a adopté en se faisant lui-même l’espion d’un monde supérieur l’a condamné à s’en séparer, ce qui s’accomplira aussi progressivement que sa compréhension tardive de la mort scandaleuse. Sans cela, il demeurerait dans une espèce d’entre-deux-guerres de la signification, au milieu de mots et de couleurs qui appartiennent à deux mondes qu’on ne peut fréquenter durablement, sous peine de risquer un quotidien hallucinogène. Reste qu’il y parviendra, à la seconde séparation (3), et sans nécessairement convoquer des efforts complexes, en quoi ce roman ne dit jamais plus que ce qu’il est utile de rappeler quand la mort s’est appesantie sur le sort du vivant : le pouvoir d’auto-transcendance de ceux qui croient coûte que coûte à une vie esthétique.
Notes
(1) La première occurrence d’un regard qui surveille est mentionnée en page 49. Elle survient juste après ce constat : «Dès que tu rencontres quelqu’un que tu ne connais pas, tu te demandes quel genre de folie est la sienne» (p. 41).
(2) Ce moment est celui du premier vrai dialogue du livre.
(3) Seconde séparation, absolument : d’abord celle de l’être aimé, ensuite celle de l’être halluciné, qui n’est autre que l’être aimé passé à la représentation du deuil authentique. Vouloir vivre perpétuellement dans le secteur d’une hallucination de ce type, c’est non seulement manquer le devoir de mémoire comme on devrait pouvoir l’entendre, mais c’est aussi, et surtout, manquer les futurs contingents, c’est-à-dire rater la possibilité propre de notre événement.
©Gregory Mion
Traversées n°69 Septembre 2013
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Barnabé LAYE« Par temps de doute et d’immobile silence » – 2013 – Acoria éditions. (71 pages.) Epigraphe de Charles Sauvage.
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Barnabé LAYE« Par temps de doute et d’immobile silence » – 2013 – Acoria éditions. (71 pages.) Epigraphe de Charles Sauvage.
Ce nouveau recueil du poète béninois, Barnabé LAYE, récemment publié aux éditions Acoria, côtoie le réel, mais ouvre également toutes les portes sur l’imaginaire, l’onirisme, l’approche de toutes légendes.
Cet ensemble à la fois mythologique et poétique est la confidence d’une rencontre, mieux d’une véritable entité, communion, passion entre le fleuve et le poète.
Nous célébrons ici le fusionnel !
« Ce soir je viens vers toi fleuve
Baigner dans tes entrailles pour renaître…/… »
Barnabé LAYE pose le regard sur son fleuve le Nil, de la même manière que s’il admirait son semblable, son prochain, tout particulièrement une femme maternelle où l’homme fragilisé par la traversée du désert, des épreuves de la vie, viendrait se ressourcer au bord de ses lèvres et se revitaliser à son énergie.
Nous abordons parfaitement le thème du pèlerinage, du retour aux sources, de la restauration de la mémoire du fleuve, du décryptage du secret de ses eaux amniotiques.
« Je viens vers toi…/…
Pour me noyer au plus profond de ton ventre
Ô Nil »
Pour Barnabé LAYE, c’est toute l’Afrique qui vient se désaltérer et se reposer sur les rêves limoneux du Nil.
L’absence volontaire de ponctuation attribue aux textes un élan supplémentaire de liberté.
Tout comme les oiseaux qui calligraphient le ciel de signes et d’idéogrammes informels.
« Dieu du Savoir et de l’Ecriture
Garde mémoire et parchemin des heures à venir »
Le fleuve transporte encore les millénaires de l’histoire et du destin de l’humanité. Il préserve dans ses eaux le devenir des hommes !
Mais pourquoi l’ont-ils mutilé en sa source, pourquoi l’ont-ils profané ?
Il faut retrouver les ondes primordiales, le souffle mystique des pierres érodées et des colonnes calcinées.
Barnabé LAYE développe ici avec son verbe, son style poétique, sa passion et érudition égyptologique.
Il entretient un authentique dialogue avec le fleuve.
« Que veux-tu me dire fleuve-mère
Laisse-moi le jour pour habiter le message
Découvrir la force et la signification »
Par la révélation du Nil le poète se protège à l’ombre des « dieux ». Mais si le fleuve initie le scribe-poète, il ne lui épargne pas pour autant les épreuves et passages des degrés karmiques.
Il faut prendre le temps de trouver la mesure, la signification du message codé.
Par ce parcours initiatique nous sommes comme je l’ai déjà souligné, bien au cœur même d’une sorte de pèlerinage aux sources, qui n’est pas sans nous rappeler Lanza del Vasto.
Le poète-pèlerin doit retrouver les clés de l’origine. Ankh, la clé de vie, ouvrirait-elle aussi la porte des connaissances ?
Tout au long des siècles, sur les bords du Nil comme ailleurs, nous retrouvons toujours le mépris, l’arrogance des envahisseurs, des profanateurs, vainqueurs aujourd’hui, mais détrônés demain. Et l’histoire recommence !
« Sans égard ni respect sans retenue
L’orgueil de leurs machines à vif dans mon ventre
Creusait un gouffre immense et aveugle »
Profanateurs du fleuve Divin ?
Dans le cas présent les profanateurs sont venus de l’Est, plus précisément de l’Oural pour mutiler stupidement sans en mesurer les conséquences ce joyau aquatique, guidés par de seuls et inacceptables profits.
Ils ont blessé presque à mort le fleuve, qui tôt ou tard reprendra ses droits.
Mais Barnabé LAYE, le scribe-poète, n’en perd pas pour autant le cours de ses rêves qu’il fixe dans les grands granits roses, tout en se laissant glisser jusqu’aux portes du Delta.
Il s’approprie l’identité du fleuve, se confond à ses eaux fertiles.
La musique occupe une place importante dans la poésie de Barnabé LAYE, au sens propre par son rythme, sa cadence d’écriture et au sens figuré par la révélation colorée des métaphores imagées.
« Une musique lointaine caresse le dos de la nuit
Avec des notes tressées sur le ventre des cithares »
Néanmoins, ici je refermerai l’ouvrage afin que vous puissiez mieux le découvrir.
Je vous laisse savourer l’apothéose d’une magnificence : là où le Nil devient femme, une femme féconde.
« On dirait le vent dénudant une odalisque
On dirait …
Une FEMME
Et maintenant va à sa rencontre va !
Une vraie rencontre est un destin. »
©Chronique de Michel Bénard


