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Maja Polackova, Musée, Louvain la neuve, 3 février – 15 mars 2015 Louvain.

Maja Polackova,  Musée, Louvain la neuve, 3 février – 15 mars 2015 Louvain. Maja Polackova, textes de Jacques De Decker, Paul Emond, Danièle Gillemon, Jacques Sojcher, Editions Didier Devillez, 128 p. Maja Polackhova propose une effraction de la conscience perceptive par le renouvellement de dispositifs stratégiques et de ses petits personnages. Leur « libertinage » ou plutôt leur liberté (même lorsque ses figurines se déplacent en groupe) se répandent en une fragilité colorée. Elle rappelle sous forme de métaphore que ce qu’on vit et traverse répond à l’évolution politique, sociale et esthétique d’une société. Un ignoré de l’être est donc rendu visible là où les personnages engagent divers voyages. Les découpages-collages foisonnent sur le support où ils demeurent à la fois forcément fixés mais dans un dynamisme grouillant. Ses « petits bonshommes plats », Maja Polackova les découpe pour la plupart dans les pages du quotidien Le Soir et les réunit en groupes compacts, entrelacements ou alignements singuliers. Il y a quelques années, elle reconstitua les phases cruciales de la bataille de Waterloo afin de créer de l’empathie envers les …

Sojcher, le survivant——par Jean-Paul Gavard-Perret

Sojcher, le survivant Jacques Sojcher, C’est le sujet, Dessins de Lionel Vinche, 64 p., 13 E .,Fata Morgana, Fonfroide le Haut, 2014.   Pour permettre au discours de se poursuivre il faut parfois l’abréger. Surtout lorsque tout est dit et qu’il semble déjà bien tard et que « le rêve de ne pas parler » hante le poète belge depuis ses talus d’impossibles approches. Désormais Sojcher fait court, comme s’il « était loin déjà et dans un récit faire une sorte de « Bah » dont il ne se prive plus. D’un éclair il donne beaucoup plus que la trace de son passage : il ajuste en fragments ses zigzags. L’écriture est aussi discrète que tranchante puisqu’il s’enveloppe de ce qui ne cesse de trancher le discours. On retrouve ici parfois les jeux de langue chers à l’auteur. Ils s’affirment par le souffle, sa coupure, son rythme cassé. La plénitude de l’idéalisme est une nouvelle fois broyé, l’âme se retrouve tête coupée sur l’échafaud du verbe (ce qui est sans doute moins ennuyeux pour elle que pour un corps). Sojcher n’en finit …

Jacques Sojcher, « L’idée du manque », Illustrations d’Arié Mandelbaum, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2013, 56 pages

  Jacques Sojcher, « L’idée du manque », Illustrations d’Arié Mandelbaum, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2013, 56 pages Pour Jacques Sojcher il n’existe pas d’autres passages que par les mots et la mémoire même si – chemin faisant – il a oublié la langue de sa mère. Celle-ci lui a donné non seulement le jour mais aussi la lumière avant que la noirceur de la Shoah le recouvre de cendres. Depuis la langue que l’auteur a choisi dit les déchirures et tout ce qui le creuse. Il reste tel qu’il fut laissé dans « le rêve de ne pas parler ». Un rêve mis à mal et pour le sauver par celui de l’écriture. Apaise-t-elle avec le temps ? Rien n’est moins sûr. Mais ses condensations et ses déplacements demeurent seuls viables. Néanmoins le sentiment de la perte est fiché là et au mieux la poésie est une pluie d’hiver, d’été, une pluie des quatre saisons. Mais sous le rinçage du temps Sojcher ne peut espérer échapper aux disparitions. Ils n’ont jamais cessé de créer une douloureuse proximité. La …