EMILE COUZINET : Napoléon du nanar et entrepreneur avisé
débat
Hollywood sur Gironde ou la fabuleuse aventure d’un montreur de films
A l’invitation du Club des cinéphiles de Montauban, le bouquiniste bolegayre présente le film documentaire d’Eric Michaud : « Hollywood sur Gironde d’après la fabuleuse aventure d’Emile Couzinet ».
Il aimait le Cinéma ; il faisait son cinéma pour le rieur et pour le pire. Au lendemain de la Deuxième Guerre, Emile Couzinet inventait avec succès sa « cité du cinéma » dans la région bordelaise. Sa devise : » On y rit, on ira ! »
Avec cette projection-débat, le Club des cinéphiles de Montauban ouvre son cycle « Regard sur le cinéma méridional ». ENTREE GRATUITE
La librairie Baux Livres propose à cette occasion une Semaine du Livre de Cinéma.
mercredi 21 septembre 2011 à 20h30
Ancien Collège de Montauban, allée de l’Empereur. Séance gratuite avec la librairie Baux Livres
SOURIRE AVEC MONA LISA, PLUS UNE JOCONDE à PERDRE !
Centenaire du vol de l’énigmatique sourire
Exposition
Août 1911. La France en émoi s’est vu dérober dans son plus prestigieux musée national, le plus inestimable fleuron de ses collections d’art . Sur fond de scandales, une incroyable campagne de recherche, pleine de quiproquos et de rebondissements, va mobiliser les milieux artistique et politique de l’époque jusqu’au retour en fanfare de l’icône.
Août 2011. Le bouquiniste bolegayre rassemble, dans sa bouquinerie sous les arcades de la place nationale, des oeuvres originales d’Art Modeste librement inspirées du sourire retrouvé de La Joconde.
Appel à créations : Vous souhaitez participer à cette exposition, avec une ou plusieurs créations personnelles ? C’est possible. PAS UNE JOCONDE A PERDRE ! Prenez contact, à la librairie Baux Livres, avec Maurice Baux au 05 63 63 43 44 ou en laissant votre adresse sur la messagerie de ce site.
Cette action culturelle ludique vous est proposée avec la complicité de collectionneurs montalbanais, membres de l’association des Amis de Mona Lisa.
» – Mona Lisa , pourquoi ce sourire ?
– Parceque cet été, on me découvre chez le bouquiniste bolegayre de Baux Livres. ARRIVEDERCI ! «
du samedi 01 janvier 2011 au mercredi 31 août 2011
A la librairie Baux Livres, 7 Place Nationale à Montauban
Tous les livres, toutes vos lectures… à Montauban.




Si par une nuit d’hiver , extrait
Un extrait de « Si par une nuit d’hiver un voyageur » d’Italo Calvino qui incite plus que tout autre au plaisir de la lecture:
Tu vas commencer le nouveau roman d’Italo Calvino, Si par une nuit d’hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Écarte de toi toute autre pensée. Laisse le monde qui t’entoure s’estomper dans le vague. La porte, il vaut mieux la fermer : de l’autre côté, la télévision est toujours allumée. Dis-le tout de suite aux autres : « Non, je ne veux pas regarder la télévision ! » Parle plus fort s’ils ne t’entendent pas : « Je lis ! Je ne veux pas être dérangé. » Avec tout ce chahut, ils ne t’ont peut-être pas entendu : dis-le plus fort, crie : « Je commence le nouveau roman d’Italo Calvino ! » Ou, si tu préfères, ne dis rien ; espérons qu’ils te laisseront en paix.
Prends la position la plus confortable : assis, étendu, pelotonné, couché. Couché sur le dos, sur un côté, sur le ventre. Dans un fauteuil, un sofa, un fauteuil à bascule, une chaise longue, un pouf. Ou dans un hamac, si tu en as un. Sur ton lit naturellement, ou dedans. Tu peux aussi te mettre la tête en bas, en position de yoga. En tenant le livre à l’envers, évidemment.
Il n’est pas facile de trouver la position idéale pour lire, c’est vrai. Autrefois, on lisait debout devant un lutrin. Se tenir debout, c’était l’habitude. C’est ainsi qu’on se reposait quand on était fatigué d’aller à cheval. Personne n’a jamais eu l’idée de lire à cheval : et pourtant, lire bien droit sur ses étriers, le livre posé sur la crinière du cheval ou même fixé à ses oreilles par un harnachement spécial, l’idée te paraît plaisante. On devrait être très bien pour lire, les pieds dans des étriers ; avoir les pieds levés est la première condition pour jouir d’une lecture.
Bien, qu’est-ce que tu attends ? Allonge les jambes, pose les pieds sur un coussin, sur deux coussins, sur les bras du canapé, sur les oreilles du fauteuil, sur la table à thé, sur le bureau, le piano, la mappemonde. Mais, d’abord, ôte tes chaussures si tu veux rester les pieds levés ; sinon, remets-les. Mais ne reste pas là, tes chaussures dans une main et le livre dans l’autre.
Règle la lumière de façon à ne pas te fatiguer la vue. Fais-le tout de suite, car dès que tu seras plongé dans la lecture, il n’y aura plus moyen de te faire bouger. Arrange-toi pour que la page ne reste pas dans l’ombre : un amas de lettres noires sur fond gris, uniforme comme une armée de souris ; mais veille bien à ce qu’il ne tombe pas dessus une lumière trop forte qui, en se reflétant sur la blancheur crue du papier, y ronge l’ombre des caractères, comme sur une façade le soleil du sud, à midi. Essaie de prévoir dès maintenant tout ce qui peut t’éviter d’interrompre ta lecture. Si tu fumes : les cigarettes, le cendrier, à portée de main. Qu’est-ce qu’il y a encore ? Tu as envie de faire pipi ? À toi de voir.
Ce n’est pas que tu attendes quelque chose de particulier de ce livre particulier. Tu es un homme qui, par principe, n’attend plus rien de rien. Il y a tant de gens, plus jeunes que toi ou moins jeunes, dont la vie se passe dans l’attente d’expériences extraordinaires. Avec les livres, les personnes, les voyages, les événements, tout ce que l’avenir garde en réserve. Toi, non. Tu sais que le mieux qu’on puisse espérer, c’est d’éviter le pire. C’est la conclusion à laquelle tu es arrivé dans ta vie privée comme pour les problèmes plus généraux, et même mondiaux. Et avec les livres ? Justement : comme tu y as renoncé dans tous les autres domaines, tu crois pouvoir te permettre le plaisir juvénile de l’expectative au moins dans un secteur bien circonscrit comme celui des livres. À tes risques et périls : la déconvenue n’est pas bien grave.
Source : Calvino (Italo), Si par une nuit d’hiver un voyageur, trad. par Danièle Sallenave et François Wahl, Paris, Seuil, coll. « Points Romans », 1995.
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