Amélie Cordonnier      Trancher Flammarion ( 161 pages – 17€)

Une chronique de Nadine Doyen

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Amélie Cordonnier      Trancher Flammarion ( 161 pages – 17€)


Rentrée littéraire 2018        Août 2018

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Un weekend de septembre, à Cabourg, on peut en rêver, mais quand l’escapade tourne au cauchemar pour ce couple et ses deux enfants, on s’interroge. Que s’est-il donc passé ?

L’originalité  de ce récit réside dans le choix de la narratrice de relater un pan de sa vie à la deuxième personne du singulier, façon de prendre de la distance et de se livrer à l’introspection. Cela peut surprendre d’autant que cela installe une proximité parfois troublante, dérangeante avec le lecteur.

Elle fait défiler le film de sa vie en flashback : la rencontre avec Aurélien, leur premier baiser, puis leurs promesses. Elle se remémore en dressant son portrait ce qui lui a plu dans ce garçon. Puis elle évoque leur vie commune, la naissance de Vadim.

Et ces vacances ratées qui l’ont plongée dans l’engrenage de la dépression. Puis le voyage en Croatie qui fut celui de trop. L’explosion verbale d’Aurélien, c’est la goutte qui fait déborder le vase : retour immédiat à Paris et séparation. Une nouvelle vie avec garde alternée. Un époux qui, ne voulant pas s’avouer vaincu, suit une thérapie et tente la reconquête. L’héroïne va succomber, reprendre la vie commune comme à zéro. Une entente, une harmonie inimaginables avant, les lient à présent. Aurélien a décidé que son épouse serait «  sa priorité », il la complimente, participe aux courses. Un vrai miracle pour cette femme auparavant si fortement éprouvée. Intense émotion réciproque quand une deuxième naissance est attendue.

Une parenthèse de bonheur à laquelle l’héroïne a du mal à croire. «  N’est-ce pas du chagrin qui se repose » ?

Dans la deuxième partie du récit, on revient à Cabourg et on plonge dans l’enfer auquel le couple et les enfants sont confrontés avec la même violence verbale qu’il y a sept ans. Comment y voir clair quand on est englué dans les mots pervers, violents, humiliants de l’autre ? Il y a Marie, la confidente, qui l’aide à se projeter à ses 40 ans.

 

Comme l’affirme Guy Corneau ; « Lorsque nous mettons des mots sur les maux les maux dits deviennent des mots dits et cessent d’être maudits ».

Cette nécessité de consigner dans son iPhone ce chapelet de phrases assassines, de mots qui entaillent tels des rasoirs, cette litanie déversée, sert d’exutoire à la narratrice. Comme le dit Amélie Nothomb : «  un mot contient de la nitroglycérine  qui peut tuer ou sauver ». On devine facilement les dégâts collatéraux de ce genre d’ agression psychologique pour l’entourage.

Pour la victime, le compte à rebours est enclenché. La voici en proie aux atermoiements, taraudée par le dilemme : le quitter ou pas. Situation qui rappelle  celle d’Aurore, héroïne de Serge Joncour dans Repose-toi sur moi  pour qui « c’est un choix démesuré de quitter la personne avec qui on vit, avec qui on est installé depuis des années, avec qui on a des enfants, c’est une décision impossible à prendre, parce qu’elle ouvre sur trop d’abîmes …». Quelle résolution va-t-elle prendre pour ses 40 ans ? Sa recherche d’un logement préfigurerait-elle son départ ?

Et la narratrice de prolonger le suspense alors que la nouvelle année se profile.

 

Amélie Cordonnier met en scène, avec beaucoup de réalisme, un couple en crise, elle montre avec subtilité comment la violence s’immisce, « peut se mettre en sourdine, pour mieux resurgir ». Situation dramatique quand les enfants en font les frais. A l’ère du « me too », c’est l’occasion de dénoncer ce harcèlement verbal qui blesse, humilie et détruit. L’auteure pointe les ravages de l’alcoolisme dans ce couple.

Ce témoignage incite à réagir, à être vigilant, à demander du soutien dans un cas semblable ou à en apporter. Qui n’a n’a pas connu des familles aux abois ?

L’auteure signe un  premier roman perturbant, à l’écriture nerveuse, pleine de rage, qui suscite l’empathie. Une belle plume à suivre.

© Nadine Doyen


N.B. : Le bandeau de la couverture représente un détail du tableau « La Visite »

de Félix Valloton, peintre aussi choisi pour le bandeau du roman de Serge Joncour : CHIEN-LOUP, Flammarion.

 

Les prénoms épicènes,  Amélie Nothomb, Albin Michel, Rentrée littéraire    23 Août 2018  (155 pages – 17,50€)

Rentrée littéraire___________________

Une chronique de Nadine Doyen

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Les prénoms épicènes,  Amélie Nothomb, Albin Michel, Rentrée littéraire    23 Août 2018  (155 pages – 17,50€)

Amélie Nothomb voudrait-elle payer sa dette aux auteurs qui l’ont nourrie ? Le titre du roman précédent Frappe-toi le coeur lui avait été inspiré par Alfred de Musset. Cette fois, avec Les prénoms épicènes,  elle fait un clin d’oeil à Ben Jonson, contemporain de Shakespeare, qui a écrit « Epicène ou la femme silencieuse ».

Arrêtons-nous sur le sens de l’adjectif « épicène »: il désigne des prénoms « qui ne spécifient pas de quel sexe nous sommes ». Soulignons le talent de « la reine de l’onomastique. », dixit Augustin Trapenard !

Le premier chapitre mettant en scène Reine congédiant l’homme qui l’aime depuis cinq ans, peut dérouter, car ce n’est qu’à la page 107 que l’on découvre l’identité de celui qui, blessé dans son orgueil, n’a toujours pas « décoléré ». Moment où tout va basculer, faire exploser un couple et modifier l’avenir d’une mère et de sa fille.

Nous suivons ensuite le couple formé par Dominique et Claude, depuis leur rencontre, leur mariage, la montée à Paris, le mari créant une filiale de la société Terrage. À la naissance tant attendue de leur fille, le père s’éloigne, ainsi il ne manifeste aucune joie à voir sa fille marcher. Son absence de plus en plus fréquente va renforcer les liens fusionnels entre mère et fille. Mais que cache cette indifférence, cette indisponibilité du géniteur ? Le sens de son prénom, Claude, signifiant «  boiteux » aurait-il une influence sur son comportement ?

La scolarité de leur fille Épicène donne l’occasion d’une mixité sociale, la mère réussissant à sympathiser avec Reine Cléry, partageant les mêmes soucis de parents d’adolescentes, lors des rencontres avec les enseignants. Le professeur de latin ne manque pas d’asséner ses quatre vérités, ce qui rapproche les deux femmes, prêtes à s’épauler.

Elles se fréquentent, sortent, s’invitent, mènent grand train. « Une amitié neuve qui ne cesse de s’intensifier ». Une nouvelle vie pour Dominique qu’elle se plaît à relater à son mari le soir. Mais n’est-elle pas, depuis le début, manipulée par son époux ? Pourquoi manifeste-t-il un besoin si impérieux de rencontrer M.Cléry ? Est-il vraiment motivé par des raisons professionnelles ? Comment s’immiscer dans cette famille sinon en étant invités à une de leurs réceptions ? Le plan fonctionne grâce à Dominique !

Le jour J, la soirée fixée au 26 janvier, tourne au cauchemar. Scène très théâtrale où Dominique surprend une conversation entre son mari et Reine.

Rebondissement du récit, tournant décisif dans la vie des Guillaume.

Les confidences de Claude à Reine, si édifiantes, si consternantes, provoquent un terrible séisme chez Dominique trahie. Tout s’écroule pour elle. C’est sur le champ qu’elle décide de partir avec sa fille.

La narratrice autopsie les sentiments de ses protagonistes avec subtilité et brosse des portraits très contrastés.

Que penser de Claude, ce père ambitieux, qui n’a jamais eu de temps pour sa fille ? Un citoyen, pour qui les apparences importent, au point de déménager pour la rive gauche de la Seine! Un homme qui incarne « l’égoïsme pur et dur » pour l’auteur et suscite notre indignation.

Que penser de Dominique, l’épouse, qui n’intercède pas quand le père brise l’amitié de sa fille avec Samia ? Une épouse que le mari comble d’objets luxueux lui laissant subodorer un retour de flamme jusqu’au moment où « stupeur et tremblements », elle découvre la vraie face de celui qu’elle aime. La narratrice montre comment l’amour que Dominique transcendait à ses débuts va se transformer en une force destructrice.

On retrouve dans les personnages cet esprit des « loyautés » de Delphine de Vigan, « des liens invisibles qui nous attachent aux autres ».

Reine n’est- elle pas loyale envers sa nouvelle amie quand elle traite le mari de celle-ci, de «  monstre », « de cinglé » ?

Quant au lien entre Reine et Claude, ne dévoilons rien.

L’auteure « met toujours au monde » des « enfançonnes » surdouées.

Ici Épicène réussit admirablement au collège, donne satisfaction à son professeur de latin, puis décroche le bac brillamment. Et pourtant, pour le père, elle est cet enfant « insupportable » à qui il consacra si peu de temps.

Mais l’intelligence condamne à une certaine forme de solitude. N’est-ce pas pour cette raison qu’elle adopte « le stratagème du coelacanthe » ? ( 1)

Épicène sidère par sa maturité, à 15 ans, elle prend les choses en main dès leur retour à Brest chez ses grands-parents et s’avère être quasi le pilier de sa maman. Elle déploie un tel « grit » (2), que sa mère se montre battante à retrouver du travail.

La vocation des héroïnes d’Amélie Nothomb est dictée par la littérature. Épicène, bachelière brillante se tourne vers un cursus d’angliciste, influencée par Ben Jonson, ce qui n’est pas sans rappeler la motivation de Diane qui a embrassé le métier de cardiologue, impressionnée par la phrase de Musset : «  Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie. »

Dans la foulée la « fabuleuse » étudiante éblouit par sa thèse, décroche l’agrégation « haut la main », et un poste d’enseignement à Brest.

La romancière aime explorer les relations parentales complexes et les couples. Ses livres traitent souvent de conflits, d’injustice et de vengeance.

Elle montre jusqu’où certains peuvent aller par amour. Le défi du père en fait un personnage exécrable, antipathique, un peu «  un loup ».

On pense à « Tuer le père », si ce n’est que « ce mec ignoble », ce « type infect » pense, lui, à supprimer sa fille ! Un vrai drame.

L’académicienne se réfère au prince de Ligne, moraliste belge, pour commenter le geste, lourd de conséquences, de celle qui a, pendant des années, vécu comme « le coelacanthe ». Elle aborde la question de la préméditation ou non et du remords.

L’image d’Épicène qui, lors de son départ précipité, considère comme « essentielle » son édition bilingue de l’Iliade  convoque les paroles dithyrambiques de Sylvain Tesson sur Homère, ce maître de poésie et de vie, dont « l’oeuvre est une sorte de bréviaire de l’homme, un enchantement de lecture, un trésor. Homère, c’est Goldorak » !

Et nous, que prendrions-nous d’essentiel, en cas de départ précipité?

Pour rester fidèle à son titre « d’ambassadrice du champagne », Amélie Nothomb fait couler un grand cru, le préféré de Reine Cléry. Et elle ne manque pas de distiller les effluves d’un parfum de renom, ainsi que son sempiternel mot : « pneu », ici il faut les regonfler !

Les anglicistes et anglophiles seront ravis de lire que « L’anglais est une langue étonnante. Un seul mot suffit là où nous affaiblissons à coup de périphrases ». Pour les autres, enrichis du verbe «  crave », ils auront « un besoin éperdu de » lire les romans précédents de «  Crotteke » ! (3)

La romancière tresse une tragédie psychologique percutante qui entrelace le destin de deux familles, digne des pairs qui l’ont inspirée.

Un vingt-septième roman irrigué par la haine, « deux vengeances (une qui rate, une qui réussit ! » selon l’écrivaine) et l’amour, étayé par cette déclaration : « La personne qui aime est toujours la plus forte ».

© Nadine Doyen


(1) Coelacanthe : « poisson qui a le pouvoir de s’éteindre pendant des années si son biotope devient trop hostile ».

(2) grit : Ce terme désigne la capacité de ne pas se résigner, de persévérer.

(3) Surnom donné à Amélie Nothomb par ses proches.

A écouter : l’émission Boomerang du 28 août 2018 où Augustin Trapenard reçoit Amélie Nothomb.

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Serge Joncour, Chien loup, Flammarion ( 480 pages- 21€)

Une chronique de Nadine Doyen

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Serge Joncour, Chien loup, Flammarion,   ( 480 pages- 21€)

Roman de la rentrée littéraire 2018          


Serge Joncour, dans la lignée des écrivains américains « nature writers », voue un culte aux grands espaces sauvages, à ces hectares de verdure, peuplé de bestioles.

Il campe son décor dans son fief de prédilection, le Lot, et revisite l’Histoire du village d’Orcières, « au fin fond des collines escarpées du causse », « au coeur du triangle noir du Quercy », village ancré dans la légende et les superstitions.

On navigue par alternance entre deux époques ( 1914/2017)

 

Le chapitre d’ouverture traversé par un hourvari nocturne tonitruant, cet été 1914, interpelle : hommes mobilisés, animaux réquisitionnés, les femmes au labeur, la peur.

Le Mont d’Orcières , « maudit », devient le repaire d’un dompteur et de ses fauves, le théâtre d’une histoire d’amour fusionnelle et d’une tragédie que l’auteur ressuscite.

Un récit excessivement documenté sur cette guerre carnassière qui lève le voile sur ce couple ostracisé par les villageois et la disparition des brebis.

 

En 2017, un couple de Parisiens vient y passer son été. Gîte paumé, sans Wi-Fi, sans télé, confort spartiate, accès difficile. Mais « un pur émerveillement » saisit les vacanciers à l’arrivée. « Un parfait éblouissement ». Cette vue panoramique depuis la clairière les ravit. Idéal pour se déconnecter et rebooster sa créativité dans ce calme. Mais la nuit, la peur tenaille Franck, car «  des créatures sauvages » sortent du bois.

 

Si Lise s’adapte, son mari Franck, producteur, à la merci d’associés prédateurs, est déboussolé, pris de panique à l’idée de ne pas pouvoir rester en contact avec eux. D’où ses échappées à la ville, ses haltes au café. Au marché, il croise un boucher fascinant dont l’étal regorge de bidoche et lui donne l’envie de renouer avec la viande. Mais « il se vit sadiquement tailladé, tranché par ses associés. !

 

L’irruption d’un Chien-Loup errant, sans collier, change la vie du couple. L’auteur met l’accent sur la dualité de ce molosse ( féroce buté/ docile, affectueux) et des animaux en général : « Dans l’animal le plus tendre dort toute une forêt d’instincts ».

Serge Joncour, en connaisseur de la gent canine, décrypte avec acuité toutes les réactions de ce Chien-Loup vagabond, selon les lieux. Il questionne la cohabitation hommes/animaux dans la nature et les rapports dominant/dominé, maître/nourriture.

«  Être maître d’un animal, c’est devenir Dieu pour lui. Mais avant tout c’est lui assurer sa substance, sans quoi il redeviendrait sauvage ».

On est témoin de la façon dont Franck l’amadoue progressivement, lui parle, fraternise, gagne sa confiance et tisse une complicité, une amitié hors normes, très touchantes. Scènes cocasses entre Franck et Alpha quand il le nourrit, joue avec lui.

 

Lors d’une randonnée dans ce maquis insondable, jusqu’à une igue, ils font une découverte majeure, insolite, point de convergence de l’intrigue. Que signifie cette cage à fauves ? Vestige et relent d’un passé maléfique sur lequel les villageois sont peu diserts, entretenant ainsi le mystère par leurs sous-entendus et leurs méfiances.

 

L’auteur nous dévoile les coulisses du métier, non pas d’écrivain, mais de producteur,

devant résister à ses associés, « des jeunes loups » prêts à pactiser avec Netflix et Amazon. Serge Joncour, dont certains romans sont adaptés à l’écran, pointe en connaissance de cause les dangers de ces monstres, « à l’appétit sans limite », clame sa défiance contre ces «  géants du numérique » et déplore « qu’ils ne payent pas d’impôts ».

Une phrase retient l’attention et préfigure le plan machiavélique en germe de Franck contre ses « charognards », ses voraces prédateurs : «  Il se sentait prêt à réveiller en lui cette part de violence qu’il faut pour se défendre, mais surtout pour attaquer, et ce chien mieux que personne lui disait de le faire ». La tension va crescendo.

 

Le récit s’accélère. Pourquoi ce deal avec les braconniers ? Franck va-t-il accepter les conditions de ses «  enfoirés » d’associés ? Pourquoi les fait-il venir ? Et ces cordes ?

Le suspense grandit. Les éléments se déchaînent, furie du ciel (orage, grêlons).

La monstruosité et la violence tapies chez l’homme et les animaux sont soulignées.

 

Le romancier révèle, une fois de plus, ses multiples talents tous aussi remarquables : portraitiste (riche galerie de portraits), peintre paysagiste, scénariste, contempteur de son époque, entomologistes des coeurs et des corps ( déclinés dans tous leurs états).

Non seulement, le narrateur rend hommage aux femmes acculées à faire les moissons, tourner les usines, à labourer, contraintes de « pérenniser toute vie sur terre » mais il se glisse aussi dans leurs corps pour traduire leur manque affectif :

«  des corps comblés par rien d’autre que l’épuisement ».

 

Il sait créer des atmosphères, capter l’âme des lieux et nous offre  « un roman en relief »,« en trois dimensions »( expressions de l’auteur), à ciel ouvert, sensoriel et tactile. Il excelle à nous faire :saliver avec « un magma odorant », celui d’« un sauté d’agneau », ou l’odeur croustillante d’un poulet grillé, sentir le parfum des gardénias, l’odeur de jasmin émanant de Joséphine, entendre une litanie de bruits, des plus ténus aux plus stridents, terrifiants et même ressentir tantôt la chaleur, tantôt la fraîcheur.

 

On assiste à une étonnante métamorphose de Franck, qui après avoir apprivoisé les lieux, se sent en totale osmose avec cette nature sauvage et prodigue. Elle opère sur lui comme un baume. « Il y a des décors qui vous façonnent, vous changent ».

Les voilà, comme Bobin, contemplatifs devant les nuages, en pleine béatitude,  scellant cette harmonie par le contact physique, dans une bulle de tendresse.

 

Serge Joncour  nous offre une totale immersion «  into the wild » et signe un hymne à la nature sauvage et aux animaux. Lévi-Strauss pas loin. Il met en exergue  l’intelligence d’Alpha, « cerbère à la dévotion totale », devenu un «  allié », et même un geôlier. CHIEN-LOUP, alias Bambi, aux « pupilles phosphorescentes », irradie !

 

A votre tour de dévorer cet ouvrage que je qualifierai de «  L’Alpha et Oméga » Joncourien, canin, félin, lupin, léonin… DIVIN ! Un merveilleux cocktail d’Histoire, de sauvagerie, de drôlerie, avec une once de folie, de poésie, et un zeste d’humour.

Ne craignez pas les ronces, les griffes, les crocs, les feulements, les hululements.

Un roman touffu, sonore, foudroyant, vertigineux, détonant, démoniaque, hypnotique, qui se hume, s’écoute, se déguste avec délectation, qui décalamine le cerveau et embrase le coeur  et donne des frissons! Une écriture cinématographique virtuose.

♥♥♥Le must de la rentrée. Du GRAND JONCOUR.♥♥♥

©Nadine Doyen