Les heureux
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Que feraient de poèmes les peuples heureux !
Pour eux l’aube ne traîne pas de linceul sur le
le cadavre cyanosé des montagnes La cloche obstinée
n’est pas pesante comme un glas lorsque au soir
la procession des arbres s’achemine au long des routes
pour suivre la nuit en ses fins voiles de veuve
lorsqu’elle va sous une voûte aux mille cierges
assister en pleurant à l’enterrement solennel du soleil
.
Les heureux ! Ils n’ont pas besoin d’apprivoiser leur vie
Autour d’eux les sentiers ne sont jamais barrés de ronces
Quelle orientation qu’ils choisissent le nord s’y rallie
Le vent pour eux est alizé – toujours dans le bon sens
Il ne rebrousse pas mais glisse en caresses d’argent
sur les arbres fourchus dont les feuilles – ces Danaés –
tendent les mains vers les cieux d’où pleuvent
mille pétales de lumière tout au…
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