Michel Deguy, Noir impair et manque ; Dialogue avec Bénédicte Gorrillot. Argol – Les Singuliers » – 260 pages – 29 €

Chronique de Xavier Bordes

Michel Deguy, Noir impair et manque ; Dialogue avec Bénédicte Gorrillot. Argol – Les Singuliers » – 260 pages – 29 €


Noir, impair et manque est la première autobiographie documentée, illustrée et enrichie d’extraits d’anthologie et surtout d’un grand nombre d’inédits du poète et philosophe Michel Deguy. Soixante-quinze ans de vie littéraire dans une approche intimiste de la vie et de l’œuvre d’un important écrivain contemporain, témoin (au regard pénétrant) de son époque. Ce livre est le fruit d’entretiens réalisés durant quatre ans avec Bénédicte Gorrillot, universitaire auteure déjà d’un livre de dialogue avec Christian Prigent dans la même collection « Les singuliers ». Michel Deguy est une figure majeure de la poésie du XXème siècle, certainement celui qui a mené le plus loin la réflexion sur le « poétique », et sa relation avec le monde, ou disons plutôt avec les mondes. Voyageur infatigable, ambassadeur de la poésie française un peu partout sur la planète, auteur d’une œuvre immense, Michel Deguy est aussi un personnage amical, chaleureux au quotidien, dont l’énergie et le ferme enthousiasme ont fidèlement soutenu tous ceux qui se sont voulus ses compagnons de route en poésie. Soucieux de garder à la littérature et à la culture son exigence, il exprime ce souci à travers la revue PO&SIE (aux éditions Belin), qui est en quelque sorte, dans le domaine de la poétique et de la réflexion sur l’écrit, l’équivalent créatif de ce que fut la NRF dans la première moitié du XXème siècle. Ce souci se double d’une collection, « L’extrême contemporain », dont le titre même atteste de ce regard constamment tourné vers l’avenir, chez un poète de la génération de 1930. Son trajet littéraire hors-normes traverse donc l’essentiel de ce qu’a été la vie littéraire française depuis trois quarts de siècle. À ce titre, le livre qui retrace cet itinéraire représente donc un témoignage essentiel à la fois sur l’homme, l’œuvre, et l’évolution de notre société.

©Xavier Bordes

REVUE PO&SIE – N° 149-150 (Ed. Belin 254 pp.)

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REVUE PO&SIE – N° 149-150 (Ed. Belin 254 pp.)

On peut supposer que tous les passionnés de poésie connaissent cette revue de très haute tenue. Depuis sa fondation elle a recueilli les plus grandes signatures et traduit les poètes les plus notoires mais aussi les plus originaux de tous les pays, souvent au temps où ils étaient quasi-inconnus. Le travail de traduction et celui de réflexion théorique, celui de revisitation de l’histoire littéraire, celui de l’analyse philosophique de ce en quoi consisterait le phénomène de la poésie dans le monde contemporain, font partie de l’orientation spécifique de cette revue prévue par Michel Deguy depuis sa création. On y rencontrera des poètes du monde entier, traduits par les traducteurs de poésie les plus chevronnés, et la publication abondante de poèmes dont les auteurs sont en égale proportion célèbres, connus, ou peu connus, voire nouveaux. L’éclectisme et l’exigence y sont la règle, associés au goût de découverte des mondes que sont des oeuvres poétiques composées dans les langues les plus diverses. Au sommaire de ce numéro un en-tête à la mémoire d’Abdelwahab Meddeb, de Jaqueline Risset et de Robert Davreu, compagnons de route ou participants attentifs au fonctionnement de la revue PO&SIE. Dans ce numéro, parmi un «panel» de titres trop long à citer ici, je signalerai le texte enthousiasmant d’Ernst Cassirer sur Hölderlin et l’idéalisme allemand, dans une traduction remarquable, une réflexion de Deguy sur «Où est passée la comparaison» fort excitante, et une riche pléïade d’autres groupes de poèmes et d’essais de première grandeur… J’ajouterai pour finir que les dix derniers numéros de cette revue sont sans doute dans le domaine de la poésie ce que l’on peut explorer de plus neuf et de plus instructif. Sans doute est-ce la raison pour laquelle les universités étrangères s’y intéressent depuis des années. Ce ne serait pas exagéré de dire que la revue PO&SIE tient auprès des éditions Belin un rang équivalent à la NRF dans sa période la plus innovatrice, chez Gallimard. À la fois réflexion de haut niveau, qualité des poèmes présentés, universalité de pensée digne du Siècle des Lumières, tout en cette revue, y compris sa sobriété fonctionnelle, mérite l’admiration.

♥Lieven Callant

La Lisibilité de la Traduction, textes réunis par Christophe Gutbub

  • La Lisibilité de la Traduction, textes réunis par Christophe Gutbub, Pur Éditions, Presses Universitaires de Rennes, collection La Licorne, publié avec le soutien de l’université de Poitiers

1415024664Format : 15,5 x 21 cm
Nombre de pages : 184

ISBN : 978-2-7535-3466-7

Disponibilité : en librairie
Prix : 17,00 €

 

 

La présentation du livre:

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Les auteurs:

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Le sommaire:

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L’introduction:

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