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Claude Luezior, Jusqu’à la cendre, éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018.

une chronique de François Folscheid    Claude Luezior, Jusqu’à la cendre, éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018.     Ce qui tout d’abord, dans ce texte poétique, réjouit l’esprit – le nôtre, l’occidental, le « français » –, c’est la symétrie. D’un côté, les « poèmes » – coulée des sentiments, lave des révoltes, sève des désirs – , versifiés en la docte exigence ; de l’autre les « poèmes-réflexion » – sur la poésie, sur soi, sur le monde –, petits textes en prose poétique, épurés et denses, tirés au cordeau. Deux manières, deux formes d’écriture en regard, comme en écho, dans un bel équilibre. Puis on se laisse emporter en ce moût de mots/que tuméfie à l’automne/un soleil épars. Mais le poète nous prévient : s’il s’agit de respirer à contre-courant/des stridences perverses, et si sa main pourtant combat/ jusqu’à l’ultime phalange, ses pages sont alourdies de cicatrices. Explorer les sédiments, danser sur les tessons de la douleur et de la désespérance, combattre les vents contraires – ceux du monde, ceux de l’écriture – pour une flaque de lumière, tel est le chemin initiatique que …

François Folscheid, Ombres et lueurs de l’involuté, Éditions du Petit Pavé, 2018

Une chronique de Claude Luezior François Folscheid, Ombres et lueurs de l’involuté, Éditions du Petit Pavé, 2018 __________________________________________   Il faut bien le dire, le thème de ce recueil, à savoir la séparation d’avec l’être aimé, tétanise. Archéologie de l’amour (..) : pourquoi fouiller la cendre froide de sentiments qui n’ont plus de prise que sur eux-mêmes ? Pourquoi, dans les branches mortes, chercher l’envol de l’oiseau qui a fui ? Mais il faut bien l’admettre : la plume de François Folscheid est magicienne. Si son expérience de vie retrace ce douloureux passage que d’aucuns ont pu ressentir dans leur chair, le miroir aux mots qu’est la poésie éblouit ici le lecteur d’un éclat rare. Et les circonvolutions de notre cervelle de se tordre face aux recroquevillements de l’âme, aux tourments partagés, à cette manière de mascaret qui recouvre le fluide journalier de l’onde. Partager la souffrance, certes. Survivre aussi, cicatriser avec le narrateur, au fil d’un divorce encore à vif :  ce mot est si lourd. Après le naufrage, reconstruire. Ne pas compter les …