Rencontre Littéraire – 6 mars 2020

Patrice Breno est invité à la librairie La Procure à Reims en tant qu’éditeur, en compagnie de Frédéric Chef,
pour la présentation de son recueil
« Poèmeries », édité par Traversées.

C’est ce vendredi 6 mars à 19h30. Vous êtes toutes et tous les bienvenus…

Pour commander le livre

Téléchargez le bon de commande et envoyez un mail à la revue Traversées en vous adressant à :

Patrice BRENO
Revue Traversées
Prix Godefroid Culture 2015 – Province de Luxembourg – Libramont (Belgique)
Prix Cassiopée 2015 – Cénacle européen – Paris

traversees@hotmail.com

Prix de la Presse Poétique 2012 – Union des Poètes Francophones – Paris

Directeur de publication
43, Faubourg d’Arival
6760 VIRTON (Belgique)
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Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, poèmes, Gallimard, 2019, 97 pages

une chronique de Patrice Breno

Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, poèmes, Gallimard, 2019, 97 pages


« Pourquoi construire, même / quand on peut vivre et se guider / aux battements que l’ailleurs a précipités ? »

« Le fil des traversées est divisé en trois grands chapitres, initiés par un « Prologue » et terminés par un « Fugitif épilogue ». Les chapitres sont reliés entre eux par un « Intermède », comme une respiration, une escale, une passerelle, un passage d’un lieu à un autre, d’un thème à un autre…

Anna Ayanoglou, dans cette suite de poèmes qui est en soi un long poème à lui seul, relate ses années passées dans les pays baltes. Plutôt que de tourisme, nous parlerions d’errances dans ces pays froids qui ont encore des relents du communisme stalinien. Dans les villes que l’auteure parcourt, de Vilnius à Valga/Valka, en passant par Riga, certains bâtiments « suinte[nt] l’autorité ». Rien de tel que le poème pour mettre des mots sur des sentiments, sur des sensations. Pas besoin de longues phrases pour ressentir en même temps la nostalgie et le rejet du passé (soviétique), dans les visites de ce bout du monde vaporeux, de ces bars et de ces villes aux rues froides — des rues où « rien / jamais, n'[y] advenait ».

Pas besoin de logorrhée ni de longue romance pour dévoiler la souffrance quand la relation avec l’amant se révèle être porteuse de mal : « il faut partir – rentrer / sans rien, personne, / et surtout pas l’amant ». Nostalgie des espaces parcourus, des instants fugaces ! L’amour se confond avec ces paysages de fin du monde.

Le voyage d’Anna est un passage obligé, mais qui doit s’occulter progressivement, pour aller vers l’avant.

« Le fil des traversées » n’est pas un récit touristique. A part le nom de quelques villes, il appartient à chacun d’imaginer l’horizon qui se découvre à lui, car ni les rues, ni les lieux, ni les personnes ne sont nommés ; ils sont simplement suggérés, comme un palimpseste sur lequel Anna Ayanoglou recompose son propre monde, revit son passé, pour mieux se construire, se reconstruire ; un parcours indispensable pour aller vers un ailleurs plus serein. « L’illusion de la liberté » !

Des poèmes à savourer, à lire et à relire et aussi à se lire à haute voix…

©Patrice Breno

Stella Vinitchi Radulescu, Ce jour qui saigne et autres textes, Editions du Cygne.

Une chronique de Patrice Breno

Stella Vinitchi Radulescu, Ce jour qui saigne et autres textes, Editions du Cygne.

L’auteure, d’origine roumaine, vit aux U.S.A. Son écriture, fluide, est axée principalement sur l’ouverture à la vie, au jour par opposition à la nuit. Les vers très courts sont jetés sur la page comme des traces d’espérance, sortes de bouées de sauvetage de l’âme. Stella Vinitchi Radulescu nous offre par ce recueil tant d’espoir, tant de lumière que ses mots peuvent nous aider à combattre contre la nuit (l’absence de l’autre) et le vide (la solitude même si nous sommes entourés) qui nous assaillent si souvent, sortes de tremplins vers un ailleurs salutaire et salvateur. « Ta soif / de feu et de lumière / quand dans le monde il fait encore / nuit ». 

C’est une révolte, un combat permanent et incessant qu’elle nous offre en ces pages auréolées : « bouge / et tout est dit ».

Stella dit l’amour, la vie, le désir, la mort aussi « pour qu’un nouveau jour commence ». Elle aime aussi le silence, le refue, les portes qui s’ouvrent et se referment sur la route, la lumière, la mort, le silence, le paradis…

Chaque page de ce recueil engage le lecteur à méditer et à bien retenir ceci : « remplissez le vide qui monte / en vous, / meublez votre solitude, / accrochez une à une les heures, c’est vite fait / une vie ».

avec « Ce jour qui saigne », ces « Fragments de vie et de mort » et ces autres textes, nous trouverons peut-être quelques réponses à nos questions existentielles.

© Patrice Breno

Stephen Blanchard, À la lisière des enfantements, Éditions France Libris, préface de Patrice Breno Dijon/Orthez, 2018, 55 pages

Chronique de Claude Luezior

Stephen Blanchard, À la lisière des enfantements, Éditions France Libris, préface de Patrice Breno Dijon/Orthez, 2018, 55 pages, I.S.B.N. : 978-2-35519-696-6

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En première de couverture, l’auteur annonce une prose poétique. À juste titre, car il s’agit avant tout de phrases structurées, linéaires. Le texte se lit de manière fluide, telle une source.

D’un autre côté, le verbe, centré parmi les silences de la page, est libéré de sa ponctuation (les espaces entre les vers faisant office de respirations), mis à la verticale : nous voici formellement en poésie. Ce d’autant que le propos est souvent scandé : j’ai posé mes vers (…) / j’ai risqué ma vie (…) / je voudrais (…) / je m’en voudrais (…)

L’architecture est donc structurellement en prose mais la chair du texte est bien poétique : le frottement des mots aux interstices de la langue, leurs étincelles entre les failles du rêve, le façonnage des images sont essentiellement de nature artistique.

Lieu de libération entre prose et poésie, lieu de rencontre entre conscient et subconscient aux confins de mondes parallèles, l’écriture ainsi fécondée devient cri vital / de / la délivrance,

Car l’on n’est pas sans connaître les bouillonnements de Stephen Blanchard, non seulement dans ses incessantes activités associatives (rencontres, spectacles, festivals, jurys, vie littéraire) mais aussi éditoriales (revue Florilège, l’Aero-Page) qu’il tient à bout de bras avec une constance et une générosité hors du commun.

Le présent opuscule, magnifiquement introduit par une illustration de Paul Journet et agrémenté d’un zeste d’humour par Arfoll, nous conduit ainsi au cœur du chaudron où prend vie la créativité du chaman en ses fumerolles langagières. On est également sous le chêne du druide qui parle à la première personne, célèbre la nuit de ses brûlots et de ses incandescences. Le poète, fertilisé par les songes, n’est-il, d’une certaine manière, le ventre sacré d’une gestation pour autrui ? Ne porte-t-il la parole singulière d’une gésine en devenir ?

Je viens d’un autre monde

à la lisière des enfantements

face à l’écho furtif

des âmes souveraines

N’allez toutefois croire à la superbe d’un mage hors du temps. Le propos n’est ni hiératique, ni arrogant mais avant tout intimiste : Je traîne sur le pavé / mes rêves illusoires / comme un grand sac à refrains ou bien je vis dans le soupçon / d’une aube / l’invisible osmose / d’une étreinte / qui ne vient pas  ou encore je sais / qu’il faut vieillir / dans la lassitude / des jours / sans lendemain.

C’est la recherche perpétuelle d’une condition humaine dans les plis de l’ombre :

les éclats de lyre

j’écoute

dont la résonance

m’invite chaque jour

aux matinales de l’aube

où même les saules

ne pleurent jamais

Attitude humble, s’il en est. Comme le souligne Patrice Breno dans son élégante préface : Stephen Blanchard a la poésie dans la peau, dans le cœur et dans la tête. Son recueil est une manière de communion à mi-chemin entre les calices de la prose et de la poésie. Aux lecteurs de mesurer / la partie magique / de ses errances.

©Claude Luezior

Les chants de Jane, Claude Miseur, revue du Grenier Jane Tony, Bimestriel Novembre/Décembre 2017, n°12

Une chronique de Patrice Breno

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Les chants de Jane, Claude Miseur, revue du Grenier Jane Tony, Bimestriel Novembre/Décembre 2017, n°12


Une plaquette d’une vingtaine de pages, voici la dernière livraison du vigilant Claude Miseur. « Les chants de Jane » se déclinent en vingt « petits tableaux pour se risquer plus loin que la couleur », comme il nous en parle en préambule.

Des poèmes en guise de clins d’oeil caractérisent le poète, que nous apprécions pour ses attentions et qui, l’air de rien, de ne pas brusquer, nous dépose ces textes si délicats. C’est que Claude est non seulement dévoué à l’écriture, mais aussi fidèle à ses amis.

Tout en retenue, ses mots portent à nos yeux ses craintes, ses hantises, mais aussi ses désirs, ses espérances.

Ne taisons pas nos souffrances sinon la douleur est là et « nommer ce silence » et puis « la tragédie n’est plus ».

« Se risquer plus loin que la couleur » c’est aussi « parler absence … distance … territoire … liberté ».

En ces quelques petits tableaux, Claude Miseur nous fait entrevoir par sa poésie la lumière qui doit filtrer malgré les ruptures.

« Et l’air parfois palpable

dont le cri scande l’inaudible

immobilité du guet

à cet instant lâchée

les prémices

attendent leur ravisseur

le hasard s’est posé

non loin d’ici »

©Patrice Breno

Le printemps des poètes à Virton le 11 mars 2017 en images

à tous et toutes pour cette très belle soirée!

Merci à Claude Miseur et à Jacques Cornerotte pour les photos

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