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Je ne tromperai jamais leur confiance, Professeur Philippe Juvin, Gallimard

Chronique de Nadine Doyen Je ne tromperai jamais leur confiance,  Professeur Philippe Juvin, Gallimard (17€- 297 pages)304 pages, 01-12-2020ISBN : 9782072932205 Le titre «  Je ne tromperai  jamais leur confiance » est un extrait du serment d’Hippocrate mis en exergue de ce journal. Phrase qui engage tous ceux qui embrassent une profession médicale. Dans le prologue, daté d’octobre 2020, Le Professeur Philippe  Juvin présente /décline ses multiples casquettes, sa promotion. Le chef des Urgences de l’hôpital Pompidou est connu pour ses interventions médiatiques, mais aussi en tant que Maire de La Garenne-Colombes.  Comme certains consignent leurs rêves, le professeur- auteur a senti la nécessité de remplir « ses petits cahiers d’écolier » pour y consigner « son Journal du tsunami Covid, conscient que « quelque chose d’inhabituel nous arrivait ». Vu le  côté exceptionnel, voire historique, il était urgent de garder trace de ce qui se tramait en France, aux urgences de son hôpital, à savoir cette vague « d’une violence effroyable » devenant une  situation apocalyptique dans le Grand-Est. Ce cahier d’écolier, où il note d’ordinaire ce dont il veut se souvenir, …

LA FAMILLE MARTIN – David Foenkinos ; Gallimard (226 pages – 19,50€)

Chronique de Nadine Doyen LA FAMILLE MARTIN – David Foenkinos ; Gallimard (226 pages – 19,50€)  Madeleine Tricot cela aurait pu être vous, si vous aviez été la première personne que David Foenkinos avait croisée ! A condition d’habiter dans le même arrondissement. En exergue une citation de Milan Kundera, sorte d’hommage à cet écrivain qu’il vénère. Le roman s’ouvre sur un écrivain en panne d’inspiration et nous plonge dans ses états d’âme :  « vertige d’ennui » et déroule « le making of » de celui qui s’écrit sous nos yeux. A l’inverse l’angoisse de la page blanche pour Tesson c’est de savoir s’il aura assez de papier pour tout dire ! Alors David Foenkinos décide de prendre au mot (mots qui ne viennent pas) la suggestion de lecteurs « d’écrire sur leur vie ». Et si passer de la fiction à la biographie romancée d’inconnus était le sésame. ? Ce sera donc une dame veuve, d’un âge respectable, rencontrée dans son quartier que l’auteur, ayant « la tête de l’emploi »,va apprivoiser avant qu’elle ne lui déroule sa vie et lui présente sa fille. De fil …

Là d’où je viens a disparu de Guillaume Poix – Verticales (272 pages – 19,50€); septembre 2020

Chronique de Nadine Doyen Là d’où je viens a disparu  de Guillaume Poix – CollectionsVerticales- Gallimard (272 pages – 19,50€); septembre 2020 Quel est le point commun entre tous les personnages dont Guillaume Poix se fait le porte-voix ? Je dirais le mot frontière. Certains l’ont déjà franchie, d’autres en rêvent. Et il y a ceux qui la protègent et la défendent avec détermination. Que fuient-ils ? Qui sont ces candidats à l’exil, prêts à affronter le tout pour le tout ? Car comme le formulent les extraits d’un texte de la poétesse somalienne, Warsan Shire, placardés sur les murs de l’association dont s’occupe Hélène : « Personne ne quitte sa maison à moins que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin. No one leaves home unless home is the mouth of a shark ».  L’auteur ne traite pas le sujet de façon frontale, ce qui en fait l’originalité, mais la galerie de vies minuscules est édifiante. On croise les parents, dont les enfants ont disparu sans donner signe de vie, qui dénoncent « cet eldorado qui engloutit leurs enfants ». …

Petit Éloge du Bleu – Zéno Bianu (Coll. Folio, Gallimard.)

Une chronique de Xavier Bordes Petit Éloge du Bleu – Zéno Bianu (Coll. Folio, Gallimard.) Dans ce petit livre, léger d’une centaine de pages, lourd de culture et de réflexions gaiement sérieuses, cédant à la facilité je dirai qu’on n’y voit que du bleu : sous prétexte d’ordre alphabétique structurant, Zéno Bianu, avec son habituelle et éclectique vivacité, décline toutes les variations qui lui chantent sur le thème du « bleu », thème qui touche forcément un natif le la Côte d’Azur tel que moi ! Il convoque à cet effet les références culturelles les plus diverses, écrivains, musiciens, peintres évidemment, etc. au cours de pages qui sont un festival où le clin d’oeil de connivence et de poésie, où la culture contemporaine, côtoient l’histoire de la pensée, et le Quattrocento y voisine avec Coltrane, le Zen, Rimbaud, la métaphysique, Wang Weï, la philosophie, la science-fiction, dans un optimiste et primesautier parcours en zigzag sous l’égide illimitée du Bleu, cet « emportement céleste » dont le peintre Yves Klein fut un des ardents promoteurs ! Du reste, ce merveilleux livre, qui tient …

Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, poèmes, Gallimard, 2019, 97 pages

une chronique de Patrice Breno Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, poèmes, Gallimard, 2019, 97 pages « Pourquoi construire, même / quand on peut vivre et se guider / aux battements que l’ailleurs a précipités ? » « Le fil des traversées est divisé en trois grands chapitres, initiés par un « Prologue » et terminés par un « Fugitif épilogue ». Les chapitres sont reliés entre eux par un « Intermède », comme une respiration, une escale, une passerelle, un passage d’un lieu à un autre, d’un thème à un autre… Anna Ayanoglou, dans cette suite de poèmes qui est en soi un long poème à lui seul, relate ses années passées dans les pays baltes. Plutôt que de tourisme, nous parlerions d’errances dans ces pays froids qui ont encore des relents du communisme stalinien. Dans les villes que l’auteure parcourt, de Vilnius à Valga/Valka, en passant par Riga, certains bâtiments « suinte[nt] l’autorité ». Rien de tel que le poème pour mettre des mots sur des sentiments, sur des sensations. Pas besoin de longues phrases pour ressentir en même temps la nostalgie et le rejet …