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Le poème lien

Une chronique de Didier Ayres Le Livre de la vie monastique, Rainer Maria Rilke, trad. Gérard Pfister, éd. Arfuyen, 2019, 16€ J’ai été très heureux de lire Le livre de la vie monastique, ce recueil de 66 poèmes de Rilke, dans l’édition bilingue qu’en donne Gérard Pfister, lequel a traduit les poèmes et les notes de la main de Rilke. On entre donc dans une œuvre qui fonctionne à part entière, en elle-même, poèmes et notes allant d’un même pas. Cela dit, je me trouve presque court pour résumer mon sentiment tant il faudrait pour l’expliquer, citer in extenso ces textes mystiques du grand poète autrichien. Il aurait fallu que je montre plutôt que d’expliciter, et peut-être mes déductions éclaireront, au moins pour moi, cette admiration violente que j’ai eu pour ces pages. Du reste, je pratique Rilke depuis bien longtemps, et il m’a accompagné dans ses poèmes, sa correspondance et aussi dans son œuvre en prose. J’y ai toujours trouvé une aspiration à l’inspiration, celle d’un être magnétique, profus parfois, lumineux toujours. Est-ce ici …

Gérard PFISTER – Ce que dit le Centaure (Favola in musica) – Arfuyen, juin 2017, 198p.

Chronique de Marc Wetzel Gérard PFISTER – Ce que dit le Centaure (Favola in musica) – Arfuyen, juin 2017, 198p. Voici d’abord, contre l’habitude, un petit texte de Gérard Pfister lui-même, résumant son livre et éclairant le projet substantiel qu’il porte. Ce message dense et infiniment précis – qu’aimablement il m’autorise à reproduire -, resituant ce que ma chronique (qui suit ici) garde d’intuitif et nuançant ce qu’elle montre d’évasif, aidera précieusement, lue ainsi d’abord, à la compréhension. « L’homme n’est tissé que de temps, c’est bien là son effroi, et le langage, qui devrait lui être libérateur, il l’investit de toute la folie de son désir frustré pour tenter de dominer les choses et son propre corps, n’arrivant enfin, par la violence de son emprise, qu’à dévaster le monde et s’autodétruire. Comme nous, les éléments de la nature ne sont tissés, en effet, que de temps – la Nature pourrait être un autre nom du Temps – et vouloir les fixer, c’est les anéantir. Le langage devient ainsi un rêve meurtrier. Le temps, qui …