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Daniel De Bruycker, Passeports pour ailleurs, Poésie mémorielle Wu-Sun, L’Arbre à paroles, 291 pages, 2018, 18€

Une chronique de Lieven Callant Daniel De Bruycker, Passeports pour ailleurs, Poésie mémorielle Wu-Sun, L’Arbre à paroles, 291 pages, 2018, 18€ Tout livre de poésie est une aventure. Aventure de l’écriture, aventure de la traduction ou de la transposition, aventure d’autant plus périlleuse quand il s’agit de composer une anthologie rassemblant les poèmes des Wu-Sun, peuple nomade de l’Asie centrale.  L’aventure de cette anthologie est une histoire presqu’irréelle que raconte fort bien Daniel De Brucker dans la présentation. Presqu’irréelle car il a fallu quelques hasards heureux, des rencontres magiques, la perspicacité et la ténacité de quelques férus comme le linguiste d’origine croate, Ilan Precjev-Ilan (1927-2015). Rassembler les poèmes des Wu-Sun est le travail d’orfèvre de quelques chercheurs passionnés, de quelques rêveurs acharnées, de quelques poètes chanceux. Pour traduire les poèmes du tokharien au français, les deux auteurs de ce livre se sont aidés de plusieurs langues afin de saisir et de s’enseigner mutuellement les nuances à ne pas perdre dans la traduction et dans le but d’établir des analogies possibles avec le français. « Toute écriture …

Paul Mathieu ; Qui distraira le doute ; poésie ; L’Arbre à paroles ; 2005 ; 122 p

Chronique de Miloud Keddar Paul Mathieu ; Qui distraira le doute ; poésie ; L’Arbre à paroles ; 2005 ; 122 p ; 12 euros. Qui distraira le doute ? Un train qui part, le roulis de la mer, « personne » ? Parler de la poésie de Paul Mathieu, de l’œuvre menée à ce jour ? Je n’ai pas la prétention, ou, plus exactement, l’occasion. De Paul Mathieu, je n’ai lu que trois ouvrages. « Le temps d’un souffle » en premier, puis « Auteurs autour » (qui a paru environ un an avant) en second, et je viens de lire, il y a peu, le troisième livre : « Qui distraira le doute ». Je ne m’attarderai ici qu’à ce dernier. Du premier, j’ai déjà fait une timide approche, et du second, j’ai à dire que c’est là un regard de poète sur la poésie ou, plus justement, un regard « dans la poésie ». Un poète même lorsqu’il se penche sur l’œuvre d’un autre poète reste un poète. Et nous tirons un …

Pierre Schroven, Autour d’un corps vivant, L’arbre à paroles, Amay (Belgique), 98 pages, 12€.

Chronique de Jean-Paul Gavard-Perret   Image trouvée ici   Pierre Schroven, Autour d’un corps vivant, L’arbre à paroles, Amay (Belgique), 98 pages, 12€.   « Ce qui te porte loin sans regard / Se nourrit d’un geste / Qui ne demande qu’à grandir / Sous l’aile prémonitoire d’une corneille » conclut Pierre Schroven dans un texte lumineux écrit l’égide du peintre né à Liège Guillaume Cornelius van Beverloo cofondateur de Cobra et qui prit pour nom celui de la corneille. Poète des instants, le poète les magnifie en prête païen (au surplis plié sur un prie-Dieu) pour officier non sans justice dans une écriture plus annonciatrice qu’énonciative et aux vagues chaudes d’un haïku d’un nouveau genre. Le monde recommence. Dans la lumière du soleil instillée entre les feuilles une femme semble venue d’un théâtre japonais pour, passant dans un jardin, glisser dans un lit parfait aux syllabes sonores. Les poèmes rebondissent du corps pour enlacer le froufrou d’instants qui ouvrent à un désir « tatoué d’oiseaux invisibles ». Hortensias roses, hortensias blancs, murmures que murmures, la lumière …

Béatrice Libert, Un chevreuil dans le sang, l’Arbre à Paroles.

Béatrice Libert, Un chevreuil dans le sang, l’Arbre à Paroles. L’œuvre de Béatrice Libert est d’une rare exigence. Un chevreuil dans le sang en permet la synthèse. Les mots coulent, apparemment intarissables, sans se déprendre du secret obscur qu’ils ne peuvent cerner. Si bien qu’ils se sont trop rarement détendus : l’angoisse n’y est jamais levée. Chaque fois le mot qui s’écrit fait figure d’être le premier, de (re)commencer. Mais aucune lumière n’est faite. C’est toujours le silence. Chaque texte reprend la même ignorance sans lui donner de réponse. L’écriture à beau vriller, s’enfoncer : les mots énoncent un vide, une absence à soi, aux autres, au monde. Si bien qu’à lire Libert on peut penser – comme elle – que seuls peut-être les illettrés sont habités de la certitude excessive de la présence… L’entreprise de la poétesse n’a pourtant rien de nul. C’est comme si l’enfant tournait autour de sa faute dont l’écriture reste l’expression mineure et contingente. Avec le temps rien ne s’arrange. Les mots restent dans le manque à l’appel en dépit de l’insistance …

Nicole Caligaris, Pierre Le Pillouër, « L’Expérience D », L’arbre à Paroles, Maison de La Poésie, Amay (Belgique), 10 €, 76 pages.

Nicole Caligaris, Pierre Le Pillouër, « L’Expérience D« , L’arbre à Paroles, Maison de La Poésie, Amay (Belgique), 10 €, 76 pages. « L’Expérience D » est une expérience réciproque, amoebée. Les deux auteurs en un pacte d’alliance ouvrent l’individualité de leur écriture à l’altérité. Les textes s’imbriquent, s’enveloppent l’un l’autre pour mieux se développer. Un auteur écrit parce que l’autre vient de lui proposer une « adresse ». Il s’agit alors de répondre à son attente loin de toute pose. Par cet entretien particulier chaque auteur remise son ego. « Amené très bas là où luit le dessus rond de son trésor ». Il fait quelques pas dans les mots de son alter-ego ou si l’on préfère et comme l’écrit Pierre Le Pillouer : Il « fait quelques passages au milieu de (cette) danse ». Cela ressemble à un tango verbal. Tout y est permis puisque dès la page d’ouverture les deux auteurs se sont accordés sur la conduite à tenir. On peut la définir comme une expérience de la périphérie de l’amour. Elle se nourrit non seulement des sentiments éprouvés mais de l’émotion suscitée …