Caroline Sagot-Duvauroux, « Le Livre d’El », Editions Corti, Paris, 160 pages, 18 euros, « Le Buffre », éditions Barre Parallèle, 62 pages, 8 € « BAC / ABC » (avec Pierre-Yves Freund) éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, Laxou, Non paginé.

Sagot

  • Caroline Sagot-Duvauroux, « Le Livre d’El », Editions Corti, Paris, 160 pages, 18 euros, « Le Buffre », éditions Barre Parallèle, 62 pages, 8 € « BAC / ABC » (avec Pierre-Yves Freund) éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, Laxou, Non paginé.

Parce qu’ « il y a des langues qui n’ont pas encore parlé : elles sont femelles, elles sont chiennes. Je dois dire ça, je dois menacer ce qu’il peut y avoir de pouvoir dans une langue. Je dois menacer ce qu’il y a d’injonction, d’ordre intimé dans ma propre langue » Caroline Sagot-Duvauroux s’est engagée dans un chemin de haute lutte contre celle-là. Pour autant son écriture n’est pas restrictivement féministe. C’est une histoire de chair. C’est aussi une histoire de peau : « .La peau est fine, infiniment fine. En-dessous, il y a l’onde, c’est-à-dire rien, rien que ta respiration et l’onde qui revient. Le poème n’est peut-être que dans cet effacement qui remue ». C’est sans doute pourquoi dans son travail aussi savant que primitif elle peut se sentir proche d’un artiste tel que Pierre-Yves Freund. Sa recherche à la fois de l’effacement et de la peau de matière font du peintre comme de l’auteure du « livre d’El » des écorchés au corps profond et comparable à ceux du Causse « avec ses veines, ses avens, ses grottes, ses gouffres « au bout de quoi, une main s’ouvre, vide » écrit la poétesse.

Elle est de celles qui osent face aux hommes qui ont trop souvent peur (à l’exception des quelques Artaud d’un côté et Beckett de l’autre). Chez elle la langue se fait offrande, s’ouvre à toutes les éclosions. On peut parler à la fois – comme chez Juarroz – d’une verticalité de la poésie. Elle jouxte pourtant (et c’est sa force) toutes les tentations de s’étendre de fatigue, de s’allonger au sens où on emploie ce verbe dans les jeux de cartes. Reprenant des perspectives chères à Emily Dickinson et Silvia Plath, celle qui fut tragédienne et qui connaît si bien la langue parfaite de Racine la pousse plus loin vers un autre jouir et un suintement particulier : « Semence qui fait ou non semence. C’est en deçà, en deçà de la langue et ça voudrait faire langue. Quelque chose qui jouit, au sens d’éjaculer » précise la créatrice. Elle revient en conséquence à l’origine et à l’aigu du monde et de la voix. Retour donc à la « génissalité » comme dirait Prigent. Retour aussi au théâtre du souffle et de l’oralité. Bien sûr il y a la trace, l’empreinte, la mémoire mais il y a « la plurielle » homogène du féminin; Chaque poème devient une luciole coulée en blanc dans un bas noir jusqu’à créer une germination de bulbes. Et ce non sans brutalité. Avec Caroline Sagot-Duvauroux l’éjaculation féminine n’est pas loin : « j’entends par vérité l’audace de n’être que là » écrit-elle. S’attachant à la seule soif dans le lyrisme et son contraire, en ruptures graphiques et métriques elle brasse le monde et le néant dans le grand bouillon d’ordures et d’idéal que brassait déjà le grand poète – physique comme elle – : Rabelais.

Pour Caroline Sagot-Duvauroux il n’existe rien qui puisse empêcher de déchirer le voile du langage pour en trouer le tissu et faire suinter ce qui se cache derrière loin de la prétendue l’harmonie du vivant. Que ce soit le néant ou autre chose. Le « livre d’El » déploie de fragments en fragments, de baies en baies le livre à venir. Il répond – en Elle et Ailes – la réponse au livre à venir de Jabès. Pour l’auteure il faut perdre la langue afin de la retrouver dans « le bulbe et le buisson des histoires qu’on raconte et qui reste buisson devant quoi, interdits, nous nous attendons du vent qui passe ». La révolte est là. Il faut donc reprendre sans cesse le chant et la danse des mots là où les avait laissés Rimbaud, Cage et Pina Bausch sans oublier bien sur Artaud. Et si dans « El »  l’enfance est présente éperdue sortant de son bulbe et de sa peau de buffle il s’agit de rejoindre d’un côté le corps perdu et de l’autre l’absence. Il s’agit aussi – à coups de décrochages, fragments, bribes – de laisser advenir à soi une intense musicalité polyphonique où l’écriture s’entend avancer vers l’innommable. Au besoin par ruse comme (apparent) exercice d’imbécilité et « d’intranquilité » propre à la poésie qui – si elle ne nomme pas vraiment – fait toujours mieux puisqu’« elle appelle ».

©Jean-Paul Gavard-Perret

Carole Fives – Que nos vies aient l’air d’un film parfait – Le passage éditions ; (14€- 119 pages)

vies-air-film-parfait

  • Carole Fives – Que nos vies aient l’air d’un film parfait – Le passage éditions ; (14€- 119 pages)

Carole Fives nous démontre par ce récit choral que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Elle donne la parole tour à tour à trois victimes d’une famille éclatée.

Le titre du roman emprunté à la chanson : Amoureux solitaires de Lio traduit une soif d’amour , en écho à la chanson: All we need is love des Beatles.

L’auteur installe le suspense, ne révélant pas de suite ce qui provoqua le cri du «  petit frère », et son traumatisme sonnant « la fin de l’enfance ».

Elle autopsie les réactions de chacun à l’annonce du divorce: «le monde s’écroule », un vrai séisme, en ce jour de Pâques 1980 pour deux enfants de sept et dix ans.

L’auteur entrelace une mosaïque des souvenirs, de faits, de réminiscences de moments heureux qui permettent de suivre la vie de « ces enfants valises », « en transit ». Leur scolarité quelque peu perturbée les conduit vers l’incontournable psy.

Fragile est un mot récurrent qui définit bien le désarroi de cette mère, à la dérive, hystérique, qui va sombrer dans le déprime avec tendance suicidaire. Pas facile pour son fils Tom de voir défiler des amants chez sa mère, de s’adapter à la vie en communauté, dans le sud. Fragile et précaire l’installation du père qui se néglige.

Les enfants vont très vite gagner en maturité et autonomie, vont devoir voyager seuls.

Avec humour, l’auteur montre l’ignorance de la sœur quant aux transformations de son corps. Celle-ci trouvera en son amie Fanny une bouée de sauvetage.

Pour le père, c’est l’incompréhension quand il découvre que son fils a déclaré par écrit au juge sa détermination à vivre avec sa mère. Ce sera un enfer de dix-sept ans de procédure. N’était-ce pas l’ère Dolto, qui prônait l’écoute des enfants, les considérant comme « des personnes à part entière »?

Carole Fives soulève la question de rester ou non pour les enfants. La sœur (gamine, puis adulte) devient la principale voix et apporte sa réponse: « tout plutôt que la lente montée de la haine, pire, de l’indifférence… ». Elle s’efforce de relativiser l’ouragan: mieux vaut avoir reçu, senti, vu l’amour que subir un fac-similé de couple. Cette sœur se dévoile progressivement. Elle s’épanche et montre combien elle s’est sentie amputée, orpheline lors qu’elle fut séparée de ce petit frère à qui elle n’a cessé de témoigner son amour. Pourtant n’a-t-elle pas été à l’origine de cette lettre dans laquelle Tom déclare vouloir vivre avec sa mère? Taraudée de remords pour avoir trahi son frère, elle lui adresse son cri d’amour. Elle souligne les dégâts collatéraux dus à la séparation: leur corps « a toujours été un champ de bataille » entre la mère et la grand-mère. L’auteur met en exergue l’amour fraternel qui souda le frère et la sœur, rescapés du naufrage. Celle-ci s’efforça de jouer un rôle protecteur, réconfortant.

Les pensées de Tom nous sont restituées par cette sœur bienveillante. On devine sa solitude chez sa mère, sa culpabilité de l’avoir fatiguée, d’être « un traître, un agent double… ». On perçoit la complicité nouée avec le père. On entre en empathie avec cette fratrie dont les vacances scolaires sonnent l’heure des retrouvailles, mais hélas des séparations avec les joies, la tristesse, la colère enfouie, le désert affectif.

Ce récit fait penser à Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine De Vigan dont la mère fragile dut faire des séjours en milieu hospitalier, se retrouvant coupée de ses enfants ou les laissant seuls. On pense aussi à Juke-Box de Jean-Philippe Blondel dont les chansons ont pour but de restituer l’atmosphère d’une époque.

Carole Fives convoque les émissions télé (Collaro, Benny Hill, Pimprenelle et Nicolas, Thierry le Luron…) marquant les années 80, époque où le divorce devient presque la norme (avec consentement mutuel). L’auteur souligne également l’importance de la musique, et ponctue le roman de chansons : le Top 50, les tubes de Lio? Paroles à l’unisson avec la dérive des protagonistes (Jackie Quartz: Juste une mise aupoint, Cookie Dingler : « Ne la laisse pas tomber/ Elle est si fragile »).

Le style épuré, incisif de Carole Fives frappe comme la gifle de la vérité.

Carole Fives signe un récit poignant, marqué du sceau de la douleur et des larmes, qui touchera ceux et celles qui ont traversé une semblable épreuve. Si la vie n’a pas été « un conte de fées » pour les enfants, ils ont su rebondir, aller de l’avant et se reconstruire. Avoir réussi à faire le deuil d’une relation, n’est-ce pas se retrouver soi-même? La lettre de Tom à Sorella qui clôt le roman livre aussi son viatique: « le passé, laisse-le où il est , il faut vivre!».

Ce témoignage est un magnifique exemple de résilience, porteur d’espoir.

©Nadine Doyen

LA BRAISE ET L’ETINCELLE, N° 104

  • LA BRAISE ET L’ETINCELLE, N° 104

 

 

« L’origine du monde » de Gustave Courbet, gros plan pictural sur un sexe féminin a suscité ces derniers temps maints commentaires, notamment sur ou à propos d’Internet. Yves- Fred Boisset donne son « modeste point de vue » : « ce tableau n’est pas érotique, mais philosophique ».

 

Louis Delorme développe ses réflexions « A propos de l’égalité » et de son contraire sous leurs diverses formes. Un thème qui est aussi au centre de la nouvelle « le consul » de Louis Roncalli qui transporte le lecteur en Gascogne à la fin du 15ème siècle, et bien probablement aussi du livre philosophique de Jacques Rancière « La méthode de l’égalité » présenté par Marie-Claire Calmus.

 

La guerre, ses drames atroces et ses situations inattendues, inspirent quand à elles la très émouvante nouvelle de Pierre Guérande « Le chien Clovis » qui évoque le premier conflit mondial en Flandre, et celle de Frédéric Salin « Destins croisés, destins confondus » qui narre ce qui advint à une jeune ouvreuse de L’Opéra de Paris qui repoussa avec vigueur les gestes déplacés d’un officier nazi et à un jeune homme réquisitionné pour le Service de Travail Obligatoire en Allemagne durant la seconde guerre mondiale.

 

La poésie est tout aussi présente avec les poèmes de Roland Jourdan, Slobodan Kojovic et Robert Calmels, et le poème de Louis Delorme « Le tannage des peaux » sur un sujet rarement abordé : l’exploitation des enfants dans certains pays pour confectionner des objets ou des vêtements vendus dans les pays développés où les acheteurs en général ignorent complètement les inacceptables conditions de travail dont ils résultent -il en va de même des jeans délavés-.

 

En son « Billet de mauvaise humeur », Ludovic Torugo continue de relever les fautes de français et les inexactitudes de vocabulaire dont nous nous rendons presque tous coupables et que « les médias odieuxvisuels » diffusent très largement. Subtil, il précise la différence entre voussoyer et vouvoyer que…. tous les dictionnaires ne connaissent pas. Ne parlons pas des logiciels ! La version que j’ai souligne en rouge comme le faute le mot voussoyer.

 

L’Académie de la Carpette Anglaise, composée de diverses associations qui défendent la langue française et la diversité linguistique a par ailleurs décerné pour 2012 son « prix d’indignité civique/ qui/ est attribué annuellement à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française ». Un tel prix est une excellente initiative !

 

En son « Billet d’Humour », François Fournet brocarde le comportement des femmes qui ont un peu d’argent au moment des soldes, sans toutefois tomber dans le sexisme puisqu’il n’épargne pas pour autant la « réactivité » des hommes toute l’année devant gracieuse jupe ou affriolant dessous. Ils n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, pour des millions de gens, les soldes sont l’unique possibilité de ne pas être tributaires des associations caritatives pour se vêtir.

 

Jacky Ferjaut quant à lui poursuit le récit de son séjour au Bénin en 1998.

 

Les chroniques des livres et des revues complètent ce journal qui sait toujours proposer réflexion et émotion dans une appréciable diversité de genres littéraires et de sujets.

 

LA BRAISE ET L’ETINCELLE– Bimestriel- 24 pages de format A4 – 4€ le numéro – 17€ l’abonnement annuel pour six numéros – soutien à partir de 23€

 

La Braise et l’Etincelle– Annie et Yves-Fred Boisset – 7/2 Résidence Marceau – Normandie – 43, avenue Marceau – 92400 COURBEVOIE- France.

 

©Béatrice Gaudy

Traversées a reçu

9/04/2013

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • Celles d’avant, Corinne Hoex, poèmes, éditions Le Cormier, 2013, 53 pages.

    • Corinne Hoex pratique une poésie volontiers narrative, d’une trompeuse simplicité, qui privilégie une langue épurée où chaque lit, choisi avec une parfaite justesse, fait mouche dans la sensibilité du lecteur.

Tout en s’inscrivant dans la continuité de ses précédents recueils, Celles d’avant témoigne à la fois d’un approfondissement et d’un élargissement de sa palette. Dans ses romans (Le grand menu ; Ma robe n’est pas froissée ; Décidément je t’assassine), Corinne Hoex n’a cessé de se colleter avec la domination de la famille et plus particulièrement l’emprise de la figure maternelle. Ce thème est à nouveau au cœur du présent recueil, où il se teinte d’une coloration fantastique tout à fait nouvelle dans son œuvre. Les Celles d’avant du titre, ce sont d’inquiétants fantômes qui murmurent dans la nuit et s’invitent chez vous sans façon, c’est le poids obsédant de l’héritage des générations antérieures dont il est impossible de se défaire. Le tout traité avec une belle âpreté, entre humour noir et cauchemar fantastique.

« nous faisons comme chez nous

disent-elles

nous connaissons le chemin

elles se cognent au noir

leurs pas s’étouffent

dans le tapis

une ruine

la maison est une ruine

de haut en bas une ruine

de haut en bas démolie

elles cherchent une place chaude

et pleurent inconsolées

le plâtras se détache

voyez comme ça tient mal

voyez c’est une ruine

leurs ongles s’accorchent aux murs

et tirent

de haut en bas une ruine

elles sont en ton âge

chaque nuit en ton âge

une ruine

une pauvre ruine

leur voix monte

du fond d’un puits

nous connaissons le chemin

sans cesse elles te mangent

te grignotent te mangent

les cuisses les joues

la gorge

voyez comme ça tient mal »

  • Clairières, Jacques Canut, Carnets confidentiels – 39, janvier 2013, 23 pages.

  • Comme si dormir, Laurence Bouvet, poèmes, éditions Bruno Doucey, 80 pages.

    • Un jour, Laurence Bouvet m’a dit : « Ma mère est morte après avoir regardé à la télévision un feuilleton nommé La mort est un poème. Je connaissais depuis quelques années la poésie de cette auteure, psychologue de formation, dont l’écriture scrute l’intime. Mais c’est de cet échange que date véritablement notre rencontre. Comme si dormir n’évoque pas seulement les circonstances qui lient de façon troublante la mort de sa mère à la poésie. Dans ce long poème, où se mêlent le chagrin et l’humour, la déréliction et un travail sur la langue, Laurence s’adresse à celle qui n’est plus. Son chant suit les méandres d’un bouleversement intérieur, dessine le cadastre d’une présence perdue. Et retrouve, sous le chaos des émotions, la langue miraculeuse de l’enfance.

Bruno Doucey

  • Laurence Bouvet est née à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne, en 1966. Psychologue clinicienne, elle considère qu’écrire est une façon de franchir le miroir des évidences. Poète de l’intime, elle explore les arcanes de l’âme humaine, taraudée par des interrogations qui traversent chacun de ses recueils. Après s’être intéressée à la solitude et à la folie de Camille Claudel, elle s’attache, avec Comme si dormir, à la disparition de sa mère

  • « C’est-à-dire que ton rire rit en moi

Que ta mort mord en moi

Qu’il est des moments où je voudrais t’imiter

Mais à moins de mourir chacune à mon tour

Celui-ci n’est pas joué

Déjà ton air roulant sur ma peau d’herbe et de vitre. »

  • Dissidences, recueil de poèmes (an 2011), préfacé par K.J. Djii, Les presses littéraires, collection L’aéro-page/La poésie contemporaine, recueil 2011, préfacé par Guy Thomas, collection Florilège.

  • Echos du temps à ma fenêtre, Gérard Faucheux, poèmes 1987-2012, Interventions à Haute Voix, 5, rue de Jouy à F-92370 Chaville, 2013, 88 pages.

    • Gérard Faucheux nous offre ici un recueil de poèmes qu’on pourrait qualifier d’impressionnistes. En touches vives, il dresse des tableaux de Bretagne, de l’île de Batz accompagnés de sensations furtives et de réflexions sur le temps qui passe. Ses textes poétiques révèlent une très grande sensibilité, à la fois au monde qui nous entoure et aux sentiments qui viennent du plus de nous-mêmes.

La sincérité de l’auteur ne peut que toucher le lecteur, en lui transmettant ses émotions. Chacun peut se retrouver dans ces témoignages, confidences chuchotées qui nous disent les moments de doute et de grisaille, ou d’autres mots nostalgiques :

« Et je pourrais ainsi à l’infini

écouter les bruits

les mouvements les voix

et le silence sur la page

qui accueille ces instants ensoleillés

d’un jour d’été paisible

s’il en fût ».

Les « Chants pour Elle », hommage à la mère disparue, sont particulièrement émouvants. Ainsi, ces Echos du temps à ma fenêtre nous renvoient à ceux de la vie qui s’écoule entre joies et tristesses, exprimant ce que la vie a de plus précieux pour chacun d’entre nous.

« Nous marchions dans les pas des chevaux

aujourd’hui nous ne laissons plus de traces

notre histoire devient virtuelle

des images perdues dans le cycle

des saisons nouvelles

Il me reste la nostalgie

de ce temps qui se perd dans la nuit d’un rêve

de lune

et d’un jeu de dominos

où les rires et les larmes guérissaient

tous les maux. »

Eliane Biedermann

  • Exordes, Raymond Calmettes, poèmes, Clapàs, collection Franche Lippée, 2013, 8p. ; 1,5€.

http://www.clapassos.com

  • Refaire sa vie ?, Jacques Canut, Carnets confidentiels – 38, janvier 2013, 23 pages.

  • Les songes de Rafael, Alice Machado, Lanore, rue de Vaugirard à F-75006 Paris, Alchimies poétiques, 2011, 91 pages.

    • Alice Machado est auteur de quatre romans et trois recueils de poésie, traduits à l’étranger, ainsi que de deux essais littéraires, l’un sur Gérard de Nerval et l’autre sur Baudelaire. Elle a fait partie des écrivains invités d’honneur du Salon du Livre de Paris. Elle participe à de nombreux festivals internationaux de poésie et plusieurs de ses textes sont parus dans des revues littéraires européennes. Son poème « Les Géants » extrait de son recueil Eclats figure dans l’Anthologie Parlementaire de Poésie publiée par l’Assemblée Nationale. Les songes de Rafael constituent son troisième recueil.

  • Sur parole, Fabrice Farre, poèmes, Clapàs, collection Franche Lippée, 2013, 8p. ; 1,5€.

http://www.clapassos.com

  • Survitudes, Stephen Blanchard, poèmes, préface de Michel Lagrange, Les presses littéraires, collection Florilège, 2010, 102 pages.

  • Une âme qui joue– Le cercle, Shizue Ogawa, poèmes traduit du japonais par Véronique Brindeau, Dessins de l’auteur, éditions Caractères, 2012, 113 pages.

  • Les voix du poème, Christian Poslaniec et Bruno Doucey, éditions Bruno Doucey, 2013, 186 pages.

  • Pour la troisième année consécutive, les éditions Bruno Doucey publient l’anthologie de référence du Printemps des Poètes. Le thème de cette 15ème édition ? Les voix du poème. Ainsi que l’explique Jean-Pierre Siméon, « dès sa naissance, au début des temps humains, la poésie est une parole levée. Qu’il soit murmure, cri ou chant, le poème garde toujours quelque chose de son oralité native. » L’anthologie que nous proposons prend en compte cette polyphonie vivante, jouant sur l’homophonie des termes voix et voie. Qu’ils proviennent du passé ou de la poésie contemporaine, de France ou d’ailleurs, les textes collectés rappellent que la voix intérieure du poète réponde aux voix du monde. Voix lactée, voix d’eau, voix publique, voix de passage ou voix sans issue, à claire voix, à double voix ou en voix de disparition, qu’importe les différences : pour les poètes, la voix est toujours libre !

77 poètes parmi lesquels Margaret Atwood, Jeanne Benameur, Claude Ber, Julien Blaine, Yves Bonnefoy, Andrée Chedid, Charles Juliet, Yvon Le Men, Lorca, Serge Pey, Rimbaud, Ritsos, Verlaine, Matéi Visniec…

Bruno Doucey

Les revues suivantes :

  • Arpo n°75, automne 2012.

  • Arpon° 76, 20 p.A5

Bulletin de liaison de l’association

Centre culturel JB Calvignac,

24, av. Bouloc Torcatis à F-81400 Carmaux

www.arpo-poesie.org

contact@arpo-poesie.org

(Jean-Lucien AGUIE)

  • Le Bibliothécaire, 1er trimestre 2013, 68 pages A5

Bulletin trimestriel qui recense et commente les dernières

parutions

Association des Bibliothèques Belges d’Expression Française

rue de Bruxelles, 87 à B-1470 GENAPPE

dagneau.michel@skynet.be

(Michel DAGNEAU)

  • Cabaret, #1, Printemps 2012, 22p. A6,

Huit femmes

  • Cabaret, #2, Eté 2012, 22p. A6, 31,

Les Belles Américaines

  • Cabaret, #3, Automne 2012, 22p. A6,

Le gang des Lyonnaises

  • Cabaret, #4, Hiver 2012, 22p. A6,

Samantha Berenson, Elise Berthelot, Gwennolée Carrel, Muriel Carrupt, Delphine Gest, Lune, Jany Pineau, Stéphanie Revy, Isabelle Rolin…

Guest : Bruno Tomera ; Christina Chevassieux…

  • Cabaret, #5, Printemps 2013, 22p. A6, 31, rue Lamartine à F-71800 La Clayette.

A l’ouest, l’Eden.

Guest : Paul Badin

(Alain Crozier)

www.alaincrozier.com/revue-cabaret

  • Le carnet et les instantsn° 175,

du 1er février au 31 mars 2013, 92p. 23 X 21

Dossier : Chanson ;

Portrait : Luc Dellisse

Mes éditeurs et moi : Vincent Engel

  • Le carnet et les instantsn° 176,

du 1er avril au 31 mai 2013, 132p. 23 X 21

Dossier : La nouvelle ;

Portrait : Marcel Detienne

Mes éditeurs et moi : Alain Berenboom ;

Hommage : Jean-Claude Pirotte

Lettres belges de langue française, bimestriel

Bd Léopold II, 44 à B-1080 BRUXELLES

carnet.instants@cfwb.be

(Laurent MOOSEN)

  • Le coin de tablen°54, avril 2013, 128 pages A5

Plaidoyer pour les âmes du purgatoire

Poètes à retrouver

Jean de Sponde, Vincent Voiture, Marie-Antoinette Deshoulières, Claude Le Petit, Marceline Desbordes-Valmore, Louis Ménard, Louis Le Cardonnel, Jean Rictus, Maurice Magre, Luis Emié, Pius Servien, Jean Follain, Ilarie Voronca, Georges Cazenave, Patrice de La Tour du Pin, Lucien Becker, Robert Houdelot, Sabine Sicaud, Jean Malrieu, Pierre Emmanuel, André Henry, Louis Calaferte, Roger Kowalski…

16, rue Monsieur le Prince à F-75006 Paris

http://www.lamaisondepoesie.fr

lamaisondepoesie@gmail.com

(Jacques CHARPENTREAU)

  • Coup de soleiln° 86, octobre 2012, 40 pages A5 ; Poésie et art, 7€.

Maison de la poésie, Passage de la Cathédrale

à F-74000 ANNECY – (Michel DUNAND)

  • Debout les motsn° 48, janvier à mars 2013, 6p. A3

  • Debout les motsn° 49, avril à juin 2013, 6p. A3

Périodique d’information trimestriel de la Maison du Livre

rue de Rome, 28 à B-1060 BRUXELLES

info@lamaisondulivre.be

  • L’écritoire de Bousserezn°80, mars 2013, format A4

L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant

écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

91, rue de Bousserez à B-6769 SOMMETHONNE

Du miel et du fiel

(Irène JACQUES)

  • Expression / Les Adexn°51, mars 2013, 12 pages A4

30, rue René Delorme à F-60800 ROUVILLE

(Jean-Pierre HANNIET)

info@lesadex.com

  • Handshake n°85, A4 recto-verso, 2 pages; Irregular publication; The Newsletter of the Eight Hand Gang.

John F. Haines, 5 Cross Farm, Station Road North Fearnhead, Warrington, Cheshire, United Kingdom, WA2 0QG.

  • Les hommes sans épaulesn° 35, 1er semestre 2013

Cahiers littéraires – 282p.

Les porteurs de feu

Antoinette Jaume, Lorand Gaspar (présentation : Paul Farellier)

Les WAH

Marie-Josée Christien, Franck Balandier, Alain Piolot, Jean-Claude Tardif, Gwen Garnier-Duguy

Dossier

Poètes norvégiens contemporains – Poètes HSE à Oslo : Claude de Burine, Yves Boutroue

Une voix, une œuvre

Hubert Haddad, par Gérard Paris

Incises poétiques : poèmes de Jean Sénac…

Librairie-Galerie Racine, 23, rue Racine à F-75006 PARIS

lgr@wanadoo.fr

(Christophe DAUPHIN)

  • Interventions à Haute Voixn° 50, 4ème trimestre 2012, 104p.

Passages

M.J.C. de la Vallée – Maison pour Tous

47, rue de Stalingrad à F-92370 CHAVILLE

mjc_chav@club-internet.fr

(Gérard FAUCHEUX)

  • Lecture et tradition(nouvelle série) n°22, février 2013, 32p. ; A5.

Clotilde Clovis : Candide au pays d’Allah

  • Lecture et tradition(nouvelle série) n°23, mars 2013, 32p. ; A5.

BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

1793-2013 : 220ème anniversaire des guerres de Vendée

www.lecture-et-tradition.info ; sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

  • Lectures françaises n°669, Mensuel, janvier 2013, 56 pages. Revue de la politique française.

François-Xavier d’Hautefeuille, BP1, 86190 Chiré-en-Montreuil, France. contact@chire.fr

  • Lectures françaises n°670, février 2013, 60 pages.

Quelles conséquences après la « manif » du 13 janvier ? Et si le gouvernement accélérait la descente aux enfers ?

  • Lectures françaises n°671, mars 2013, 60 pages.

Le Vatican se soumet-il à l’offensive mondialiste sur l’homosexualité ?; Hollande s’en va-t-en guerre (La guerre au Mali)…

  • Libellen°243, mars 2013,

6 p.A5/n° – Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

pradesmi@wanadoo.fr

(Michel PRADES)

  • Microbe n°76, mars-avril 2013, 24 pages A6

La revue dont le credo – si elle en a un – est la petitesse.

+ Reprises de positions, Tom Nisse, mi(ni)crobe 39, 28 p. A6

Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES

ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

  • Plumes et pinceaux – Arts et poésien° 121, mars 2013, 44 p. A5

Rue du Temple 39 à B-7331 BAUDOUR

franz.nelly@skynet.be

(Nelly HOSTELAERT)

  • Poésie sur Seine n°81/82, mars 2013, 114p. A5

Revue trimestrielle d’actualité poétique

Jacqueline Persini-Panorias ; Théophile Gautier par Antoine de Matharel ; Le Club Poésie Jeunesse par Danièle Corre…

13, Place Charles de Gaulle à F-92210 SAINT-CLOUD

http://www.poesie-sur-seine.com

(Pascal DUPUY)

  • Reflets Wallonie-Bruxellesn° 35, 1er trimestre 2013, 75p.18X25

Organe officiel de l’Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie

Espace Wallonie, 25, rue Marché-aux-Herbes à B-1000 BRUXELLES

joseph.bodson@skynet.be

(Joseph BODSON)

  • Rose des tempsn°12, revue de l’association Parole & Poésie, Hiver 2013, 32 pages, 5€.

7, villa Frédéric-Mistral à F-75015 PARIS

parole.et.poesie@gmail.com – (Patrick PICORNOT)

Henry Bauchau ; Jean-Paul de Dadelsen ; Claude Prouvost ; Colette Laurent ; Jean-Daniel Girard ; Patrick Picornot ; Magggy De Coster ; Yves Letourneur ; Michelle Caussat ; Marie Tissier ; Olivier Millot ; Hugues Eta ; Aumane Placide ; Louis Savary ; Gérard Paris ; Florence Regnard.

  • Soleils & Cendren° 105, décembre 2012, 36p. A5

Ténuité du fil

 

  • Soleils & Cendre n° 106, février 2013, 36p. A5

Rue H. Daumier à F-84500 BOLLENE

solicend@orange.fr(Isabelle DUCASTAING)

André Ughetto ; Michèle Ourmières ; Danielle Fourment

  • Traces n°176, janvier 2013, 80 pages A5. Cahiers de Lettres et d’Art. 50 ans de poésie. Merci et bravo à Michel-François Lavaur, « ce travailleur infatigable qui, de son ‘lavauratoire’ ayant ses antennes dans la francophonie, a réussi à faire, d’une revue artisanale, un document essentiel et un témoignage sans égal pour qui veut et voudra connaître ce que fut en France, et en particulier dans l’Ouest, au cours de ces cinquante dernières années, une vie au service de la Poésie. »

Michel-François Lavaur, 2, Sanguèze, 44330 Le Pallet, France.

Frédéric Grolleau, « L’homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? », Les Editions du Le Littéraire, Paris, 148 pages, 19,50 €.

    Frédéric Grolleau, « L’homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? »

  • Frédéric Grolleau, « L’homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? », Les Editions du Le Littéraire, Paris, 148 pages, 19,50 €.

Frédéric Grolleau nous livre à la vindicte d’un verbe dont on ne sait plus de qui il devient l’auxiliaire. Toujours est-il que l’anthropomorphisme en prend un sérieux coup dans l’ « aile » (ce qui veut déjà tout dire). Revisitant le bestiaire de la littérature l’auteur affronte l’indescriptible zoo et la jungle qui la peuplent. Il rappelle qu’être animal revient en quelque sorte à perdre l’estime du néant. En conséquence et même si selon Duras « l’écriture ne sauve pas » la littérature animalière tire d’affaire l’homme.

Kafka de « La Métamorphose » ou Marie Darrieussecq de « Truismes » l’ont bien compris. Penser l’homme à travers l’animal – voire pour un auteur se mettre à sa place – revient à conjurer les effets de la pensée. Dans les litières et les fumiers se crée une altitude où la raison respire d’autres fragrances. C’est pourquoi Frédéric Grolleau demeure en de telles dispositions « zoologiques » à l’égard de la pensée et de littérature. Il sait que la sagesse ne tient pas par les hauteurs. On ne peut ne prétendre à celle-ci sans se lester du poids de l’animal.

L’être sans celui-là qui l’habite court un risque incommensurable Toute pensée claire remonte à la bête. Esope et La Fontaine pour prendre le cas des fabulistes ont appris comment l’animal précise les traits de la propre incertitude à notre égard et nous précipite dans notre auge. Certains auteurs (même celle qui a écrit récemment le portrait d’un homme politique français mondialement renommé en cochon) illustrent que le « reste » garde l’épaisseur d’une hallucination.

Grolleau prouve qu’affiner l’être par l’animal fantasmagorique ou non revient à se livrer à une finalité littéraire particulière. Elle s’associe admirablement à ce qui nous échappe dans nos fantasmes et nos fantômes. Car l’animal n’est jamais un pur symbole de l’être. A travers lui ce dernier traverse sa propre confusion et sa propre obscurité. C’est donc pour la littérature une entreprise décisive. Sans sa « viande » (Artaud) l’homme n’est pas. Hors la bête pas de salut, pas de célébration. L’être n’attend que la confirmation de ce miroir.

L’animal reste donc son semblable, son frère. Quant à la réponse à la question posée par Grolleau on laisse à chaque lecteur de son livre le soin de la trouver. En la cherchant il ne sera plus au diapason des concepts littéraires acquis. Chez l’auteur l’hypothèse de la représentation du monde passe par une autre loi que la gravitation du simple esprit. Il rallume la conviction que se passant de tout bestiaire et ne traitant l’humain que par lui-même et par sa seule image bien des choses échappent.

©Jean-Paul GAVARD-PERRET