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Alain Tronchot, Où va ce train qui meurt au loin?, poésie, préface de JP Siméon, éditions Traversées, 2019

Article de Martine Rouhart originellement publié sur le site l’AREAW à cette adresse: https://www.areaw.be/alain-tronchot-ou-va-ce-train-qui-meurt-au-loin-poesie-preface-de-jp-simeon-editions-traversees-209/ Activités – Comptes-Rendus Alain Tronchot, Où va ce train qui meurt au loin ? Poésie, Préface de JP Siméon, Editions Traversées, 2019 Un long texte en prose, douloureux, qui fait entendre une polyphonie de voix, des hommes et des femmes livrés au même destin tragique, entassés dans des wagons qui filent vers l’innommable. Le livre raconte de l’intérieur l’histoire d’un convoi qui roule vers les camps… « Trois jours je crois / Est-ce long est-ce court trois jours ? / Ce n’est qu’un au revoir / Faut-il nous quitter sans espoir / Sans espoir de retour ». Le départ, d’abord, plein d’incrédulités et d’interrogations, un arrachement et une plongée brutale dans l’horreur. « Nous étions nombreuses et amies pour la plupart / une dernière fois ils ont cité nos noms l’enfance rieuse de nos régions / Avant l’odeur/ du sang et de la pisse / Et le numéro désormais gravé relent hideux/ de notre identité bafouée/Oui dans ce bureau nous étions encore/ Réunies et unies davantage …

Où va ce train qui meurt au loin, Alain Tronchot, Éditions Traversées, 2020

Où va ce train qui meurt au loin ? d’Alain TRONCHOT Préface de Jean-Pierre Siméon, 39 p., Éditions Traversées, Virton (Belgique), ISBN 978-2-9601658-6-9, 1er trim. 2020 Rarement, un opuscule provoque sans sommation un tel traumatisme. Et je pèse mes mots car les mots du poète ont ici, au goutte à goutte, valeur de souffrance. Qui se décline à la première personne d’une femme-médecin jetée dans une carcasse plombée, à savoir dans un wagon à bestiaux vers un camp de concentration nazi. La police d’écriture (mais pourquoi donc dit-on « police » ?) est petite, la couverture noir-blanc et sépia est éloquente : nous voici embarqués dans un récit décharné, vertical, comme de simples notes jetées sur un bout de papier et qui commencent crûment par : Nos cris sans autre sillage que le cahot des plaintes étranglées par l’acier obsédant que la roue ronge et roule crisse et traîne sa carcasse Et la nôtre Tout est dit. Rien n’est encore dit, tant l’indicible est à venir. La voix d’un homme intervient. Les voix s’entremêlent et se confondent. …